[Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

La Marseillaise : Vous avez d’abord été candidat aux municipales puis avez rejoint la liste de David Fournier avant d’en sortir au second tour avec la fusion LFI. Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

Benoît Belvalette : On a toujours dit que les municipales n’étaient qu’une étape pour Place publique, pas une fin en soi. On a souhaité porter une nouvelle façon de faire de la politique et apporter cette régénération qui manquait tant à cette ville. D’ailleurs, l’élection d’Olivier Galzi est la démonstration qu’il y avait peut-être besoin d’un renouveau sur cette ville. De mon côté, des contraintes professionnelles m’ont amené à être beaucoup moins présent. Au sein du rassemblement, j’ai eu l’impression que le projet n’était pas forcément une priorité, ou du moins on n’a pas assez affirmé que c’était quelque chose d’essentiel, on aurait aimé peser plus fortement sur les choix stratégiques. Derrière, il planait toujours ce doute d’une alliance avec LFI. Le positionnement de David Fournier n’a pas toujours été très clair, on peut comprendre dans sa stratégie, qu’il fallait aller chercher des électeurs LFI. Mais l’absence de clarté n’a pas aidé. On avait fait un choix clair [vis-à-vis de LFI] et on l’a assumé, on ne regrette pas. Plus largement, avec le recul, je pense que si on s’était réunis avec Joël Peyre (PRG) et Paul Roger Gontard (La Convention) on aurait beaucoup plus pesé. On doit tirer les enseignements de notre incapacité à se mettre d’accord pour les prochaines échéances.

Quelles sont-elles justement ?

B.B. : Déjà, on continuera d’être présent dans la vie locale, on sera une vraie force de proposition, une vigie exigeante, pour être utile à Avignon. Le prochain scrutin sera les sénatoriales. On va y participer et aider à ce que la gauche soit bien représentée. On a rencontré Lucien Stanzione [sénateur PS sortant] qu’on devrait soutenir. Mais on se projette avant tout sur la présidentielle avec la candidature, certainement en septembre, de Raphaël Glucksmann. Et ensuite les législatives. Les municipales ont montré que l’alliance ambiguë du PS avec LFI a perturbé la lisibilité du discours. Pour d’autres échéances, Place publique peut porter ce leadership d’une gauche sociale ouverte et humaniste, sans considérer que LFI fasse partie de ce périmètre.

Quel regard portez-vous sur les débuts d’Olivier Galzi ?

B.B. : Si on veut être crédible, il faut laisser à cette municipalité le temps d’agir, ça serait malhonnête d’être déjà dans une critique exacerbée. Chaque fois qu’il faudra alerter, nous le ferons. Et chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, on la saluera, parce que c’est ça aussi faire de la politique : ne pas être une gauche qui soit incantatoire, simplement à dénoncer, mais être une gauche objective et utile. Je mets en garde Olivier Galzi : quand on veut faire un travail de fond, la politique mérite mieux qu’une communication à outrance. Il faut de l’humilité et du travail, ne pas considérer qu’on peut avoir toutes les réponses aux problématiques et puisqu’on veut représenter l’ensemble des Avignonnais, il faut entendre toutes les forces politiques qui ont des choses à dire.

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