Tag: sanction

  • [Justice] « Je vais devenir un nouveau Kevin T. »

    [Justice] « Je vais devenir un nouveau Kevin T. »

    Attention jeudi ce qui va se passer, on se prépare. Je suis RN, j’ai la haine, je vais devenir un nouveau Kevin T. » Repéré et signalé lundi par la plateforme Pharos au parquet de Marseille pour un live alarmant sur TikTok, Fabrice B., un Marseillais de 46 ans, sans casier, sous suivi psychiatrique, a été condamné mercredi en comparution immédiate pour apologie du terrorisme et menaces de mort à raison de la race, de la religion.

    Le tribunal lui a infligé 16 mois de prison, moitié avec sursis et moitié ferme aménagée sous bracelet électronique. Un suivi sociojudiciaire pendant 3 ans est prononcé avec interdiction de port d’arme pendant 5 ans, d’inéligibilité pendant 2 ans et de réseaux sociaux pendant 6 mois.

    La suite de la capture vidéo du direct est glaçante. « Ils veulent la guerre, on va la faire, t’inquiète, moi je suis prêt à massacrer les musulmans, ils sont en train de bouffer notre pays, vous allez voir jeudi personne ne sera arrêté, l’actualité va exploser jeudi, notez bien jeudi. Faut plus que les blancs on se laisse faire. Ils veulent la guerre, on va la faire. »

    « Vous encourez 7 ans d’emprisonnement aujourd’hui. Qu’auriez-vous fait jeudi ? » lance le président Thierry Bonnifay au prévenu squelettique, pâle et émacié qui tremble dans le box. « Je me suis embrouillé avec des gens qui parlaient de Trappes, ça partait dans tous les sens et j’ai été emporté, j’ai dit des paroles très très dures et ça, je m’en rends compte », pleure le prévenu. L’enquête décrit un homme isolé socialement, victime de maltraitance du père dans sa jeunesse, mis à la porte à l’âge de 17 ans par sa famille en raison de son orientation sexuelle, recueilli par sa grand-mère morte depuis. Il a un temps été agent de sécurité au port autonome, avant de sombrer dans la dépression à la mort de son compagnon. Bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, il est sous suivi psychiatrique à Edouard-Toulouse depuis 2020 et a arrêté son traitement il y a deux mois.

    « Glorification de l’auteur d’un acte terroriste »

    Sommé par la procureure Mathilde Fontaine de dire ce qu’il sait de l’attentat raciste qui a tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept autres personnes à Trappes, il patauge. « J’ai pas trop suivi ce qui s’est passé à Trappes. Kevin, c’est l’autre très méchant qui a fait du mal en tuant un être humain. Je ne suis pas du tout comme ça, j’aime tout le monde. J’espère que personne ne m’a entendu et ne va faire de bêtises, je m’en voudrais toute ma vie. Je regrette énormément ce que j’ai dit. Mon cerveau, il a bloqué. C’est parce qu’il y a eu tellement de haine dans la semaine avec l’actualité. Je me suis énervé de voir mon pays comme ça avec tant de haine, les manifestations et l’attentat et tout et moi j’ai rajouté une couche et je m’en veux. Je veux avoir une sanction mais pas aller en prison ça va m’abîmer. »

    Ayant clamé sur Tiktok qu’il était du RN, la procureure lui demande. « Vous appartenez à un groupuscule ? Vous vous revendiquez d’extrême droite ? » Sa réponse fuse : « Mais non, je vote même pas ! »

    Pour la représentante du ministère public, on est dans « la banalisation d’un discours qui arrive tôt ou tard à un passage à l’acte. On ne peut pas se retrancher derrière un ordinateur et les réseaux sociaux. Il n’est pas le seul depuis cette attaque, avec toujours ces mêmes discours “je ne l’aurais pas fait”. Le 24 octobre, le tireur a choisi ses victimes à raison de la couleur de peau et lui, au profil inconnu des renseignements et de la police, dit qu’il veut devenir le nouveau Kevin ». Pour cette « glorification de l’auteur d’un acte terroriste » doublé de menaces de morts racistes, elle requérait 10 mois ferme sous bracelet électronique.

