Tag: sciences

  • « Avant d’avoir une réponse, la science c’est d’abord des questions »

    « Avant d’avoir une réponse, la science c’est d’abord des questions »

    À l’occasion de la 35e édition, elle revient sur le bilan de l’événement et ses perspectives.

    La Marseillaise : Quel bilan tirer de la Fête de la science 2026 ?

    Solène Merer : Cette édition était super agréable, de plus en plus de structures s’associent à nous pour participer à l’événement. Le festival s’inscrit durablement dans le paysage. Du côté du public, on constate qu’il vient, revient, prend plaisir. Nous avons créé un système d’évaluation participative qui nous a permis de beaucoup discuter à la fin du week-end. Ils devaient voter, du coup, on a eu le temps de discuter. Je leur ai demandé quel stand ils avaient préféré. La réponse quasi systématique est qu’il est hyper dur de choisir car il y a plein de choses chouettes et très différentes. Le plaisir et la variété des découvertes dominent avec le critère qualité.

    Quelle est la tendance de cette année ?

    S.Me. : On a travaillé particulièrement sur le volet festif. Par exemple, avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) qui a eu un succès fou avec son stand de dégustation d’insectes. Ou bien le jeu spectacle « Fortuna et les déesses de la moula » de l’association le Tamis, qui offrait une prise de recul ludique sur la fabrique des inégalités économiques. Ce sont des moments marquants qui embarquent le public hors de ses habitudes. Sans oublier les filles qui avaient un stand sur l’archéologie de l’alimentation  elles ont fabriqué et fait déguster du pain préhistorique. Jouer sur le plaisir et l’inattendu pour appuyer la thématique sont nos nouveaux axes de développement.

    En quoi votre action est unique sur la Fête de la science ?

    S.Me. : L’association les Petits Débrouillards est coordinatrice régionale et c’est unique. On a plus l’habitude de retrouver à ce poste des musées ou bien des centres de culture scientifique et technique partout ailleurs. Ou encore les centres de recherches eux-mêmes, soit les universités. Du coup, nous arrivons à mobiliser de façon plus large, comme cette année, où nous avions une cinquantaine de bénévoles autour de nous. Ils ont participé toute la semaine de 8h à 21h bien souvent, ils ont donc été plus impliqués. C’est un mix entre les jeunes plutôt sur la plateforme « je veux aider » et les moins jeunes depuis Bénévoles Marseille. L’objectif est de rajouter notre touche éducation populaire, expérience, diversité… Le phénomène surprise en plus des stands. On a dépassé l’époque du flyer unique, tout le monde propose désormais des animations nouvelles chaque année sur son stand.

    Depuis six ans, les chercheurs et les enfants échangent dans le cadre du « Dis-moi pourquoi ? ». Suels sont les retours ?

    S.Me. : J’adore cette initiative car elle est en lien avec notre quotidien. Les sciences, c’est partout et tout le temps dans notre vie. Pas que des éprouvettes, dans un labo. Cette initiative entre les chercheurs, les enfants et votre journal rappelle que derrière toute question naïve, il y a une curiosité sur le monde et il y a une science pour l’étudier. C’est génial de partir d’une question, car la science, c’est ça. Avant d’avoir une réponse, c’est d’abord des questions. Ce n’est pas toujours évident pour les chercheurs, mais ils y prennent tous beaucoup de plaisir. C’est un super exercice pour résumer leur pensée, mais aussi pour contribuer, notamment quand ils ne peuvent pas être disponibles physiquement.

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • [#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    [#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    Oscar, élève de CM1 à l’école Jean-Giono, à Bollène

    Les fourmis sont très performantes pour trouver du sucre, mais aussi tous les aliments dont elles ont besoin. Elles n’utilisent pas un GPS, mais leurs antennes qui leur permettent de sentir comme nous le faisons avec notre nez. Mais leur odorat n’est efficace qu’à quelques centimètres ou quelques mètres. Ce n’est donc pas suffisant si la nourriture est éloignée du nid des fourmis. Alors la reine des fourmis envoie des « éclaireuses » qui vont explorer au hasard les parties éloignées de la colonie. Lorsqu’une fourmi trouve de la nourriture, elle revient au nid en laissant derrière elle, sur le sol, des marques odorantes sous la forme de petites gouttes sécrétées par une glande spéciale de son abdomen. Comme le petit Poucet, elle balise son chemin ! En rentrant au nid les autres fourmis suivront les marques odorantes qu’elle a laissées pour retrouver à coup sûr la nourriture. Et plus les fourmis empruntent ce chemin, plus son odeur sera marquée et plus il y aura de fourmis qui la suivront. Et voilà comment en un clin d’œil des centaines de fourmis trouvent de la nourriture. C’est un système très efficace qui leur a permis de survivre pendant plus de 100 millions d’années !

