Tag: FCPE

  • Nouvelle matinée de blocus dans les lycées marseillais

    Nouvelle matinée de blocus dans les lycées marseillais

    Au lendemain d’une grosse journée de mobilisation, le mouvement lycéen s’est poursuivi, mercredi. À Victor-Hugo, le blocage a échoué mais Marie-Curie, Périer, Marseilleveyre, Montgrand, Saint-Charles, Jacques-Chirac, Diderot ou les Remparts sont restés portes closes. Devant la fac de droit, sur la Canebière, quelques étudiants barraient l’entrée, l’IUT de Saint-Jérôme était bloqué, et des CRS ont de nouveau été envoyés au campus Saint-Charles où les étudiants étaient mobilisés. À Aix, l’IEP est fermé pour la semaine.

    Du côté du lycée Thiers, en centre-ville, le blocus était plus fourni que d’habitude. La veille au soir, un message de la proviseure adressé aux parents d’élèves laissait planer une intervention des forces de l’ordre. « Il y a eu des menaces sur des élèves, certains ont parlé d’occuper le lycée, mais au final, ça ne s’est pas fait », explique un lycéen. Dès 6h30, à grand renfort de poubelles et de barrières de chantier, l’entrée du lycée était barricadée et la place quadrillée. Mais la direction a finalement laissé le lycée fermé. Le blocus levé aux alentours de 8h30 et les poubelles soigneusement rangées pour le lendemain, certains ont filé sur Saint-Charles et d’autres se sont rendus à Montgrand pour finir la matinée.

    À Marseilleveyre, des échanges ont eu lieu avec des parents d’élèves. Comme à Jacques-Chirac, certains commencent à exprimer leur ras-le-bol des blocages. Deux réunions entre parents d’élèves et professeurs, puis entre élèves et parents d’élèves, ont ponctué la journée. Selon la FCPE de la cité scolaire des quartiers sud, constatant le refus de nombreux élèves « non bloqueurs » de participer à une discussion réclamée par les lycéens mobilisés, le proviseur en a conclu « qu’une majorité d’élèves souhaite retrouver le chemin du lycée » et appelé à la « levée du blocage ». Mercredi à l’aube, il est pourtant venu décliner l’intervention des forces de l’ordre.

    À Marseille, une assemblée générale interlycéenne doit se tenir ce jeudi, pour évoquer la suite du mouvement et l’arrivée des vacances. De nouveaux blocages sont annoncés.

  • Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    « Ils nous donnent une belle leçon. Quand je vois les lycéens, les étudiants et les adultes qui sont là aujourd’hui, ça promet des jours heureux ». Gilet blanc de la Ligue des Droits de l’Homme sur le dos, Bernard Eynaud, co-président de l’organisation pour les Bouches-du-Rhône a plus que l’habitude de battre le pavé et en a vu des défilés sur la Canebière. Pourtant, ce mardi, il a des étoiles dans les yeux devant la fougue et la ténacité de la jeunesse : « Ils portent des revendications importantes qu’il faut prendre au sérieux. Si j’étais jeune aujourd’hui, je serais également très inquiet ». Leurs revendications le concernent malgré l’écart générationnel : « Au-delà des questions factuelles, comme l’état des établissements, c’est l’inquiétude autour du dérèglement climatique, c’est le fascisme qui n’est pas loin ».

    Avis partagé par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT 13 qui juge le soutien des travailleurs au mouvement lycéen plus que nécessaire : « On doit leur permettre de porter leurs revendications qu’on trouve justes ». Et sur le fond, il juge que les syndicats des travailleurs « ont les mêmes revendications » que la jeunesse. « Pas besoin d’être syndicaliste pour vouloir la fin de Parcoursup : c’est une usine à inégalités, c’est du stress pour les enfants comme pour les parents », martèle-t-il. Justement, les syndicats d’enseignants étaient encore de la partie ce mardi avec des appels à la grève. « La FSU appelle à la grève car les revendications des lycéens et étudiants sont également celles que nous portons : rénovation du bâti scolaire, des moyens humains en nombre dans tous les métiers, fin de Parcoursup… », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13.

