Tag: Audrey Garino

  • À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    « Ici, c’est particulièrement violent parce que les tours font 19 étages. Mais nous subissons la même situation depuis trop longtemps » souligne Jean-Louis, du Collectif de veille Busserine. Dans la salle polyvalente du centre social de la Solidarité, les locataires exténués d’avoir à monter et descendre au quotidien les étages dénoncent « le scandale des ascenseurs » et sont prêts à saisir les tribunaux.

    « C’est l’ensemble des bâtiments qui est concerné, et ça dure depuis le mois de mai, explique Samira qui doit monter 16 étages avec une petite de 5 ans, on s’arrête à chaque palier pour souffler. On ne peut pas s’asseoir sur les marches car les gens ne sortent plus les poubelles. Cet été il y avait des asticots partout ». à ses côtés, Fouzia « évite de faire des courses » et montre les appels passés sur son téléphone à Paca ascenseurs services : « ils sont venus ce matin à 10h. à midi c’était de nouveau en panne ». Les locataires dressent une liste de l’insupportable : « des portes qui ne ferment plus », « des cabines qui se bloquent deux heures avec une famille à l’intérieur en pleine canicule », « des gens qui sont tombés en chute libre sur plusieurs étages ». Un médecin du Château en santé témoigne : « nos patients souffrent de maux liés à ces problématiques : asthme, BPCO, problèmes rénaux, infarctus du myocarde, difficultés de mobilité… les infirmiers ne montent plus, les piluliers sont vides, l’état de santé se dégrade ».

    Un projet de loi bloqué

    Ils décrivent un quotidien « inhumain, indigne », partagé par les locataires d’autres grands ensembles. « Ils font du bricolage qui met nos vies en danger », dénonce Nadia du collectif Aclo et CGL, aux Oliviers, qui organise un rassemblement mardi 27 octobre à Frais Vallon à 11h30 devant le siège de Provence Métropole Logement (PML). « Le pire, c’est qu’on ne nous entend pas, déplore Inès qui pointe l’obligation légale du bailleur, à la Soli, on en est à plus de 50 mises en demeure, en vain. Un signalement a été fait à la Ville ». Selon Unicil, « la remise en service peut être rendue plus complexe par les dysfonctionnements techniques, les contraintes d’intervention et les délais d’approvisionnement des pièces ». Des arguments qui ne tiennent plus depuis le temps que la situation perdure.

    À la Solidarité, les locataires, avec 36 associations, exigent aujourd’hui « la remise en service immédiate des ascenseurs avec un calendrier des travaux de rénovation, annonce Inès, avec un ultimatum d’un mois pour l’organisation d’un comité de pilotage associant bailleur, ascensoriste, Ville et représentants des locataires ». Soutenus par le Syndicat du Logement de Marseille, ils se sont dotés d’un avocat qui « prépare un référé de mesure utile et travaille à la question du remboursement des charges », précise Charly en avisant d’un courrier envoyé par l’adjointe au maire (PCF) Audrey Garino à Unicil, et indiquant que « la Ville accepte de coordonner le comité de pilotage ». De son côté Unicil a « pris date » avec l’association CGL pour « une réunion qui se tiendra le 5 novembre ». La proposition de loi visant à pénaliser les retards d’intervention, car au fond c’est surtout une question d’argent qui plombe les réparations, a été adoptée par l’assemblée nationale en janvier 2025. Et plus rien. Interpellé par le Collectif de veille du Grand Saint-Barthélémy, le sénateur communiste Jérémy Bacchi a assuré qu’il porterait « cette question dans le cadre de notre niche parlementaire pour accélérer son vote ».

  • L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite marseillaise avait déjà habitué l’hémicycle municipal à son opposition face à toute régulation des meublés touristiques marseillais. Ce vendredi matin, leur combat s’est étendu à la défense des propriétaires de logements vacants. Le groupe du RN et ses alliés se sont ainsi opposés à tout doublement de la taxe sur ces locaux inhabités.