    Jérôme ORGEAS. Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’IMBE.

  • [Neurosciences] Mémoire : quand un seul neurone suffit

    [Neurosciences] Mémoire : quand un seul neurone suffit

    Ils sont soit très excités, soit très calmes. Certains neurones ont cette particularité de pouvoir être stables dans deux états. Ils peuvent être dans un état où ils n’émettent aucun courant. Mais après une perturbation suffisante, ils émettent des impulsions électriques. Et ils continuent ainsi tant qu’ils ne reçoivent pas une nouvelle perturbation suffisante qui les fait revenir au calme. Cette propriété de « bi-stabilité » est essentielle à la mémoire de travail qui permet de retenir une information à court terme pour l’exploiter dans une tâche.

    Avec des collègues de l’Université Paris-Saclay, Damien Depannemaecker a modélisé cette propriété d’une manière inédite. « C’est un changement conceptuel qui ouvre de nouvelles perspectives », résume le chercheur à l’Institut de neurosciences des systèmes (Marseille). De nouvelles perspectives pour l’étude du cerveau ou l’électronique neuromorphique qui s’en inspire pour concevoir des circuits ou des puces plus efficaces pour traiter des données. « Cela ouvre aussi la possibilité de créer de nouvelles formes d’interaction directe entre des systèmes biologiques et électroniques », ajoute le premier auteur d’une étude parue dans Nature Communications. C’est-à-dire connecter des neurones électroniques à des neurones biologiques pour les étudier.

    « Notre modèle décrit la bi-stabilité grâce à un seul neurone en se contentant d’observer son comportement global », pointe le chercheur. Une rupture par rapport aux modèles existants. Car il en existe. Certains sont utilisés depuis plus de vingt ans et même implantés dans des puces neuromorphiques. Mais ces modèles ont recours à plusieurs neurones organisés en réseaux. Certains sont excitateurs, d’autres inhibiteurs. D’autres modèles modélisent la bi-stabilité avec un seul neurone, mais en se basant sur une description détaillée de ce qu’il s’y passe : les concentrations en ions, les propriétés des membranes… Ce qui les rend coûteux en calcul.

    Robustesse

    Ce nouveau modèle a été obtenu en partant des modèles classiques basés sur des réseaux de neurones, mais en introduisant un simple changement de signe dans les équations. « Cela me paraissait trivial, mais personne n’avait publié quelque chose de similaire », s’étonne Damien Depannemaecker. Et cela fonctionne : « Notre modèle prédit très bien le comportement d’un circuit électronique qui mime le comportement d’un neurone », assure le chercheur. Avec une subtilité : « Il est plus robuste que les modèles existants », précise-t-il. Autrement dit, il peut être utilisé dans des conditions plus larges.

    Avec ce résultat très théorique, les scientifiques espèrent surtout mieux comprendre le fonctionnement des neurones, voire de certaines maladies comme l’épilepsie. Mais cela ouvre aussi le champ à des applications dans les interfaces cerveau-machine, la robotique et l’intelligence artificielle embarquée.

  • Fabien, étudiant : «La pénurie de personnels, priorité des revendications lycéennes à Montpellier»

    Fabien, étudiant : «La pénurie de personnels, priorité des revendications lycéennes à Montpellier»

    Les lycéens nous ont contactés à plusieurs reprises pour nous demander de l’aide. Tous les jours, des étudiants vont les aider à bloquer les lycées et à faire tampon par rapport à la répression qu’ils peuvent subir », indique Fabien Bon, représentant du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum).

    Depuis le 1er octobre, sous l’impulsion notamment du Scum, le mouvement étudiant s’organise dans la capitale héraultaise autour de blocages universitaires. Parti de Paul-Valéry, il s’est étendu à plusieurs campus : facs de sciences, d’économie, d’éducation, mais aussi fac de pharmacie (« pour la première fois de son histoire »), fac de droit, ainsi que l’Institut régional du travail social (IRTS) ou l’institut Agro. Des blocages qui permettent aux étudiants de rejoindre les rassemblements lycéens en journée, mais aussi de porter leurs propres revendications.

