Logement et feux de forêts :la municipalité interpelle l’État

Six ans après, la municipalité ne baisse toujours pas les bras. Ce vendredi matin dès l’ouverture du conseil municipal de Marseille, l’adjointe (PCF) au logement Audrey Garino a profité d’une série de délibérations consacrées aux droits des locataires et à la participation de la Ville à l’observatoire local des loyers privés pour remettre sur la table la question de l’encadrement des loyers. L’expérimentation nationale en effet doit s’achever le 1er novembre prochain, sans que Marseille n’ait pu en bénéficier.

«Depuis 2015, près de 70 communes ont pu expérimenter l’encadrement des loyers, une mesure dont toutes mesurent l’effet positif sur les prix, et dont toutes demandent la pérennisation », rappelle l’élue communiste. Si Marseille avait candidaté dès 2020 au dispositif, la Métropole n’avait donné son accord que deux ans plus tard. « Mais cette demande se heurte à une fin de non-recevoir du gouvernement », déplore Audrey Garino. Avant de rappeler les chiffres marseillais : en dix ans, les loyers y ont augmenté de 10%, et même de 14% lorsque le locataire a changé, des hausses qui s’accélèrent ces dernières années. Alors après la signature par le maire (DVG) Benoît Payan d’une tribune de la Fondation pour le logement des défavorisés (notre édition du 23/05), l’adjointe réitère : « Nous réclamons une nouvelle fois la prolongation de l’expérimentation et son extension aux villes, comme Marseille, qui en font la demande. »

Souvenir du feu de l’Estaque

L’interpellation se double d’une alerte, au moment d’approuver des subventions pour les associations hébergeant des personnes sans domicile fixe, face aux coupes budgétaires dans les crédits de l’hébergement d’urgence. « En quatre ans, le nombre d’appels au 115 [le numéro d’urgence dédié, Ndlr.] a augmenté de 50%», souligne Audrey Garino. Et d’appuyer : « Nous refusons d’accepter cette fatalité et appelons l’État à prendre enfin la mesure de l’urgence qui frappe les habitants de Marseille. »

Après elle, c’est le maire (DVG) Benoît Payan qui monte au créneau, sur les délibérations ayant trait au bataillon des marins-pompiers. Une semaine après l’incendie de Marseilleveyre, éteint grâce à l’intervention de quatre Canadair sur un terrain difficile d’accès, il alerte : « Nous devons continuer à réclamer des moyens, parce que nous sommes en difficulté quand ils ne sont plus accordés. » Et de raviver la comparaison avec la gestion de l’incendie de l’Estaque, un an plus tôt. « Le choix avait été fait de sortir les Canadair en dehors de Marseille alors que des vies étaient en jeu », s’indigne-t-il. D’autant plus que les avions largueurs d’eau ont quitté depuis 2016 la base de Marignane, et sont désormais vieillissants. « Quand ils devaient partir, le vent s’est levé et ils ont dû faire machine arrière, ce ne serait pas arrivé s’ils étaient à Marignane », dénonce l’édile qui remercie les députés qui ont réclamé une commission d’enquête sur l’incendie, encore dans les tiroirs. Mais le maire cible aussi les assureurs qu’il appelle à faire leur travail, « parce qu’il y a toujours des assurés qui n’ont toujours pas reçu la moindre aide ». Et remet sur la table le financement insuffisant du bataillon par le conseil départemental, en appelant à l’État « pour qu’il corrige cette iniquité ».

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