    « C’est notre place »

    Plus que les enseignants, c’est tout un pan du monde du travail qui a défilé aux côtés de la jeunesse, à l’image de plusieurs agents hospitaliers marseillais aux blouses blanches colorées d’un badge rouge de la CGT AP-HM et aux pancartes limpides : « Arrêtez de mutiler les enfants, on a déjà assez de travail ! ». Même des élus locaux ont apporté leur pierre à l’édifice, à l’image de Marie Batoux (DVG), adjointe au maire de Marseille (DVG) en charge de la lutte contre les discriminations : « Je défends le service public comme projet de société fondamental. On doit converger largement dans cet objectif-là ». Et certains travailleurs viennent aussi, et surtout, avec la casquette de parent. « C’est évidemment notre place d’être dans les manifs ! On soutient les revendications des lycéens car on les porte depuis des années », conclut Christophe Merlino, président de la FCPE 13.

  • [Entretien] Murielle Pilorge, FCPE du Var : « Cette génération de lycéens peut être un moteur pour toute la société »

    [Entretien] Murielle Pilorge, FCPE du Var : « Cette génération de lycéens peut être un moteur pour toute la société »

    La Marseillaise : Pourquoi faut-il se tenir aux côtés des lycéens dans leurs mobilisations ?

    Murielle Pilorge : Parce que leurs revendications sont légitimes. Ça fait des années qu’il y a de moins en moins de moyens pour l’éducation et ils le vivent au quotidien. Cette génération a la capacité d’être un moteur pour toute la société. Ce n’est pas leur rôle, ils se retrouvent avec des responsabilités trop importantes pour les enjeux qu’ils ont à côté, c’est-à-dire tout simplement de pouvoir réussir leur vie. Mais ils y sont obligés parce que nous, parents, n’avons pas su le faire.

    En tant que parent, quel regard portez-vous sur la dégradation des conditions d’enseignement ?

    M.P. : Les effectifs sont de plus en plus importants. Ils sont plus de 35 par classe au lycée. C’est beaucoup trop. Ils ont à peine assez de tables et de chaises. Cette année, ils ont eu des correspondants. Ils ne pouvaient pas les recevoir dans la classe tous en même temps par manque de chaises. C’est une génération qui est rentrée à la maternelle avec le plan Vigipirate. Ils avaient 5 ans, on leur a appris à se cacher dans l’école. Après, ils ont eu le Covid, le confinement. Ils ont un rapport à l’école vraiment différent des autres, cela n’a jamais été un endroit préservé pour eux. Ils ont été impactés par la société en permanence.

    Comment cette situation affecte-t-elle les activités de la FCPE ?

    M.P. : Dans l’établissement où j’ai été représentante des parents d’élèves, on a toujours été écoutés et on a toujours participé aux administrations. Aujourd’hui, on peut parler, mais il n’y a pas de réponse. C’est la même chose pour les élèves. Il n’y a pas d’espace pour avoir vraiment un dialogue. Lorsque le ministère reçoit les enseignants ou les fédérations des parents d’élèves, il n’y a pas d’acte concret. C’est toujours reporté. On va créer une plateforme, on va créer un lieu d’écoute, etc. Mais les moyens sont toujours en diminution.

  • Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    À Marseille, la FSU, la CGT Éducation 13, SUD Éducation et la FCPE ont organisé une conférence de presse commune, vendredi à la Bourse du travail, pour dénoncer le fait de ne pas avoir été invités à la 5e Conférence nationale du handicap (CNH). Ce rendez-vous, prévu le 25 juin sous la présidence du chef de l’État, a finalement été reporté, sans nouvelle date. Créée par la loi de 2005, cette conférence fixe pourtant, tous les trois ans, les grandes orientations de la politique du handicap, y compris à l’école.

    Pour les syndicats, ne pas être invités est « inacceptable », puisqu’il s’agit de « ne pas convier les personnels de l’éducation qui tiennent à bout de bras l’école inclusive au quotidien ». Vingt ans après la loi de 2005, le constat reste sévère : la Cour des comptes pointait déjà, en septembre 2024, un manque de formation des enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui revendiquent un statut de fonctionnaire et une gestion plus humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, les syndicats dénoncent des réseaux d’aides spécialisées (Rased) à bout de souffle et le manque de dispositifs spécialisés, notamment d’Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Selon Élodie Boussarie, enseignante spécialisée et militante à SUD Éducation, une quarantaine de postes d’enseignants auraient disparu dans le département, dont dix gelés à Marseille. À l’échelle nationale, elle évoque « 50 000 enfants qui étaient sans solution pour aller à l’école à la rentrée 2025 ».