    « Je ne veux pas qu’on en fasse un dossier politique. Ses fragilités visibles n’excusent pas tout, mais regardez-le, est-ce que vous pensez sérieusement qu’il peut passer à l’acte ? » a plaidé Me Allison Mallia. « Je veux payer et je veux m’excuser, mes propos ont dépassé une certaine limite qui est inqualifiable. »

  • Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Un multi bailleur professionnel a été condamné mercredi par le tribunal judiciaire de Marseille à 440 000 euros d’amendes civiles pour six locations saisonnières en infraction. La Ville salue « une nouvelle victoire dans sa lutte contre la fraude aux locations de courte durée ». « Nous ne laisserons personne transgresser les règles », a réagi le maire Benoît Payan (DVG). Cette judiciarisation a « un effet notable » indique l’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF) qui constate « pour la première fois, en 2025, une baisse de 16% des logements loués en meublés de tourisme à Marseille ».

    Opérant via un montage complexe de trois sociétés, il revendiquait, pour maximiser les profits, de contourner la réglementation stricte mise en place par la Ville de Marseille qui n’autorise plus la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur, sauf compensation. Le juge des référés rappelle que ses logements « auraient dû faire l’objet d’une autorisation délivrée par la Ville de Marseille, autorisation qui n’a pas été obtenue, ni même sollicitée ». La sanction est assortie d’une astreinte afin de s’assurer que les 4 logements au 9 rue des Honneurs, 2e, au Panier et les 2 autres logements au 16, rue Colbert, 1er, soient « effectivement et durablement réaffectés à de l’usage d’habitation ».

    Une « personnalité dénuée de tous scrupules »

    « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs » avait plaidé Me Jorge Mendes Constante pour la Ville à l’audience du 1er juillet dernier. Les jugements (un pour chaque adresse) ne ménagent pas l’investisseur Florent Richard, 37 ans qui se vantait sur YouTube de s’être constitué 3 millions d’euros de capital en trois ans avec 44 logements sur Bordeaux, Paris et Marseille.

    Le tribunal a dressé le portrait de Florent Richard, « personnalité publique » très active sur les réseaux sociaux, qui s’enorgueillit sur sa chaîne Youtube où il prodigue des conseils, d’« être devenu millionnaire grâce à son activité de loueur de meublés touristiques ». Ainsi, selon le jugement, « il se positionne en professionnel de cette activité, pourtant rattachée fiscalement à une activité de “loueur de meublé non professionnel” échappant par là à la fiscalité applicable aux hôteliers professionnels tout en tirant des profits indirects de son positionnement professionnel ». De ce « comportement public », le tribunal retient qu’il s’agit d’une « personnalité dénuée de tous scrupules quant aux conséquences de son activité pour la Ville et ses habitants, ville qu’il ne décrit que de manière déshumanisée en insistant sur le potentiel lucratif du lieu, se targuant par exemple sur Facebook de faire “du business, pas de la charité” ».

  • À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    « On convoque une victime de harcèlement pour la traduire devant une commission disciplinaire ! » Devant le Village La Poste, siège marseillais de l’entreprise postale, Karim Bouzana, délégué syndical de la CGT, hausse le ton ce mercredi matin. Micro à la main et sono derrière lui, le syndicaliste entend envoyer un message à sa direction : « On n’acceptera pas l’inacceptable, on ne laissera pas faire ! » S’il est aussi remonté, c’est parce qu’une factrice du 7e arrondissement de Marseille, Aurore, est convoquée pour une commission consultative paritaire, une instance disciplinaire pouvant déboucher sur une sanction allant jusqu’au licenciement. Aux côtés de Karim Bouzana et devant une ligne de drapeaux rouges portés par les soutiens présents, elle a les larmes aux yeux.

