Tag: musées

  • Après leur vol, deux tableaux de Renoir mis à l’abri à Marseille

    Après leur vol, deux tableaux de Renoir mis à l’abri à Marseille

    Elle a beau avoir servi de modèle à Auguste Renoir il y a 114 ans, Madame Colonna Romano (1913) apparaîtrait presque, sur la toile qui la fige, encore traumatisée par ce qu’elle a subi le 8 septembre. La main gauche posée sur un coussin déchiré par son chapardage et son regard bleu perçant devenu hébété, la voilà soumise aux inspections de scientifiques, en ce lundi 12 octobre au Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du Patrimoine (CICRP) de Marseille. Avec Femmes au puits, datant quant à elle de 1886, deux huiles sur toile et bois retrouvées par les enquêteurs vendredi, suite à leur vol, un mois auparavant au Musée Renoir de Cagnes-sur-Mer. Des cambrioleurs s’étaient alors introduits dans ce musée municipal, où le peintre impressionniste installa son atelier et passa les dernières années de sa vie (1841-1919), pour scier au petit matin leurs accroches.

    Dommages divers

    « Afin de s’assurer de leur état et de garantir leur préservation, la ministre de la Culture a demandé le transfert des deux tableaux au CICRP. Les spécialistes y procéderont à un examen approfondi des œuvres et, si nécessaire, à leur restauration, sous la responsabilité scientifique du Musée d’Orsay », stipule un communiqué du ministère de la Culture, daté du 12 octobre, à propos de ces toiles retrouvées dans l’Hérault vendredi par les services de police. « à chaque fois qu’une œuvre est endommagée, c’est une blessure culturelle car notre patrimoine est atteint » estime Claire Rannou, directrice des Affaires culturelles de la région Paca. Pour l’esquisse sur bois Femmes au puits, « pas de dommages importants hormis pour le cadre et ses angles endommagés », pointe avec soulagement Annick Lemoine, présidente de l’établissement public du Musée d’Orsay qui en a la collection et fait le dépôt au Musée Renoir de Cagnes en 1985. En ce qui concerne le Portrait de Madame Colonna Romano, « les dommages sont plus importants avec des déchirures sur la toile ».

    Inspection de A à Z

    « Les dommages sont certes impressionnants mais pas trop importants. Et ils pourront être restaurés. Cela aurait pu être bien plus grave » assure Annick Lemoine, aux côtés de l’équipe scientifique du Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du Patrimoine (CICRP), rassemblée autour des deux tables recouvertes de papier blanc où sont exposés les Renoir, comme on ausculte un patient à qui l’on s’apprête à prodiguer des soins. Autant de dégâts dont ce fleuron marseillais va désormais s’occuper. Avec pour première étape, « un dossier d’imagerie scientifique, à savoir des images et photos en lumière directe, rasante, pour voir absolument tous les désordres de la couche picturale », détaille Dominique Vingtain. L’amorce d’un long diagnostic, souligne la directrice du CICRP, qui aboutira à des « opérations de restauration dans nos différents ateliers ». Et au bout de combien de temps le Portrait de Madame Colonna Romano et la Femmes au puits retrouveront leur éclat ? « On espère le plus tôt possible. Bien des semaines ou des mois. Mais parler en année serait déraisonnable. »

  • Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    La Ville indique que « jamais ils n’avaient enregistré une telle fréquentation en un seul mois. » Ce résultat est porté par le succès « des expositions temporaires », notamment au Centre de la Vieille Charité, avec 51 561 visiteurs (+48,23%), ainsi qu’au Musée d’Histoire, au Château Borély et au MAC.

  • L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    La conférence intitulée « Le Front populaire, de l’Espagne à la Provence et Marseille, de 1936 à 1938 » est co-organisée par le Musée et l’association Promemo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier), présidée par Gérard Leidet. Les intervenants reviendront sur l’histoire et l’impact des Fronts populaires français et espagnol sur les structures politiques et patronales.

