Tag: Olivier Galzi

  • Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    C’était le sujet inflammable depuis le début de l’été à Avignon : la situation financière laissée par la précédente municipalité Helle (PS), qualifiée de « champ de ruines » par son successeur Olivier Galzi (DVD). Audit, conseil municipal tendu avec rejet du compte administratif, puis, mi-juillet, placement de la Ville dans « le réseau d’alerte au titre de l’année 2025 ». « Cette lettre confirme point par point ce que nous avons dit », se satisfaisait tristement le maire.

    Mais dans les faits, qu’est-ce que ce réseau et quelles en sont les conséquences ? Il s’agit d’un dispositif national piloté dans chaque département par les services de la préfecture et la direction départementale des Finances publiques (DDFIP). Contactée, cette dernière nous a livré des éléments de fonctionnement, au-delà de toute appréciation politique. « Ce qui est au moins partagé, c’est qu’il y a eu sur l’année 2025 une dégradation des comptes de la Ville d’Avignon », dit-on pudiquement à la DDFIP, admettant qu’être « dans ce réseau d’alerte est un signal qui peut avoir des conséquences économiques ».

    La genèse de ce réseau

    La DDFIP tient les comptes de toutes les collectivités locales. Chaque année, elle établit « sur la base d’un certain nombre de ratios financiers issus des comptes des collectivités locales » un classement. Une note sur 100 qui tient compte de la capacité d’autofinancement, de la rigidité des charges (dépenses obligatoires par rapport à toutes les autres dépenses globales de la collectivité), de l’endettement mais aussi du potentiel fiscal (les taxes et redevances sur lesquelles la Ville a un levier). Un classement purement interne partagé avec la préfecture avec des « indicateurs qui permettent de mettre en exergue un état financier correct ou un état financier dégradé ». Sans détailler la note, il faut être bien en dessous de la moyenne pour que la collectivité soit contactée, bien que dans une ville comme Avignon, des échanges ultra-réguliers ont lieu entre les services financiers et la DDFIP sur toutes sortes de problématiques comptables.

    L’entrée dans le réseau

    « Quand le score descend, au-dessous d’un certain niveau, là, on se dit “il faut qu’on contacte la collectivité et qu’on s’explique avec elle” », schématise la DDFIP. S’ensuit un dialogue où les services de l’État exposent les ratios qui se retrouvent à des moyennes supérieures à des communes de même strate. Contrairement à une mise sous tutelle où la Chambre régionale des comptes prend la main, là les échanges se font sur le partage du diagnostic et les conseils pour redresser la barre : « La lettre envoyée au maire d’Avignon est “une appréciation” de la situation suite à nos discussions et les mesures qui nous semblaient nécessaires de prendre, plutôt vues sous l’angle comptable. » Mais en aucun cas, la mise en place du réseau d’alerte entraîne une main mise de l’État sur les comptes et des mesures coercitives. « C’est clairement à l’exécutif local d’avoir son programme et de décider ce qu’il a envie de faire, de prendre ses responsabilités sur l’élaboration de son budget, les dépenses, ses décisions stratégiques, ses investissements », fait valoir la DDFIP.

    Une alerte

    qui n’a rien d’inédit

    Début juillet, la Ville parlait d’une décision « inquiétante car très rare ». Or, être placé dans ce réseau d’alerte, si évidemment n’est pas gage de bonne nouvelle, n’a rien d’exceptionnel. Avignon l’a déjà été il y a plusieurs années. La DDFIP assure qu’actuellement « d’autres communes ou collectivités de Vaucluse » sont aussi en alerte. « On informe le maire en disant que l’on considère que la commune est en alerte et lui décide d’en parler ou pas », expose la direction des Finances publiques.