    La Poste ne commente pas

    Et pour cause : si cette dernière est visée par cette procédure, elle est aussi à l’origine d’une dénonciation « de comportements sexistes et sexuels » sur fond de harcèlement de la part d’un de ses cadres (lire notre article du 26/08). Une dénonciation liée à cette menace de sanctions à son encontre. « Ceux qui ont monté le dossier contre sont les supposés harceleurs. L’agent est victime de violences sexistes et sexuelles, c’est le terme approprié. Les faits sont graves et avérés, on a plusieurs témoignages », assure Karim Bouzana. Autour de lui, les plusieurs dizaines de militants CGT venus en soutien opinent du chef et dénoncent logiquement cette situation pour le moins lunaire. Les cadres en question auraient été mutés suite à une enquête interne de l’entreprise mais la procédure à l’encontre d’Aurore persiste. « La Poste reconnaît les faits dans son protocole de harcèlement, constate qu’il y a une atteinte à la dignité des personnes et une répétition des faits. Mais malgré tout ça, La Poste ne veut pas reconnaître le statut de victime, elle ne prend aucune mesure ! », développe le syndicaliste. Contactée à plusieurs reprises, La Poste « ne souhaite pas s’exprimer » sur ce dossier qui en dit pourtant long sur sa politique interne. « Il y a le goût du harcèlement, son odeur, l’image aussi mais pour la direction, ce n’est pas du harcèlement », dénonce Karim Bouzana.

  • [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    [Entretien] Alban Desoutter : « La liberté d’expression doit prévaloir pour tous »

    La Marseillaise : Pourquoi la sanction contre Julien Thery vous semble-t-elle injuste ?

    Alban Desoutter : Il a relayé un texte critique d’une tribune pro-Israël parue dans Le Figaro en appelant au boycott d’une liste de personnalités signataires. Chaque fois qu’on s’en prend à des relais de l’État d’Israël, il y a cette accusation bien rodée et assumée d’une assimilation à de l’antisémitisme. C’est l’argument numéro 1 utilisé contre des associations ou LFI.

    Tout de même prétendre que Yvan Attal, Michel Boujenah ou Arthur seraient des « génocidaires » parce qu’ils se font des relais de l’État d’Israël, semble disproportionné, non ?

    A.D. : On peut discuter sur le fait qu’il puisse y avoir des complicités et les relais chez les personnalités mais cela fait partie du débat même si les termes peuvent sembler polémiques. Les plus outranciers sont les partisans de l’État d’Israël. Enrico Macias a appelé à éliminer physiquement les militants de LFI [à la TV avant d’être repris et de se rétracter, Ndlr.]. À Lyon II, quelqu’un a eu des positions pour le nettoyage ethnique de la Palestine et a reçu le soutien de L. Wauquiez au nom de la liberté d’enseigner après que son cours a été perturbé par des étudiants. Il n’y a eu aucune sanction. Il y a deux poids deux mesures. L. Wauquiez a même utilisé sa position de président du Conseil régional pour faire un chantage à la subvention. Or, quand J. Thery utilise sa liberté d’expression dans le cadre d’un canal privé sur les réseaux sociaux, indépendamment de ses activités universitaires, là on le sanctionne.

    C’est pour cela que vous dénoncez une « ingérence politique » ?

    A.D. : On a un vrai problème. L’université n’est pas un forum citoyen. Les sections disciplinaires ne sont pas la démocratie participative où chacun – notamment les partisans du gouvernement israélien ou de Trump – va venir dicter à la présidence ce qu’elle doit faire. Celle-ci a cédé à la pression de L. Wauquiez avec son chantage à la subvention. La liberté d’expression doit prévaloir pour tous. Les sanctions ne peuvent intervenir que dans le cadre d’un cours où un enseignant utiliserait sa position pour tenir des thèses anti-républicaines, négationnistes ou racistes. Je ne défends pas la publication de Julien Thery. Je dénonce le fait que sa sanction est disproportionnée et sous pression extérieure. Il peut faire appel auprès du Cneser. Son cas n’est pas isolé. Il y a eu une vague de répression interne dans les universités qui ont toujours eu une tradition de liberté. J’ai moi-même en tant que chercheur subi une sanction déguisée sur mon avancement pour mes prises de position syndicales.

  • La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    Pour la « Cabane du pêcheur fou chez Za », l’été est fini. Le Conseil d’État a rétabli, mardi dernier, l’arrêté préfectoral du 3 juin 2026 fermant pour deux mois ce restaurant situé au bac du Sauvage, au bord du Petit Rhône, sur la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, en raison de « manquements graves et répétés à la réglementation ». L’établissement avait lancé une pétition en ligne signée par près de 4 700 personnes.

    Cette sanction fait suite à l’accident mortel, le 14 décembre 2025, d’une cliente de 60 ans qui, rappelle le Conseil d’État, avait passé au moins quatre heures dans l’établissement en consommant des boissons alcoolisées et « avait pris la route en état d’ivresse manifeste ». Le Code de la santé publique interdit aux débitants de boissons « de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements ». La licence de la Cabane du pêcheur ne l’autorisait alors pas à servir de l’alcool « autrement qu’à l’occasion des principaux repas et en accessoire à la nourriture ».

