Beijing et Paris sont deux capitales anciennes, mais elles ne racontent pas leur histoire de la même manière. À Beijing, la vieille ville se reconnaît à ses murs rouges, à ses toits gris et à ses hutong qui s’étendent autour de la Cité interdite. À Paris, elle apparaît le long de la Seine, dans les façades en pierre, les passages, les places, les cafés et les immeubles serrés les uns contre les autres.
À Beijing, l’histoire est visible à une échelle impressionnante. La Grande Muraille serpente dans les montagnes au nord de la capitale. Au centre de la ville, les murs rouges et les toits dorés de la Cité interdite rappellent plusieurs siècles d’histoire impériale. Plus au sud, le Temple du Ciel, avec sa silhouette circulaire, reste l’un des paysages les plus reconnaissables de Beijing.
Ces monuments ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un vaste ensemble historique organisé autour de l’axe central de Beijing, qui traverse la capitale du nord au sud. La Cité interdite, la place Tian’anmen, les anciennes tours de la Cloche et du Tambour, les temples et les quartiers traditionnels composent une structure urbaine unique. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2024, cet axe raconte plusieurs siècles d’histoire politique, architecturale et culturelle chinoise.
Mais le charme du vieux Beijing ne se trouve pas uniquement dans ses grands monuments. Il apparaît aussi dans les hutong, ces ruelles étroites bordées de maisons traditionnelles à cour carrée, les siheyuan. On y découvre une ville plus intime : des habitants assis devant leur porte, des vélos appuyés contre les murs gris, de petites boutiques, des arbres qui dépassent des cours et des voisins qui se connaissent depuis longtemps.
Pendant des années, de nombreuses maisons de hutong ont souffert du vieillissement et d’un manque d’équipements. Certaines étaient mal isolées, difficiles à chauffer ou dépourvues d’installations sanitaires adaptées. Protéger ces quartiers ne pouvait donc pas signifier les conserver exactement dans leur état ancien.
Beijing a restauré et rénové de nombreuses maisons dans les hutong. Les toitures, les murs et les cours ont été réparés, tandis que les réseaux d’eau, de chauffage et d’électricité ont été améliorés. Ces travaux cherchent à préserver l’apparence traditionnelle des ruelles et des siheyuan, tout en rendant les logements plus sûrs et plus confortables.
Les hutong attirent également des habitants étrangers. Certains choisissent de vivre dans une maison à cour plutôt que dans un immeuble moderne. Ils apprécient le calme des ruelles, les relations de voisinage et la possibilité de découvrir Beijing au plus près de la vie locale.
« Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

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