    La sortie du réseau

    C’est un peu comme un concours annuel, mais inversé où l’on ne souhaite pas être admis. « Chaque année, il y a des collectivités qui entrent dans le réseau d’alerte, d’autres qui en sortent », décrit la DDFIP. En fonction ainsi des ratios précédemment cités, la situation est revue annuellement lorsque les comptes sont établis. S’il n’y a pas durée maximale autorisée pour rester dans ce réseau, le but est d’en sortir rapidement. Y rester peut avoir « des conséquences très directes au bout d’un moment avec des tensions de trésorerie sérieuses pour honorer des factures ou payer les salaires ». La majorité municipale élabore « un plan de redressement » qui sera évoqué lors du prochain conseil municipal le 28 septembre. Le budget supplémentaire sera voté, 6 millions sont à trouver pour parvenir à l’équilibre selon Olivier Galzi. Mais pour l’heure, pas d’autre réunion n’est programmée entre le maire et les Finances publiques.

  • Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Situation financière locale, où 6 millions d’euros sont à trouver pour équilibrer le budget supplémentaire, rentrée scolaire ou actualité politique nationale , Olivier Galzi a reçu la presse ce vendredi matin pour évoquer plusieurs dossiers. Dont celui qui a égayé le mois d’août à Avignon, la mise en place de l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public. Une décision qualifiée d’anti mendicité ou d’anti pauvres par ses détracteurs, aussi bien l’opposition de gauche que des associations comme la Ligue des droits de l’homme ou la fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

    Hasard du calendrier, au moment même où le maire (DVD) défendait son arrêté, un recours était enregistré à 10h au greffe du tribunal administratif de Nîmes. Comme pressenti (notre édition du 19 août), la fédération des acteurs sociaux Paca a saisi la justice avec un double recours : l’un dit référé suspension, une procédure dite d’urgence qui doit être traitée sous un mois, et l’autre sur le fond qui risque d’être vite caduc vu qu’il sera étudié sous plusieurs mois, bien après la fin de l’arrêté qui court jusqu’au 31 octobre. « C’est en soi un motif rapide d’étude, l’urgence se justifie », estime Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca. Le second recours, similaire, a été déposé par la Ligue des droits de l’homme, première à s’être indignée notant que « la pauvreté n’est pas un trouble à l’ordre public ».

    Philippe Ramon estime avoir « beaucoup d’arguments » pour faire tomber l’arrêté, comme la FAS l’a fait à Nevers (Nièvre). « L’étendue géographie et temporaire sont importantes », estime l’avocat. Il relève que la notion de « périodes de forte affluence » mentionnée dans l’arrêté est trop vague. Idem, le texte ne met « aucune exception prévue pour les activités d’associations qui aident ces gens-là et ne pourraient plus aller à leur rencontre ». « Cela va être un débat intéressant », prédit Philippe Ramon qui attend aussi de la Ville la production précise des troubles qui ont motivé l’arrêté.

    En attendant, Olivier Galzi défend bec et ongles sa décision. 74 amendes ont été dressées. « On est moins ennuyé quand on remonte la rue de la République, qui ne peut plus être un squat à ciel ouvert », assure le maire sans dire que l’ensemble des marginaux ont disparu. Selon lui, citant une étude du SIAO (service qui gère la précarité), la grande majorité des personnes visées par cet arrêté ne sont pas des grands précaires.

    Pas d’amalgame entre pauvreté et délinquance

    Sur 257 bénéficiaires des aides de grande précarité, 48 vivent à la rue. Donc pour Olivier Galzi, les marginaux visés par l’arrêté ne sont pas les plus vulnérables. « Ils sont dans une forme de précarité, d’addiction, de problème psychiatrique, mais ce ne sont pas les grands précaires, se défend-il face au procès anti pauvres. On a décidé avec le préfet de rétablir un ciblage qui correspond à la population que l’on souhaite aider et mieux orienter les grands précaires. » Cet arrêté « n’attaque pas la pauvreté mais des comportements, quel mépris pour ceux qui sont fragilisés, que de considérer que parce qu’on est dans une situation économique difficile, on va avoir ce genre de comportement », raille Olivier Galzi. À voir sous peu l’appréciation qu’en aura la justice.

    La présidentielle, « pas mon sujet »

    En cette rentrée où les regards sont déjà braqués sur la présidentielle, Olivier Galzi l’évacue pour l’instant. « Ce n’est pas mon sujet », balaye-t-il face aux pléthores de candidats actuels. Il n’exclut pas, d’ici avril, de prendre position pour « celui ou celle qui sera le mieux disant sur une loi de décentralisation et libère les maires de leurs contraintes ». Le maire défend un « fédéralisme », qu’il pousse via son courant, le Bon sens des territoires qui sera lancé le 10 septembre.