    Pour fonder sa sanction, le préfet relevait encore que le 14 mars 2026, neuf conducteurs ayant participé à une importante fête organisée par l’établissement, rassemblant mille personnes, avaient été contrôlés avec des taux d’alcoolémie supérieurs aux limites autorisées, dont trois constitutifs d’un délit. Pour le préfet, ces faits étaient constitutifs « par leur gravité et leur répétition, d’une atteinte à l’ordre public » en relation avec l’établissement.

    Saisi en référé, le juge administratif avait suspendu l’arrêté en juin, estimant que la réitération des faits n’était pas établie, que l’exploitant avait acheté des éthylotests pour l’événement du 14 mars, mis en place des solutions alternatives à la conduite pour repartir, favorisé la désignation de « capitaines de soirée » sobres et fait la promotion publique de ces initiatives.

    Ivresse manifeste

    Le Conseil d’État retient, lui, que la conductrice décédée affichait 1,63 g d’alcool par litre de sang, soit trois fois la limite autorisée pour conduire, que son portable montre plusieurs enregistrements vidéo, dont un dans l’établissement, où elle présente « des signes manifestes d’alcoolisation avancée », qu’un des neuf clients contrôlés positifs au volant par les gendarmes, le 14 mars, avait 2,2 gr d’alcool par litre de sang.

    Le Conseil d’État ajoute que cette consommation excessive d’alcool par des clients est corroborée par un rapport de gendarmerie faisant état d’une nouvelle sortie de route, le 17 mai 2026, d’un véhicule à proximité de l’établissement, avec un conducteur y ayant bu, contrôlé avec 1,03 mg d’alcool par litre d’air expiré, soit 2,06 gr d’alcool par litre de sang. Le Conseil d’État rappelle de surcroît que la Cabane du pêcheur avait fait l’objet d’un avertissement, par arrêté préfectoral en septembre 2024, les gendarmes ayant dû intervenir pour une rixe entre clients en état d’ivresse manifeste.

  • Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    Un inspecteur du permis testé positif au cannabis à Marseille

    La décision du ministre de l’Intérieur de révoquer et de radier des cadres un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) repris à nouveau à conduire sous l’emprise de substances ou plantes classées comme stupéfiants n’est pas une sanction disproportionnée, a jugé le tribunal administratif de Marseille dans une affaire qui tient quelque peu du gag et du vaudeville judiciaire.

    Dans sa décision du 9 juin, le juge administratif rappelle que l’inspecteur a déjà été reconnu coupable de ces faits à deux reprises par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence qui lui avait infligé une première suspension de six mois de son permis de conduire en 2022 puis une seconde suspension de neuf mois en 2024 assortie d’une amende de 800 euros et, s’il vous plaît on ne rit pas, d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

    Un stage de sensibilisation à la sécurité routière…

    Le requérant soutenait ne consommer du cannabis qu’à des fins thérapeutiques suite à un syndrome anxiodépressif, pour lutter contre ses insomnies et uniquement le soir, avant de dormir. Le juge retient qu’il a été contrôlé positif à deux reprises en seulement deux années d’intervalles et que lors du dernier contrôle où il a été testé positif il faisait passer l’examen du permis de conduire… « Eu égard aux fonctions particulières exercées par le requérant, inspecteur du permis de conduire, à sa récidive, aux risques encourus pour lui et pour les élèves à bord du véhicule ainsi qu’à son devoir d’exemplarité, la sanction de révocation ne peut être regardée comme disproportionnée », a tranché le tribunal.

    Près de 1 300 inspecteurs du permis font passer chaque année 1,8 million d’examens. L’exclusion de cet agent de l’État vise aussi à préserver la crédibilité de ce corps administratif.

  • Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues

    Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues

    Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues ce mercredi 20 mai, en amont d’un CSE de l’entreprise de poudre d’explosifs. Une réunion qui intervient quelques jours après la sanction disciplinaire de trois salariés membres du syndicat, dont un licenciement (notre édition du jour). « C’est de la discrimination syndicale. On va être très brefs. On va faire une déclaration et repartir », explique Jérémy Caillé, secrétaire CGT du site. Aucun camion n’est entré depuis le début, à cause de pneus et de palettes disposés devant l’entrée

  • Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    « La direction d’Eurenco franchit une nouvelle étape : elle frappe nos camarades », lâche la CGT sur sa page Facebook. Le syndicat réagit ainsi au licenciement, le mois dernier, d’un de ses membres au sein de l’entreprise de poudres explosives.

    Selon la CGT, cet employé travaille depuis quinze ans sur le site de Sorgues. « On lui reproche des faits mineurs, notamment dans les relations avec un membre de la direction, avec un désaccord sur la confidentialité d’échanges de travail, car il y avait un intérimaire présent », indique Jérémy Caillé, délégué syndical CGT d’Eurenco. Deux autres salariés syndiqués ont également reçu des sanctions disciplinaires ces dernières semaines.

    La CGT annonce qu’elle va demander l’annulation de ce licenciement. Si celui-ci est maintenu, elle accompagnera le salarié concerné dans ses démarches auprès du conseil des prud’hommes.

    Contactée par La Marseillaise, la direction ne souhaite pas commenter publiquement les procédures disciplinaires. Elle précise toutefois que « la nature particulièrement sensible de nos métiers exige une rigueur absolue : le strict respect des consignes de sécurité et de comportement est donc une obligation qui s’impose à l’ensemble de nos collaborateurs, sans exception. »

    En réaction, un rassemblement est prévu devant les grilles de l’entreprise à partir de 7 heures du matin, ce mercredi 20 mai, ainsi que sur l’autre site d’Eurenco, à Bergerac. Un comité social et économique (CSE) doit également se tenir dans la matinée sur le site vauclusien. « Stop à la répression syndicale. Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à tous », tonne le syndicat dans son appel à la grève.

    En conflit

    La CGT établit un lien entre ce licenciement et le conflit social en cours depuis janvier. Avec Force ouvrière, les organisations syndicales demandent notamment une augmentation générale de 130 euros pour tous, ainsi que le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20%. Elles justifient ces revendications par des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ». Mais ce lien est contesté par la direction d’Eurenco, qui assure que « les mesures de sanction mentionnées visent uniquement à faire respecter notre règlement intérieur » et « qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres sujets contextuels ».

    Des tensions qui ne datent pas d’hier. En 2020, Jérémy Caillé avait été poursuivi par l’un des cadres de l’entreprise pour diffamation au sujet d’un tract syndical d’octobre, intitulé « Eurenco Sorgues, foyer de contamination, de précarité et d’imbécillités ». Reconnu dans un premier temps coupable par le tribunal correctionnel d’Avignon en 2023, il avait ensuite été relaxé par la cour d’appel de Nîmes, en mai 2024.

  • Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Il n’y a pas que des yachts et des villas que les juges confisquent aux trafiquants. Le tribunal de commerce était le théâtre vendredi d’une vente exceptionnelle organisée par l’Agrasc avec les Domaines d’objets confisqués. 350 lots de bijoux, d’or, de montres, de vêtements et de maroquinerie de luxe issus des scellés des tribunaux de Marseille, Aix-en-Provence, Draguignan et Nice sont partis sous le marteau des commissaires-priseurs.

    Portée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués et son partenaire, les Domaines qui l’organisaient, cette vente a permis de mettre en exergue que « la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs mais aussi à restituer aux citoyens ce qui leur revient, tout en témoignant de la fermeté des institutions face à la criminalité organisée et aux trafics » explique Charlotte Hemmerdinger, la directrice de l’Agrasc.

    « Cette vente représente déjà tout le travail accompli en amont par les enquêteurs de police, de gendarmerie, des douanes. Elle permet à l’État de récupérer des sommes non négligeables » souligne pour La Marseillaise, Franck Rastoul, le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, présent avec des chefs de juridiction pour le lancement des enchères. « Il faut évidemment des réponses pénales contre les trafics et notamment des peines d’emprisonnement, mais on sait très bien que pour lutter il faut être capable d’infliger une sanction patrimoniale pour reprendre l’argent généré par les trafics et ces biens de luxe vendus qui sont des vecteurs de blanchiment. »

    Estimée à 750 000 euros, les organisateurs espéraient atteindre 1,2 million d’euros. « On verra à la fin, mais il ne faut pas perdre de vue que ces sommes considérables sont à mettre en regard avec les millions d’euros qui chaque semaine sont générés par les reventes de stupéfiants. On ne peut que se féliciter de la multiplication de ces ventes vertueuses qui sont la partie émergée de l’iceberg. C’est la réaction de l’État face aux trafics et l’Agrasc joue un rôle essentiel », ajoute M. Rastoul.

