Du cuir, des grosses cylindrées et des bannières étoilées. Les États-Unis étaient à l’honneur, ce samedi, sur le complexe sportif de Simiane-Collongue, à l’occasion de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites. Au menu de l’événement, run de motos caritatif sous les fumigènes, rassemblement de voitures américaines, défilés de pin-up, concerts. Et à l’entrée, devant les bolides garés, une immense bannière confédérée déployée.
Le drapeau des sudistes pendant la guerre de Sécession états-unienne ne semble pas choquer : l’élue déléguée à la communication et aux commerces en partage les photos sur les réseaux sociaux au milieu des images de l’événement, qui a rassemblé plus de 700 personnes, selon les organisateurs. On y voit même le chef de la police municipale poser tout sourire devant, le véhicule sérigraphié garé auprès de la bannière rouge barrée de la croix bleue étoilée. Loin de la charge symbolique du drapeau.
C’est que l’étendard du Sud esclavagiste puis ségrégationniste, encore brandi comme symbole d’indépendance face à Washington, est surtout une marque de ralliement des mouvements suprémacistes aux États-Unis aussi bien que dans le reste du monde. À tel point que l’État de Caroline du Sud l’a retiré de ses bâtiments en 2015 après la tuerie raciste de Charleston, le Mississippi en 2020 après les manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de George Floyd, en même temps que l’armée états-unienne le bannissait de ses bases. « Cela peut choquer peut-être, reconnaît l’organisateur, Alain Courbet. Mais nous l’avons mis comme ça, nous n’avons pas fait le rapprochement ! Nous n’avons mis les drapeaux que pour décorer. » Et le motard de jurer : « Pour nous, il n’y avait aucune arrière-pensée, rien du tout ! »
Présent à l’événement, le maire (LR) de la commune, Philippe Ardhuin, relativise lui aussi le symbole. « Je l’ai aperçu, mais ça ne m’a pas du tout choqué, partage-t-il. Ce n’est ni du racisme, ni sécessionniste, cela fait partie de leur histoire. » Une identité partagée par les bikers, plus présents dans le Sud, qu’il réduit à une « décoration ». Et de tenter la comparaison : « C’est vieux d’un siècle et demi. Si vous avez une fleur de lys, cela ne veut pas forcément dire que vous êtes anti-républicains ou royaliste. »
Motard revendiqué lui aussi, le président (Ren.) de Région et candidat aux sénatoriales, Renaud Muselier, était présent à l’événement. Mais promet qu’il n’a pas vu la bannière installée à l’entrée. « Ce symbole, associé à une histoire de racisme et de ségrégation, n’a évidemment pas sa place dans un tel événement, indique la collectivité. Il est à l’opposé des convictions de Renaud Muselier et des valeurs de fraternité, de liberté et de partage qui doivent prévaloir dans ce type de rassemblement. »


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