Tag: négociations

  • La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    Lancé au lendemain de la crise du Covid, dans le cadre d’un plan d’investissements prévu par le gouvernement à la suite du Ségur de la Santé, le projet de construction d’un nouvel hôpital à Aubagne n’avance pas assez vite d’après la nouvelle municipalité. Censé s’implanter dans la zone des Gargues, dont le foncier n’a toujours pas été acquis, l’établissement doit, en théorie, être livré en 2032. De quoi pousser la mairie à réclamer un coup d’accélérateur.

    Vendredi, à l’occasion du conseil municipal, les élus se sont donc prononcés à la faveur d’un vœu en quatre points. À commencer par la création d’un « front territorial commun », aux côtés des 19 communes directement impactées par la construction de l’hôpital. L’objectif : faire bloc, « au-delà des étiquettes partisanes », pour « exiger le maintien des enveloppes budgétaires » auprès des collectivités territoriales impliquées dans le financement du projet. La Ville invite également lesdites communes à envisager une participation financière à l’achat du foncier, pour l’instant prévu à l’unique charge d’Aubagne.

    La Région Sud, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône sont également interpellés et invités à « confirm[er] et accélér[er] leurs engagements financiers respectifs afin de sécuriser l’enveloppe globale du projet ». Leur mobilisation est aussi nécessaire à la réalisation des infrastructures de transport (Val’Tram, BHNS) et de voirie, « indispensables à la desserte et à la sécurité du site des Gargues ». « La faisabilité et le succès de cet hôpital dépendent de son accessibilité », a en ce sens souligné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Dans l’attente du préfet

    Le vœu appelle également à la signature « dans les meilleurs délais » de la Déclaration d’utilité publique (DUP) par le préfet des Bouches-du-Rhône, une procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique. Un document ici nécessaire pour entamer les négociations avec les actuels propriétaires. « Il faut qu’on ait suffisamment avancé au deuxième semestre de l’année sur les acquisitions foncières pour que l’État accepte, dans la foulée, de lancer les concours d’architectes, détaille une source proche de la municipalité. Et ces concours d’architectes, si on veut que l’hôpital soit livré en 2032, il faut les lancer en 2027. » Pour coordonner efficacement toutes ces instances, Mohammed Salem, ancien président de la commission médicale de l’hôpital d’Aubagne, a été nommé délégué spécial auprès du maire. Une nomination fortement critiquée, au passage, par Gérard Gazay, l’ancien maire (LR) d’Aubagne. D’ailleurs, son groupe n’a pas pris part au vote de ce vœu.

    Un comité de pilotage, en présence de toutes les institutions impliquées, doit avoir lieu le 26 juin.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Une entreprise « à fond la forme », mais on ne peut pas en dire autant du dialogue social… Comme un peu partout en France, à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, les salariés des 14 magasins Decathlon des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont mobilisés, ce samedi 6 juin, pour réclamer une hausse de salaire et ont convergé devant le magasin de Bouc-Bel-Air, le siège régional de l’entreprise.

    « Les bénéfices sont énormes. Encore cette année, le premier semestre est très positif. Les équipes sont super engagées et pourtant, on n’a plus de primes, plus de valorisation de salaire », dénonce Luca Antonellini, délégué syndical Unsa pour Decathlon Marseille-Vaucluse. De fait, l’entreprise affiche une santé de fer. En avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%. Pas moins d’un milliard d’euros de dividendes ont été reversés, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe, et ce sera presque autant cette année, estiment les syndicats.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic à moins de 3 000 euros bruts pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, jugent les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé presque comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les magasins de la zone, mais aussi de Rhône-Alpes. « On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec des responsabilités supplémentaires, et en contrepartie, on a de moins en moins », déplore-t-il, du haut de ses plus de 30 ans de boîte.

    Une pétition de soutien

    Les affaires marchent au point qu’un camion, voire deux, de 4 à 12 000 articles, déballe chaque jour sa cargaison au magasin de Bouc-Bel-Air, précise Juliette, vendeuse, également syndiquée CGT.

    Pourtant, les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non-recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « rude depuis 5 ou 6 ans ».

    Pourtant, « c’est bien sur nous, vendeurs, qu’ils capitalisent leur image aussi », rappelle l’un d’entre eux. Alors que l’enseigne va fêter ses 50 ans cette année, pour l’occasion, « on nous a promis une paire de baskets et un tee-shirt », ironise un autre. C’est aussi l’anniversaire du magasin de Bouc-Bel-Air, « happy birthday », se marre une troisième.

