Audition très attendue mardi que celle de Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a en effet ouvert les travaux de la commission d’enquête sur les débordements du 17 octobre. « Pas de tabou, mais pas de cirque », a d’emblée mis en garde le président, le député macroniste Vincent Caure.
Si en introduction Laurent Nuñez a reconnu que « le bilan de la journée du 17 octobre est un échec », c’est pour mieux tout nier ensuite. Pas assez de policiers ? « Un dispositif policier plus étoffé en volume d’effectif déployé n’aurait sans doute pas permis à lui seul d’empêcher les incidents constatés », assure-t-il. Tout juste admet-il « un manque d’anticipation » quant à la simultanéité des « risques ». Mais d’assurer plus tard que si « dans certains endroits, les forces de l’ordre ne pouvaient pas intervenir […] je ne dirais pas qu’elles ont subi ni qu’elles ont été dépassées ».
L’utilisation de la grenade assourdissante EF-SON autorisée le 17 octobre après avoir été suspendue le 7 octobre, dans le cadre du mouvement lycéen, après avoir arraché la main d’un étudiant à Lens ? « C’est une arme intermédiaire qui est extrêmement utile » assure le ministre, à peine gêné par le cas du jeune homme. S’il « regrette cette blessure très grave qui va se traduire par une infirmité permanente pour un jeune », il maintient que, selon lui, « le contexte de l’engagement de la force était réuni ».
Le LBD ? « La seule arme intermédiaire qui permet de cibler une personne en particulier » lâche encore Laurent Nuñez, sachant que de nombreux blessés par cette arme ont été recensés lors de la manifestation du 17 octobre et que des enquêtes administratives sont en cours. Le recours à la nasse qui a piégé nombre de manifestants ? « Une technique qui est utile » affirme encore le ministre. Et d’affirmer sans ciller : « Oui, on a protégé les manifestants ».
Celui qui avait présenté sa démission – refusée par Emmanuel Macron au lendemain du 17 octobre – n’est pas non plus prêt à reconnaître qu’il a failli à Marseille. L’absence de forces de l’ordre devant la mairie attaquée ? L’attention des CRS a été « détournée sur des groupes à risque » et ils « ont dû quitter provisoirement l’entrée de la mairie. C’est à ce moment-là que [les casseurs] sont entrés », raconte Laurent Nuñez, version contestée par le maire de Marseille, Benoît Payan.



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