À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

Les parents séduits ?

Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

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