Tag: taxe foncière

  • Istres : des finances qui dépendent trop de la Métropole

    Istres : des finances qui dépendent trop de la Métropole

    C’était une promesse de campagne. Six mois après l’arrivée de Robin Prétot (LR) au pouvoir, les conclusions de l’audit mené par « FCL gérer la cité » ont été présentées au public. La mission du cabinet : analyser la situation financière et organisationnelle de la commune sur les exercices de 2020 à 2025 afin d’identifier des marges de manœuvre et des perspectives budgétaires pour les années à venir « dans un contexte particulièrement inquiétant », note l’édile.

    La dernière loi de finances a retiré 120 millions d’euros à la Métropole, remettant en cause les dotations versées aux communes. Robin Prétot, le maire (LR) d’Istres commente : « Il y en a une qui est l’épine dorsale de nos finances (…) : l’attribution de compensation qui représente, à elle seule, la moitié de nos recettes. » Si le niveau de recettes d’Istres est important (2 556 euros par habitant, soit 40% à 50% de plus, en moyenne, qu’un panel de 60 villes de tailles comparables), cette attribution de compensation représente 51% du total, soit 57 millions d’euros. Dans les communes de même niveau, cette part s’établit à 20%. C’est « le talon d’Achille d’Istres », consent Stéphane Masse, directeur de mission chez FCL. À l’avenir, les risques de diminution sont réels : pour 2026, le Préfet demande une baisse de 5 millions d’euros, tandis que la chambre régionale des comptes estime que 16,5 millions d’euros pourraient être indus.

    Les dépenses à la loupe

    Un tiers des recettes provient de l’impôt local, essentiellement la taxe foncière, qui s’élève à 53,43% contre 38,8% en moyenne pour les villes comparables. Le cabinet note une augmentation de 37,2% de la part communale de ce taux sur le précédent mandat, ce qui a permis de maintenir l’épargne à 6%. « Sans ça, l’épargne n’était pas faible mais quasi nulle », selon Stéphane Masse. Pour la nouvelle majorité, qui refuse d’accroître la pression fiscale, le seul levier restant est donc de s’attaquer aux dépenses.

    Si les recettes sont conséquentes, les dépenses aussi : 2 359 euros par Istréen, contre 1 535 euros pour les villes similaires. 64% sont liées aux rémunérations des 1 610 agents, qui sont deux fois plus que dans le panel mais contribuent à un « niveau de service très important », souligne Pierre Dalmayrac, du cabinet FCL.

    La Ville a déjà entamé un processus de refonte de l’organigramme avec des groupes de travail composés de plus de 100 agents volontaires, qui devra également rétablir l’équité salariale et de politique d’avancement au sein de l’administration. Reste à savoir si le niveau de service sera affecté.

  • Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Cinq, six ou sept milliards d’euros ? À quelques jours du dépôt du Projet de loi de finances (PLF), personne ne connaît encore le montant exact de l’effort qui sera demandé aux collectivités territoriales. Mais une chose est sûre : après des années déjà marquées par la rigueur, l’État s’apprête une nouvelle fois à leur demander de participer au redressement des comptes publics.

    Entre un gouvernement qui promet que « l’État réalisera l’effort le plus important » et l’Association des maires de France qui dénonce un copier-coller intenable des exercices précédents, le budget 2027 ravive une question de fond : les collectivités peuvent-elles encore faire des économies sans renoncer à investir, ou l’équation est-elle, cette fois, réellement impossible ? C’était le thème du débat organisé ce vendredi matin au Salon des maires des Bouches-du-Rhône.

    Entre la baisse des dotations de l’État et des exigences citoyennes toujours plus fortes en matière de services publics, Hélène Gaillard, édile (DVG) de Gréasque, reconnaît une équation « très complexe ». D’autant que « nous avons vu nous, élus locaux, nos impôts supprimés, notamment la taxe d’habitation ». Sa compensation a coûté environ 22,8 milliards d’euros à l’État en 2026. « Les communes, la mienne en particulier, ont été dans l’obligation d’augmenter la taxe foncière. Aujourd’hui l’impôt local des mairies pèse uniquement sur les propriétaires, ce qui est inégalitaire », estime-t-elle.

