Tag: FCPE

  • À Marseille, le lycée Saint-Charles attend toujours ses dotations horaires

    À Marseille, le lycée Saint-Charles attend toujours ses dotations horaires

    Inquiets de la baisse de l’enveloppe des heures attribuées à l’établissement par l’Inspection académique, les syndicats et les associations de parents d’élèves du lycée avaient obtenu un entretien en visioconférence le 7 avril dernier avec les services du rectorat. Sans réponse à ce jour, ils demandent à être reçus d’urgence.

    Dans un contexte de baisse générale des dotations globales horaires, les enseignants et parents d’élèves du lycée Saint-Charles sont particulièrement inquiets du manque de moyens attribués à leur établissement pour la rentrée prochaine et craignent voir « des enseignements mis en péril », précisant « des enseignements dont les membres de la commission nationale d’autoévaluation ont eux-mêmes souligné la pertinence et l’efficacité dans leur forme actuelle lors de leur venue l’an dernier ». Ils étaient montés au créneau du Rectorat en avril pour plaider en faveur de la marge d’autonomie. En dépit d’une oreille attentive, ils restent à ce jour sans réponse, or le dernier conseil d’administration aura lieu fin juillet.

    Requête urgente

    Comment, pour les enseignants, préparer la rentrée sans savoir ni quelles classes, ni combien leur seront confiées ? « Tout apport ou suppression d’heures entraîne une modification significative des services des enseignants », rappellent les syndicats et les deux associations dans un courrier adressé au recteur de l’Académie Aix-Marseille. Ils pointent l’urgence de la situation : « Il semble que la réponse de vos services n’interviendra qu’en juillet après affectation des élèves. » « Beaucoup trop tard », jugent-ils pour leur permettre de travailler sérieusement.

  • À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

    Les parents séduits ?

    Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

    Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

    Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    Voilà quelques mois qu’Amélie Drevet – ex-secrétaire du FNJ 34 – arpente les marchés avec la députée Manon Bouquin (RN). Localement, la rumeur de sa candidature croissait depuis septembre, lorsqu’elle a créé une page « Personnalité publique » à son nom sur Facebook.

    Comme l’a relaté Mediapart, c’est aussi à ce moment-là que la candidate a été évincée des listes de la FCPE de Gignac, fédération de parents d’élèves à laquelle elle adhérait depuis plusieurs années malgré une dissonance politique forte, et qui craignait alors une tentative d’entrisme…

    Le maire divers gauche Jean-François Soto -qui est aussi président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et conseiller départemental- y voit le reflet d’une posture politicienne. « C’est une stratégie nationale… Leur seul programme, c’est d’essayer d’être les relais des politiques nationales de ce parti d’extrême droite », déplore l’élu, qui brigue un troisième mandat.

    Lors de ses premières sorties médiatiques, la candidate a effectivement égrainé les thématiques phares de son parti : abandon du centre, sécurité, préférence « municipale »… Des slogans plus que des réalités. « Je pense qu’ils sont à côté de la plaque », rétorque le maire. Il poursuit : « À Gignac, les politiques publiques de proximité se voient. Il n’y a pas d’insécurité, il y a de plus en plus d’entreprises et nous gagnons une centaine d’habitants chaque année. » Il lui oppose aussi sa politique culturelle municipale, la halle des sports, le lycée Veil, et dans un futur proche l’installation d’un centre d’imagerie médicale (IRM) et d’une unité de gendarmerie.

    Ici, au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen était arrivée en tête avec 51,52% des voix… À l’inverse, dans cette même ville de Gignac la députée RN Manon Bouquin avait été devancée par le candidat de la gauche Sébastien Rome. À suivre donc.

  • Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    C’est une situation devenue trop récurrente dans certains établissements scolaires varois. Après le lycée Raynouard de Brignoles, où une enseignante de spécialité en Terminale STMG, absente depuis le début de l’année scolaire, n’a pas été remplacée, c’est au tour du lycée Langevin de La Seyne-sur-Mer de dénoncer une situation similaire. Un enseignant en génie électrique option électrotechnique (cours en seconde TNE et en Terminale Mele), et un autre en génie industriel des structures métalliques (cours en première TCI et en seconde Remi) manquent à l’appel depuis septembre. Pour compenser, « certains collègues ont pris quelques heures de classe ponctuellement sur du remplacement courte durée, mais ce n’est pas une solution pérenne », regrette Bruno Combette, professeur d’histoire-géographie et délégué FSU.

    Ces deux absences ne sont pas isolées. « Trois autres postes, en physique-chimie, en spécialité architecture et conception et en sciences numériques et technologie, n’ont été pourvus que début novembre, et les élèves ont perdu deux mois dans ces matières. Et, depuis deux semaines, un enseignant en génie industriel bois est également absent », déplore Jessica Moussouni, parent d’élève et déléguée FCPE. Une situation qui pénalise lourdement les élèves concernés, surtout en classe de Terminale : « Cette carence crée une inégalité manifeste de traitement par rapport aux autres élèves de l’académie, compromet gravement la continuité pédagogique, et met en péril leurs chances de réussite », dénonce-t-elle.

    Des problèmes de recrutement structurels

    Pourtant, certaines absences, notamment celle du professeur en génie industriel des structures métalliques, étaient prévues et auraient pu être anticipées : « C’est davantage qu’un problème organisationnel, explique Bruno Combette. Ce sont des disciplines particulières avec des problèmes de recrutement globaux. Ces professeurs sont des professionnels et il y a peu de candidats au concours, car les métiers du professorat sont peu attractifs. C’est difficile de trouver des remplaçants contractuels pour ce genre de disciplines. C’est un vrai problème car ce sont des matières à gros coefficients. »

    Si l’enseignant évoque des difficultés « à avoir des contacts directs avec le rectorat », il pointe avant tout « une défaillance de l’État. On ne va pas jeter la pierre sur une ou deux personnes au rectorat, car ils ont aussi des postes vacants ».

    Contacté, le rectorat de Nice n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

    Marie Nikichine : Je suis bibliothécaire à Paul Valéry et mère de 4 enfants. J’ai mis du temps à comprendre le rôle que pouvaient avoir les parents d’élèves. C’est d’ailleurs sur un malentendu que je me suis retrouvée élue dans un conseil d’école. Quand mon premier enfant est entré au collège Fontcarrade à Montpellier, j’ai découvert la FCPE et un cadre plus réglementaire pour agir. J’ai compris que la FCPE offrait des clés de compréhension sur un fonctionnement pas facile à lire pour les parents. En 2023, où j’étais administratrice à la FCPE, je m’étais engagée dans un collectif de soutien à une famille arménienne en difficulté à l’école Paul-Langevin. Je préside la FCPE depuis juin 2025.

    VALEURS VS EXTRÊME DROITE

    La FCPE a décidé de se protéger des tentatives d’infiltration de l’extrême droite…

    M.N. : C’est déjà arrivé notamment à Aniane. Il y a une confusion entre la FCPE, association d’utilité publique, et le fait d’être représentant de parents d’élèves. Tout le monde peut adhérer chez nous mais la FCPE a des valeurs. On ne signe pas avec son sang mais quand on veut s’investir il faut s’accorder sur l’école émancipatrice, respectueuse des enfants, où les parents ont leur place dans un principe de coéducation, avec une bienveillance vis-à-vis des intérêts supérieurs des élèves. Quand vous lisez le programme du RN, on est complètement à l’opposé. Il est normal qu’il y ait un trouble si un représentant s’affiche comme RN. Du coup, on travaille sur un cadre déontologique. C’est un jeu d’équilibriste. Est-ce qu’être intolérant à l’intolérance c’est être intolérant ? Disons qu’on n’est pas censé utiliser l’image de la FCPE dans un cadre politique. On est vigilant quel que soit le parti pour des candidatures aux municipales.

    Le programme Evars (Éducation à la vie affective et sexuelle)
    est-il satisfaisant ?

