La nuit des étoiles se prépare à St-Michel

« C’est notre plus grande soirée de l’année » : au centre d’astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire, salariés, renforts saisonniers et bénévoles recrutés spécialement pour l’occasion s’activent pour préparer la nuit des étoiles, qui rassemble chaque année de nombreux amateurs d’astronomie dans le village, situé près de Forcalquier. 70 personnes travaillent sur l’organisation de la soirée de samedi, pour laquelle ils attendent 1 200 visiteurs, explique Fabien Marquet, le directeur du centre d’astronomie. Après une ouverture des portes à 18h30, la soirée débutera à 19h avec « un apéro scientifique en plein air, sur le thème de comment les terriens essaient de communiquer avec les aliens », détaille Paloma Huppert, responsable pédagogique et médiatrice scientifique. À partir de 21h30, trois pôles d’animation se mettront en place : une lecture du ciel au laser, pendant laquelle les animateurs relieront les étoiles entre elles pour former les constellations ; une conférence de l’astrophysicien Guillaume Trap, qui parlera des voyages interstellaires ; et un spectacle de contes. À partir de 22h30, les visiteurs pourront se déplacer de télescope en télescope et observer des objets célestes.

Une ribambelle de fidèles bénévoles vient prêter main-forte pour cette soirée exceptionnelle : « c’est la seule fois de l’année où c’est le cas. Je me bats tous les jours pour qu’on continue à donner des salaires », clarifie le directeur du centre. L’association recrute également quinze « jeunes passionnés d’astronomie » en renfort pendant l’été.

Le centre d’astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire est né en 1998 « d’un souhait du département et de l’Observatoire de Haute-Provence », explique Fabien Marquet. Le département a mis à disposition de l’association ses locaux et son terrain pour mener à bien ce projet. « Le département nous a confié une mission de diffusion de la culture scientifique au plus grand nombre, à des tarifs préférentiels », relate le directeur. La Région accompagne également le centre d’astronomie : les deux collectivités représentaient 14% de son budget de fonctionnement en 2025.

Chaque année, le centre reçoit 5 000 scolaires, du CP à la terminale. « On colle au programme d’astronomie qu’ils ont à l’école. C’est pour cela que les enseignants viennent chez nous », explique Fabien Marquet. Le centre peut même les accueillir pour manger et dormir sur place pour des séjours d’astronomie, avec 80 lits à disposition. Des cousinades ou des séminaires d’entreprise peuvent également y être organisés. 34 000 visiteurs sont accueillis chaque année.

« Notre mission est de susciter des vocations chez les plus jeunes, et plus particulièrement chez les jeunes femmes », avance le directeur du centre. « J’ai désormais plus de médiatrices que de médiateurs scientifiques : c’est une très bonne nouvelle pour la place des jeunes femmes dans notre société, encore plus sur le volet de la culture scientifique », se réjouit-il. « On n’encourage pas les jeunes femmes à faire des parcours scientifiques à l’école », regrette-t-il. Le centre est d’ailleurs en train de travailler sur une exposition mettant en avant les femmes scientifiques qui ont collaboré avec lui. « On va leur demander quel est le message qu’elles veulent passer aux jeunes filles, pourquoi c’est important d’être une femme scientifique aujourd’hui dans notre société… », détaille Fabien Marquet.

Une immersion

dans un vaisseau spatial

Le planétarium, ouvert en 2022, permet d’être immergé
« dans un vaisseau spatial, une machine à voyager dans le temps ». Les séances peuvent être sur le thème des trous noirs, des exoplanètes, ou encore adaptées pour les tout-petits. Mardi, c’était Maude Bodineau qui animait une séance pour les enfants, hilares et curieux de découvrir nébuleuses, cratères et constellations, après avoir visionné un film d’animation sur l’astronomie et l’exploration spatiale. Monique et Alain Troin y ont emmené leurs deux petits-enfants, Arthur et Océane Trébern, venus d’Eure-et-Loir pour les vacances. « Comme il y a l’éclipse solaire le 12, on voulait qu’ils comprennent comment cela fonctionne. On leur a acheté des lunettes pour l’observer », explique la grand-mère, venue spécialement de Marseille pour visiter le centre.

Yaël Moussouni, grand passionné d’astronomie, vient chaque année depuis Strasbourg prêter main-forte au centre, en tant que salarié renfort d’été, puis bénévole. Le jeune homme a vu l’annonce sur un groupe WhatsApp d’astronomie amateur, alors qu’il possédait déjà un télescope. « Même en tant que passionné, on apprend toujours de nouvelles choses, notamment avec les questions du public », se réjouit-il.

Le centre organise également une soirée à l’occasion de l’éclipse solaire mercredi, déjà complète depuis un mois, victime de son succès. Le 15 août, pour sa dernière grande soirée, le centre a invité Yaël Nazé, une astrophysicienne belge, pour « la conférence dont vous êtes le héros » : l’intervenante construira sa conférence en fonction des questions du public. De l’observation au télescope sera également à nouveau proposée.

Le village de Saint-Michel-l’Observatoire héberge également l’Observatoire de Haute-Provence, où la première exoplanète a été découverte en 1995. « C’est l’un des seuls observatoires qui a une programmation de recherche scientifique aussi forte, très clairement », assure Fabien Marquet.

Retrouver ici les rendez-vous en région.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *