Beau succès populaire de la saison méditerranéenne

Marron châtaigne, orange saumon, bleu marine, et une petite touche de jaune. Le studio Fotokino (1er) tient du carrefour des couleurs méditerranéennes. Les adultes contemplent les cadres colorés, tandis que les minots dessinent. Jusqu’au 30 mai, l’atelier proposera vernissages, conférences et activités dessin, autour de couleurs françaises, mais aussi marocaines et tunisiennes. « C’est une occasion de rendre l’art accessible à tous. Il y a un vrai travail de transmission qui passe par la culture. L’identité méditerranéenne ici à Marseille est marquée, retrouver autant de diversité peut permettre à tous de s’y retrouver », apprécie Sarah, artiste marseillaise, venue « s’inspirer » au gré des œuvres.

Un peu plus loin, aux ateliers Jeanne-Barret (15e), où sont présentées les œuvres produites par une quarantaine d’artistes gazaouis, Karena et son mari acquiescent : « L’un des poèmes évoque ces enfants gazaouis qui ne se réveilleront plus, dans un cadre mélancolique, qui fait appel à ce que l’on connaît comme les oliviers, les citronniers, cette chaleur méditerranéenne. Ces œuvres nous transportent, en faisant appel à des sens qui nous sont familiers », commentent-ils. Tous deux algériens, ils s’avouent « touchés » par les poèmes, photos et dessins exposés. C’est en tout cas la promesse de la Saison Méditerranée, qui se veut solidaire. Le dispositif rassemblera, pendant 6 mois, plus de 60 villes en France en Algérie, ainsi qu’en Égypte, Tunisie, au Maroc et au Liban autour de l’art avec la volonté « d’unir et connecter les populations, valoriser les diasporas », selon les mots du président de la République. Une volonté que Pauline, autre visiteuse des ateliers Jeanne-Barret, espère ne pas voir « s’essouffler », au terme de cette fin de saison. « C’est important de valoriser les cultures et artistes d’autres pays, surtout dans ce climat actuel sous tension. J’espère simplement que ce programme aura autant de portée que l’on souhaite. »

De retour au Vieux-Port, sur l’esplanade Gisèle-Halimi (2e), les curieux semblent plutôt convaincus. En seulement quelques minutes, une foule de Marseillais encercle la troupe de danseurs chorégraphiés par Taoufik Izeddiou. Sur des sonorités contemporaines méditerranéennes, les artistes professionnels bougent de manière désorganisée. Une volonté artistique assumée, qui séduit certains spectateurs. Benoit s’agite de droite à gauche, fait parfois bouger ses épaules. Le quarantenaire est émerveillé : « Je suis Tunisien et ces influences musicales me rappellent mon enfance. J’ai juste envie de les rejoindre et danser avec eux », lance-t-il. Marina et ses amies partagent son ressenti. Les trois trentenaires applaudissent cet événement gratuit et au grand jour, qui « permet à tous d’assister et de participer ».

Événement privatisé ?

Pour autant, certains rendez-vous n’ont pas fait que des heureux. Il en est de l’organisation du spectacle de Mohamed El Khatib au Mucem prévu pour 20h, vécue comme « mépris » par « plus de 200 Marseillais », dénonce Céline. « Le Mucem a fait attendre dans le vent, sur le J4, plus de 200 personnes alors que l’équipe d’organisation savait que la jauge de l’amphithéâtre (330 places) était déjà préremplie par les invités des 23 mères-danseuses, la presse, et des programmateurs éventuels ou partenaires. » Quelques dizaines de personnes seulement ont pu finalement assister au spectacle, atteste-t-elle, les autres ont attendu plus de deux heures, « pour rien ». Un « scandale » s’insurge la Marseillaise. Au-delà du « manque de communication », elle considère que le site tenant d’un service public a tout simplement organisé « une soirée privée ».

Hormis cet incident, l’ensemble des visiteurs semblent unanimes pour saluer l’événement, sa portée culturelle et artistique, et les liens ainsi tissés ou retissés entre les différentes rives de la Méditerranée.

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