    « Nous faisons face à une crise du logement qui laisse de nombreux Marseillais dans l’impossibilité de se loger dignement », alertait pourtant l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino, au moment de présenter le plan municipal contre la vacance. « Nous n’acceptons plus que des milliers de logements restent vides quand des milliers de Marseillais n’arrivent plus à se loger », insistait-elle. Et de détailler toutes les mesures déployées, incitatives comme coercitives. À l’extrême droite, Samuel Benhamou monte au créneau. « On ne remplit pas un logement en vidant le portefeuille de son propriétaire », proteste-t-il. L’adjointe communiste lui répond sèchement : « On ne s’attaque pas aux propriétaires. On s’attaque aux multi-propriétaires qui font de la spéculation immobilière sur notre ville, c’est une position assumée. » En rappelant qu’à Aix, l’opposition RN n’avait rien trouvé à redire face aux mêmes mesures.

    Dans la foulée, c’est la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, qui refuse de soutenir les aides en faveur du logement locatif social. « Nous ne sommes pas opposés au logement social par principe », jure-t-elle. Deux jours plus tôt en conseil d’arrondissements, son adjoint (RN) au logement Marc-Antoine Ponelle assumait pourtant : « Nous refusons la construction de nouveaux logements sociaux ». La maire du secteur elle s’inquiète de ne voir subventionné que du logement très social (PLAI). « Il ne faut pas laisser de côté ceux qui gagnent trop pour certaines aides », réclame-t-elle.

    « Il y a la réalité sociale d’une ville comme la nôtre. Nous avons besoin de logements très abordables », répond Audrey Garino. Elle rappelle que le premier critère dans leur attribution est la sortie de l’indignité. Et souligne que le programme local de l’habitat prévoit 32% de logements intermédiaires pour Marseille.

  • Marseille s’attaque au logement vacant

    Marseille s’attaque au logement vacant

    Un outil de plus dans l’arsenal municipal pour le logement. Ce vendredi matin, la majorité marseillaise profite de la présentation de son plan de lutte contre la vacance pour soumettre au vote de l’hémicycle municipal le doublement de la taxe sur les logements vacants. Une évolution rendue possible dans le dernier projet de loi de finances, et qui s’inscrit dans les dix actions listées par la municipalité pour remettre sur le marché ces habitations.

    « Nous menons des actions en soutien de la production et de la réhabilitation de logements sociaux, mais quand plus de 100 000 personnes sont en attente d’une attribution, il y a une nécessité de maintenir un parc privé abordable », insiste l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino. Si elle met en avant l’action de la municipalité face aux meublés touristiques et réclame toujours au gouvernement un encadrement des loyers, les plus de 14 137 logements vacants depuis plus de deux ans à Marseille – soit environ 3,5% des logements – représentent un gisement non négligeable. Aujourd’hui à 17% pour la première année, et à 34% à partir de la deuxième année d’inoccupation, les taux passeront respectivement à 30 et 60%. De quoi amener jusqu’à 9 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires. « Le bâton ne suffit pas, il faut aussi mobiliser l’ensemble des dispositifs », précise cependant l’adjointe communiste.

    Au mois de juin déjà, une convention avec la Fondation pour le logement des défavorisés avait ainsi été votée pour avoir une meilleure connaissance des motifs de la vacance. La municipalité rappelle aussi les travaux d’office, les aides mobilisées pour remettre en location des logements vacants, son soutien à l’intermédiation locative, la mobilisation du patrimoine public libre (un tiers de la vacance) pour de l’hébergement. Une campagne Zéro logement vacant a été lancée dans les quartiers de Lodi et Notre-Dame-du-Mont, et le conseil municipal doit aussi se prononcer sur la mise en œuvre d’un diagnostic structurel décennal, une autre évolution législative récente, dans les opérations programmées d’amélioration de l’habitat. La municipalité travaille également à l’acquisition de bâtiments « en état d’abandon manifeste », afin de les réhabiliter.

    Copropriétés à rénover

    Après le bureau de la Métropole ce jeudi, le conseil municipal doit aussi passer un cap dans les opérations d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées à Marseille, avec la signature des conventions qui définissent les périmètres d’intervention des pouvoirs publics au Mail, les Rosiers et Super Belvédère, la Maurelette et Consolat. « C’est la déclinaison opérationnelle des arrêtés publiés par le Conseil d’État en décembre 2025, pour que l’on puisse rentrer dans une phase opérationnelle au début de l’année prochaine », décrit Audrey Garino. Ne restera qu’à boucler le tour de table pour réunir les 536 millions d’euros nécessaires (dont environ 66 millions de la municipalité), avec l’approbation du projet de loi de finances et la réunion du conseil d’administration de l’établissement public foncier, qui porte ces opérations.

  • Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Marseille : à la Capelette, des familles en squat exaspèrent les riverains

    Devant la grille ouverte de la friche industrielle de l’avenue des Platanes, une dizaine de riverains laissent éclater leur colère. « Ils sont entrés par effraction le 24 août. On a alerté la police, la Métropole, la mairie de secteur, on a tout fait dans les 24h… Il n’y a eu aucune intervention des pouvoirs publics », déplorent Annie Thomas et Evelyne Beylot, respectivement présidente et secrétaire du CIQ (Comité d’intérêt de quartier) Capelette.

    Extrêmement remontés, ces habitants décrivent « vivre un enfer au quotidien » depuis un peu plus d’un mois. « On ne dort plus ! Entre les bruits d’activité de ferraille, les hurlements des bagarres nocturnes, les dégradations, les branchements électriques, les tentatives d’intrusion, les vols », listent-ils, en assurant « multiplier les plaintes ». « Ils fouillent dans nos poubelles », s’exclame une autre retraitée. Le 23 septembre, un incendie a attisé « la peur de voir nos maisons brûler ».

    Intriguées par l’agitation, six femmes, avec des enfants, arrivent à l’entrée du site. « C’est de ça qu’on vit, ferraille et poubelles », plaide une des trois femmes enceintes. Mère de trois enfants, Argentina promet « un effort ». à la caserne de la Belle de Mai, où elles vivaient depuis deux ans, les efforts n’ont pas tenu et l’expulsion a eu lieu, le 24 août. « Les enfants ne vont plus à l’école », regrette Argentina. « Il faut évidemment une solution plus stable », convient Gilles Prou-Gaillard, président du CIQ de Pont-de-Vivaux. Propriétaire du site, la Métropole confirme avoir « déposé une plainte avec un constat d’huissier le 25 août ». Elle ajoute : « La situation est dans les mains de la justice. C’est à l’état de trouver une solution. » Mais les nuits d’hôtel proposées aux plus vulnérables ne peuvent constituer une réponse.

    Une politique de l’échec

    Les habitants attendent « une réponse immédiate ». La situation réveille le souvenir du bidonville des Aciéries, à quelques encablures. Une soixantaine de personnes s’étaient installées, en 2016, sur le site de l’armée. En 2018, des associations y ont porté un projet expérimental : plutôt que d’expulser, la préfecture leur laissait le temps de travailler à l’insertion des familles. Le site occupé par 150 personnes a été évacué le 28 août 2025, avec 27 000m3 de déchets. Jean Régis Rooijackers, régisseur social de Just, explique : « On n’a jamais réussi à obtenir de bail d’occupation pour travailler sérieusement. Un “chef” a profité de la situation et a transformé l’expérience en produit financier. La police ne s’était pas saisie du dossier. »

    Le projet de village d’insertion initié par le préfet à l’Égalité des chances, Laurent Carrié, et l’adjointe (PCF) au maire, Audrey Garino, n’a pas non plus abouti. Le régiseur social est amer : « Aujourd’hui on n’a plus d’interlocuteur à l’état. » à l’échec des politiques d’expulsions, il faut ajouter la valse des préfets.

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Avec 44 à 47 000 logements indignes recensés à Marseille, 3 700 signalements l’an dernier et « 2 700 à date », la charte signée ce lundi 5 octobre entend faire bon usage des saisies judiciaires dans le cadre de la lutte contre les marchands de sommeil, a expliqué le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski.

    Depuis la loi Elan du 23 novembre 2018, la confiscation des biens immobiliers « ayant servi à commettre l’infraction de soumission à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine » est devenue obligatoire. Problème, entre la décision judiciaire et le moment où l’Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), soit l’État, devient propriétaire, il peut se passer « plusieurs années » reconnaît Charlotte Hemmerdinger, directrice de l’agence. Histoire d’en gagner quelques-unes, cet accord passé avec le tribunal judiciaire, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, la Spla-In (société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix Marseille), Euroméditerranée et l’EPF (Établissement public foncier) proposera prioritairement les logements aux collectivités locales pour améliorer l’offre de logements sociaux.

    Plus de fluidité

    De quoi éviter aussi que le bien devienne « inexploitable » car trop dégradé et gagner en « fluidité », précise le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. L’Agrasc n’ayant de toute façon pas le budget pour réhabiliter et reloger précise sa directrice.