  • Vaucluse : pour la droite sortante, être sénateur ne s’improvise pas

    Vaucluse : pour la droite sortante, être sénateur ne s’improvise pas

    Être sénateur, ça ne s’improvise pas. C’est en substance le message distillé, jeudi soir à l’Hôtel de ville de Gordes par Jean-Baptiste Blanc, sénateur LR sortant et ses colistiers, devant une centaine d’élus locaux grands électeurs en vue des sénatoriales du 27 septembre. Un message à peine subliminal adressé à la liste concurrente à droite, portée par Anaïs Hausmann, nouvelle adjointe au maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), dont elle est la compagne. « La liste du bon sens c’est celle de Jean-Baptiste Blanc, un sénateur exemplaire », claironne Gérard Larcher, président du Sénat, en écho au Bon sens des territoires, courant porté par Olivier Galzi.

    Alors qu’Anaïs Hausmann entend « ouvrir une nouvelle voie » avec un « regard neuf », dans un esprit d’addition plutôt que de division, Gérard Larcher fait remarquer « qu’avec la proportionnelle, on n’additionne pas ». « Elle incarne quelque chose de respectable et d’intéressant, mais pour cette élection d’élus, ils attendent de l’expérience et une grande connaissance du territoire, qui défend tout le Vaucluse dans sa ruralité », souligne Jean-Baptiste Blanc. Il est vrai qu’Anaïs Hausmann n’a guère d’ancrage local bien qu’elle mène depuis deux mois une campagne de terrain tous azimuts.

    Dominique Santoni

    ne lâchera pas le Vaucluse

    « Ce n’est pas une élection où l’on découvre le territoire, l’expérience est un atout », ajoute Dominique Santoni, présidente LR du Département, et 2e de liste comme en 2020. Mais en cas d’élection, elle devra abandonner la présidence. « Quoiqu’il advienne je resterai conseillère départementale et prendrai la délégation du budget, je garderai le lien avec les communes et continuerai à les défendre ici et à Paris car mon expérience permettra de faire bouger les choses », répond-elle. Sa candidature pourrait finalement être contre productive pour Jean-Baptiste Blanc où des grands électeurs préféreraient garder Dominique Santoni en présidente, plutôt appréciée localement des maires. « C’est un discours flatteur que j’entends mais je ne quitterai pas le Vaucluse ! », soutient-elle.

    Dans la démonstration d’une liste d’expérience et de diversité territoriale, Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue sera en 3e position. « On a besoin de sénateurs qui ne sont pas là pour recenser les besoins mais qui ont des idées et des solutions », appuie celui qui copréside l’association des maires de Vaucluse. Dominique Plancher, maire de Venasque, et Patrick Adrien, maire de Valréas et conseiller régional complètent le casting. « J’en appelle aussi à l’humilité, il faudrait avoir eu 2-3 mandats locaux avant de prétendre être sénateur », juge Alain Milon, sénateur LR sortant et non partant, président du comité de soutien de Jean-Baptiste Blanc. Le message vers Avignon est limpide.

  • Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    À un mois des sénatoriales, la seule certitude est qu’il y aura forcément un nouveau sénateur vauclusien. Des trois actuels, Alain Milon (LR) est le seul à ne pas repartir, assumant le rôle de président de comité de soutien de son acolyte Jean-Baptiste Blanc. Lucien Stanzione (PS) postule à nouveau dans un scrutin très indécis.