    M.N. : On s’est réjoui du fait que l’enseignement est devenu un vrai programme (d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour être sûr que les heures soient faites. Il y a eu beaucoup de confusion avec des entreprises de désinformation portées par le Syndicat de la famille (proche de l’extrême droite). Ils s’attaquent quasiment au programme de SVT, il ne faudrait pas parler de la reproduction. À Castelnau ou Saint-Jean-de-Védas, des affiches ont été placardées pour dénigrer le dispositif que l’on soutient à la FCPE.

    HARCÈLEMENT SCOLAIRE ET FORMATION

    La Marseillaise : L’Éducation nationale met-elle les moyens pour lutter contre le harcèlement/cyberharcèlement scolaire ?

    M.N : Le protocole « Phare », qui offre un canal d’échanges, a fait la différence. Les établissements s’en emparent, il y a des réussites, on a progressé au moins pour entamer les choses. C’est pris au sérieux, on a des interlocuteurs au rectorat. On est aussi sollicités sur des cas plus complexes. Le cyberharcèlement est devenu un fait de société avec les groupes de discussions. Il y a un travail conjoint sur le danger des écrans. Personne ne fait l’autruche. En revanche, on est plus désarmés sur des relations problématiques entre enseignants et élèves avec un rapport de force défavorable à l’élève dont la parole n’est pas toujours évidente à faire entendre. Des parents ont peur de représailles, d’aggraver la situation.

    La formation accélérée des enseignants pour contrer la crise des vocations est-elle satisfaisante (Bac+3) ?

    M.N : On en est à un point où l’on est contents d’avoir des contractuels même si c’est parfois inégal en termes de qualité pédagogique. Mais ce n’est pas l’idéal. Je ne sais pas pourquoi on ne revient pas à un système de titulaires remplaçants. Je pense qu’il y a plusieurs causes à la crise des vocations, notamment le manque de moyens et d’attractivité du métier (rémunérations). Heureusement, il reste des enseignants hyper investis qui ont ça dans le sang. Je suis en admiration devant leur capacité à supporter les enfants et à porter des classes. Les jours où on voit le verre à moitié plein, on peut rester optimiste.

    ÉDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement annonce la suppression de 4 400 postes d’enseignants…

    M.N. : On a un problème avec les annonces du gouvernement depuis quelques années. Il a aussi été dit qu’on aurait une moyenne d’un prof pour 21 élèves, ce qui – théoriquement – améliorerait le ratio avec la baisse démographique. C’est toujours la bataille des chiffres. On nous mélange souvent les chiffres de l’éducation prioritaire, ce qui fait baisser les moyennes alors qu’on a des maternelles à 27 gamins, des lycées plus de 30. On n’y croit surtout pas dans l’Hérault où la baisse démographique est moindre qu’au niveau national. On attend de voir la situation réelle des établissements. C’est pareil pour tout, on se rend vite compte que l’assistante sociale n’est là qu’un jour par semaine et ne peut répondre aux besoins.

    Il y a aussi le manque d’AESH et d’Atsem…

    M.N : On vient de porter des mobilisations dans plusieurs établissements sur le manque d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH). Cette année, le problème a explosé, ça ne tient plus. Parfois les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas pour le plaisir. Le rectorat fait ce qu’il faut pour les AESH individualisés. En revanche, les AESH mutualisés c’est beaucoup plus flou. Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicaps, les autres et les enseignants.

    Au sujet des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pour lesquels on avait des manques l’an passé à Montpellier, la mairie semble avoir amélioré les choses même si cela pourrait être mieux. On reste vigilant.

    FAMILLES EXPULSÉES ET À LA RUE

    M.N : Ça montre qu’il faut continuer à être très vigilant et épauler les parents. On est alertés par des familles qui ne savent pas quoi faire. Un collectif « Un toit, un avenir » s’est monté auquel participe la FCPE. Face au positionnement assez tranché de la préfecture, il va falloir faire face dans le respect des familles. On est sur des droits fondamentaux. Il faut relayer ces actions, épauler les parents. On est dans le rapport de force. En Conseil départemental de l’Éducation nationale, on a déjà mentionné ce genre de situations.

  • Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Au lycée Raynouard, le non-remplacement d’une professeure absente suscite la colère

    Depuis la rentrée scolaire, les élèves de terminale ST2S1 du lycée Raynouard –dont les camarades de terminale ASSP avaient connu une situation similaire en fin d’année dernière– sont privés de leur enseignante de spécialité, en arrêt maladie jusqu’au 10 décembre (minimum). Depuis, malgré les relances incessantes des parents d’élèves, professeurs et du proviseur, aucune réaction du rectorat, alors que cette absence aurait pu être anticipée. « Le professeur en question a prévenu le rectorat au mois d’août, explique Sophie Zolla, déléguée FCPE et mère d’une élève. Ils n’ont réagi que quand on a menacé de contacter la presse. On nous a demandé un délai jusqu’au 10 novembre au soir. Nous n’avons rien eu. »

    « Il faut plus de places

    aux concours »

    Une situation difficile pour les élèves, privés de l’enseignement le plus important pour leur bac (coefficient 16, 8h/semaine), qui doivent aussi composer sans leur professeure de physique-chimie, en congé maternité : « Ça génère du stress car ils voient leurs camarades avancer sur le programme et pas eux. Ils ont peur de se planter », s’inquiète la déléguée FCPE, qui indique qu’une annonce pour trouver un remplaçant a été déposée sur les réseaux sociaux de la FCPE du lycée. « Ils sont tenaces, mais je les sens fatigués. Ils attendent toute la journée pour aller en cours et perdent du temps et leur motivation, même s’ils restent sérieux. Je suis optimiste, mais on craint la démotivation », met en garde Joël Beullier, leur professeur de philosophie.

    La professeure de spécialité de l’autre terminale ST2S prend le relais 2h par semaine, mais cela n’est pas suffisant : « Les élèves ont 50h et quatre chapitres de retard », déplore Sophie Zolla. « Ces remplacements courte durée (RCD) n’en sont plus. Ça ajoute du travail et cela dégrade nos conditions de travail », fustige Joël Beullier, qui pointe l’inaction du rectorat et des effectifs trop restreints pour assurer la continuité de l’enseignement : « Après avoir vécu ça l’an dernier, on est effaré de voir que ça se répète. C’est inquiétant car ça ramène à la crise du métier et de la vocation. On n’a plus assez de collègues. Tous les postes proposés sont pourvus, mais on n’a plus de titulaire en zone de remplacement. On est complètement à flux tendu sur ces disciplines. Il faut plus de places aux concours pour répondre à ces difficultés. »

    Contacté, le rectorat n’a pas pu être joint.

  • L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    Tambours, bénitiers, trompettes et pancartes. L’inauguration officielle du collège Loyola au cœur d’Euroméditerranée 2, dans les quartiers nord de Marseille (15e), laisse un goût amer. Ouvert en septembre avec 49 élèves répartis dans deux classes de 6e, l’établissement privé catholique ambitionne d’en accueillir 500 d’ici 2032. Conçu par le cabinet Dosse, le bâtiment de 4 500 m2 se veut, sur le papier, une « fenêtre » sur un quartier appelé à accueillir 30 000 nouveaux habitants.

    Écologie intégrale

    et spiritualité

    Loyola revendique une pédagogie inspirée de la tradition jésuite, basée sur la responsabilité, la coopération et l’ouverture à la diversité. « Apprendre aux élèves à aller vers les autres et à s’enrichir de la différence », résume le Père Aimé Yoh, son directeur. « Une pédagogie innovante et une éducation de qualité », dont le but vise notamment à accompagner chaque élève à « œuvrer en faveur de l’écologie intégrale et à découvrir sa voie personnelle vers Dieu », précise encore un communiqué. Si le second concept est évident, le premier, popularisé par le pape François en 2015, est plus ambivalent. En lien pour certains avec la pensée maurrassienne et une frange de la droite réactionnaire.

