La Marseillaise : Comment s’est passé le conseil communautaire de mardi ?
Camille Feller : La situation financière de la communauté de communes est catastrophique, les caisses sont vides, les capacités d’autofinancement sont faibles. Cela s’est vraiment mal passé sur le mandat précédent, à cause notamment du problème de l’eau en gestion publique, et là je pense que David Gehant [président de la communauté de communes] essaye de repartir sur des bonnes bases, en tout cas c’est ce qu’il nous a dit.
Pourquoi vos relations se sont-elles dégradées lors du précédent mandat ?
C.F. : David Gehant voulait qu’on passe l’eau à la communauté de communes, qu’on transfère la compétence. Sauf que Forcalquier est déjà à la SEM (Société des eaux de Marseille), et donc il voulait qu’on aille tous à la SEM. Nous, on n’était pas du tout d’accord. On a fait des réunions publiques, des pétitions… Peut-être que j’ai un peu exagéré, mais en même temps, sinon, on ne compte pour rien à la communauté de communes. On a fait pas mal de bruit, on a pas mal mobilisé, et du coup, ça l’a beaucoup agacé.
Pourquoi la situation financière est-elle si détériorée ?
C.F. : Il y a eu un transfert des charges de la commune de Forcalquier sur la communauté de communes, notamment une augmentation de la masse salariale. Par exemple, on a refait un terrain de foot à 800 000 euros qui était avant à Forcalquier. Là, ils vont faire la crèche et la déchetterie à Saint-Étienne-les-Orgues, mais ça sera la première fois qu’ils vont investir pour des bâtiments ailleurs qu’à Forcalquier… Notre commune a porté le projet du bistrot de pays, alors qu’ailleurs, c’est la communauté de communes qui le porte.
Considérez-vous être une municipalité de gauche ?
C.F. : On est bien à gauche, je suis bien à gauche. En face, pour les municipales, il y avait une autre liste avec à sa tête quelqu’un qui est très proche de David Gehant. Cela nous a encore plus motivés à aller contre. C’est drôle parce qu’il y a quand même des gens pas du tout de gauche qui ont voté pour nous. On accueille la marche des fiertés. Ils n’arrivent pas à avoir de salles, parce qu’ailleurs, c’est compliqué. Les gens disent que dans les petits villages, il n’y a pas de politique, mais moi, je trouve que c’est le contraire. Je trouve que tous les actes sont politiques.
Quelle est la principale problématique à Montlaux ?
C.F. : On a un ancien camping qui a été récupéré par un promoteur véreux qui a fait une résidence légère de loisirs et qui a séparé ça en 36 habitations. La commune a attaqué l’autorisation d’urbanisme qu’il avait eue pour faire ça, et elle a gagné au bout de 7 ans au Conseil d’État. Du coup, les constructions sont devenues illégales, et elles le sont toujours. Elles ne sont pas régularisables, parce qu’en fait, si vous construisez quelque chose et que personne ne vous dit rien, au bout de 6 ans, on ne peut plus rien vous dire. On est en train de changer le document d’urbanisme pour rendre la zone constructible, et pour pouvoir leur redonner des permis. Ils vont devoir redéposer des permis de construire sur des choses qui existent déjà. Les habitants sont en grande précarité, ils habitent dans des chalets, des caravanes et des mobil-homes. Les biens n’existent pas sur le papier donc ils n’ont pas de factures à leur nom et ne peuvent pas toucher d’aides.
Pourquoi avez-vous tenu à évoquer la montagne de Lure au conseil communautaire ?
C.F. : La montagne de Lure appartenait précédemment à la commune de Saint-Étienne-les-Orgues. Il y avait une station de ski qui marchait très bien dans les années 1950, 1960, 1970. Et puis, à un moment, la communauté de communes l’a reprise dans ses compétences. Avant 2020, il y a eu des gros investissements, des gros travaux qui ont été faits avec un local qui s’appelle le Caillou, qui a coûté 49 000 euros. Il devait y avoir des agents pour louer des bouées, des luges, mais tout cela a été abandonné…

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