    Une liste sera soumise aux partenaires, à chacun de s’en emparer. « Cela peut paraître technique, mais ces procédures sont utiles. La lutte contre les marchands de sommeil est un axe majeur de la politique de la ville », estime Audrey Garino (PCF), adjointe au logement et déléguée à la Lutte contre l’habitat indigne à la Métropole.

    Sur les 21 biens immobiliers saisis par l’Agrasc, 7 relèvent de l’habitat indigne. Parmi eux, le 179 avenue Roger-Salengro (15e), détenu par Gérard Gallas, ancien flic de la police aux frontières, « un des marchands de sommeil les plus flamboyants de Marseille », selon Nicolas Bessone, qui purge une peine de 4 ans ferme. L’Agrasc en est propriétaire depuis 2023 et la charte pourrait permettre d’accélérer le mouvement et trouver un bailleur, espère Valérie Robert, directrice de l’Aménagement à la Spla-In.

    Restent des habitants pris au piège. En décembre dernier, dans une autre propriété de Gérard Gallas, au 85 boulevard Viala (15e), un incendie s’était déclaré malgré l’alerte sur l’état d’insalubrité donné depuis deux ans par le collectif Réseau Hospitalité. Selon la préfecture, 21 personnes ont été relogées. Là encore, la charte pourrait permettre d’intervenir plus rapidement, avec une prise en charge des occupants dans les six mois, assure Audrey Garino.

  • « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    Première pierre officielle pour la résidence « Atom » ce vendredi 2 octobre même si sous la grue, le bâtiment a déjà bien avancé. Une satisfaction pour les co-promoteurs Oceanis et Immostone, le propriétaire, le bailleur social 3F, le gestionnaire Vivacité et la Ville de Marseille.

    Un programme de 97 logements, à 5 minutes à pied du Parc du 26e centenaire (10e) et vue sur le Prado Carénage, dont la livraison est prévue pour le quatrième trimestre 2027, à destination d’un public jeune, étudiants ou actifs. L’affaire n’a pas été sans obstacles « administratifs ou techniques » dans un contexte où le foncier se fait rare, a rappelé en préambule Marie-Françoise Prat de Garam, gérante et fondatrice d’Immostone.

    « Une offre de logements sociaux accessible à des personnes qui commencent un parcours professionnel et qui ont besoin de se loger à Marseille », se félicite Florelle Guisante-Klein, présidente d’Oceanis. Et de revenir sur le défi relevé : « Construire du logement, transformer un site existant, et permettre à des services déjà présents dans le quartier de continuer à trouver leur place. » Sont proposés des studios d’une vingtaine de mètres carrés répartis sur 5 étages. Au rez-de-chaussée, entre laverie et espace de co-working, l’atelier Saint-Eloi, 250m2 dédiés aux artistes, sera relocalisé. « L’ambition n’était pas de construire un bâtiment supplémentaire, mais de définir un projet qui réponde aux besoins du territoire », martèle-t-elle.

    Des résidents « acteurs » de la cité

    De quoi permettre aussi aux résidents « d’être connectés avec la ville et de pouvoir jouer un rôle dans la cité », estime Elisabeth Novelli, directrice de 3F Résidences. Audrey Garino (PCF), adjointe au logement, opine du chef. « Pour notre ville, c’est un enjeu fort que d’apporter une réponse aux jeunes qui se trouvent en difficulté pour se loger dans un moment charnière de leur vie », enchaîne-t-elle, avant de rappeler que plus de 600 logements en résidence sociale jeunes et plus de 1 700 places en résidence étudiante ont été ouverts ces dernières années. Et d’espérer que l’État autorise l’encadrement des loyers du parc privé à Marseille pour « réguler [leur] flambée qui touche particulièrement les petites surfaces, donc les publics les plus jeunes ».

  • Perquisitions dans les 13-14 et chez le bailleur Provence Métropole Logement

    Perquisitions dans les 13-14 et chez le bailleur Provence Métropole Logement

    C’est par communiqué de presse ce mercredi soir que la mairie de secteur des 13e et 14e arrondissements annonce qu’une perquisition a été réalisée mardi dans ses locaux par l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Le même jour, les enquêteurs perquisitionnaient également les bureaux du bailleur social Provence métropole logement (PML, ex-HMP). Dans le viseur, l’attribution de logements sociaux « sur une période antérieure à mars 2026 », indique la mairie de secteur remportée par Tina Biard-Sansonetti (DVG) lors des dernières municipales.

