[Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

Même s’il n’est pas encore maire, ce qui sera chose faite ce samedi lors d’une séance d’installation à l’Hôtel de ville, Olivier Galzi a déjà eu une première semaine chargée avec une prise de connaissance des rouages municipaux et de multiples rencontres. Pour La Marseillaise, l’ex-journaliste TV livre quelques projections (lire page 3 les premières mesures).

La Marseillaise : Près d’une semaine après votre victoire (40,62%) face à la gauche, quel est votre état d’esprit à l’heure d’être officiellement installé maire ?

Olivier Galzi : On se prépare à la tâche immense qui nous attend. On en mesure l’ampleur et l’importance. Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur les finances. On va passer par un audit, parce que c’est le nerf de la guerre (lire aussi page 3). On met tout en œuvre pour pouvoir être en position d’agir le plus rapidement possible. Sur la cérémonie en elle-même, je n’ai pas encore eu le temps d’y penser, de l’appréhender tellement les dossiers sont nombreux. Et notamment, ce qu’on appelle le troisième tour, c’est-à-dire l’élection à la présidence de l’agglomération [le conseil communautaire devrait se tenir le 8 avril] qui me prend beaucoup de temps.

Est-ce que vous préparez votre premier conseil municipal comme votre premier journal télévisé ?

O.G. : (Sourires) Non, pas du tout, ce n’est pas le même exercice. À la télé, vous êtes tout seul face à une caméra et vous parlez à des millions de personnes. Là, il n’y a plus le filtre de la caméra : on est en démocratie directe, pas seul, mais avec une équipe. Les enjeux du journal télévisé, c’est d’essayer d’expliquer les problèmes. Les enjeux du maire, c’est d’essayer de les résoudre. Donc, l’exercice est résolument très différent. Il est nouveau, mais ce n’est pas pour autant qu’il me fait peur. En revanche, je mesure la responsabilité que nous avons désormais avec une attente qui a été assez forte. À savoir un désir de changement, qui sera dans la cohérence de notre discours de campagne. Nos priorités seront et sont toujours la sécurité, la question de la propriété et la circulation. Très clairement, on n’arrive pas ici pour faire comme avant.

Propreté, circulation sont des compétences liées au Grand Avignon, le 3e tour vous occupe déjà beaucoup. Confirmez-vous que vous souhaitez prendre la présidence et comment y parvenir alors que pendant les deux derniers mandats, ce ne fut pas le cas pour la ville-centre ?

O.G. : Je rencontre déjà mes pairs de l’agglo pour leur expliquer ma vision du bassin de vie. Je confirme que je serai candidat. Pour d’autres éventuels candidats, Mme Bories [maire LR de Villeneuve] a clarifié en disant qu’elle ne serait pas candidate, mais il y a des positions qui me semblent un peu moins claires. Je connais certains maires [Paul Mély, réélu aux Angles a clairement affiché son soutien], pas tous, d’autres attendaient de voir si j’allais être élu pour commencer une discussion, ce qui est normal. J’ai rencontré Joël Guin [maire de Vedène et président sortant, aperçu à un meeting de David Fournier], ça s’est très bien passé (sourires). À l’époque où la ville-centre dirigeait l’agglomération [sous Marie-Josée Roig], peut-être s’est-elle comportée de manière un peu hégémonique. Il y a de grandes communes, des petites mais il n’y a pas des petits maires et des grands maires. Tous doivent donc pouvoir fonctionner dans un respect, dans un système de parité et aussi dans une solidarité, quelle que soit leur couleur politique. Si je suis élu à la tête de l’agglomération, je ne serai pas un président hégémonique, qui écraserait les communes alentour, sinon ce serait ne rien avoir compris à la force d’un collectif. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de porter une voie qui va peser encore plus que celle d’Avignon. Afin d’actionner les leviers notamment de financement d’un certain nombre de projets qui seront à la fois utiles pour Avignon et pour l’ensemble de l’agglomération.

Vous avez rencontré mercredi Cécile Helle, avez-vous seulement parlé du fonctionnement de la mairie ou aussi de la campagne ?

O.G. : Non, on n’a pas parlé de la campagne, mais des dossiers. C’était un exercice très républicain, respectueux des deux côtés, factuel, dans une logique de transmission pour l’intérêt général. Je la remercie d’ailleurs de m’avoir déjà mis à disposition un bureau. Après, elle a ses idées, j’ai les miennes. Mais il n’y aura pas ici de départ sous les huées, contrairement à d’autres endroits où l’extrême gauche a pris le pouvoir.

Dans votre discours dimanche soir, vous vous posiez en rassembleur, en maire de tous les Avignonnais. Ce n’est pas un peu facile après une vive campagne où la gauche dit qu’elle a été
«
 violente et dégueulasse » et où même le RN dit que vous avez
«
 joué sur les peurs » ?

O.G. : Il y a eu effectivement une grande violence, très facile à comprendre. C’est celle faite aux électeurs socialistes qui se sont retrouvés les cocus au second tour d’une fusion qu’on ne leur avait pas annoncé au premier. Ils ont été obligés de constater que leur candidat était prêt à brader un certain nombre de valeurs qui étaient les leurs. C’est la seule violence que j’ai pu constater.

Il y a une grève en cours au sein de la cantine scolaire. C’est quoi le bon sens pour y mettre fin ?

O.G. : Le bon sens pour sortir d’une grève, c’est d’écouter ce que les représentants du personnel ont à dire et qu’on n’a, semble-t-il, pas envie d’entendre. Je suis encore à l’extérieur du dossier, j’ai une vision probablement très partielle. Dans ce dossier sensible, sordide et scandaleux puisqu’on parle quand même des vols de viande destinés aux enfants de nos écoles, il faut très clairement établir toutes les responsabilités et sanctionner. Et je n’ai pas le sentiment à ce stade que ceux qui font grève soient ceux qui ont envie d’étouffer l’affaire. Bien au contraire. Donc, si c’est ça, on devrait pouvoir trouver des solutions rapidement.

Les cantines ont été municipalisées il y a plus de 10 ans, une des plus grandes fiertés de Cécile Helle. Est-ce que vous comptez garder ce service en régie ?

O.G. : D’un point de vue extérieur, ça a l’air de fonctionner et apparaît comme une réalisation intéressante de la majorité précédente. Cela a été une bonne chose pour l’accès à une nourriture de qualité dans des circuits courts pour des populations qui n’ont pas forcément énormément de moyens, avec un tarif intéressant pour elles. À partir de là, ça me paraît aller dans le bon sens. Maintenant, le bon sens, c’est aussi, une fois qu’on est à l’intérieur, de voir ce qu’on ne voyait pas à l’extérieur. Mais très clairement, le dossier de la cantine scolaire, en dehors de cette affaire de viande volée, ne me paraît pas faire partie des priorités de chantier pour la mairie.

« La cantine municipale apparaît comme une réalisation intéressante »

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