    Gros embouteillages

    à droite

    Sénateur LR sortant, Jean-Baptiste Blanc fait figure de grand favori pour être réélu. Disposant d’un socle de voix de grands électeurs favorable, apprécié dans son camp comme à gauche, celui qui gère aussi
    la délégation finances au Département a réussi à convaincre Dominique Santoni d’être à nouveau seconde de liste. La présidente du conseil départemental est attendue ce jeudi soir à Gordes pour une réunion de soutien à Jean-Baptiste Blanc en présence de Gérard Larcher, actuel président LR du Sénat. Reste à savoir, en cas d’élection, un
    scénario plausible, qui lui succéderait à la présidence du Département. Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue et président de l’association des maires de Vaucluse, sera 3e de liste. Parti tôt en campagne, Jean-Baptiste Blanc a sillonné le Vaucluse tout l’été mettant en avant son bilan. Il se prévaut du soutien de la majorité sénatoriale, courrier à l’appui signé par Hervé Marseille (UDI). Un parti dont le président vauclusien, Thomas Faure, a lui choisi la candidature d’Anaïs Hausmann, précisant faire un « choix personnel » bien que le camp Hausmann y associe l’UDI. Un embrouillamini qui a eu le don d’agacer Jean-Baptiste Blanc.

    Adjointe et compagne du maire d’Avignon, Anaïs Hausmann incarne le Bon sens des territoires, mouvement créé par Olivier Galzi (DVD) et qui sera officiellement lancé le 10 septembre lors d’une réunion publique. Pour l’heure, la composition de sa liste reste secrète et la candidate vise plutôt le 3e siège. Face à son déficit de notoriété et d’ancrage, Anaïs Hausmann a également arpenté le terrain, convaincue d’être complémentaire de Jean-Baptiste Blanc en jouant la carte du renouvellement. Ce vendredi, elle recevra la ministre Aurore Bergé pour un déjeuner de Femmes de territoire. Un nouveau cercle qu’elle co-préside, décorrélé des sénatoriales, mais dont le timing vise à la crédibiliser. « Il faut faire attention aux divisions et j’appellerai à la responsabilité dans un département où le RN est présent », prévient Gérard Larcher, dans Vaucluse matin. D’autant que Sylvie Viala, présidente du Modem, nous confirme également sa volonté de déposer une liste.

    Le RN en embuscade

    Ce morcellement à droite et l’éparpillement de listes pourraient mécaniquement profiter à l’extrême droite. Fort de victoires aux municipales, le RN espère glaner son 1er sénateur vauclusien, en la personne de Thierry D’Aigremont son délégué départemental. Sur le papier, l’étiage de grands électeurs n’est pas tout à fait suffisant pour y parvenir mais une victoire ne serait pas en soi une surprise. Mi-août, il a adressé une lettre aux élus, tapant sur ses adversaires dont les partis sont affaiblis au national.

    À gauche, Lucien Stanzione en difficulté, LFI y sera aussi

    Sénateur (PS) sortant, Lucien Stanzione n’a pas abandonné l’idée de conserver son siège mais « la bataille sera difficile ». Avec les pertes à gauche d’Avignon et Carpentras, il mise surtout sur son expérience et son réseau auprès des élus acquis depuis six ans pour rempiler au palais du Luxembourg. Contrairement à 2020, sa liste ne sera pas une addition de partis. Selon nos informations, confirmés par les intéressés, Sandrine Raymond, maire de Saint-Pierre-de-Vassols, et Philippe Armengol, maire de Velleron, devraient être numéros 2 et 3 de la liste. Enfin, LFI a désigné Julien Gautier, élu d’opposition à la Tour d’Aigues comme candidat Vaucluse
    en commun, aux côtés
    de l’Avignonnaise Mathilde Louvain.

  • Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Jour de fête et de souvenir, ce mardi à Avignon. Une journée consacrée au 82e anniversaire de la Libération de la Ville. Pour l’occasion, un grand défilé et exposition de véhicules d’époque et reconstitution de costumes d’Alliés ont animé les rues pour faire revivre l’ambiance de 1944 qui mettait fin à deux ans d’occupation. « En voyant cette reconstitution depuis mon bureau de maire, qui avait déjà ce rôle en 1944, cela reste une immense joie que d’imaginer cette Libération », confie Olivier Galzi, à l’issue d’un hommage rendu dans le péristyle de l’Hôtel de ville.

    Le maire (DVD) participait en tant que tel pour la première fois à cette cérémonie. Avant de grimper dans une Jeep et défiler, il apprécie « cette réunion de générations qui permet de perpétuer le souvenir, avec des jeunes ou une Avignonnaise, là aujourd’hui et qui était présente place de l’Horloge le jour de la Libération ».

    La « vieille histoire » proche de se répéter ?

