Tag: eau

  • Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Depuis avril, plus de 10 000 mètres cubes de neige reposent sur la piste de la Bergerie de la station de ski de Puy-Saint-Vincent. Cette immense quantité de neige a été rassemblée au printemps pour former une colline artificielle de 72 mètres de long, protégée par une bâche thermique isolante et 18 matelas remplis de PVC. Il s’agit pour les Alpes du Sud de la première expérimentation de « snowfarming ».

    Un grand investissement

    « Le but, c’est surtout de faire des économies, indique Laurent Kypraios, responsable des pistes. L’hiver dernier, on a eu beaucoup de neige naturelle, ça permet d’en réutiliser ! C’est un gain d’électricité, d’eau, et une diminution du prélèvement sur les milieux naturels », car la station aura moins besoin de produire de la neige artificielle. Le débâchage est prévu dans les prochaines semaines, et la neige permettra de préparer une sous-couche pour les pistes de compétition du début de saison et de favoriser la reprise des entraînements plus tôt dans l’hiver.

    Entre avril et septembre, la température moyenne du manteau neigeux sous la bâche a été de 0,9 °C. Environ 10 000 m³ de neige devraient être récupérés, soit une perte estimée de 30% par rapport au volume initial. « Un résultat encourageant au regard de l’été particulièrement caniculaire traversé », assure la station.

    Reste à savoir si ce dispositif est viable sur le long terme. Il représente un investissement global de 110 000 euros, dont 30% sont financés par la Région Sud. « Les économies éventuelles restent à mesurer dans le cadre de cette première expérimentation », précise la station.

  • 13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    Piloté par le Smigiba, le syndicat dédié à la prévention du risque inondation et à la préservation des milieux aquatiques du bassin-versant du Buëch et de la Méouge, le contrat de rivière Eau et climat du Buëch a été signé cette semaine par les différents partenaires : la Préfecture, le Département, la Région, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, des élus des collectivités du Buëch et la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes. Un moment institutionnel, mais qui permettra des actions concrètes pour la gestion de la ressource en eau, la préservation des milieux naturels et l’anticipation des conséquences du changement climatique.

    « Le contrat de rivière, il a cette ambition d’essayer de trouver des compromis entre le monde agricole, les institutions, la réglementation, la DDT, la police de l’eau…, explique Cyril Ruhl, technicien de rivière au Smigiba. Il définit aussi ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire en termes de prélèvements. » 13 millions d’euros seront investis sur les trois premières années du contrat, soit jusqu’à 2029, et 77 opérations ont prévu d’être engagées.

    Une nécessité dans ce territoire où les enjeux liés à l’eau sont significatifs : « Entre la période automnale et printanière, on a des crues, et le reste du temps, des étiages importants : en gros, on manque d’eau, indique le technicien. Et de plus en plus, à cause du réchauffement climatique ». À l’inverse, les besoins en eau augmentent. « En termes de démographie, ça n’a pas spécialement bougé, mais dans toute la basse-vallée du Buëch, l’agriculture, particulièrement l’arboriculture, s’est largement développée. Il y a énormément de prélèvements dans les rivières. »

    Les actions prioritaires visent des objectifs divers : surveillance de la qualité des eaux, amélioration des réseaux d’assainissement, sécurisation de la ressource en eau potable, partage de l’eau ou encore restauration des cours d’eau ou des zones humides. Les financements serviront, entre autres, à engager des études pour mieux comprendre le fonctionnement des eaux souterraines du Petit-Buëch, à faire des travaux pour réparer les fuites dans les canalisations, à restaurer les berges pour préserver la biodiversité ou encore à poursuivre la sensibilisation à tous ces enjeux dans les écoles ou des ateliers pour adultes. Le contrat permettra aussi à la Chambre d’agriculture d’accompagner des agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques au changement climatique.

    Agathe Di Lenardo

  • L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    Dans cette grande surface du nord de Martigues, il a fallu sortir des palettes de bouteilles d’eau de la réserve face à l’affluence, jeudi soir, et ce jusqu’à la fermeture. Même constat dans cette autre grande surface de Port-de-Bouc, où les clients sortaient avec leurs packs à la main. La raison de cette ruée tient dans l’annonce faite, jeudi, par la Ville de Martigues. « Suite aux fortes intempéries de ces derniers jours, la Durance, qui alimente notre commune en eau brute, a subi des variations importantes de turbidité », autrement dit une eau trouble. « Par mesure préventive, la Ville de Martigues conseille de ne pas consommer l’eau du robinet jusqu’à un retour normal de la situation. »

    Interrogé jeudi lors d’un point d’étape à Jonquières sur la gestion de crise, le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, indiquait avoir constaté « par nos propres moyens qu’il pouvait y avoir un risque. Alors nous avons recommandé la précaution ».

    Sollicitée, la Métropole, en charge de la Régie, confirme l’origine du trouble. Toutefois « les analyses confirment que l’eau distribuée reste conforme aux critères de potabilité sur le réseau de distribution ». La Métropole : « Par mesure de précaution, et en concertation avec l’ARS, le dosage de chlore a été temporairement renforcé afin d’optimiser la désinfection de l’eau et de garantir le maintien d’une qualité sanitaire optimale ».

    À qui la compétence ?

    La collectivité recommande aussi « de ne pas consommer l’eau du robinet pour la boisson ou la préparation des aliments, jusqu’à nouvel avis ». La Ville de Martigues indique à ce propos que le retour à la normale est envisagé lundi et que Lavéra, Saint-Pierre, Saint-Julien et La Couronne-Carro ne sont pas concernés, car alimentés par une autre source.

    À cette situation déjà confuse s’ajoute la confusion sur les lieux de distribution et sur les responsabilités. De nombreux habitants se sont plaints, notamment sur les réseaux sociaux, d’informations divergentes concernant les points de distribution et leurs responsables, Métropole ou Ville. Si la distribution a depuis été prise en charge par les communes, le sujet n’est pas évacué pour autant aux yeux de Gaby Charroux, qui réagissait à ce propos jeudi soir : « Il serait infiniment plus simple que les communes aient la compétence opérationnelle de la Métropole, comme on le faisait il y a dix ans. » S’il ne remet pas en cause « les grandes compétences comme l’industrie ou l’aménagement du territoire », le maire de Martigues plaide en revanche pour le retour à l’échelon communal de services tels que « la régie des eaux, l’assainissement ou les déchets ».

    La mission gouvernementale d’analyse de la Métropole, lancée cet été, a matière à débat sur cette question.

  • La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    Différents aspects liés à la décarbonation industrielle étaient au programme de cette matinée. Parmi eux, la formation, mais aussi les impacts et les attentes des industriels. Ce rendez-vous s’inscrit dans la démarche Attractiv’industrie, initiative portée par la Chambre de commerce et d’industrie Aix Marseille Provence (CCI AMP) visant à accompagner le territoire dans le contexte de la transition écologique.

    De nombreux industriels, responsables d’institutions, représentants de l’état ou encore élus ont animé différents échanges. Le président de la CCIAMP, Jean-Luc Chauvin, et le préfet de région, Jacques Witkowski, sont intervenus lors de la dernière table ronde. « La décarbonation est la plus grande chance que l’on a eue depuis la création du site de Fos », a expliqué le président de la CCI. De son côté, le préfet est revenu sur les enjeux futurs du monde de l’industrie, des sécheresses historiques de cet été aux changements à venir liés aux approvisionnements en eau. Jacques Witkowski a aussi mentionné le débat autour du projet de ligne THT. Il espère « trouver un équilibre » et estime qu’« en général, tout le monde est d’accord sur le fond des projets, mais pas chez nous ».

    Par ailleurs, Jean-Luc Chauvin a reconnu « la réalité des difficultés du quotidien, notamment chez les jeunes qui se mobilisent », tout en rappelant, selon lui, que « la réponse aux inquiétudes ne peut pas être le désordre mais plutôt le travail et l’assurance d’une place dans la société ».

  • [Intempéries] À Total, le traitement des eaux affecté

    [Intempéries] À Total, le traitement des eaux affecté

    Mardi après-midi, le secrétaire général CGT du site Fabien Cros affirmait : « La plateforme est bouclée, même pour les salariés, sauf les services en 3×8. » « Les pluies d’une intensité exceptionnelle ont fortement sollicité les installations de traitement des eaux », explique la direction, qui a mis en place des « procédures spécifiques » pouvant occasionner ces désagréments. Des hydrocarbures ont « très localement » atteint la sortie des eaux, en contrebas du site, mais sont « contenus » et « en cours de récupération et de traitement », assure Total, qui s’excuse de la gêne occasionnée. Des mesures de la qualité de l’air n’ont mis en évidence aucune anomalie, veut rassurer le groupe. Des analyses sont actuellement menées par un organisme indépendant.

  • Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Après le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts et un bref échange avec la presse, Christine Portero-Espert a rencontré une bonne partie des maires réunis pour l’occasion dans la cour de la sous-préfecture du Vigan (où aucun sénateur ni le député de la circonscription n’était présent).

    Face aux élus locaux, la représentante de l’État a retracé son parcours et ses souvenirs de jeunesse passés dans la région lors d’un stage de tennis ou de ses « premiers pas de ski de fond sur le Mont Aigoual ». Surtout, la nouvelle sous-préfète a insisté sur sa « disponibilité » et sa « détermination ». « Je veux être une sous-préfète dans la proximité, dans le concret pour faire avancer les choses. Il faut envoyer des signaux positifs à nos concitoyens », a-t-elle insisté.

    Cette mère de deux grands enfants a passé la quasi-totalité de sa carrière au ministère de la Santé après avoir décroché une maîtrise scientifique à l’université de Montpellier. Pendant près de trente ans, elle a occupé différents postes à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales puis à l’ARS (Agence régionale de santé) où elle s’est spécialisée dans les inégalités d’accès aux soins. Une expérience très utile sur ce territoire où le sujet de la maternité de Ganges devrait ressurgir rapidement.

    Directrice de projet du plan de résilience pour l’eau des Pyrénées-Orientales jusqu’à sa nomination au Vigan, Christine Portero-Espert devra également rapidement s’emparer de ce sujet alors que le dérèglement climatique se fait de plus en plus sentir dans les Cévennes où une partie des agriculteurs manque d’eau l’été. « Tous les territoires sont différents donc je ne peux pas transposer ce qui a été fait dans les Pyrénées-Orientales dans cet arrondissement mais clairement c’est une expérience qui m’a permis d’acquérir des outils, des manières de fonctionner et des projets qui me sont intimes. C’est une boîte à outils qui va m’être très utile pour travailler ces questions de sécurisation », explique-t-elle tout en soulignant qu’il faudra « trouver des solutions dans des délais acceptables et dans la réalité économique du moment ». « C’est l’une de mes priorités », confirme-t-elle.

  • Véronique Bernardini dévoile sa copie sur le pôle multimodal d’Hyères

    Véronique Bernardini dévoile sa copie sur le pôle multimodal d’Hyères

    Le projet du pôle d’échanges multimodal (PEM) de Hyères change de dimension. La nouvelle municipalité, conduite par Véronique Bernardini (SE), a décidé de revoir en profondeur l’aménagement prévu autour de la gare SNCF. Elle présente une alternative qu’elle souhaite « plus sobre, plus verte et moins chère ». Le coût prévisionnel, initialement estimé à 24 millions, est en effet ramené à 10 millions d’euros.

    Pour 2030

    Une refonte justifiée également par le caractère excessivement bétonné de la version précédente, qui prévoyait notamment un parking silo de 230 mètres de long sur quatre niveaux, représentant une surface bétonnée de près de 3 000 m².

    La surface perméable doit passer de 5 200 à 16 440 m², soit plus du triple. L’objectif étant de favoriser l’infiltration des eaux pluviales, de limiter le ruissellement et de réduire les îlots de chaleur, dans un secteur particulièrement concerné par les enjeux de gestion de l’eau.

    Les déplacements doux doivent également bénéficier de cette nouvelle orientation. La piste cyclable prévue passera de 230 à 460 mètres, avec une liaison facilitée vers l’Espace 3 000. Un espace de location de vélos est aussi annoncé, dans la perspective d’une continuité verte entre la gare, le centre-ville et le port.

    Pour ce qui est du nouveau calendrier, le début des travaux est estimé à 2030. Un décalage qui pourrait être compensé par un chantier moins complexe et donc plus rapide à exécuter.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Si un premier chantier concernait les anguilles, le nouveau dispositif, va « permettre à davantage d’espèces de remonter la rivière », précise EDF. Comme l’alose feinte de Méditerranée ou les cyprinidés d’eaux vives. La structure permet aux poissons de passer à l’aide de rampes qui ralentissent le courant, plus adapté à leur nage. Le chantier avait démarré en juillet 2025, mais avec un calendrier très contraint par « le régime hydraulique de la Durance et les risques de crue ». Les travaux se feront donc « sur plusieurs étés successifs ». Le coût total est de 10 millions d’euros.