    Pour Fabien Bon, la convergence entre les deux mouvements se construit d’abord autour d’une même inquiétude : l’avenir. « À travers ce qu’il se passe dans les universités, les lycéens voient leur avenir. Et qu’est-ce qu’ils voient ? Qu’entrer à la fac est devenu compliqué à cause de Parcoursup, qui pratique une sélection sociale de plus en plus forte et éjecte de nombreux bacheliers de l’enseignement supérieur ; ils voient que même s’ils arrivent à entrer à l’université, en master, un sur deux sera viré via, cette fois, la sélection exercée via la plateforme Monmaster ; et ils se rendent compte que même s’ils arrivent à décrocher un diplôme, ils auront une vie de misère. Car ils voient bien que leurs parents ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et que ça risque d’être encore plus compliqué quand ce sera leur tour », décrit Fabien Bon.

    « Se questionner sur ses conditions d’études, c’est légitime »

    « C’est ça la convergence principale avec les lycéens : cette peur de l’avenir, bouché, préempté et volé par des patrons et des politiciens. Mais ce qu’on a aussi en commun, c’est de ne pas être écoutés », considère le représentant du Scum, qui pointe « le mépris des institutions politiques » à l’égard de la jeunesse, ainsi qu’une certaine « violence médiatique ».

    « Tout le monde tourne par exemple en dérision la revendication d’en finir avec le 8h-18h. Mais quel travailleur accepterait de faire 8h-18h sans interruption, excepté une pause d’une heure à midi, enfermé dans son entreprise ? Se questionner sur ses conditions d’études, de vie, c’est légitime. » Et de poursuivre : « Je pense, moi, que le mouvement lycéen donne à toute la France un énorme cours d’éducation civique. »

    Sans compter, souligne Fabien Bon, « que mine de rien les deux derniers mouvements qui ont obtenu des choses au niveau national, ce sont les Gilets jaunes et le mouvement lycéen actuel, qui a obtenu officiellement une hausse du budget de l’Éducation nationale et le déploiement en urgence de plusieurs milliers de profs. Alors que personne n’arrive à obtenir quoi que ce soit dans ce pays », insiste le représentant du Scum.

    Il salue le courage de ces jeunes « qui se politisent et prennent des risques » malgré une répression qu’il juge particulièrement violente. « Il y a des gars casqués et armés en face d’eux, dont on sait qu’ils sont capables de les mutiler. Il y a quand même un gosse de 16 ans dont la main a été arrachée par une grenade en France en 2026. C’est incroyable. »

    Quinze jours après le début du mouvement, les étudiants mobilisés restent donc « complètement solidaires des lycéens. Et le meilleur soutien qu’on puisse leur apporter, c’est de continuer à bloquer les facs, car cela permet de libérer du temps pour aller les aider tout en faisant pression, de notre côté, sur les présidences d’université pour satisfaire nos revendications sur la question de l’inscription des étudiants refusés en licence et en master et sur celle des frais différenciés imposés aux étudiants étrangers ».

    Au-delà des lycées et des campus, « il y a une colère bien plus globale », assure Fabien Bon. « Les gens n’en peuvent plus. On veut pouvoir payer notre loyer tranquillement et se nourrir, tout simplement. »

  • Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    On a tous le même squelette que l’on soit noir ou blanc, homme ou femme » explique une animatrice de l’Unité mixte de recherche (UMR) anthropologie bioculturelle, droit, éthique et santé devant des enfants du CE2 de l’école Louis-Botinelly (4e) massés en cercle autour du dessin d’un squelette grandeur nature. Questions et réponses fusent dans une joyeuse ambiance vendredi, jour dédié aux scolaires dans le village de la science installé sur l’esplanade Bargemon.

    Vient le discours d’ouverture du directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation Jean-Luc Parrain. Il souligne « les valeurs de partage, de savoir et d’ouverture qui caractérise cette grande fête. On doit toujours lutter contre les stéréotypes. L’égalité est fondamentale au cœur de la famille mais ensuite à l’école. » Samedi et dimanche, 8 000 personnes sont attendues sur le village ouvert à tous gratuitement, avec un nombre toujours croissant d’interactivité. « Cette 35e édition propose 55 stands et 65 structures participantes », rappelle Solène Merer directrice en région des Petits débrouillards, association organisatrice du village à Marseille.