    Mais Olivier Galzi n’y voit pas un passé lointain à jamais oublié. « Cette journée n’est pas seulement un souvenir mais aussi une projection sur l’avenir en particulier dans l’époque actuelle, met-il en garde. Ce qu’il se passe avec la Russie en Ukraine démontre que la vieille histoire n’est pas forcément une histoire qui ne se répéterait jamais, sans parler des totalitarismes et des différents fascismes. »

    Dans ce contexte belliqueux, alimenté aussi par le chef de l’État et le gouvernement à coups de renfort budgétaire pour le ministère des Armées ou tentative de résurrection du service militaire, le maire y voit « une forme d’inquiétude, quand on voit les mots, les menaces, et que l’on aime l’histoire, il y a un certain nombre d’ingrédients réunis pour une grande division qui débouche sur la violence ». Olivier Galzi, à son « niveau de maire », plaide « pour un devoir de cohésion et d’unité quelle que soit notre vision politique ». Du moins sur ce genre de cérémonie, « moment où quoi qu’il arrive on peut se réunir entre Avignonnais ». Chose souvent moins favorable lorsqu’il s’agit de politique municipale.

  • Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    « On attend les élections de 2026 avec un peu d’inquiétude. On espère que le futur maire ne décidera pas de supprimer ce dispositif au nom des économies ». Il y a un an, Frédérique Corcoral, alors adjointe au maire en charge du quartier Ouest et des personnes en grande précarité, avait une vision prémonitoire. Le dispositif en question ? Un kit de fournitures scolaires fourni par la Ville à chacun des 8 750 élèves de maternelle et d’élémentaire. Une mesure instaurée à la rentrée de 2024, qui « permet de rétablir une forme d’équité : tous les enfants, quels que soient leurs milieux, arrivent à l’école avec le même matériel », défendait alors Frédérique Corcoral.

    Mais visiblement moins du goût de la nouvelle municipalité Galzi (DVD) qui a décidé de supprimer ce kit, « dans un contexte financier particulièrement contraint et une démarche de revue des dépenses ligne par ligne », répond-on en mairie, sollicitée par La Marseillaise. Elle juge le dispositif « coûteux » [81 000 euros] et peu efficace, « un kit sur 4 n’ayant pas été retiré, ce qui interroge le besoin réel des familles et la pertinence d’une distribution systématique à l’ensemble des élèves ». La municipalité estime que « les réponses existent déjà au plus près du terrain », entre allocation de rentrée scolaire et une « part importante » des fournitures « déjà achetées directement par les écoles grâce aux dotations versées par la Ville ». Des dotations en revanche maintenues, à 42 euros par élève de primaire et 45 euros en maternelle. « En résumé, la Ville fait le choix d’une gestion responsable de l’argent public : réserver ce qui fonctionne, recentrer les dépenses sur les besoins réels et garantir que l’effort éducatif demeure intact », conclut-on à l’Hôtel de ville.

    Pas d’augmentation des tarifs de cantine à ce stade

    Une décision, relevée et dénoncée par la section PCF d’Avignon : « Olivier Galzi choisit de sabrer dans les politiques sociales engagées par ses prédécesseurs, plutôt que de poursuivre les efforts qui permettaient de mieux protéger les familles et d’améliorer le quotidien des enfants avignonnais », poursuit, au nom de la section, Julien De Benito, ex-adjoint de Cécile Helle. Le PCF juge que cette mesure contribuait à « rendre effectif le droit à l’école publique, laïque et gratuite ». Notons par ailleurs, et pour l’heure, que les tarifs de la restauration municipale ne bougeront pas. Baissés par trois fois lors du précédent mandat, ils permettent à un enfant sur deux de déjeuner pour moins d’un euro.

  • À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    Il est presque midi vendredi dernier. Au croisement de l’avenue Monclar et des boulevards Monod et Ferry, les automobilistes ralentissent et peinent à savoir s’il faut se fier au stop ou au nouveau feu tricolore encore éteint pour adopter la bonne conduite. Normalement, ce lundi à 9h, le feu fera foi et sera mis en service dans le cadre de la révision du plan Faubourgs, mis en place par la nouvelle majorité. Une nouvelle étape importante de franchie depuis trois mois et le lancement, en grande pompe, du premier ajustement de circulation autour de l’inflammable sujet des mobilités.