    Dans sa gestion quotidienne, la maire de Gréasque dit porter une attention particulière aux dépenses, rechercher l’efficience en termes « d’organisation des services » et mutualiser les équipements avec les communes voisines. « À chaque fois que nous faisons un investissement, nous réfléchissons aux coûts de fonctionnement, qui pèsent lourd sur les finances des collectivités. » Même son de cloche du côté de Salon-de-Provence, où la Ville a réussi à « ne pas augmenter les impôts depuis 12 ans parce qu’on a complètement revu l’organisation de nos services et qu’il y a 15% d’agents publics en moins », souligne David Ytier, premier adjoint (LR) et vice-président de la Métropole chargé des finances.

    Changer de logiciel

    « Toutes ces mesures nous permettaient jusqu’ici de tenir. Idem à la Métropole. Mais on est arrivés à un point de rupture parce que le modèle ne tient plus la route. On ne peut plus demander aux communes et aux intercommunalités de porter toujours plus de services publics, de développer toujours plus de projets en leur enlevant leurs moyens. » Il prévient : « Soit on change de logiciel, soit les sparadraps qu’on avait l’habitude de mettre ne suffiront plus ». L’élu appelle notamment à une plus grande autonomie fiscale, financière et technique des collectivités territoriales, et à une simplification des règles intercommunales. « Il faut se questionner : est-ce que c’est à l’État de faire l’essentiel des choix et des politiques publiques ? »

    Yves Moraine, vice-président (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône en charge des finances, approuve : « L’État doit se réformer mais il ne va pas le faire d’ici le 31 décembre ». Si, selon lui, des solutions sont à trouver dans l’immédiat dans l’optimisation des ressources et la recherche des économies, sur le long terme, il souhaiterait voir la « suppression des strates » et la création de trois échelons : « le local, l’aménagement du territoire, le national ». Avec, pour chacun, « un impôt et des compétences associées ».

    Georges Cristiani, édile de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, appelle aussi de ses vœux cette décentralisation, s’agaçant de la situation actuelle : « Ce n’est pas possible de déverser à ce point la responsabilité des gouvernements successifs sur les maires, les retraités ou les malades. (…) Les collectivités locales respectent la règle d’or : nous dépensons que ce que nous avons. Sauf l’État qui se permet de gérer la France en déficit. Ça ne peut pas continuer. »

  • La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    Après un premier « travail de sobriété » entamé dès son élection, le maire (LR) Robin Prétot veut commencer à dessiner le budget 2027 dès cet automne. Le maître mot sera : économies. « Il n’y avait pas de discipline dans l’administration, de culture de budget par direction, on faisait le budget en janvier pour la date limite de vote en avril », dénonce-t-il. Exit les anciennes méthodes, la nouvelle majorité lance un cycle de conférences budgétaires auprès des élus et des services.

    Alors que les résultats de l’audit des finances et des ressources humaines de la ville seront présentés lundi prochain au grand public, Robin Prétot en livre les premiers éléments : « On est une commune riche, mais qui va trop loin dans son niveau de dépenses. On a une épargne négative cette année, et qui est deux fois moins élevée que pour la plupart des communes de notre strate. On a 51 millions d’euros de dette, soit trois fois celle de Salon-de-Provence pour le même nombre d’habitants, mais on n’est pas en capacité de rembourser en fonds propres. »

    Au regard de cette situation, cumulée aux difficultés de la Métropole qui pourraient amputer le budget de la Ville de 4,7 millions d’euros, la majorité cherche à faire des économies plutôt que chercher des recettes, Istres ayant déjà « la plus grande taxe foncière de la région avec un taux communal de 54% ». Dans le viseur de la majorité, notamment : les dépenses de personnel, qui représentent 63% du budget de fonctionnement. « L’audit nous confirme qu’on a une politique RH très généreuse, parfois irrégulière dans certaines promotions. »

  • Métropole Aix-Marseille : la CGT appelle à la raison, le patronat inquiet

    Métropole Aix-Marseille : la CGT appelle à la raison, le patronat inquiet

    Une nouvelle fois, la Métropole Aix-Marseille se retrouve dans une impasse, suite à l’échec du vote pour imposer 53 millions d’euros de coupes dans sa dotation de solidarité aux communes, lors du conseil du 10 septembre dernier. Tandis que le budget modifié par l’assemblée doit retourner devant la chambre régionale des comptes, la CGT des agents métropolitains appelle les élus, dans une lettre ouverte qui leur est adressée ce lundi, « à revenir à la raison et aux responsabilités pour lesquelles vous avez sollicité le suffrage des habitants de notre territoire ».

    « Depuis des mois, les agents métropolitains survivent sans budget, sans perspectives, sans réponses, sans missions, dans une insécurité permanente et avec un grand sentiment d’être méprisés », dénonce le syndicat, qui s’indigne de voir les fonctionnaires territoriaux faire les frais de cette crise métropolitaine.