    à l’extérieur, des tentes blanches sont disposées les unes à côté des autres. Les enfants s’engouffrent très curieux de savoir ce qu’ils vont y découvrir. à l’intérieur, planètes et système solaire attendent leur public, et les expériences de physique ravissent les scolaires qui découvrent que la magie a parfois une explication rationnelle. Sur le stand de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), Guillaume Marchessaux, chercheur et spécialiste des espèces invasives sensibilise au crabe bleu. Ambassadeur pour la région Paca, il animera deux conférences intitulées : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? » ce week-end.

    Samedi et dimanche. 10h-18h.

  • La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    « On est des nomades de l’animation, donc oui on est impacté par l’augmentation du prix du carburant », déplore Hugues Bru, directeur de la section Bouches-du-Rhône des Petits débrouillards Paca. L’association, qui cherche à développer « la prise de conscience du caractère complexe des relations entre sciences et sociétés », se déplace régulièrement, auprès des jeunes notamment, dans le département des Bouches-du-Rhône. Si la question du prix du carburant est préoccupante pour eux, elle s’ajoute cependant à une atmosphère d’inquiétude déjà existante, notamment autour du risque des baisses de subventions.

    Précarisation des employés

    La hausse du prix du carburant a provoqué une augmentation de 20% du budget essence de l’association, qui représente lui-même un quart du coût du transport lors d’une prestation. Cela a contraint les agents de l’association à être plus flexibles, mais créé aussi une forte précarité pour eux. « On essaye de faire du covoiturage, mais ça implique parfois que certains employés attendent la voiture pour rentrer à la fin de leur journée, le tout sans être payé. Ce n’est pas tenable sur le long terme », note Hugues Bru. Malgré tout, l’association n’a pas encore eu à refuser ou annuler une prestation, le souci étant encore relativement récent, selon le directeur. « Les effets vont se faire ressentir dans quelques mois si la situation n’évolue pas dans le bon sens, quand il faudra renouveler certains contrats ou faire des devis », s’inquiète-t-il. Une hausse qui pourrait s’ajouter à celles déjà enregistrées concernant « le prix de certaines fournitures ou bien les livraisons de matériel », précise Hugues Bru.

  • « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    La Marseillaise : Les chercheurs et personnels n’ont de cesse de dénoncer le mépris de l’État à leur encontre. À quel point la situation est-elle selon vous dégradée ?

    Didier Gori : C’est assez déprimant. Les contraintes budgétaires ont des conséquences considérables sur les conditions de travail avec la baisse des effectifs, la précarité, mais aussi en termes de moyens sur les consommables, les appareils… On est obligé de s’adapter. Il faut aussi savoir que les budgets associés à la médiation scientifique ont plus spécialement été visés et gelés. Or ils servent justement à l’animation de la fête de la Science notamment avec des cafés scientifiques, des initiatives un peu plus populaires pour aller dans les lycées, proposer des manips, des montages de vulgarisation… Un tas de collègues dont c’est le métier se sont retrouvés avec des budgets sacrifiés, ce qui met à mal l’ouverture des scientifiques vers la société et inversement.

    Avec un budget 2027 de nouveau austéritaire, quelles sont vos craintes ?

    D.G. : C’est 54 milliards d’économie annoncés pour toute la fonction publique et très récemment, Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, s’est vanté qu’il donnerait 100 millions d’euros de plus au CNRS, mais à partir d’un budget qui est déjà déficitaire de 200 à 250 millions. Pour 2026, ce sont 260 millions d’euros de déficit. En juin, lorsque nous nous sommes mobilisés, nous expliquions que le CNRS avait été contraint de piocher pour la troisième année dans ses ressources propres non fléchées, un bas de laine qui permet aux laboratoires d’assurer la jouvence, les frais de réparation… Là, ils vont être obligés de prendre dans ce qu’on appelle les crédits fléchés, les crédits d’appel à projet qu’on a via l’Agence nationale de la recherche, mais aussi l’Europe. Cela pose un problème déontologique très fort, parce que ces crédits, on les a en contrepartie d’une destination et d’une activité scientifique.

    Des projets de recherche sont-ils sabrés ?

    D.G. : On a des sujets en panne et des situations variées. Par exemple, on va mettre un stagiaire qui coûte moins cher dessus, et il va rester moins longtemps. On va essayer de jongler avec les personnels ou étudiants présents. Des projets seront tout simplement mis en stand-by. Ceux qui ont réussi à avoir des appels à projets vont pouvoir débloquer parfois une partie du financement. Mais on perd en connaissance, en compétitivité.

    Sur l’appropriation des enjeux des évolutions scientifiques, notre pays vous semble-t-il au niveau ?