    Des moyens humains insuffisants

    Côté AESH, Laurence Casandri, qui accompagne des élèves en Ulis à Port-de-Bouc, décrit un métier précaire : « La majorité d’entre nous gagnent entre 900 et 1 000 euros. » Elle évoque aussi une charge de travail épuisante, qui a fortement augmenté et pousse beaucoup d’entre eux à démissionner : « Avec un même contrat de 24 heures, on peut aujourd’hui suivre dix à quinze élèves, contre deux ou trois à ses débuts en 2009, faute d’assez de personnel. »

    Les syndicats critiquent aussi les Pôles d’appui à la scolarité (PAS) qui, selon eux, récupèrent des postes déjà existants au lieu de créer de nouveaux moyens. Ils demandent notamment moins d’élèves par classe, un véritable plan de formation pour les enseignants spécialisés, un statut pour les AESH et un renforcement de l’intervention du médico-social directement au sein des établissements scolaires.

    Sur le terrain, ce manque de moyens se traduit par des enfants qui peinent à suivre un enseignement correct. C’est le cas de Nils, 7 ans, atteint de troubles du spectre autistique et de TDAH. Sa mère, Sandra Manitch, raconte deux années de maintien en maternelle à l’école Château Saint-Cyr, à Marseille, puis un refus d’intégration en Ulis faute de place, sans aucune explication. Sa notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prévoit pourtant 12 heures d’accompagnement AESH par semaine. Résultat : à la rentrée, en CP, Nils sera déscolarisé à mi-temps, faute de moyens suffisants pour l’accompagner toute la journée. « C’est la débrouille pour les directrices, pour les maîtresses, pour les parents, pour les enfants. Tout le monde doit se débrouiller tout seul », confie-t-elle.

    Les syndicats appellent désormais à une mobilisation commune pour faire entendre la voix des personnels et des familles, notamment lors de la prochaine CNH.

  • À Marseille, le lycée Saint-Charles attend toujours ses dotations horaires

    À Marseille, le lycée Saint-Charles attend toujours ses dotations horaires

    Inquiets de la baisse de l’enveloppe des heures attribuées à l’établissement par l’Inspection académique, les syndicats et les associations de parents d’élèves du lycée avaient obtenu un entretien en visioconférence le 7 avril dernier avec les services du rectorat. Sans réponse à ce jour, ils demandent à être reçus d’urgence.

    Dans un contexte de baisse générale des dotations globales horaires, les enseignants et parents d’élèves du lycée Saint-Charles sont particulièrement inquiets du manque de moyens attribués à leur établissement pour la rentrée prochaine et craignent voir « des enseignements mis en péril », précisant « des enseignements dont les membres de la commission nationale d’autoévaluation ont eux-mêmes souligné la pertinence et l’efficacité dans leur forme actuelle lors de leur venue l’an dernier ». Ils étaient montés au créneau du Rectorat en avril pour plaider en faveur de la marge d’autonomie. En dépit d’une oreille attentive, ils restent à ce jour sans réponse, or le dernier conseil d’administration aura lieu fin juillet.

    Requête urgente

    Comment, pour les enseignants, préparer la rentrée sans savoir ni quelles classes, ni combien leur seront confiées ? « Tout apport ou suppression d’heures entraîne une modification significative des services des enseignants », rappellent les syndicats et les deux associations dans un courrier adressé au recteur de l’Académie Aix-Marseille. Ils pointent l’urgence de la situation : « Il semble que la réponse de vos services n’interviendra qu’en juillet après affectation des élèves. » « Beaucoup trop tard », jugent-ils pour leur permettre de travailler sérieusement.

  • À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

    Les parents séduits ?

    Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

    Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

    Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    Voilà quelques mois qu’Amélie Drevet – ex-secrétaire du FNJ 34 – arpente les marchés avec la députée Manon Bouquin (RN). Localement, la rumeur de sa candidature croissait depuis septembre, lorsqu’elle a créé une page « Personnalité publique » à son nom sur Facebook.

    Comme l’a relaté Mediapart, c’est aussi à ce moment-là que la candidate a été évincée des listes de la FCPE de Gignac, fédération de parents d’élèves à laquelle elle adhérait depuis plusieurs années malgré une dissonance politique forte, et qui craignait alors une tentative d’entrisme…

    Le maire divers gauche Jean-François Soto -qui est aussi président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et conseiller départemental- y voit le reflet d’une posture politicienne. « C’est une stratégie nationale… Leur seul programme, c’est d’essayer d’être les relais des politiques nationales de ce parti d’extrême droite », déplore l’élu, qui brigue un troisième mandat.

    Lors de ses premières sorties médiatiques, la candidate a effectivement égrainé les thématiques phares de son parti : abandon du centre, sécurité, préférence « municipale »… Des slogans plus que des réalités. « Je pense qu’ils sont à côté de la plaque », rétorque le maire. Il poursuit : « À Gignac, les politiques publiques de proximité se voient. Il n’y a pas d’insécurité, il y a de plus en plus d’entreprises et nous gagnons une centaine d’habitants chaque année. » Il lui oppose aussi sa politique culturelle municipale, la halle des sports, le lycée Veil, et dans un futur proche l’installation d’un centre d’imagerie médicale (IRM) et d’une unité de gendarmerie.

    Ici, au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen était arrivée en tête avec 51,52% des voix… À l’inverse, dans cette même ville de Gignac la députée RN Manon Bouquin avait été devancée par le candidat de la gauche Sébastien Rome. À suivre donc.

  • Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    C’est une situation devenue trop récurrente dans certains établissements scolaires varois. Après le lycée Raynouard de Brignoles, où une enseignante de spécialité en Terminale STMG, absente depuis le début de l’année scolaire, n’a pas été remplacée, c’est au tour du lycée Langevin de La Seyne-sur-Mer de dénoncer une situation similaire. Un enseignant en génie électrique option électrotechnique (cours en seconde TNE et en Terminale Mele), et un autre en génie industriel des structures métalliques (cours en première TCI et en seconde Remi) manquent à l’appel depuis septembre. Pour compenser, « certains collègues ont pris quelques heures de classe ponctuellement sur du remplacement courte durée, mais ce n’est pas une solution pérenne », regrette Bruno Combette, professeur d’histoire-géographie et délégué FSU.

    Ces deux absences ne sont pas isolées. « Trois autres postes, en physique-chimie, en spécialité architecture et conception et en sciences numériques et technologie, n’ont été pourvus que début novembre, et les élèves ont perdu deux mois dans ces matières. Et, depuis deux semaines, un enseignant en génie industriel bois est également absent », déplore Jessica Moussouni, parent d’élève et déléguée FCPE. Une situation qui pénalise lourdement les élèves concernés, surtout en classe de Terminale : « Cette carence crée une inégalité manifeste de traitement par rapport aux autres élèves de l’académie, compromet gravement la continuité pédagogique, et met en péril leurs chances de réussite », dénonce-t-elle.

    Des problèmes de recrutement structurels

    Pourtant, certaines absences, notamment celle du professeur en génie industriel des structures métalliques, étaient prévues et auraient pu être anticipées : « C’est davantage qu’un problème organisationnel, explique Bruno Combette. Ce sont des disciplines particulières avec des problèmes de recrutement globaux. Ces professeurs sont des professionnels et il y a peu de candidats au concours, car les métiers du professorat sont peu attractifs. C’est difficile de trouver des remplaçants contractuels pour ce genre de disciplines. C’est un vrai problème car ce sont des matières à gros coefficients. »

    Si l’enseignant évoque des difficultés « à avoir des contacts directs avec le rectorat », il pointe avant tout « une défaillance de l’État. On ne va pas jeter la pierre sur une ou deux personnes au rectorat, car ils ont aussi des postes vacants ».

    Contacté, le rectorat de Nice n’a pas répondu à nos sollicitations.