Du sang, de la sueur et des larmes. » Olivier Galzi n’a pas paraphrasé Winston Churchill, ce vendredi matin, mais c’est en substance ce qu’il promet aux Avignonnais. « Ce sera l’un des mandats les plus difficiles des dernières décennies », prévient le maire (DVD), « en colère ». Quelques jours avant un conseil municipal qui s’annonce bouillant mardi, le nouvel édile présentait à la presse les conclusions de l’audit financier commandé à son arrivée. « Ce qu’on découvre dépasse l’entendement, la cité des papes n’est plus qu’un champ de ruines », alarme-t-il, accusant « nos prédécesseurs [la majorité de gauche de Cécile Helle*] d’avoir manipulé les comptes pour mentir ».
Des propos graves qu’Olivier Galzi étaye à la lumière de l’audit réalisé par le cabinet Klopfer, facturé 33 000 euros. « C’est la dépense la plus intéressante depuis deux mois pour y voir plus clair dans ce maquis », estime-t-il. On peut arguer que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres. Mais pour se prémunir de toute analyse partisane qui servirait à se défausser pendant 7 ans, Olivier Galzi met en avant un courrier reçu « cette semaine » de la part de la préfecture qui alerte sur la dégradation des principaux indicateurs financiers. « Je n’écris pas un scénario politique mais décris une trajectoire mathématique », assure-t-il. Une réunion d’urgence est prévue lundi avec le préfet et une invitation aux groupes d’opposition a aussi été lancée pour ce même jour.
Dans le viseur budgétaire, la dernière année 2025 avec des dépenses de fonctionnement en hausse de 6,9% (elles étaient de 0,5% et 0,8% en 2023 et 2024), 5,1 millions d’euros de dépenses prévus au départ au budget 2025 qui ont glissé vers l’exercice 2026, impactant in fine l’épargne brute qui a fondu d’un tiers (somme qui reste sur les comptes et permet par exemple d’investir sans recourir à l’emprunt). Et alors que lors du vote du budget en décembre 2025, la majorité parlait de « prudence et responsabilité », la dette « s’est accrue d’une vingtaine de millions d’euros en six ans » avec désormais une capacité de désendettement qui tend vers 12 ans. Conséquence, selon l’audit, la Ville aurait « épuisé ses marges ».
Des scénarios de redressement ont été échafaudés par le cabinet d’audit, mêlant économies, réduction des investissements voire augmentation des impôts. « La situation mériterait une tutelle, on ne le fera pas car on n’a pas été élu pour passer la patate chaude à l’État, assume le maire. Nous allons entrer dans une période extrêmement compliquée, le chemin va être long, il va exiger du courage, de la rigueur, de la persévérance. » Olivier Galzi n’exclut pas d’utiliser le levier fiscal « en dernier recours » mais en privilégiant la taxe sur les résidences secondaires. Des recettes sont recherchées « en tarifant » comme les musées ou la mise à disposition de locaux municipaux. « Toutes les pistes », sont envisagées quand on questionne sur une éventuelle hausse des tarifs de la cantine, largement baissés lors du mandat précédent. Une baisse de subventions aux associations a déjà été annoncée, des transferts d’équipements au Grand Avignon (comme le stade nautique) sont aussi sur la table.
* Sollicité, Joël Peyre, ancien élu en charge des finances sous Cécile Helle, n’a pas donné suite.

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