    Tandis que la « Métropole des maires » promise par son président (LR) Nicolas Isnard se perd dans l’arbitrage entre les communes de ses coupes budgétaires, « la Métropole cesse progressivement d’être un projet collectif pour devenir un lieu de négociation entre intérêts particuliers », s’inquiète la CGT.

    L’UPE 13 contre les impôts

    Alors le syndicat répète son aspiration à « l’élaboration d’un projet commun digne des services publics » et lance un appel à « tourner la page des divisions stériles ». « Les agents métropolitains, qui œuvrent chaque jour pour faire vivre nos services publics, méritent mieux que l’incertitude », partage la lettre ouverte.

    De son côté, c’est à travers un communiqué publié également ce lundi que l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), la branche locale du Medef, dénonce les hausses de 26 millions d’euros d’impôts votées pour 2027. « Les entreprises contribuent déjà à la fiscalité économique à la Métropole. Elles prennent leur part, et largement, écrit son président Jean-Christophe Amarantinis. Nous comprenons les contraintes budgétaires, mais leur réponse ne peut pas être de solliciter toujours davantage ceux à qui nous demandons parallèlement d’investir, de recruter et de décarboner. » L’organisation patronale rappelle le refus explicite du préfet d’augmenter les taux de cotisation foncière au moment d’arrêter le budget de l’intercommunalité, le 16 juin, et souligne que la fiscalité économique contribue déjà à hauteur de 900 millions d’euros aux finances métropolitaines.

    Si l’UPE 13 réclame une stabilité des taux et une maîtrise des dépenses, elle n’en demande pas moins de préserver les investissements structurants de la Métropole. Ceux-là même dont le fonctionnement pèse aujourd’hui sur les budgets de l’institution. Et de demander à son président « de la visibilité et des réponses concrètes » lors de sa venue au Forum des entrepreneurs, le 8 octobre.

  • Un automne fiscal sous surveillance dans les Bouches-du-Rhône

    Un automne fiscal sous surveillance dans les Bouches-du-Rhône

    C’est dans un contexte particulier, marqué par la violation du système d’information de la Direction générale des Finances publiques cet été, ravivé lundi par le vol de données du ministère du Logement, que se lance la campagne des avis d’impôt sur le revenu et locaux 2026. L’an dernier, dans les Bouches-du-Rhône (1,3 million de contribuables dont 632 665 imposables), le produit de l’impôt sur le revenu s’élevait à 2,7 milliards et celui de la taxe foncière à plus de 1,9 milliard.

    Mardi, la directrice régionale des finances publiques (DRFIP Paca/13) se voulait rassurante. « Ceux qui le souhaitent peuvent changer de mot de passe, c’est bien de le faire régulièrement, mais ce n’est pas obligatoire. Ce n’est pas une faille technologique », martèle Catherine Brigant, rappelant qu’en 2025, 6 900 attaques ont été déjouées. Cette fois, c’est le vol de l’identification d’un agent qui a permis d’extraire les informations de particuliers et de professionnels.

    Jamais de lien à cliquer

    « Un incident majeur et regrettable », qui ne concerne que 0,8% des 41 millions de foyers fiscaux, mais « interpelle » et « pousse à être encore plus vigilants », même si aucun RIB ou identifiant n’a été prélevé, poursuit-elle. Parmi les données volées, des noms, adresses et dates de naissance, des informations fiscales (revenu de référence, quotient familial, taux de prélèvement à la source, Siren) et des données cadastrales, surtout de foyers franciliens, du Var, des Alpes-Maritimes et de l’Hérault.

    Et Catherine Brigant de rappeler une règle de base face à un mail insistant : vérifier l’adresse et ne jamais se précipiter. « Nous n’envoyons pas de mail avec un lien à cliquer, ni de sms », insiste Florent Fernandez (division recouvrement et amendes). Car la DGFIP veut rester focus sur un objectif : accélérer la dématérialisation des démarches et réduire le recours au chèque. S’il ne représentait que 5% des règlements en 2024, ce mode de paiement concentrait 30% des coûts de traitement avec un niveau de fraude « 70 fois plus élevé qu’un virement ». Pour l’administration fiscale, paiement en ligne, prélèvements automatiques ou paiement de proximité, chez les buralistes agréés, offrent davantage de garanties.