    Le procureur et les claquettes Louboutin !

    L’appât du gain et un goût immodéré pour le luxe tapageur qui motivent les délinquants s’exposent dans les vitrines surveillées par des vigiles. Des bagues, des colliers, des boucles de grands joailliers Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Mauboussin ou Chopard sont âprement bataillés, à la fois en direct dans la salle et en ligne pour les enchérisseurs discrets ou très éloignés sur les plateformes de vente Drouot.com et Moniteurdesventes.com. Mise à prix 12 000 euros, une bague de marque inconnue en or gris ornée d’un diamant ancien de 5,87 carats, a été adjugée à 24 200 euros. tous les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe de 11%. Réservés aux professionnels, plusieurs lots de plaques d’or étaient proposés dont un de 620 gr d’or à 24 carats adjugé 71 920 euros.

    Les hommes n’étaient pas en reste pour se disputer des articles de grandes marques d’horlogerie : des montres Rolex, Hublot, Chopard, Audemars Piguet, Breitling, Patek, etc. Une Rolex GMT-Master II mise à prix 30 000 euros s’est vendue 54 000 euros. Une montre Werk en titane et or rose s’est vendue 32 200 euros pour une mise à prix de 6 000 euros. Débuté à 12 000 euros, un chronographe-bracelet Tourbillon Jules Audemars est parti à 27 500 euros. Le coup de marteau pour une superbe montre Yacht-Master en or rose estimée à 8 000 euros s’est posé au prix triplé de 24 500 euros.

    « 4 000 personnes sont inscrites ce matin à cette vente, et j’ai vu qu’il y en a des terres australes françaises, de Polynésie et sur trois continents avec des inscrits au Mexique, à Macao et Hong Kong », se réjouit Alain Caumeil, le directeur national des interventions domaniales (DNID). « Nous sommes en pointe ici dans la lutte contre le blanchiment », intervient Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille qui souligne que son tribunal contribue à « 73% des confiscations remises à l’Agrasc sur l’ensemble du ressort de la cour d’appel et qui rentrent dans le budget de l’État. Ce sont des politiques partenariales qui portent leurs fruits ». D’exprimer avec humour le regret de ne pouvoir par déontologie participer à une enchère : « Un lot m’aurait beaucoup plu, les claquettes Louboutin ! » Estimée à 80 euros, la paire de « Pool Slides » d’occasion en caoutchouc rouge avec des traces d’usure, peut-être celle que portait l’épouse d’un caïd le jour de son interpellation, est partie à 140 euros. Les enchères se sont achevées par la vente d’un rare sac Hermès, dessiné par et pour Jane Birkin, clin d’œil peut être au duo de gangsters Bonnie & Clyde.

  • À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    C’est une sanction à l’encontre d’un gazier, « mis à la retraite d’office » qui a secoué les travailleurs de l’énergie sur le site de Cantini. L’onde de choc s’est amplifiée lorsqu’un électricien d’Enedis s’est vu traduit en conseil de discipline. Des menaces de licenciement jugées « arbitraires », par la CGT Énergie de Marseille, qui dénonce des mesures de répression au sein de ses entreprises.

    La réponse se veut à la hauteur des attaques. Elle est montée crescendo et atteint son point d’orgue ce 26 janvier, date à laquelle un des sanctionnés est convoqué à Lyon, avec un appel lancé à un grand rassemblement à 10h devant la station d’épuration du massif des calanques, dans le 9e arrondissement. L’affaire démarre brutalement, par un courrier reçu en main propre dans lequel « il est écrit noir sur blanc : j’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office », explique Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie de Marseille, qui précise : « On lui reproche des foutaises ! ». Les gaziers de Cantini ont mis leur sacoche à terre durant deux jours en signe de contestation. Une déclaration de danger grave et imminent suit. Une seconde sanction tombe tout aussi sèchement sur un salarié d’Enedis également jugée injustifiée. Dont acte.