    Plusieurs universitaires participeront à la discussion : Xavier Daumalin, professeur émérite d’histoire contemporaine, Jean Domenichino, historien et maître de conférences HCR (agence des Nations Unies pour les réfugiés), et Isabelle Renaudet, professeure d’histoire contemporaine. Tous sont membres de l’unité de recherche Telemme liée à l’Université d’Aix-Marseille et au CNRS. Lors de cette conférence, il sera question dans un premier temps des structures qui ont permis l’émergence du Front populaire en France, « un événement qui a combiné, de manière originale, un mouvement social d’une ampleur jusqu’alors inégalée, un projet politique qui a rassemblé l’ensemble des forces de gauche du pays, et enfin une expérience gouvernementale inédite », présente Gérard Leidet. Après avoir également évoqué le choc entre ce Front populaire et le patronat marseillais, cette conférence permettra « de faire dialoguer les Fronts populaires français et espagnols ». En interrogeant notamment « le rôle des partis de la gauche espagnole, réformiste comme révolutionnaire, dans la conduite de la politique, avant l’entrée dans la guerre civile en juillet 1936 », ajoute le président de l’association.

    Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

  • Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    C’est en 1826 que Point de vue du Gras devient, la première photographie réussie et existante encore de nos jours. 200 ans plus tard, à l’ère du numérique, c’est grâce à un projet du ministère de la Culture que la France célèbre cet anniversaire, de septembre 2026 à septembre 2027.

    À Marseille, ce sont deux expositions qui ont été labellisées, afin de participer à cette manifestation autour de l’histoire de la photo : Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos au Musée de l’Histoire de Marseille, ainsi que AFRICA au Musée d’Art Contemporain.

    L’exposition Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos, retrace le travail de trois générations de la famille de photographes Detaille à Marseille. À travers les 225 images exposées, c’est toute une œuvre qui met à l’honneur l’histoire de la ville de Marseille. Un récit qui témoigne de l’évolution architecturale, sociale et humaine de la cité phocéenne, de 1860 à nos jours. Cette exposition a vu le jour grâce au don de Hélène et Gérard Detaille d’un fond photographique de plus de 50 000 images et documents, archivés par le musée. Un trésor historique et mémoriel.

    « Une fréquentation historique »

    Programmée initialement du 31 octobre 2025 au 31 octobre 2026, l’exposition a connu un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 20 juin 2027. Pour Fabrice Denise, président du Musée d’Histoire de Marseille, c’est une « fréquentation historique », avec plus de 6 000 visiteurs lors des dix premiers jours de l’exposition. La gratuité du musée a attiré les foules tout autant que ces photos, qui créent « un grand album de famille », explique-t-il, qui lie les habitants à leur ville, à travers toutes les générations.

    Le président met aussi en avant l’importance de cette exposition : les musées doivent « permettre de comprendre, d’analyser et de développer l’esprit critique », notamment chez les plus jeunes, dans un monde submergé par les contenus produits par l’intelligence artificielle.

    Au Musée d’Art Contemporain (MAC), AFRICA, l’exposition de Louisa Babari, visible jusqu’au 3 janvier 2027, retrace quant à elle l’histoire antique des civilisations berbères et numides sur le territoire actuel de l’Algérie. Elle s’appuie notamment sur un corpus d’œuvres photographiques, plastiques et sonores, en mêlant arts visuels, histoire et mémoire. Le Musée d’Art Contemporain de Marseille décrit l’exposition comme « une réflexion esthétique et quasi “scientifique” sur une Algérie antique, précoloniale et mythologique, encore largement absente des représentations dominantes ».

    Lauréate du prix AWARE Nouveau Regard en 2023, cette récompense a été un véritable tremplin pour Louisa Babari, même si c’est l’acquisition de plusieurs de ses œuvres par les Musées de Marseille qui a confirmé leur collaboration.

    Dans un entretien avec le Musée d’Art Contemporain, Louisa Babari évoque le contexte particulier dans lequel se place l’exposition : « le projet s’est construit autour de deux axes principaux de ma pratique : d’une part, une réflexion sur la généalogie, les archives familiales, réelles ou frictionnelles ; d’autre part, une exploration historique plus large qui remonte jusqu’à l’Antiquité et interroge l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du Nord ».

    Dans ce même entretien elle revient également sur la place importante qu’occupe la photographie dans son œuvre, et l’évoque comme « un moyen de faire dialoguer passé et présent, de faire apparaître une présence humaine à travers la minéralité de ces objets antiques ».

    Plus d’informations sur musees.marseille.fr

  • Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    En ce premier dimanche de rentrée, l’entrée gratuite des expositions temporaires des musées municipaux marseillais* offre l’occasion de s’accorder une parenthèse culturelle… et fraîcheur, en famille, entre amis ou en solitaire. Un moment privilégié pour découvrir une programmation mêlant patrimoine, photographie, art contemporain et questions de société.