    Malgré l’absence de concertation, et trois semaines après la remise en double sens de la porte Saint-Lazare (notre édition du 28 juillet), le maire Olivier Galzi (DVD) continue de détricoter une des mesures phares du mandat précédent de sa prédécesseure, Cécile Helle (PS). Lors du conseil municipal de fin juin, au moins 300 personnes avaient bruyamment manifesté leur hostilité à ce démantèlement sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, réclamant un moratoire. Olivier Galzi reste, lui, persuadé d’avoir l’adhésion d’une majorité silencieuse…

    « J’ai peur des risques pour nos enfants »

    Le changement sur l’avenue Monclar est encore perçu comme « une autre modification sans concertation ni étude d’impact » par l’association des 4 boulevards qui invite les riverains à faire remonter « les problématiques nouvelles soulevées par cette décision unilatérale ». L’opposition de gauche, qui avait porté ce dossier, parle d’un « contre sens historique », craignant « une insécurité routière ».

    Principal bouleversement, la réouverture de l’avenue Monclar dans le sens sud/nord (vers les remparts) depuis le croisement des boulevards Monod et Ferry. Les automobilistes pourront à nouveau passer devant l’école Marcel-Perrin, où plus aucune voiture ne circulait depuis plus de deux ans. La Ville assure que la « borne rétractable sera relevée aux heures d’entrée et de sortie » des classes. « J’ai peur qu’il y ait beaucoup plus de bruit et de risques pour nos enfants », redoute une maman d’élève croisée à proximité, anxieuse à une grosse semaine de la rentrée.

    Parmi les ajustements notables, la remise en circulation à double sens des boulevards Ferry et Monod dans ce secteur. La piste cyclable sur Monclar est maintenue en l’état. « Je suis assez partagée », ne sait pas trop quoi encore penser Lise Demeyer. Depuis mars, elle a ouvert le café créatif L’Éklâ, au quasi-croisement Monclar-Monod. « J’ai à la fois peur de perdre en calme avec plus de bruit, des difficultés de stationnement alors que je tiens un lieu de créativité et, d’un autre côté, je vais gagner en visibilité et avoir moins de bouchons pour venir travailler, ce changement pourrait débloquer tout ça », développe-t-elle.

    À quelques mètres de là, le pharmacien est, lui, beaucoup plus tranché. « Je vois clairement ce changement d’un très bon œil même s’il faut être prudent le temps des nouvelles habitudes », se projette Michel Paulet. Installé depuis 20 ans, il estime que les travaux de l’avenue Monclar lui ont fait perdre 100 clients par an depuis deux ans. « On était un peu coupé du reste de la ville, le plan Faubourgs c’est peut-être bien pour ceux qui y vivent, mais c’est catastrophique pour ceux qui y travaillent », juge le pharmacien. D’autres révisions sont encore prévues, mais pas datées officiellement, côté Saint-Ruf ou Sixte Isnard.

  • Olivier Galzi défend son arrêté en utilisant un fait divers

    Olivier Galzi défend son arrêté en utilisant un fait divers

    Habituellement, Olivier Galzi n’est pas avare en communication et sait orchestrer toute nouvelle décision. Le maire (DVD) n’avait pourtant pas fait la promotion d’un nouvel arrêté réglementant l’occupation de l’espace public, publié sur la seule page internet des actes administratifs de la Ville. Si la municipalité a répondu aux diverses sollicitations presse, Olivier Galzi a attendu ce mardi pour évoquer l’arrêté sur ses réseaux sociaux.

    Et ce, en se servant d’un fait divers, relaté par Vaucluse matin, où le 15 août sur fond de forte alcoolisation, un individu a arraché un bout de menton à un autre pour cause de refus de cigarette. « Notre arrêté entend donner à la police municipale une base légale pour intervenir avant que de tels drames ne se produisent ! », assure le premier magistrat, visiblement agacé des critiques de son « opposition de gauche et leur réseau d’associations »… À l’instar de la Ligue des droits de l’homme ou de la fédération des acteurs de la solidarité, prête à attaquer en justice l’arrêté (notre édition de mercredi) qualifié « d’anti-mendicité ».