    Sur le parvis du magasin, les clients, peu nombreux, apportent quasiment tous leur soutien. « Franchement, c’est eux qui font le boulot, ils ne comptent pas leurs heures et l’entreprise va bien. Il faut partager les richesses », estiment Marlène et Muriel, chargées de sacs. En tenue de course, Lydie est aussi de « tout cœur avec eux ». Près de 1 400 personnes ont signé la pétition nationale lancée par les syndicats. À l’abri du cagnard, les grévistes réfléchissent déjà à l’après. Un « CE central doit se tenir, ce jeudi, on va voir un peu ce qu’on va faire », précise Luca Antonellini. Un rassemblement est déjà prévu dans les entrepôts, dont celui d’Ensuès, ce lundi 8 juin tôt le matin.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année ». Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients ». Grâce aux cadres et CDD mobilisés pour l’occasion…

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…

  • [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    C’est un nouveau coup de massue qui frappe l’industrie en France.
    Le groupe français Michelin, leader mondial des pneus, a annoncé ce jeudi matin un dispositif de départs volontaires en France portant sur 1
     500 emplois, soit près de 10% de sa masse salariale. Le groupe avait déjà supprimé 1 246 emplois en France en 2024 dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), en fermant deux sites industriels dans l’ouest du pays, à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan). Et ce, alors que le groupe a perçu quelque 10 millions d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023…

    La Marseillaise : Michelin a annoncé ce jeudi matin un dispositif de « départs volontaires » en France concernant sur « jusqu’à 1 500 postes sur trois ans ». Êtes-vous surpris ?

    Romain Baciak : On n’est pas surpris, il y avait des bruits de couloirs qui circulaient. Nous avions été alertés par la préfecture. Ça fait encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin sur les 14 000 qui reste – si on ne compte que MFPM (Manufacture française des pneumatiques Michelin), soit près de 10% de la masse salariale. On sait que derrière, ça induit 4 à 5 emplois supprimés en plus. Ça signifie donc 6 000 à 7 500 emplois en France qui vont disparaître grâce à Michelin. Il y a deux ans ça concernait les sites de Vannes et Cholet. Un peu avant c’était la Roche-sur-Yon. Moi, je suis aux Carmes à Clermont-Ferrand et nous avons été impactés par ces précédents plans. C’est à se demander si un jour il restera des Michelin en France ou pas.

    Comment la direction de Michelin justifie-t-elle cette annonce ?

    R.B. : Elle va encore le justifier, je pense, par les coûts, en disant que la vie est trop chère, etc. Mais Michelin est celui qui vend les pneus les plus chers. Si lui n’y arrive pas, comment font les autres groupes pour s’en sortir ?

    Comment comptez-vous au sein de la CGT Michelin vous opposer
    à ce nouveau plan social
     ?

    R.B. : Pour l’instant, ça vient de tomber donc on ne sait pas quels seront les salariés concernés. On ne parle que de départs volontaires mais on sait ce que ça veut dire chez Michelin : on supprime ton poste, il faut que tu partes. On va attaquer les négociations en connaissant déjà la position de la CGT. On ne signera pas un plan comme ça. La CGT est le seul syndicat qui est pour la réindustrialisation du pays.

    Aujourd’hui, quand on est syndicaliste, on ne peut pas être pour des suppressions de postes. Si on valide des suppressions de postes, derrière, il faut aussi penser aux générations futures. C’est-à-dire que 1 500 postes en moins sur Michelin, ça fait 1 500 postes en moins pour nos enfants et nos petits-enfants. Je sais que tous les syndicats ne sont pas d’accord avec nous. Moi, je ne conçois pas qu’on soit là pour valider des suppressions de postes. Reste à savoir ce que feront les autres organisations syndicales.

    La commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises avait mis en cause Michelin qui avait révélé avoir perçu plus de 10,6 millions d’euros d’aides en 2023. Est-ce toujours le cas ?

    R.B. : Tous les ans, Michelin touche des aides publiques. Le groupe en a touché pour son usine de La Roche-sur-Yon et a été contraint de rendre 4,3 millions d’euros [le site a fermé en 2020, Ndlr.]. Mais il avait touché beaucoup plus. Cet argent a été restitué parce que Michelin a été forcé par le sénateur Fabien Gay [PCF], qui a mis le sujet en avant. Si ça n’avait pas été le cas Michelin aurait toujours ces 4,3 millions d’euros dans sa poche.

    Quelle est la demande que vous formulez à l’État ?