    Au Château Borély, l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles » met à l’honneur une période foisonnante de la création artistique et industrielle. Mobilier, céramiques, objets décoratifs, vêtements et pièces rares racontent une ville ouverte aux influences et à l’innovation. Un voyage élégant dans le Marseille du tournant du XXe siècle.

    Direction ensuite le Centre de la Vieille Charité où Adrien Vescovi déploie son exposition « Dormir comme le soleil ». Entre tentures monumentales et jeux de lumière, l’artiste transforme l’espace en paysage poétique. Une expérience immersive qui invite à prendre le temps de regarder et de ressentir.

    Derniers jours pour La vie climatique

    Les amateurs d’art contemporain trouveront leur bonheur au [mac]. La grande exposition « La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées », présentée dans le cadre de la Triennale De leur temps, s’achève bientôt. Elle réunit une centaine d’artistes autour des bouleversements environnementaux et des nouvelles manières d’habiter le monde. Dans un autre registre, « AFRICA » de Louisa Babari propose une immersion sensible où dialoguent héritages antiques, cultures berbères et créations contemporaines.

    Le Musée d’Histoire n’est pas en reste avec « Marseille vue par les Detaille, 164 ans de photos ». À travers plusieurs générations de photographes, c’est toute l’évolution de la cité phocéenne qui y défile. Visages, rues, événements et paysages composent un récit fascinant de la mémoire de Marseille.

    Pour ceux qui préfèrent explorer le vivant, le Muséum d’Histoire naturelle propose « Biodiversité marseillaise, entre mer et collines », un parcours consacré aux richesses naturelles qui entourent la ville. Tandis qu’au MAAOA, « Rendez-vous manqués ? » questionne les regards portés sur les collections africaines, océaniennes et amérindiennes.

  • Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Depuis début juin, une cinquantaine de dessins de l’artiste Philippe Comar sont gratuitement visibles au sein du Musée muséum Départemental, à Gap. Cet artiste, né en 1955, est principalement connu en tant que dessinateur, spécialisé dans la représentation de l’anatomie humaine et animale, alliant à la précision et la rigueur scientifique, une virtuosité des formes et une véritable fascination pour le vivant.

    À travers ses dessins, on découvre les animaux de la Grande Galerie de l’Évolution à Paris, on adopte le point de vue d’un poisson dans un aquarium qui voit les visiteurs le regarder, ébahis, de l’autre côté de la vitre, on découvre aussi la reproduction des pièces d’anatomie humaine utilisées dans les études de médecine et conservés dans les musées médicaux.

    « L’idée, c’est d’avoir l’ambiance d’un cabinet de curiosité dans la scénographie pour inciter à être plus curieux, à avoir envie de découvrir des comportements animaux ou des enjeux environnementaux que l’on va traiter par la suite dans l’exposition “Sauvage“, qui ouvre le 5 novembre au musée », annonce Agathe Frochot. Le Musée accueille en effet en novembre l’exposition « Sauvage », en collaboration avec le Muséum d’Histoire naturelle de Neuchâtel en Suisse, qui permettra de redécouvrir les collections scientifiques remaniées de Gap.

    Depuis l’été 2025, le Musée a par ailleurs créé un nouvel espace permanent où sont exposés à la fois des animaux empaillés et des peintures de paysage d’artistes alpins, où l’on voit l’apparition puis l’évolution de la représentation de la Nature dans l’art. Quant aux collections de taxidermie des sous-sols du Musée, elles seront également présentées dans un nouvel espace permanent intitulé « Cohabiter, petite histoire de nos relations au vivant », incluant une nouvelle muséographie pédagogique.

    Susciter la curiosité

    pour le vivant

    « Depuis quelques années on essaye de revaloriser les fonds scientifiques du Muséum, dont la majorité sont reliés à l’histoire naturelle. Jusqu’à présent, ils étaient assez peu représentés dans le Musée. Ça nous paraissait justifié de les ressortir, d’autant qu’on a des spécimens uniques mais aussi des spécimens qui représentent vraiment nos écosystèmes de nos montagnes », poursuit Agathe Frochot. La volonté est d’attiser la curiosité pour le vivant, si proche, surtout dans les Hautes-Alpes, mais qui a toujours de quoi surprendre. Le Musée travaille par exemple avec un malacologue (spécialiste des mollusques), du Parc National des Écrins à la valorisation de sa collection d’escargots de montagne.

