La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous des dernières élections ?
Laurent Bailloux : On fait le même score qu’au premier tour en 2020, avec 200 voix de plus. C’est plutôt encourageant. Ensuite, le vote utile nous fait perdre un tiers de nos voix et un élu. Sur 33, 31 sont de droite ou d’extrême droite, pour deux plutôt à gauche, avec Émilie Thomas [qui a suppléé Bernard Pezery, autre candidat DVG démissionnaire, Ndlr]. On va tâcher de représenter les 30% qui ont voté pour nos listes au premier tour et faire vivre la démocratie.
La situation est similaire dans l’ensemble du département…
L.B. : Le renoncement lors des élections régionales et départementales a fait s’effacer la gauche, avec le RN comme seule opposition à la droite républicaine. Sur la Métropole, on a un seul élu. La gauche disparaît des instances locales. Cela n’aide pas à exister et à porter nos valeurs, quand on a pour seule optique la défaite. Mais on doit le faire, autrement, on va avoir des villes sans liste de gauche, comme à La Farlède, La Londe… On doit apporter une véritable opposition, pas seulement une lutte de façade, face à des personnes qui ont un programme à 90% similaire.
Cela étant dit, discutez-vous entre forces de gauche varoises ?
L.B. : Pour l’instant non, mais on a abordé cette question dans notre groupe, dans l’idée de travailler avec notre seul élu métropolitain, Stéphane Sacco. Avec Émilie Thomas, non plus, mais on s’entend très bien. Nos positionnements sont sensiblement identiques. On devrait commencer à discuter d’égal à égal et on va arriver à s’entraider logiquement. Il n’y a pas encore de discussion de fond, ni de travail commun, mais c’est pour moi seule possibilité d’exister aux prochaines élections, en étant unis dans une dynamique de premier tour, avec une candidature commune à gauche.
Quels seront les enjeux pour vous lors de ce mandat ?
L.B. : Il y a une guerre ouverte entre le maire [Hervé Stassinos] et son ancienne première adjointe [Valérie Rialland, candidate UDR, battue avec 64 voix d’écart] qui a déposé un recours. La situation est inquiétante pour la commune car les principaux financeurs sont la Région et le Département. Le maire, aussi conseiller régional, a peur d’être taxé de favoritisme. De l’autre côté, Valérie Rialland, conseillère départementale, freine les subventions pour ne pas favoriser la réussite de son adversaire. Notre but sera d’apporter une voix apaisante, mais ferme, sur nos valeurs face au mépris et à la rancœur.

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