    Les premiers avis d’impôt sur les revenus de 2025 sont disponibles depuis le 24 juillet sur le site impots.gouv.fr. Les usagers restés au papier ont obtenu le leur par voie postale. Pour les contribuables devant s’acquitter d’un solde d’impôt, les modalités restent liées au prélèvement automatique. Les avis de taxe foncière sont eux transmis jusqu’à octobre avec une date de paiement fixée au 15 octobre (20 octobre en ligne). Pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et certains logements vacants, les avis seront disponibles à partir de novembre.

    L’administration fiscale met aussi en avant son dispositif d’accompagnement avec des permanences physiques dans les services des impôts des particuliers et les services des impôts fonciers, des rendez-vous dans les France Services et un réseau de 372 buralistes agréés. Il est aussi possible de passer par la messagerie sécurisée de l’espace numérique. Mais le numéro vert 0809.401.401, gratuit et accessible de 8h30 à 19h du lundi au vendredi, reste « le canal à privilégier pour nous contacter », conclut Catherine Brigant.

  • [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    Son élection

    Didier Gesualdi : Vous avez tourné assez violemment la page François Bernardini à Istres. Comment analysez-vous avec un peu de recul ce séisme politique ?

    On parle nous aussi de séisme. Nous aussi, l’écart de voix nous a surpris. On sentait qu’on avait une dynamique, on y croyait – il faut y croire – mais c’est vrai que le score a été assez net, d’autant que nous étions en triangulaire avec le RN. On fait 60% des voix, il en fait 30 et le RN 8. Il y a un vrai soutien de la population. Ça me satisfait parce que ça veut dire qu’on a coché toutes les cases. Je pense que ça s’explique à la fois par une lassitude, un rejet de M. Bernardini et de son équipe, mais aussi par une déconnexion qu’ils avaient sur les attentes des Istréens, qu’on a su peut-être mieux identifier et capter. Comme je le dis toujours à mon équipe : c’est très flatteur d’être élu à 60% en triangulaire, mais derrière, il y a un très haut niveau d’attente, une très grande exigence qu’il ne faut pas décevoir.

    Léo Purguette : Vous n’avez pas été très soutenu par votre famille politique et vous avez mis le RN très bas, comment l’expliquez-vous ?

    Les élections municipales, c’est peut-être le dernier scrutin qui est encore décorrélé des identités ou des idéologies politiques. Les gens n’ont pas voté pour moi parce que je suis de droite, ou parce que je ne suis pas de gauche, je ne sais pas comment le dire. Ils ont voté pour moi parce qu’ils me connaissent, que j’ai grandi avec eux, que je respire le même air qu’eux. L’exemple que j’ai pris durant la campagne : quand on dit qu’il faut rénover le centre-ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? J’en sais rien, il faut le faire, c’est du bon sens, faisons-le. Quand on dit qu’on bétonne trop dans la ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? Même si je n’ai pas été soutenu trop fort par les anciens de ma famille politique ou certains qui en font toujours partie, ce n’est pas bien grave parce que ce ne sont pas eux, mais les gens qui font l’élection.

    La Méthode

    Didier Gesualdi : Vous avez fait campagne sur la fin du « système Bernardini ». Ça signifiait quoi à l’époque et ça signifie quoi aujourd’hui ?

    Ça signifie qu’on va avoir une conception différente, moins verticale et plus horizontale. On a commencé à la faire en considérant mieux l’opposition. Une des premières mesures que je vais prendre, en tant que maire, sera d’élargir les droits de l’opposition.

    Didier Gesualdi : Vous êtes masochiste ? Vous voulez plus d’opposition ?

    J’ai été opposant moi-même et j’ai subi ce fonctionnement très centralisé où on verrouillait tout et où on ne nous donnait pas la possibilité d’exister vraiment, je ne veux pas le faire subir moi-même à mes propres opposants. Ils ont été élus aussi, ils ont une légitimité populaire, même s’ils ont perdu les élections. Le meilleur moyen de respecter les électeurs qui n’ont pas voté pour moi, c’est de donner la possibilité à leurs représentants de s’exprimer correctement. C’est ce qu’on a fait en travaillant ensemble le règlement du conseil municipal. On va aussi faire plus de transparence pour les citoyens en leur donnant accès aux replays des conseils municipaux, en mettant en ligne les documents budgétaires et en ouvrant la très grande terrasse qui me sert de balcon à la mairie pour profiter des feux d’artifice cet été. On va ouvrir la maison commune au peuple.