    « La mairie de secteur se tient à l’entière disposition de la justice pour apporter l’ensemble des éléments nécessaires afin que toute la lumière soit faite et que la mairie des 13e et 14e arrondissements puisse poursuivre sereinement ses engagements de transparence en faveur du logement social auprès des habitantes et des habitants », communique celle-ci. Sollicitée, la nouvelle présidente (PCF) du bailleur métropolitain, Audrey Garino, confirme la perquisition au siège de l’institution. « L’office se tient à l’entière disposition de la justice dans le cadre de l’enquête menée », indique-t-elle auprès de La Marseillaise.

    De leur côté, l’ancienne maire (DVD) du secteur Marion Bareille et l’ancienne présidente (LR) de Provence Métropole Logement, Solange Biaggi, en responsabilité au moment des faits examinés, n’ont pas donné suite.

    Ironie du sort, ces opérations ont été suivies, ce mercredi, par de nouvelles perquisitions au siège de 13 Habitat, le bailleur social du conseil départemental, comme le révèlent nos confrères de Marsactu. En cause, les conditions d’attributions de logement par l’ex-présidente (SE) Nora Preziosi.

  • Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Un multi bailleur professionnel a été condamné mercredi par le tribunal judiciaire de Marseille à 440 000 euros d’amendes civiles pour six locations saisonnières en infraction. La Ville salue « une nouvelle victoire dans sa lutte contre la fraude aux locations de courte durée ». « Nous ne laisserons personne transgresser les règles », a réagi le maire Benoît Payan (DVG). Cette judiciarisation a « un effet notable » indique l’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF) qui constate « pour la première fois, en 2025, une baisse de 16% des logements loués en meublés de tourisme à Marseille ».

    Opérant via un montage complexe de trois sociétés, il revendiquait, pour maximiser les profits, de contourner la réglementation stricte mise en place par la Ville de Marseille qui n’autorise plus la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur, sauf compensation. Le juge des référés rappelle que ses logements « auraient dû faire l’objet d’une autorisation délivrée par la Ville de Marseille, autorisation qui n’a pas été obtenue, ni même sollicitée ». La sanction est assortie d’une astreinte afin de s’assurer que les 4 logements au 9 rue des Honneurs, 2e, au Panier et les 2 autres logements au 16, rue Colbert, 1er, soient « effectivement et durablement réaffectés à de l’usage d’habitation ».

    Une « personnalité dénuée de tous scrupules »

    « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs » avait plaidé Me Jorge Mendes Constante pour la Ville à l’audience du 1er juillet dernier. Les jugements (un pour chaque adresse) ne ménagent pas l’investisseur Florent Richard, 37 ans qui se vantait sur YouTube de s’être constitué 3 millions d’euros de capital en trois ans avec 44 logements sur Bordeaux, Paris et Marseille.

    Le tribunal a dressé le portrait de Florent Richard, « personnalité publique » très active sur les réseaux sociaux, qui s’enorgueillit sur sa chaîne Youtube où il prodigue des conseils, d’« être devenu millionnaire grâce à son activité de loueur de meublés touristiques ». Ainsi, selon le jugement, « il se positionne en professionnel de cette activité, pourtant rattachée fiscalement à une activité de “loueur de meublé non professionnel” échappant par là à la fiscalité applicable aux hôteliers professionnels tout en tirant des profits indirects de son positionnement professionnel ». De ce « comportement public », le tribunal retient qu’il s’agit d’une « personnalité dénuée de tous scrupules quant aux conséquences de son activité pour la Ville et ses habitants, ville qu’il ne décrit que de manière déshumanisée en insistant sur le potentiel lucratif du lieu, se targuant par exemple sur Facebook de faire “du business, pas de la charité” ».

  • Rejet et précarité, le quotidien des Roms

    Rejet et précarité, le quotidien des Roms

    « Nous n’avons pas reçu d’avis d’expulsion », assure Bianca, porte-parole des familles sur ce site du 3e arrondissement. Les signataires de la tribune évoquent la date fatidique du 24 août, choqués par une telle opération programmée à quelques jours de la rentrée scolaire.