    D.G. : Il y a des défis contemporains qu’on devrait se préparer à assumer mais la France n’y est clairement pas. Sa politique d’austérité est en train de nous paupériser. La compétition internationale est en train de s’accélérer. Il va falloir que nos scientifiques aient les moyens de rivaliser. On ne peut pas continuer la course à pied quand les autres chevauchent des fusées. Je pense notamment à l’IA, un sujet fondamental. Depuis 6 mois les choses se sont précipitées. En juillet, une expérience a été menée où on a demandé à une IA de vérifier si un système était sécurisé. Elle était déconnectée de l’Internet. Et, on ne sait pas comment, elle s’est connectée, s’est dupliquée sur un serveur, s’est mise à dialoguer avec d’autres IA pour remplir sa mission. On se retrouve avec un outil surpuissant dont il faut définir le cadre. Je pense que la communauté scientifique a un rôle d’éclairage auprès de la société.

    Ces sujets ne relèvent-ils pas aussi du débat public ?

    D.G. : Oui. Pour en revenir à l’IA je pense à l’impact environnemental. Avec le choix qu’a fait Emmanuel Macron de proposer aux industriels d’héberger des data centers, la France offrant une énergie électrique majoritairement décarbonée et beaucoup de ressources d’eau. Or l’eau est un bien collectif des Français, à qui on aurait dû demander leur avis avant d’engager l’État aux bénéfices d’entreprises privées et étrangères. Il y a une reconnaissance de l’expertise scientifique mais au niveau des décideurs publics, sous l’effet du lobbying, elle n’est pas prise en compte.

    Comment voyez-vous l’avenir dans vos labos ?

    D.G. : La communauté scientifique est extrêmement affectée par cette énième année de gel de salaire. Nous sommes à la croisée des chemins. Lors du comité national des laboratoires en janvier nous allons poser le problème sur la table, dans le calendrier de l’élection présidentielle. Soit il y a une réelle politique d’investissement dans la recherche, soit la France va décrocher. Au niveau de l’intersyndicale au national, on a commencé à discuter pour de nouvelles actions dès qu’on aura des éléments plus précis sur le budget 2027, avec déjà la date du 17 octobre en ligne de mire.

  • La Fête de la science met les saveurs au menu

    La Fête de la science met les saveurs au menu

    Cette année, la Fête de la science titille les papilles avec le thème « Saveurs savantes ». Pas moins de 917 actions sont prévues dans 109 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Insolite ? Pas vraiment. « L’alimentation est au cœur d’importants enjeux de santé publique et soulève des questions environnementales majeures, de la résilience des systèmes agricoles à la préservation de la biodiversité », rappellent les organisateurs lors de la présentation de cette 35e édition. En biologie, en physique-chimie, en sciences humaines et sociales, en écologie ou encore en santé, à travers l’approche globale « One Health », l’alimentation est explorée sous toutes ses dimensions : santé publique, environnement, biodiversité, mais aussi résilience des systèmes alimentaires.

    Diffuser la culture scientifique

    Vendredi, les scolaires ont pu se précipiter avec avidité vers les premières installations, parcours et visites. Tout au long du week-end, les villages ouvrent tour à tour leurs portes à des familles toujours plus nombreuses à venir découvrir la science. Populaire et gratuite, cette grande fête favorise le partage des savoirs entre citoyens et scientifiques.

    à Marseille, l’association Les Petits débrouillards est la cheville ouvrière du Festival des sciences, organisé du 10 au 12 octobre, sur l’esplanade Bargemon (2e). « La culture scientifique et technique est plus que jamais un outil de lutte contre la désinformation. Mais aussi une fête pour (re)découvrir les plaisirs de l’expérimentation dans des domaines nombreux », explique Solène Merer la directrice de l’association en Région.

    Et de poursuivre : « Notre enjeu à nous, Petits débrouillards, est de maintenir une mobilisation importante sur ce temps fort, malgré des financements en baisse, en général pour les porteurs, et couvrir au maximum le territoire régional pour que tous les publics puissent avoir des propositions. »

    Pour continuer à attirer un public toujours plus nombreux, il faut renouveler la programmation, mais aussi accompagner les chercheurs vers de nouveaux formats de médiation, plus ludiques et accessibles. « Escape game, jeux de rôle, spectacles, projections, dégustations, expérimentations… sont au menu de cette édition » conclut Solène Merer.

    Informations et programme complet sur fetedelascience.fr

    « Un outil
    de lutte
    contre la désinformation »