    Léo Purguette : On attend la copie de la Chambre régionale des comptes après votre refus de voter le budget de la Métropole. Faut-il réduire les attributions de compensation, qui sont pourtant vitales pour beaucoup de communes ?

    On s’est retrouvé au pied du mur. Le ver était dans le fruit, la Métropole a été mal montée depuis le début. Mon attribution de compensation, c’est-à-dire la subvention donnée à la Ville d’Istres au regard de l’histoire intercommunale, c’est 57 millions, soit la moitié du budget de la Ville. Si on me bouge cette somme d’1 ou 2% il faut trouver dans les caisses 1 à 1,5 million d’euros, c’est juste impossible. Toutes les Villes concernées se retrouveraient à leur tour à rendre leur budget à la Chambre régionale des comptes, on ferait tous faillite et la Métropole va s’effondrer sur elle-même. La piste n’est pas là. On peut se poser la question de la dotation de solidarité communautaire, il y aura un plan d’économies que le président Isnard a commencé à engager.

    Le procès

    Léo Purguette : Le procès de François Bernardini s’est ouvert lundi. Vous avez finalement décidé de vous porter partie civile en tant que commune. Pourquoi ce choix ?

    J’ai beaucoup réfléchi, beaucoup hésité. Je n’étais pas du tout dans cette logique au début. J’ai toujours expliqué, pendant la campagne, que je n’étais pas magistrat, pas procureur, mais un homme politique en campagne et qu’il fallait que chacun reste à sa place. Maintenant, les responsabilités qui sont les miennes en tant que maire d’Istres, c’est de défendre les intérêts de la Ville et dans le cadre de ce dossier avec plusieurs sujets qui peuvent toucher les finances communales, la question c’est : est-ce qu’on est victime ou pas ? On doit toute la vérité aux gens et aux agents, certains attendent que leur honneur soit lavé. Le meilleur moyen de savoir si des dérives concernent les finances publiques, c’est de se porter partie civile à ce procès. Aujourd’hui, on veut avoir accès au dossier, être partie à l’audience, sans esprit de revanche. Moi, je ne viens pas rejouer un match qui est déjà plié. Ce n’est pas mon objectif.

    L’incinérateur

    Didier Gesualdi : Vous avez dit qu’Istres n’avait pas vocation à accueillir tous les déchets du territoire. Ça veut dire que le projet de Suez ne se fera pas ?

    En tout cas, on fait tout pour que ça ne se fasse pas et j’ai bon espoir qu’on y arrive. Ça fait partie des surprises du début de mandat. J’ai découvert ça le 1er avril, comme une mauvaise blague. 250 000 tonnes de déchets, des centaines de camions qui viennent dans la ville.

    Léo Purguette : Suez conteste la qualification d’incinérateur, de quoi s’agit-il selon vous ?

    À partir du moment où vous brûlez des déchets, ça s’appelle de l’incinération. On peut toujours mettre des cache-sexes, décrire ça comme un petit poêle autour duquel on va se réchauffer en se balançant sur une chaise à bascule, ce n’est pas la réalité. La gestion des déchets doit se faire à l’échelle régionale. Notre territoire a déjà largement pris sa part avec la décharge d’Entressen, où étaient enterrées les poubelles des Marseillais et avec la construction de force de l’incinérateur de Fos. Il y en a marre. Place aux autres.

    Les projets

    Léo Purguette : Vous semblez vouloir arrêter beaucoup de choses, mais quels sont vos projets ? Vous venez d’être élu maire, que restera-t-il de Robin Prétot dans 7 ans ?

    On a créé des commissions extra-municipales lors du dernier conseil municipal pour pouvoir associer la population et les personnes qualifiées. Ça va être d’abord la rénovation du centre-ville qui est fortement dégradé. C’est le fameux « plan Phénix » qu’on va lancer pour injecter un peu d’argent et des moyens mutualisés avec la Métropole pour rénover de fond en comble ce centre-ville, et redonner du souffle à nos commerces et à notre vie touristique. Le deuxième sujet, c’est le parc de Boisgelin qu’on a promis pendant la campagne. On va lancer la première réunion de travail pour caler le modèle juridique et technique. On a présenté aussi le « plan de Coubertin » pour rénover les gymnases. Plutôt que d’en construire des nouveaux, il faut investir pour valoriser ces équipements.

    La droite

    Léo Purguette : La « Métropole des maires » qui conjugue droite et gauche tiendra-t-elle ?