    « Nous voulons qu’on nous donne la possibilité de rester pour que les enfants continuent à aller à l’école, pour qu’ils aient un autre travail que fouiller dans les poubelles, revendre des affaires aux puces ou la ferraille à Bougainville », plaide cette mère de quatre enfants. Tous les enfants sont scolarisés dans les écoles, collèges et lycées du quartier. « Je suis la seule de la fratrie qui ne soit pas née ici », complète Armecna, sa fille. Un bébé de trois mois dans les bras, Béatrice précise : « Il y a au moins trois enfants de moins de deux ans et quatre femmes enceintes ici. » C’est sans compter « un handicapé et de nombreux malades, diabète, hypertension… », ajoute Bianca.

    Originaire de la région de Bucarest, en France depuis 20 ans, dont 16 à Marseille, elle a vécu plusieurs expulsions. « C’est toujours la même chose, on doit retrouver un lieu, s’organiser pour vivre. C’est de plus en plus difficile avec de moins en moins d’argent. Un gros camion, il faut trois jours pour le remplir, ça représente à peine cent euros. moins le prix du gasoil », déplore la jeune femme. Dans l’enceinte de la caserne investie par des voitures et deux camions, des enfants jouent au ballon tandis qu’un homme s’attelle à la réparation d’un moteur. Des douches et des sanitaires avec un espace prévu pour les machines à laver ont été aménagés. L’association Solidarités International a aidé à une meilleure gestion de l’eau. Un effort de traitement des déchets a aussi été entrepris car c’est suite à des plaintes du voisinage, incommodé par les fumées, que la demande d’expulsion a été faite sur ce bâtiment, propriété de la Ville.

    Du côté de la mairie centrale, on explique : « La préfecture a en effet la main sur le dossier, mais la Ville travaille depuis des mois avec l’État pour trouver une solution de relogement. L’objectif est d’éviter les remises à la rue. » Particulièrement sensible à la situation, Emilia Sinsoilliez, enseignante et première adjointe au maire du secteur, explique : « Nous avons mené un accompagnement social avec ces familles et les associations partenaires de la Ville, Rencontres Tsiganes, l’Addap 13… et le deal avec la préfecture, c’était que les sept familles à la Busserade aient chacune un logement avant la rentrée. C’est pour cela que ça a pris du temps. » Des situations souvent complexes à gérer et plus ou moins soutenues par l’État. « On y travaille, petit à petit de nombreuses familles roms ont des toits sur la tête à Marseille. Leurs enfants sont des petits Marseillais à part entière. »

    Interrogée, la préfecture n’a pas donné suite. D’autres procédures d’expulsions sont pendantes.

    Déjà 25 ans de galère

    À La Valentine dans le 11e arrondissement ou aux Aygalades, dans le 15e arrondissement, sur l’ancien site de la cité des Créneaux. « Il y a un retour en arrière du côté de l’État », craint un associatif. Les budgets se resserrent et le travail partenarial engagé par la Ville avec les associations historiques de terrain perd en forces. Il est notable que l’Ampil (association méditerranéenne pour l’insertion par le logement) qui s’est vue sucrer celui dédié à la résorption des squats et bidonvilles se retrouve mise sur la touche, privée de moyen d’actions.

    Depuis des décennies la politique de la solidarité en dent de scie de l’État, associée à un « odieux amalgame », roms, gitans sédentaires et gens du voyage, « assimilés à des délinquants » ne favorise ni l’apaisement de tensions de voisinage, ni les situations des familles, notait déjà Alain Fourest, l’ancien président de Rencontres Tsiganes dans un rapport publié sur Cairninfo : « 1997-2012 : quinze années de galère et de chasse aux Roms. » En 2012, la préfecture proposait d’accueillir les familles roms, balayées d’une friche à l’autre au gré des expulsions, dans l’ancienne Bastide militaire La Guillermy. Une expérience avortée face au tolé des riverains. En charge de la solidarité pour la nouvelle municipalité marseillaise en 2020, Audrey Garino (PCF) élabore avec Laurent Carrié, préfet délégué pour l’égalité des chances, le projet d’un village insertion sur la friche d’une aire d’autoroute à Saint-Henri. La préfecture l’abandonne en 2024.

    Pour autant, ces solutions existent. Près de Lyon, le Village d’insertion de Saint-Genis-les-Ollières s’est révélé une expérience positive. Créé en 2015, il a accueilli 16 familles qui avaient été évacuées de bidonvilles, sous la réprobation des habitants. Trois ans plus tard, « 80% des familles ont trouvé emploi et logement, et leurs enfants sont tous scolarisés », publiait France Soir en 2018.