    « L’idée c’est de créer plus de liens aussi avec l’environnement qui nous entoure, avoir plus d’envie d’y aller, de le comprendre et de le respecter. De comprendre toutes les interdépendances qui nous relient au monde naturel, développe Agathe Frochot. C’est un sujet sur lesquels les Muséum d’Histoire Naturelle ont toujours travaillé mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avec les crises actuelles auxquelles on est confrontés, ce besoin de compréhension est très contemporain. »

  • [C’est l’été] Atelier d’art à Quinson

    [C’est l’été] Atelier d’art à Quinson

    Les participants réaliseront leur propre fresque à partir d’outils et de techniques inspirés de l’époque, en s’inspirant des chefs-d’œuvre des grottes ornées.

    G.C.

    À partir de 3 ans, sur réservation de 14h30 à 15h30.

  • Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Pour tenter d’éclairer son parcours personnel, Amélie Lavin explique qu’une préoccupation simple et forte l’habite depuis toujours : parmi les flux d’une époque qui recycle, efface et transforme constamment nos représentations du monde, « comment relier ici et maintenant, les textes et les images ? ». Un peu tardivement, la trentaine venue, après être passée par des études d’histoire et de sémiologie, pendant qu’elle entamait un recadrage transdisciplinaire à propos d’un grand primitif de la photographie, Hippolyte Bayard, son directeur de recherche Michel Poivert ainsi qu’Alexia Fabre, rencontrée au Mac Val, l’avaient convaincue : sans être une vocation, le métier de conservatrice de musée pouvait devenir une réponse à ses interrogations.

    Sans contradictions avec sa personnalité foncièrement frondeuse et indépendante, une autre de ses convictions, son souci des exigences du service public lui permet d’appréhender les privilèges et les contraintes d’une institution dont elle fut avec honnêteté et franc-parler, pour le personnel du Mucem, une impeccable représentante syndicale. Sa mère, Marie Lavin est une historienne passionnée par l’histoire de l’art, l’appartement de son enfance en région parisienne était bourré de livres. Pendant ses vacances, ses parents l’emmenaient visiter la Provence et l’Italie. Universitaire à Paris, son frère cadet, Mathieu Lavin est l’auteur de monographies à propos des cinéastes Ozu et Manuel de Oliviera.

    Des fragments de récits et les témoignages de proches amis achèveront ce rapide portrait. Loin des assignations et de l’entre-soi parisiens, dix années libres et inventives à la tête d’un musée de sous-préfecture (en Franche-Comté, Dole compte 27 000 habitants) lui auront permis d’élaborer sa méthode de travail, ses règles de conduite. Elle se souvient avoir rencontré Henri Cueco, atteint par Elzheimer, communiquant avec elle, avec des dessins qu’il griffonnait sur une petite toile. Au téléphone, le peintre-photographe Jean-Marc Cerino qu’elle avait exposé en 2014 et dont elle aime les multiples « entrées en résistance » parle d’elle comme si elle « n’était pas du sérail » : chaque fois qu’il la rencontre de nouveau, il affectionne son allant et son intégrité qu’il trouve proches de la « petite espérance » que Walter Benjamin préconisait farouchement. Sincèrement élogieux, Vincent Giovannoni qui fut pendant presque trois ans son voisin de bureau au Mucem tandis qu’elle orchestrait le succès public de « Paradis naturistes », une exposition souhaitée par Jean-François Chougnet, estime que sa maturité émotionnelle et son respect vis-à-vis des personnes avec qui elle travaille, lui ont souvent rappelé la vision lucide de Jean Genet qui affirmait qu’« on n’est pas artiste sans qu’un grand malheur s’en soit mêlé ».

    Cantini, un « matrimoine »

    qu’il faut réinventer

    Elle avait quitté Dole en 2022 pour venir travailler à Marseille, entre autres raisons parce qu’elle pensait que les deux adolescents qui sont ses enfants avaient besoin d’une grande ville. La donne de Marseille, les vives complicités et les remises en question qu’elle perçoit quotidiennement en compagnie de l’autre conservatrice de Cantini, Louise Madinier ou bien avec Stéphanie Airaud qui pilote le Mac ainsi qu’avec le directeur des musées de Marseille Nicolas Misery, son écoute d’un territoire complexe où les amnésies et les renaissances sont multiples, lui donnent la joie et les stimulations d’un travail collectif. Titré « Une langue échappée », coréalisé avec Louise Madinier, le récent accrochage des collections du musée qui fait la part belle à des artistes provisoirement marginalisés, souvent des femmes qui œuvrèrent sur la scène méditerranéenne ainsi que son projet d’exposition « Juste au-dessus du silence », donnent une idée de l’inflexion qu’elle veut donner à son musée. À partir de la donation et de la restauration d’un « grand tableau antifasciste et collectif » initié par Jean-Jacques Lebel, il s’agira de réévaluer le rôle des femmes et des artistes algériennes engagées depuis les années 1950 contre les violences, les censures et les tortures.