    Cette Métropole a été prise en otage par une forme de prolongation du match des élections municipales de Marseille. Le président de la Métropole n’est ni Marseillais, ni Aixois, on peut sortir de ces logiques-là. Tous les maires, de droite ou de gauche, ont été élus légitimement par leurs électeurs, ils doivent être respectés. Je serai constructif. M. Payan comme les autres est légitime.

    Léo Purguette : Catherine Pila et Ludovic Perney briguent la tête des LR 13. Quel est votre choix ?

    À titre personnel, je soutiens la candidature de Ludovic Perney. Je suis un maire jeune qui prône le renouveau, je ne peux que soutenir un candidat jeune qui prône le renouveau. Ce n’est pas du tout en opposition à Catherine Pila, mais Ludovic, je le connais depuis longtemps, il a le bon profil.

    Didier Gesualdi : Les LR subissent des départs vers l’extrême droite. Peuvent-ils disparaître ?

    Non, je crois au clivage droite-gauche. Il existe dans tous les pays. Le spectacle national est pitoyable, je m’en tiens éloigné.

    La gestion

    Didier Gesualdi : François Bernardini a permis à Istres d’avoir un certain standing. C’est la forme de son action qui n’allait pas selon vous ?

    On vivait au-dessus de nos moyens. On a eu cette culture-là à la vieille époque du SAN Ouest Provence, où l’argent coulait à flots avec la taxe professionnelle. On pouvait beaucoup investir, avoir la folie des grandeurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il faut être raisonnable avec l’argent public. C’est facile de construire un gymnase avec 70% de financement d’autres collectivités, mais après, il faut le faire fonctionner. Il faut bien payer l’eau, l’électricité, les agents…

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix, avec le nouveau président de la Métropole, d’interrompre le processus menant vers l’ouverture du grand théâtre d’Istres. Pourquoi ? Les habitants ne vont-ils pas en pâtir ?

    On n’a pas interrompu le processus dans le sens où les travaux continuent. Il y aura trois mois de retard à cause d’une entreprise qui se décharge d’un lot très précis.

    Léo Purguette : Une fois fini, il n’ouvrira pas au public à la date prévue…

    Le but c’est qu’il ouvre au public. Mais ce qu’on dit, c’est qu’il n’ouvrira pas tant qu’on n’aura pas trouvé de solution idéale pour le supporter. Ce qu’on a fait c’est tirer la sonnette d’alarme. Cet équipement va être une pépite pour la commune, mais on ne doit pas se poser la question de son fonctionnement le jour où on coupe le ruban. Une fois qu’on aura trouvé le modèle, j’ai bon espoir qu’on arrive à une ouverture comme prévu en septembre 2028. Je pense qu’on y arrivera.

    Léo Purguette : Vous pensez à quoi ? Une privatisation ? Une délégation de service public ?

    Ça peut être une délégation de service public ou un modèle un peu hybride. c’est pour ça qu’il faut qu’on mette les techniciens juridiques, financiers et les professionnels du milieu culturel pour voir quel est le bon modèle. À mon niveau, je n’ai pas la bonne solution.

    Didier Gesualdi : Vous voulez cesser de bétoniser, mais que dites-vous aux Istréens qui cherchent à se loger ?

    Il y a une juste mesure entre construire 0 logement et 1 000 logements par an comme aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’Aix-en-Provence alors que l’on a que 45 000 habitants. Martigues, Aubagne ou Salon en font entre 150 et 200 par an. Il faut loger les gens bien sûr, mais dans une juste mesure, car une fois qu’on a des logements, quid des parkings, des routes, des services publics, des places en crèches ? On ne se pose jamais ces questions.

    Didier Gesualdi : Si je vous écoute, j’ai l’impression que je vais avoir affaire à un maire gestionnaire alors qu’il y avait un maire bâtisseur. Ça ne fait pas rêver. Comment faire rêver les Istréens ?

    Ce qui ne fait surtout pas rêver, c’est de se retrouver quand il faut payer sa taxe foncière avec une nouvelle hausse d’impôt. À titre personnel, je vis dans 110 m², je paye 2 300 euros de taxe foncière pour un appartement au centre-ville. Je trouve que c’est hors-norme. Le but d’avoir un maire gestionnaire, c’est de préserver l’avenir, de pouvoir avoir des équipements avec en face des bonnes recettes pour ne pas avoir de mauvaises surprises et venir encore chercher le contribuable.

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Je suis favorable au déplafonnement du versement mobilité. Cette taxe que payent les entreprises peut se faire de manière différenciée sur le territoire. Dans le golfe de Fos, toutes les entreprises se plaignent qu’il est mal desservi pour leurs salariés.

