À Avignon, le maire Olivier Galzi examine une possible hausse des impôts

Après les Pontificales, place aux Pontifiscales ? Il y a un peu plus d’un mois, Olivier Galzi annonçait la tenue, en mai prochain, de cette grande fête médiévale à Avignon. Dans quelques semaines, le maire pourrait réexaminer dîme et gabelle auprès des habitants. Autrement dit une potentielle hausse des impôts. « Nous réfléchissons à la possibilité d’augmenter les impôts si nous voulons maintenir les services publics et les services essentiels », a-t-il confié, dimanche, sur Sud Radio.

Une annonce qui n’est pas vraiment une surprise depuis qu’Olivier Galzi a « découvert une ville en faillite », attestée par un audit commandé à son arrivée à l’Hôtel de ville, fin mars, et que la Ville a été placée, mi-juillet, dans un réseau d’alerte financier par la préfecture. Fin août, lors d’un point presse de rentrée, le maire, toujours sur le levier fiscal, confiait : « Je ne m’interdis rien, tout est sur la table. » Remettre une pièce en ce sens n’est jamais anodin sur un sujet aussi sensible. Pendant la campagne, il se fixait pourtant comme « objectif de retrouver des marges de manœuvre sans augmenter les impôts ».

Taxe foncière, l’arme absolue

« Il y a la possibilité effectivement du levier fiscal, nous sommes en train de l’étudier », confirme-t-il, interrogé, mardi, par nos soins. Rien ne sera acté avant la présentation du débat d’orientation budgétaire, puis le vote du budget, d’ici à début 2027. Si pour aller chercher des recettes nouvelles, le maire évoque la fin du tout gratuit en faisant payer les musées, les salles municipales aux associations ou même désormais les animations de Noël à venir, cela ne permettra jamais d’abonder de manière conséquente un budget municipal.

Pour l’exercice en cours, les impôts et taxes alimentent, avec environ 130 millions d’euros, pour plus de la moitié du budget. Dont près de 82 millions d’euros directement issus de la fiscalité des ménages. La tentation est donc grande pour tout maire de relever de quelques points la part communale de la taxe foncière, sa principale ressource. Fin août, Olivier Galzi pointait des ratés dans la collecte de la taxe de séjour, mais cette taxe ne représente que 2,6 millions d’euros de recettes globales. Déjà, lors du dernier conseil municipal fin septembre, la Ville avait monté au plafond maximal les taxes sur les résidences secondaires et les logements vacants.

« Ce qui m’intéresse, c’est de garder des capacités d’investissement, car une mairie qui n’investit pas est une mairie qui va finir par mourir. Aujourd’hui, si je ne fais rien, ma capacité d’investissement est à zéro. En dessous de 35 millions d’euros d’investissement dans l’année, on ne répondra pas aux attentes des administrés », détaille Olivier Galzi, promettant d’être « transparent » pour « trouver ces marges de manœuvre ». Si in fine choix est fait d’actionner le levier fiscal, le maire prendrait une mesure jamais mise en place par la majorité de Cécile Helle (PS) lors de ses deux mandats.

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