    R.B. : À l’État, tout ce qu’on demande, c’est d’arrêter de donner des subventions publiques à des entreprises qui font des milliards de bénéfices et qui reversent des milliards d’euros aux actionnaires. Cette année, Michelin a quand même pioché dans ses réserves 200 millions d’euros pour les donner aux actionnaires. Quand on est capable de piocher des millions d’euros pour les donner à ses copains les actionnaires, on peut sauver des emplois ! On doit être le seul syndicat à être contre ça et à agir pour la réindustrialisation du pays. Les autres votent pour les PSE…

    Quel message souhaitez-vous faire passer ?

    R.B. : Le message, il est clair : aucune suppression de postes chez Michelin. Et puis, que l’État arrête de les valider ! Quand une entreprise fait des milliards de bénéfices, qu’on n’ait pas le droit, même si c’est des départs volontaires, par des ruptures conventionnelles collectives (RCC), par des accords de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), ou autre, de supprimer des postes.

  • La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    Les prochaines semaines s’annoncent animées chez Transfix. Soumise à un mouvement social après la suppression de plus de 50 postes en 2021, la société spécialisée dans les matériels et équipements électriques, qui emploie quelque 250 personnes sur son site de La Garde, suscite le mécontentement de ses salariés.

    Il y a quelques jours, la Fédération CGT de la Métallurgie, les sections CGT locales et les élus CGT de Transfix ont fait parvenir au PDG de l’entreprise, Grégoire Libert, une lettre pour manifester leurs inquiétudes concernant « un climat social dégradé, des difficultés persistantes dans le dialogue social, des sujets majeurs concernant les orientations stratégiques de l’entreprise, la politique sociale, l’emploi, les conditions de travail et les négociations salariales ».

    Une pétition en cours

    Eu égard aux consultations engagées au sein du CSE et du début prochain des négociations annuelles obligatoires, la CGT reste « particulièrement attentive aux décisions, aux orientations et à la méthode de dialogue retenues par la direction », alors que les dernières NAO n’avaient débouché sur aucune augmentation de salaire. « Le Smic augmente de 2,41% au 1er juin : c’est le minimum concevable comme base de négociation », prévient le syndicat, espérant « de véritables négociations, loyales et sérieuses, avec des mesures salariales à la hauteur des efforts fournis par les salariés ». À ce titre, une pétition a déjà recueilli la signature de 140 salariés.

  • Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Après une réunion avec leur direction lundi, qui n’a finalement rien donné, 150 des 770 salariés de Biogroup Côte d’Azur, dont 90 dans le Var (40 à La Valette, 50 au Muy) étaient en grève jeudi. Raison principale : une prime d’intéressement qui a fondu comme neige au soleil depuis la reprise de l’ancien établissement (Bio Esterel) par Biogroup en 2018 : « Nous sommes passés d’un 13e mois qui équivalait au Smic avant le C, à à peine de quoi faire un plein d’essence », pointe Baptiste Absalon, représentant CSE Biogroup Côte d’Azur et délégué syndical FO.

    Une situation que ce dernier juge inacceptable eu égard à l’activité du groupe et aux efforts fournis par les salariés : « On sait que les charges augmentent pour les entreprises. La Cnam impose une tarification à l’acte, qui a baissé de 20% en 3 ans. Mais le chiffre d’affaires n’a baissé que de deux points l’an dernier, compensé par l’augmentation du volume. On nous presse comme des citrons, et dans des conditions délétères, alors qu’on est parmi les meilleurs chiffres d’affaires du groupe, avec un profit important. »

    La grève se poursuit vendredi

    Des conditions qui, selon le syndicaliste, conduisent à une hausse de l’absentéisme et des arrêts maladie, alors que l’entité Côte d’Azur – une des 28 de Biogroup en France – revendiquait un des taux les plus bas en la matière avant le Covid. « Désormais, on a un des plus hauts. Il y a une perte de motivation », affirme Baptiste Absalon. Et cela devrait alerter la direction, qui peine, qui plus est, à recruter : « Une quarantaine de postes à 1 500 euros par mois ne sont pas pourvus, pendant qu’on subit l’inflation avec des salaires bloqués », dénonce-t-il.

    Autre point de mécontentement : les mobilités accrues pour les salariés, baladés entre les 110 sites de Biogroup Côte d’Azur : « Ça ne se faisait pas avant. Cela conduit à une perte de sens », poursuit Baptiste Absalon. Autant de causes qui produisent, en conséquence, plusieurs revendications : « L’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du labeur du salarié avec une prime de participation digne de ce nom, des négociations annuelles, le lundi de Pentecôte offert, la prise en charge intégrale de la mutuelle, une prime urgence remplacement au pied levé, et la prise en charge de tout ou partie des jours de grève. » Pour arriver à leurs fins, les salariés reconduisent le mouvement ce vendredi à La Valette et à Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes.

  • Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Beaucoup de signaux négatifs et peu d’avancées sociales positives pour les salariés du premier opérateur télécom français.

    Ce mardi, plusieurs dizaines de travailleurs d’Orange se réunissaient sur la place de la Joliette, à Marseille. « En parallèle d’une assemblée générale des actionnaires à Paris, on a décidé de faire un mouvement de grève et d’actions avec des rassemblements partout sur le territoire », campe Olivier Néri, secrétaire général de la CGT FAPT Télécoms 13. L’objectif de la mobilisation est limpide : « On veut mettre la pression sur la direction et les actionnaires sur plusieurs sujets. »

    Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de l’organisation, précise : « On veut demander des comptes : encore une fois, on a une année record de bénéfices et des NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ne sont pas à la hauteur. On nous a baissé l’intéressement et la participation, par contre, ils augmentent les dividendes aux actionnaires ! » Les syndicalistes ont un exemple parlant : « On est la seule entreprise des télécoms à ne pas avoir de 13e mois alors que ça fait 20 ans qu’on réalise plusieurs milliards de bénéfices chaque année ! » Forcément, ça ne passe pas vraiment quand l’entreprise engrange plus de 3 milliards en 2025 : « Mettre en place un 13e mois couterait 300 millions d’euros pour l’ensemble des salariés du groupe ! »

    D’autant que cette colère sur les salaires s’accompagne d’inquiétudes de plus en plus grandissantes sur la question de l’emploi. Surtout lorsque la vente de SFR, l’un des quatre acteurs des télécoms en France, se profile. « Orange, Free et Bouygues vont mettre plus de 20 milliards sur la table pour racheter SFR. Ils veulent se partager le gâteau : le réseau, les clients, les infrastructures… », explique Guillaume Lamourette. Avant de tonner : « Mais aucun des opérateurs ne parle des salariés de SFR. On revendique que les personnels fassent partie de la reprise par le consortium : il ne faut pas les laisser à la rue ! »

    Un datacenter à Saint-Mauront ?

    Et le deal à venir, ou pas, pour SFR, n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Solution 30, une entreprise qui faisait le déploiement de fibre comme sous-traitant, est en redressement judiciaire. On revendique aussi l’intégration de leurs personnels », poursuit Guillaume Lamourette. Il pointe également certaines orientations d’Orange jugées préoccupantes. « Orange, via le nouveau dispositif “Orange Drone Guardian”, se positionne sur les drones de surveillance pour sécuriser des sites ou même des territoires. La cyberdéfense prend une place de plus en plus importante dans l’entreprise. » Et Olivier Neri s’inquiète aussi de la présence accrue de l’intelligence artificielle (IA) dans leur quotidien : « Ils mettent en place une IA pour organiser le planning des techniciens et une autre pour remplacer les téléconseillers des plateformes téléphoniques. » De quoi questionner alors qu’un vaste projet de réorganisation de l’entreprise, nommé « regain », est en cours d’élaboration du côté de leur direction depuis plusieurs mois.

    Une fois que la CGT met tous les éléments bout à bout, le constat est sans appel : « Notre directrice générale [Christel Heydemann, Ndlr.] a dit en commission parlementaire que l’objectif est de passer à 35 000 salariés d’ici 2030, alors qu’on est 68 000 aujourd’hui », assure Guillaume Lamourette.

    Localement, la CGT tient à alerter particulièrement sur la situation du site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement. « On aimerait avoir la vérité sur ce que veut faire l’entreprise du site de Saint-Mauront », martèle Guillaume Lamourette. Quand Olivier Neri s’inquiète de l’avenir concret du site : « Le directeur, la semaine dernière, nous annonçait que le site est bien toujours à nous et qu’ils vont y faire un datacenter. » Si le conditionnel est de mise, pas de quoi satisfaire le syndicat, qui réclame un retour des salariés sur place et s’oppose à sa fermeture en tant que site majeur d’Orange dans la région.

  • Eurenco face à un conflit social durable

    Eurenco face à un conflit social durable

    Les revendications

    Depuis le début du conflit entre la CGT, FO et la direction d’Eurenco, les syndicats portent toujours les mêmes revendications. À savoir une augmentation générale de 130 euros pour tous, le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20% (1% par an avec effet immédiat), une prise en charge par l’employeur de 70% du coût de la mutuelle et de la prévoyance, ainsi que la transformation en CDI des travailleurs intérimaires. « Ce sont des bases. Comme pour tout, ce sont des demandes qui sont négociables. Encore faut-il avoir envie de le faire », confie Jérémy Caillé, délégué CGT d’Eurenco. Le tout alors que les syndicats pointent des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ».

