Lors du dernier conseil d’arrondissements du 6e secteur, le 13 octobre dernier, l’un des deux collaborateurs de la majorité d’extrême droite du secteur avait braqué l’attention sur lui. Alors que l’élu (DVG) Azad Balalas-Kazandjian poursuivait sa prise de parole face au maire RN du secteur, Nicolas P. était venu lui arracher le micro des mains. Face aux protestations de ses oppositions, Olivier Rioult avait été contraint de réprouver publiquement son intervention. Avant de le défendre le lendemain sur les réseaux sociaux. « Il fait 1,70m, il a 23 ans et incarne la gentillesse », écrivait-il en précisant que lorsque le maire de Marseille lui coupe le micro, lui « ne pleurniche pas ».
Mais dans les coulisses, après cette séance marquée par la démission d’une conseillère de la majorité (notre édition du 14/10), un autre détail a fait tiquer les élus d’opposition, aussi bien à droite qu’à gauche. C’est que le jeune collaborateur diplômé de lycée militaire se trouve être le fils de la 8e adjointe du secteur déléguée à la vie associative et aux centres municipaux d’animation, Karine Fauchard. L’élue et son fils apparaissent ainsi depuis 2020 comme associés de la société civile immobilière (SCI) familiale implantée dans le 13e arrondissement.
Un mélange des genres questionnable. Mais qui reste dans les clous de la légalité. « C’est le maire de secteur qui n’a pas le droit d’embaucher un membre de sa famille », confirme-t-on en mairie centrale. La municipalité n’intervient ainsi que lorsqu’un risque juridique se présente, notamment pour prise illégale d’intérêt. C’était notamment le cas pour l’ex-maire des 13-14 Stéphane Ravier, alors encarté au RN, qui avait embauché son fils comme jardinier dans sa mairie de secteur entre 2015 et 2017. Il a été condamné en appel le 10 février dernier à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, et s’est pourvu en Cassation.
« Les embauches se font au mérite, aux diplômes et à la compétence », assure de son côté Olivier Rioult auprès de La Marseillaise. En glissant qu’il avait « donné entière satisfaction lorsqu’il travaillait au groupe de Madame Vassal en 2022 ». Sans laisser un souvenir impérissable. « Il devait être contractuel ou dans des fonctions opérationnelles et non organisationnelles », estime un cadre à droite.
Pour les oppositions, l’embauche du fils d’une adjointe du secteur alerte d’autant plus qu’ils observent une parole très cadrée des membres de la majorité par ces mêmes collaborateurs. « Les élus interviennent comme ils le souhaitent », assure Olivier Rioult en indiquant que les collaborateurs proposent simplement des éléments de langage aux élus. À l’issue du dernier conseil d’arrondissements, la conseillère déléguée à l’action sociale, Martine Piazza, était venue s’excuser auprès du maire d’avoir pris librement la parole pour s’opposer à des subventions pour l’accès aux droits qui allaient « financer la submersion migratoire » assurait-elle. Devant la presse, celui-ci l’avait assurée de son soutien.

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