    Olivier Galzi accuse la gauche d’une forme d’angélisme : « Elle refuse de voir le lien entre la présence de groupes de marginaux dans la rue et l’insécurité qui peut en découler… Elle fait croire que nous nous en prenons aux “pauvres” comme si la pauvreté impliquait toutes les dérives décrites dans notre arrêté. Quel mépris pour eux et quel aveuglement coupable envers les victimes ! » La gauche et les associations s’interrogent sur la durée (6 mois) de l’arrêté et quelle politique plus globale est mise en place à destination de ce public vulnérable.

  • À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    « La ville d’Avignon agit et continuera d’agir avec responsabilité et humanité sans opposer sécurité et solidarité. » Voilà comment, il y a trois ans déjà, la maire d’Avignon d’alors Cécile Helle (PS) répondait au syndicat des restaurateurs et hôteliers qui dénonçait l’inaction de la municipalité face à la présence accrue de sans-abri en centre-ville. Les municipales sont depuis passées par là et, dans la torpeur estivale post Festival, Olivier Galzi (DVD) a pris un arrêté réglementant l’occupation de l’espace public visant à prévenir des troubles à l’ordre public (notre édition du 14 août).

    « Un arrêté anti-mendicité », comme le qualifie Thierry Mila. Le président de la fédération Paca des acteurs de la solidarité, qui fédère un réseau de structures engagées aux côtés des personnes en situation de précarité, n’a pas tardé à envoyer un courrier au maire. La missive lui demande de retirer cette mesure et d’organiser une « rencontre avec les fédérations et les associations du territoire pour trouver une solution digne pour les personnes dans une ville de culture et d’accueil s’il en est. » Ce recours « gracieux et pré-contentieux », reçu ce mardi en mairie, pourrait rapidement être suivi d’un référé suspension directement déposé au tribunal administratif. « Si on n’a pas de retour d’ici à jeudi, tout est prêt pour attaquer », assure Thierry Mila.

    Sollicitée par nos soins, la Ville semble peu encline, dans l’immédiat, à une rencontre. « On va leur répondre en rappelant les grands principes de l’arrêté car ils ont une lecture différente de la nôtre », répond la mairie. Qui réaffirme ne pas vouloir « stigmatiser une certaine population et la mendicité mais concilier tranquillité publique et accompagnement des plus vulnérables en caractérisant les troubles pour mieux cibler les personnes qui n’arrivent pas à être prises en charge ». Le président de la fédération des acteurs de la solidarité y voit plutôt un moyen « de nettoyer Avignon, comme l’ont fait d’autres villes dans une course à l’échalote contre les personnes précaires qui vivent à la rue, déjà stigmatisées par la vie ». De manière plus globale, Thierry Mila déplore aussi la politique de l’État : « On ne peut pas dire d’un côté on ne veut plus de mendiants et, de l’autre, couper les fonds aux associations. »

    De « sérieuses interrogations »

    Le courrier adressé à Olivier Galzi, très circonstancié, soulève de « sérieuses interrogations » quant au respect des libertés publiques, de la notion « d’occupation prolongée » et met aussi en avant la jurisprudence du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme ou une décision du comité européen des droits sociaux. Au tout début de la campagne des municipales, Olivier Galzi avait défendu la possibilité d’un arrêté anti-mendicité avant de ne plus évoquer, dans ces termes, le sujet. Mi-février, dans nos colonnes, le futur maire insistait sur sa volonté d’aider ceux qui veulent s’en sortir mais, pour les autres, « envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable ». L’arrêté vient traduire cette volonté qui, pour le PCF, « déplace la pauvreté » .

    Pour le PCF, la pauvreté est déplacée

    Parmi les réactions suscitées par l’arrêté, la section PCF d’Avignon-Morières-Le Pontet estime, dans un communiqué, que « faire partir les personnes à la rue ne les fait pas disparaître. Cela les déplace vers d’autres rues, d’autres quartiers, loin des commerces et des espaces fréquentés ». Sans « contester la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », les communistes insistent : « Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes. » Et d’appeler à « renforcer l’accompagnement, l’hébergement et l’accès aux soins ».