    En face de l’audace de ce projet on comprendra que sa programmation se situe dans le droit fil de la meilleure tradition de Cantini dont les responsables furent presque exclusivement des femmes : entre autres, Marielle Latour qui réalisa à Marseille en 1982 avec la première rétrospective consacrée à Baya et Danièle Giraudy qui exposa Jean de Maisonseul à Antibes, autrice de l’autre côté de la Méditerranée, en 1987, d’un hommage à Picasso et aux Femmes d’Alger.

  • [C’est l’été] Devenez apothicaire d’un jour à Salon-de-Provence

    [C’est l’été] Devenez apothicaire d’un jour à Salon-de-Provence

    Et si vous passiez votre été au musée ? C’est ce que vous suggère fortement la ville de Salon-de-Provence et plus précisément le château de l’Empéri qui propose tout au long de la période estivale de nombreux ateliers à destination des enfants, et des plus grands.

    À chaque jour de la semaine une thématique et des enfants qui sont invités à mettre la main à la pâte avec des ateliers ludiques et créatifs inspirés de l’histoire, du patrimoine et de la nature.

    Ce vendredi c’est un atelier apothicaire qui s’adresse aux enfants à partir de 7 ans pour découvrir les plantes du jardin des Simples avec la confection et la décoration à l’aquarelle d’un sachet d’herbe ou d’un herbier et ainsi percer tous les secrets du jardin de Nostradamus.

  • [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    « Ce sont des œuvres originales ! », prévient le chauffeur du musée ambulant dès l’ouverture des portes. Sur la place de la Croix-Verte, également appelée place du Marché du Jas-de-Bouffan, une partie du Centre Pompidou a pris ses quartiers. Dans ce camion aux espaces modulables, quinze œuvres inspirées de l’univers du cirque, signées notamment Auguste Sander, Henri Matisse ou encore Raoul Dufy, sont présentées au public dans cette galerie nomade.

    Une projection vidéo et des ateliers pour les plus jeunes complètent la visite de cet échantillon du Centre Pompidou. Le MuMo (Musée Mobile) accueille ainsi le public aixois. Ses portes sont encore ouvertes gratuitement ce jeudi de 17h30 à 20h et ce vendredi de 16h30 à 19h. Initialement attendu dès mardi à Encagnane, le camion-musée n’avait pas pu ouvrir en raison de problèmes techniques.

    Pour la petite histoire, le MuMo permet aux œuvres des musées d’art moderne d’aller à la rencontre des habitants des villages et des quartiers les plus éloignés de l’offre culturelle. Créé en 2011 par Ingrid Brochard avec l’ambition de rendre l’art contemporain accessible à tous les publics, il s’est associé en 2022 au Centre Pompidou, donnant naissance à ce camion-musée qui sillonne aujourd’hui les routes de France. Depuis 2025, le MuMo poursuit son développement au sein de la Fondation Art Explora grâce à de nouveaux dispositifs culturels mobiles.

    Pour que le MuMo fasse halte à Aix-en-Provence, c’est le CIAM qui, en lien avec le Centre Pompidou, a porté l’idée auprès de la municipalité avant que le projet ne soit repris par la Direction de la culture et la Politique de la ville. « Il est important que la culture aille au-devant des gens (…), les personnes en précarité s’interdisent souvent d’aller vers la culture », contextualise Elisabeth Huard, élue à la politique de la Ville. En matinée, explique Yahnis, médiatrice culturelle au sein d’Art Explora, des ateliers sont organisés avec les structures sociales. « Quand on discute avec les familles, on se rend souvent compte d’un manque d’accessibilité vers les musées, parce qu’ils sont loin », notet-il. Dans le camion, le public arrive timidement à l’ouverture. Adrien, venu avec sa petite sœur et sa grand-mère, désigne une œuvre de Raoul Dufy qui attire son attention. « C’est quand même le musée Pompidou qui vient à nous ! Et puis le cirque, c’est passionnant… », glisse Marie-Josée, leur grand-mère.

    La halte prévue à Marseille les 25 et 26 juillet est annulée.