    Forcément, l’inauguration suscite la controverse. L’observatoire sur le financement des établissements scolaires privés (Ofsep), qui tiendra une conférence de presse en marge de celle-ci, a choisi de dénoncer « des choix politiques et financiers lourds de conséquences ». En cause, le soutien du Département apporté à ce projet privé, alors que les subventions aux collèges publics, qui viennent d’être versées, sont jugées « insuffisantes » par l’Ofsep qui réunit syndicats (Unsa, Sud, FSU, CGT) et associations (FCPE, LDH, Attac, Vigie laïcité, DDEN, LP13).

    Loyola a, en effet, bénéficié d’une subvention de 1,95 million d’euros du Conseil départemental et d’une garantie d’emprunt couvrant entièrement un prêt de 10 millions contracté par l’école de Provence. À cela s’ajoute la vente du terrain initialement destiné à un collège public par Euromed, l’établissement public d’aménagement conduisant une opération de rénovation urbaine du secteur.

    Pour l’Offset, ces financements, bien que légaux, « ne sont pas obligatoires » et traduisent un choix politique : privilégier un établissement confessionnel privé, non soumis à la carte scolaire, dans une zone parmi les plus sous-dotées en collèges publics. « L’argent public pour l’École publique », martèle l’Ofsep dans son communiqué, dénonçant un « séparatisme social et scolaire » et réclamant la construction d’un établissement public.

  • Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    « Au début ils l’ont laissé ouvert aux heures d’école, puis la serrure a été soudée. » À la tête du collectif d’habitants du quartier, Nathalie Prost dénonce la condamnation de la rue qui traverse l’ancienne cité HLM par une poignée de co-propriétaires, soutenus par le bailleur Provence Métropole Logement (ex-HMP). Un différend qui remonte à 2020 « sur lequel on aimerait trouver un terrain d’entente », précise cette mère de famille.

    Au bout de la ruelle étroite de la Pépinière, sous le grand porche de l’ancienne cité-jardin du 4e arrondissement qui a été progressivement mise à la vente, de part et d’autre du grand portail, il y a engaste. D’un côté, des habitants privés de l’accès le plus court et le plus sûr à la crèche, au centre d’animation et au jardin municipaux inclus dans le périmètre résidentiel, de l’autre, des copropriétaires qui revendiquent une voie privée, las de « déjections canines et autres incivilités », et qui brandissent l’argument « sécurité et droit privé », explique Monsieur Fayolle, un des rares copropriétaires venu à la rencontre des habitants. « Pour “protéger” une résidence d’environ 38 logements privatifs, c’est tout un quartier de près de 7 000 habitants qui se retrouve entravé dans ses déplacements », déplore le Collectif des Marseillais pour les mobilités de demain Marsmob, en soutien des riverains.

    Côté intérieur de la barrière, deux locataires de PML regrettent « on est aussi coincées que les autres, il nous faut faire le grand tour, soit 20 minutes au lieu de 5 ». Les locataires des immeubles voisins, pourtant majoritaires dans le périmètre initial, n’ont pas été consultés lors du vote de fermeture. PML, qui détenait 62% des voix en assemblée, a voté en faveur de la fermeture, s’alignant sur la position d’une minorité de copropriétaires privés.

    L’intérêt général

    « Fermer un passage, c’est fermer un accès à l’école. La ville doit rester un espace commun, ouvert à tous », plaide encore Arnaud Dupleix, représentant de la FCPE 13. Déjà, l’ancienne école maternelle a été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, l’enjoignant, en proposant un rendez-vous, à « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire » et à « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ».

    Sur le rassemblement, les adjointes au maire Marie Batoux (PM) et Perrine Prigent regrettent également la fermeture de plus en plus de voies privées où l’accès était public de fait, comme à Colline Perrier, Campagne Flotte ou Coin Joli : « C’est un statut juridique à travailler. On avait demandé une modification du PLUI, mais la métropole a refusé. »