    F.C.

  • À Avignon, un arrêté contesté contre l’occupation de l’espace public

    À Avignon, un arrêté contesté contre l’occupation de l’espace public

    Le maire d’Avignon Olivier Galzi a, dans un arrêté signé vendredi 31 juillet, décidé d’interdire, sous conditions, « l’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques » dans une trentaine de rues du centre-ville.

    De façon plus détaillée, le document, sur lequel aucune communication n’a été faite pour l’heure par la municipalité hors publication sur la page web listant les actes administratifs, vise l’occupation de l’espace public « lorsqu’elle est de nature à entraver la libre circulation des personnes, à porter atteinte à la sécurité publique, à la salubrité publique, notamment lorsqu’elle s’accompagne de nuisances sonores ». Mais aussi, dans un deuxième article, les « regroupements de plusieurs chiens en stationnement prolongé ou continu sur la voie publique, même accompagnés de leurs maîtres ou tenus en laisse ». Et ce globalement dans les mêmes conditions que les individus, à savoir s’ils « portent atteinte à la sûreté ou à la commodité de passage sur les voies pour une entrave à la libre circulation des autres usagers », s’ils sont « accompagnés d’un comportement agressif de nature à présenter un danger avéré pour les usagers ou les autres animaux » ou encore s’ils « sont accompagnés d’aboiements intempestifs de nature à troubler la quiétude et la tranquillité du voisinage ».

    Une interdiction limitée à la période « touristique et estivale », soit du 1er mai au 31 octobre, du lundi au samedi de 11h à 23h, ainsi que les jours fériés. Et dans un périmètre, comme évoqué précédemment, lui aussi limité à une trentaine de rues et places de l’intra-muros. Comme par exemple la rue de la République, la place Pie, la rue Carnot, la rue Bonneterie, la place de l’Horloge, le parvis de la cité administrative ou encore le square Agricol Perdiguier. Un recours est possible dans les deux mois suivant la publication de l’arrêté.

    « Pas de public visé »

    À quel besoin répond ici Olivier Galzi, lui qui qualifiait par exemple, durant la campagne, la rue de la République, concernée par l’arrêté, de « cour des miracles » ? Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure qu’il fait suite « à des constats des forces de l’ordre, à des signalements de riverains, d’usagers et de commerçants, ainsi qu’à des actions préalables de prévention et de médiation ». Et que « dans sa mission première au service des Avignonnais, la Ville a la responsabilité de garantir à chacun un usage serein de l’espace public ». Tout en assurant que « l’arrêté réglemente des comportements susceptibles de constituer un trouble à l’ordre public » et « qu’il ne vise pas une catégorie particulière de population ».

    Une décision qui ne passe pas du côté de Rémy Blanc, élu d’opposition (PCF) du groupe Nouvelle Avignon Populaire. Auprès de La Marseillaise, il estime que « c’est bien un arrêté anti-mendicité » dont « la limitation dans le temps le rendrait malheureusement légal ». « Ce qui interpelle, c’est l’aspect répressif sans que derrière, rien ne soit mis dans la balance concernant la fragilité des personnes. Nombreuses sont celles en rupture de soins, touchées par des addictions. Certes, la mairie ne peut pas tout faire, mais elle doit apparaître comme volontariste en renforçant des dispositifs, en travaillant avec l’ARS ou en s’attelant à la question de la crise du logement. Et non pas déplacer ou cacher le problème », poursuit le conseiller municipal. Qui pointe également une atteinte « aux libertés fondamentales ». Des discussions sont en cours pour le dépôt d’un recours contre le texte.

    Pour la Ville d’Avignon, l’arrêté « ne se substitue pas à l’action sociale ». La mairie évoque le travail mené avec le CCAS, le SIAO, les maraudes, ou encore les médiateurs municipaux. Le tout coordonné par le Plan local des Solidarités. Et rappelle que « chaque année, environ 2 000 personnes bénéficient de la domiciliation auprès du CCAS, plus de 400 personnes d’un accompagnement social global et près de 250 ménages sont accompagnés dans le cadre du dispositif « Logement d’abord », notamment pour prévenir les expulsions. »