    La République c’est quoi ?

    Robin Prétot : « On dit souvent que c’est le modèle le «moins pire» pour une société, pour moi, c’est le meilleur modèle démocratique. Il promeut le pouvoir au peuple, c’est ce qu’on essaye de faire à l’échelle locale, à Istres. C’est un système qui ne doit pas s’exonérer du concept de nation qui va avec. La République, c’est un système institutionnel qui ne fonctionne que si, derrière, il y a une nation unie. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Luc Rovinelli :

    Bonjour. Pourquoi cette hostilité contre la gratuité ? Si ce sont les habitants qui payent alors qu’avant c’était gratuit, où va l’argent ?

    D’abord, la gratuité, il y a toujours quelqu’un qui paye en réalité. C’est généralement le contribuable. Moi je préfère toujours faire payer l’usager plutôt que le contribuable parce que, par principe, c’est plutôt à ceux qui utilisent un service de le payer. Les taux d’imposition à Istres sont déjà hors-norme. Voilà pourquoi je suis contre le tout gratuit. En plus, cela donne l’impression aux gens que c’est vraiment gratuit, alors qu’il y a quelqu’un qui paye, ça crée l’illusion que c’est la fête alors qu’il manque de l’argent partout. Il y a des réalités économiques, financières et budgétaires aujourd’hui qu’il faut bien réaliser. Ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir des tarifs sociaux selon les niveaux de revenus, par exemple sur la cantine.

    Léo Purguette : Si on suit votre raisonnement, vous allez donc baisser la fiscalité ?

    Pour l’instant, il n’y a surtout pas de hausse. Il y a eu trois hausses successives lors du dernier mandat. On est à 54% de taxe foncière, quand je dis ça aux autres maires, ils hallucinent. On est au max ! La règle number one c’est : « on n’augmente plus du tout les impôts ». Et dès qu’on pourra les baisser, on les baissera. Dans la campagne, j’ai dit qu’on prendrait le temps de voir. C’est le but de l’audit.

  • [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    La Marseillaise : Cette hausse de la taxe foncière était-elle inévitable ?

    Renaud Calvat : Oui. Le débat qu’on peut avoir, c’est quel niveau de taxe foncière. La Métropole a été créée en 2015 en recevant des dépenses dynamiques des communes et des recettes statiques. Cela peut marcher un an, quatre ans… mais au bout d’un moment le différentiel est énorme. C’est une erreur originelle liée à la loi Mapam. Des compétences ont été transférées : l’urbanisme, la voirie… et un calcul a été fait à l’époque pour savoir ce que chaque commune dépensait. Sauf que cela n’a pas été harmonisé. Certaines mairies mettaient beaucoup d’argent pour désherber, d’autres préféraient les MJC, le soutien scolaire… Depuis, il y a eu de l’inflation mais aussi de nouvelles routes, des lotissements, des arbres plantés à entretenir… Tout cela se fait avec la même somme d’argent qu’en 2015. À cela s’ajoute l’argent que nous prend l’État : 12 millions d’euros au titre de la contribution aux retraites des fonctionnaires par exemple.

    Des maires de droite en ont conclu qu’alors, il ne fallait pas faire la gratuité des transports…

    R.C. : Je suis en total désaccord, cela ne changerait rien. Que les gens payent le service en achetant un ticket ou un impôt, c’est toujours le citoyen qui paye. Le seul moyen de ne pas avoir de dépense, c’est de la réduire. Tout le monde trouve normal de payer un ticket de tramway mais le coût de gestion de la route est aussi important et c’est l’impôt qui finance. Si vous voulez moins de recettes (pas de hausse fiscale), il faut moins de dépenses. Or, tous les maires nous demandent plus de services publics.

    Pourquoi n’avoir choisi que la taxe foncière (payée par les propriétaires) et pas les entreprises ?

    R.C. : Sur la Contribution foncière des entreprises (CFE), on est déjà sur un taux (36,58%) comparable aux autres Métropoles. Sur le versement mobilités, on est au maximum légal. En revanche, le taux de la taxe foncière était historiquement bas, en raison d’un choix politique voulu en 2001 par Georges Frêche lors de la création de l’Agglomération. La recette du foncier bâti c’était à peine 2 millions d’euros pour les ménages contre 300 millions pour les impôts des entreprises. Avec l’ancien taux de 0,167%, pour une taxe foncière de 1 200 euros, seuls 5 euros allaient à la Métropole [le reste à la commune, Ndlr.] ! Les propriétaires payaient entre 2 et 7 euros, avec le nouveau taux (5,8%), ce sera entre 70 et 250 euros par an en fonction du logement (fois 36 !). On a l’un des taux les plus bas de France. Ce sera la seule hausse du mandat et avec l’usine CSR, on vise à terme une baisse de la taxe sur les ordures ménagères (14,62%).

    C’était ça ou réduire les services publics ?

    R.C. : Oui. On a des dizaines de milliers d’habitants qui vont dans les médiathèques, à la piscine… Le coût réel c’est 7 euros de l’heure, pas un habitant ne paye cela. Ce sont des choix politiques. Un piéton pourrait râler en disant qu’il n’a pas besoin de route, ou un contribuable d’école s’il n’a pas d’enfant. Le principe même de l’impôt c’est de mutualiser les coûts pour un meilleur service à un meilleur prix. La vraie question c’est : l’impôt est-il excessif au vu du service en face ?

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    « Alors tu es venue voir la future maire ? Et noooon, je plaisante on va pas passer… » « Mais si, il faut y croire, qu’est-ce que tu dis ? » Au Florida Palace ce mercredi soir, paré de ballons en forme de cœurs rouges et aux couleurs de Marseille, il y a ceux qui viennent sans illusion et font acte de présence, et ceux qui, dans un dernier sursaut, sont venus soutenir la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD), alors qu’un dernier sondage la crédite de 13% des suffrages loin derrière les 36% de Benoît Payan (DVG) et les 34% de Franck Allisio (RN). Elle arrive dans une haie d’honneur, Unstoppable de Sia poussé à fond les baffles. Son porte-parole, Romain Simmarano, joue les chauffeurs de salle. « On a construit une équipe, un 111 de départ fier de représenter les Marseillais », martèle-t-il.

    Fabienne Bendayan, numéro 3 sur la liste, fait son hagiographie et Renaud Muselier (Ren.) entre en scène : « C’est bon les campagnes et j’en ai fait des bien pourries. » « Je pensais qu’on allait avoir des débats sur le fond », mais « rien » balance le président de la Région.

    Sur la sécurité, « Allisio nous explique qu’on égorge partout en ville, ce n’est pas vrai et le sortant nous explique que tout va bien… » Sur la culture : « Le sortant, un communiste, est 39e le mec et tout est fermé, pas un mot sur la culture, inquiétant », s’indigne-t-il. Et d’en remettre une louche sur les Jeux olympiques, « je suis macroniste mais j’ai pris des milliards d’euros. Les écoles [par contre] ça a pas marché ».

    Muselier fait le show

    Il réaffirme son soutien. « Comme vous j’ai vécu de mauvais sondages et j’ai gagné », assure-t-il. Et c’est aussi la faute au contexte international : « Après les vacances, on a eu la guerre. » Un peu de machisme au passage, « je crois dans la douceur féminine » et il promet : « On va y aller jusqu’au bout, le [RN] ne peut pas gagner. Le RPR c’est mon grand-père, c’est pas Jean-Marie Le Pen ni ses héritiers. »

    « Martine » arrive au micro et hurle : « Bonsoir Marseille ! » Pour elle, « c’est normal que ce soit difficile, Marseille n’est pas une ville qui se cueille comme ça, il faut aller la chercher ». Elle s’enthousiasme de cette union qu’« avec Renaud nous avons réussi à bâtir, des écologistes raisonnables à la droite affirmée ». De quoi proposer « un programme, solide, concret », et dépasser « les crises qui sont devant nous ». Elle se montre évidemment confiante : « Je ne lâche jamais rien mais grâce à vous je ne vais lâcher encore moins que rien. »

    Elle revient sur une campagne « violente » où « certains ont préféré la caricature au débat, faisaient beaucoup de bruit ». Sa priorité reste la sécurité qui « manque dans la 2e ville de France » et promet un « choc d’autorité ». Sur la propreté, « la Métropole peut mieux faire, je suis d’accord, reconnaît-elle, mais pas toute seule », ailleurs « les maires mettent des amendes sur l’incivilité ». La mobilité fait aussi partie de son « ADN » et d’assurer qu’elle va continuer à développer les transports, de prendre l’engagement de baisser la taxe foncière, de développer le logement. Elle étrille en long et en large le bilan du maire sortant et martèle : « Une élection n’est jamais jouée d’avance. » Avant de conclure par un « Marseille je t’aime » vibrant. Le 15 mars, on saura si la réciproque est vraie…