Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

« La direction d’Eurenco franchit une nouvelle étape : elle frappe nos camarades », lâche la CGT sur sa page Facebook. Le syndicat réagit ainsi au licenciement, le mois dernier, d’un de ses membres au sein de l’entreprise de poudres explosives.

Selon la CGT, cet employé travaille depuis quinze ans sur le site de Sorgues. « On lui reproche des faits mineurs, notamment dans les relations avec un membre de la direction, avec un désaccord sur la confidentialité d’échanges de travail, car il y avait un intérimaire présent », indique Jérémy Caillé, délégué syndical CGT d’Eurenco. Deux autres salariés syndiqués ont également reçu des sanctions disciplinaires ces dernières semaines.

La CGT annonce qu’elle va demander l’annulation de ce licenciement. Si celui-ci est maintenu, elle accompagnera le salarié concerné dans ses démarches auprès du conseil des prud’hommes.

Contactée par La Marseillaise, la direction ne souhaite pas commenter publiquement les procédures disciplinaires. Elle précise toutefois que « la nature particulièrement sensible de nos métiers exige une rigueur absolue : le strict respect des consignes de sécurité et de comportement est donc une obligation qui s’impose à l’ensemble de nos collaborateurs, sans exception. »

En réaction, un rassemblement est prévu devant les grilles de l’entreprise à partir de 7 heures du matin, ce mercredi 20 mai, ainsi que sur l’autre site d’Eurenco, à Bergerac. Un comité social et économique (CSE) doit également se tenir dans la matinée sur le site vauclusien. « Stop à la répression syndicale. Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à tous », tonne le syndicat dans son appel à la grève.

En conflit

La CGT établit un lien entre ce licenciement et le conflit social en cours depuis janvier. Avec Force ouvrière, les organisations syndicales demandent notamment une augmentation générale de 130 euros pour tous, ainsi que le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20%. Elles justifient ces revendications par des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ». Mais ce lien est contesté par la direction d’Eurenco, qui assure que « les mesures de sanction mentionnées visent uniquement à faire respecter notre règlement intérieur » et « qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres sujets contextuels ».

Des tensions qui ne datent pas d’hier. En 2020, Jérémy Caillé avait été poursuivi par l’un des cadres de l’entreprise pour diffamation au sujet d’un tract syndical d’octobre, intitulé « Eurenco Sorgues, foyer de contamination, de précarité et d’imbécillités ». Reconnu dans un premier temps coupable par le tribunal correctionnel d’Avignon en 2023, il avait ensuite été relaxé par la cour d’appel de Nîmes, en mai 2024.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *