À Nîmes, l’eau ne coule pas seulement dans les canalisations : elle irrigue désormais toute une saison culturelle. Après La Contemporaine puis Textiles, la Ville tient son fil rouge annuel avec « L’Eau, source d’inspirations », un cycle d’expositions, d’ateliers, de visites et de conférences déployé jusqu’au 22 novembre dans les musées municipaux. Objectif : faire dialoguer sciences, histoire et arts autour d’une ressource à la fois familière, vitale… et de plus en plus fragile.
Le lancement a eu lieu au Muséum d’histoire naturelle, première étape d’un parcours pensé comme une traversée. Colin Gril, adjoint à la Transition écologique, insiste sur la méthode : croiser les regards pour sensibiliser « aux enjeux existentiels » de la raréfaction de la ressource, et faire de l’art un outil d’implication citoyenne.
L’eau, du savoir au sensible
Au cœur du dispositif, « Eau, l’expo » (galerie Jules-Salles, jusqu’au 22 novembre), conçue par le Muséum de Toulouse, propose un voyage immersif et pédagogique. Trois chapitres structurent la visite pour relier origines du vivant, usages humains et défis contemporains. Scénographie dynamique, dispositifs numériques et jeux interactifs côtoient maquettes, spécimens et même un moulage de tortue luth, pour rendre la complexité accessible sans l’édulcorer. En parallèle, le Muséum met en valeur ses collections avec « Aquamuséum » (galerie Courbet) : poissons naturalisés, focus Méditerranée et une proposition plus ludique encore, avec casques de réalité virtuelle pour « nager » avec requins et dauphins.
La saison, elle, s’étend bien au-delà du boulevard Amiral-Courbet. Au musée des Beaux-Arts, Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau (17 avril-17 novembre) explore mythes, peurs et émerveillements, avec un parcours sonore. Au musée du Vieux Nîmes, Résurgence, l’eau à Nîmes (14 mai-22 novembre) raconte comment la ville s’est bâtie, protégée, au rythme de l’approvisionnement comme des excès. Au musée des Cultures taurines, Camargue, terre d’eaux (21 mai-31 octobre) rappelle qu’un territoire réputé « sauvage » est aussi une construction humaine, faite de digues, d’arbitrages et de tensions. Enfin, au Carré d’art, le photographe Sébastien Arrighi investit le Mur Foster avec Fall Off (4 juillet-4 octobre) : une réflexion en images sur la présence, l’absence et les conflits d’usages autour de l’eau. Point d’orgue annoncé : la Nuit de l’eau, le 27 juin, de 20h à minuit, avec animations, médiations et visites dans plusieurs lieux. Une invitation à s’immerger dans cette évidence : l’eau n’est pas inépuisable.

Leave a Reply