L’ultime bataille des salariés à la Cartonnerie Moderne

Devant les portes de l’antenne d’Entraigues de Wefold, ex-Cartonnerie Moderne, une vingtaine de salariés sont agglutinés autour de panneaux « en grève » et « fermeture définitive le 15.02.27 ». Comme les inscriptions l’évoquent, ils viennent d’apprendre que leur entreprise spécialisée dans les emballages carton de pâtisserie, forte de 120 ans d’histoire, va cesser définitivement son activité.

Une grève soutenue par la CGT de Vaucluse a donc été lancée, ce jeudi 29 octobre, alors que des négociations se poursuivent entre la direction et les représentants des salariés. Pour l’heure, 29 personnes restent sur le carreau, dont 19 en Vaucluse, mais aussi une dizaine entre les sites de Saint-Étienne et Gap. « On veut nous donner le minimum et ça, on ne l’accepte pas. Plus de 60% d’entre nous ont plus de 50 ans et on ne retrouvera pas de boulot facilement. Surtout dans notre secteur, l’imprimerie et le carton, qui n’est pas le plus porteur », confie l’un des employés, qui souhaitent tous rester anonymes. Ils demandent donc de meilleures conditions de sortie, estimant que la fermeture est actée. « On est une ex-petite structure rachetée par une multinationale. Et on a l’impression qu’on nous propose les défauts des deux régimes, c’est-à-dire le strict minimum », glisse, exaspérée, une salariée.

Le rachat pointé

Au même moment, un comité social et économique (CSE) se tenait dans l’entreprise entre les représentants du personnel et la direction. « Mais ça n’a rien donné pour l’instant. L’information remonte plus haut, on n’aura pas de réponses de suite. Donc on continue la grève », confie un salarié en début d’après-midi.

En 120 ans d’existence, l’entreprise a changé plusieurs fois de mains. Et c’est la dernière reprise qui est pointée du doigt unanimement par les personnes présentes. En effet, c’est le groupe Guillin, coté en Bourse et qui affiche un chiffre d’affaires de 885 millions d’euros, qui a racheté la Cartonnerie Moderne et ses antennes de Saint-Étienne et Gap, qui vont aussi fermer. Dans un communiqué de presse datant du 28 avril 2025, le groupe Guillin se targuait d’avoir racheté, via sa société Wefold Diffusion, les fonds de commerce des trois structures. Une acquisition qui, affirmait alors la multinationale, aurait permis à ses clients d’avoir « un écosystème unique encore plus performant, capable de répondre instantanément à l’ensemble de leurs besoins quel que soit le matériau, les usages et fonctionnalités demandés, jouant ainsi pleinement son rôle de leader français de la boîte pâtissière et du snacking ».

« En un an et demi, il n’y a eu aucun investissement. Donc on se disait qu’il y avait une anguille sous roche. On pense qu’ils voulaient seulement récupérer nos clients », regrette une employée. Contacté, le groupe Guillin n’a pas répondu à nos sollicitations.

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