Une vie de Rom

« Renverser les regards et lutter contre les stéréotypes et un antitsiganisme pluriséculaires. » Telles étaient les intentions, en 2023, de la grande exposition événement du Mucem à Marseille, intitulée « Barvalo/Roms, Sinti, Gitans, Manouches, Voyageurs ». Ce fut un temps fort du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, car cette exposition était conçue avec les intéressés et le public fut au rendez-vous.

Trois ans après, les préjugés et les stigmates collent toujours aux familles roms qui vivent en France et notamment dans la cité phocéenne. Une exposition, si remarquable soit-elle, ne peut venir à bout à elle seule de l’antisiganisme et du racisme anti Roms. Si ces rejets persistent c’est qu’ils jouissent d’une tolérance insupportable au sein de la société et des institutions.

Projets citoyens

Pour « renverser les regards », encore faut-il commencer par respecter les personnes regardées. Les familles roms qui vivent à Marseille dans des campements et sont menacées d’expulsion ont des enfants scolarisés dans les écoles. Dans d’autres villes, comme la proche Montpellier, les collectivités (Ville et Métropole) et l’État – lorsqu’il est représenté par un Préfet solidement républicain – ont mené avec des familles un processus de village de transition et, à l’issue, toutes ont été relogées et sont sorties des marginalités dans lesquelles on les assignent en permanence.

À Marseille, des familles roms ont créé une association dans les quartiers nord. Autant de projets citoyens exemplaires et autrement plus créatifs que le mur de la répression. Il est si facile de procéder aux expulsions ! C’est un réflexe multiséculaire et rétrograde aux antipodes d’une République et d’une démocratie dignes de ce nom.

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