    Impliquer l’État

    Une situation qui a toutefois évolué ces derniers jours. Mercredi 29 avril, une rencontre a été organisée entre une délégation de la Fédération nationale des travailleurs de l’État CGT, avec la présence de Jérémy Caillé, et le conseiller social du ministre des Armées, afin de lui détailler les causes du conflit en cours, le fabricant de poudre étant propriété de l’État.

    « On lui a réexpliqué la situation de notre point de vue. Il avait déjà celui de la direction », explique Jérémy Caillé qui attend désormais « une réunion tripartite entre Eurenco, nous et l’État. »

    Grève illimitée

    Depuis ce jeudi 30 avril à 20h, la décision a été prise par les syndicats d’appeler à une grève « illimitée ». C’est-à-dire « que c’est au libre choix des salariés. Ils peuvent se mettre en grève quand ils le veulent, de nuit comme de jour », explique Jérémy Caillé. Jusqu’ici rythmé par une grève de 24h chaque semaine, le mouvement prendra cette nouvelle forme tant que de nouvelles négociations ne s’ouvriront pas. « La détermination est toujours présente. Il y a eu des hauts et des bas comme dans tous les mouvements de grève, mais il est loin d’être enterré », poursuit le responsable syndical.

    Réponse de la direction

    Contactée par La Marseillaise, Eurenco offre une autre lecture de la situation. Elle assure notamment qu’elle a proposé « des augmentations salariales de 2,7 fois le niveau de l’inflation, positionnant ainsi Eurenco France parmi les entreprises industrielles ayant consenti les engagements les plus significatifs au titre des NAO 2026 ». De plus, elle assure avoir « clairement démontré, ces dernières années, sa capacité à investir massivement, à recruter (474 CDI en trois ans) en réinvestissant 100% de ses résultats dans l’outil industriel ». La direction rappelle enfin que le troisième syndicat, la CFDT, a demandé l’organisation d’un référendum dans l’entreprise concernant les dernières propositions formulées. Celles-ci se limiteraient, d’après la CGT et FO notamment, à 500 euros « de prime Macron », sans avancée sur la prime d’ancienneté ni sur les embauches. Le sujet de la mutuelle serait, quant à lui, renvoyé aux NAO 2027.

  • [Entretien] Karim el Mufti : « Le Liban est menacé d’implosion. L’État n’existe plus »

    [Entretien] Karim el Mufti : « Le Liban est menacé d’implosion. L’État n’existe plus »

    Malgré la trêve conclue le 17 avril dernier, Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah au Liban. Le président libanais, Joseph Aoun, s’est prononcé en faveur de négociations directes avec l’État hébreu pour stopper cette guerre. Le mouvement chiite armé, qui s’y oppose, dénonce la « soumission » des autorités libanaises, tandis que ces dernières accusent le Hezbollah d’avoir entraîné le Liban dans la guerre au service de l’Iran.

    La Marseillaise : L’État libanais et le Hezbollah s’accusent mutuellement de trahison. De quoi est-il question ?

    Karim el Mufti : La trahison, ça a toujours été la grande notion au Moyen-Orient vis-à-vis d’Israël. On retombe un peu sur une rhétorique des années post 1967 où les pays arabes ont décidé de capituler et où Anouar el-Sadate [président de l’Égypte de 1970 à 1981] décide finalement d’aller en Israël pour mettre un fin à cette guerre qui ne menait l’Égypte à rien. C’était, déjà, un grand visionnaire à l’époque. Il en a payé de sa vie. On prédit par ailleurs à Joseph Aoun, dans les menaces à peine feutrées du Hezbollah et de l’Axe de la Résistance, le même destin que Sadate. Après 1967, on rentre dans une logique plutôt milicienne de l’antisionisme et du combat armé contre Israël avec le Hezbollah qui vient, dans les années 1980, se joindre au rang des combattants. Après le 7 octobre, on constate l’essoufflement des milices par le grand coup de massue provoquée par cette décision stratégique israélienne de se débarrasser de toutes ces menaces, de tous ces proxys jusqu’à la tête du serpent : l’Iran.

    Cette confrontation entre le Hezbollah et l’État libanais, s’inscrit dans ce contexte-là, d’une milice en perte de vitesse à l’échelle idéologique. Car, dans la région, la Syrie n’est plus la même, l’Irak non plus et l’Iran, n’a plus vraiment le loisir de défendre ses proxys, parce qu’elle est même menacée dans sa survie. Le Hezbollah tente de survivre en récupérant les vieux éléments de langage en disant à l’État libanais « vous allez capituler, nous sommes les seuls acteurs d’une véritable résistance ». C’était la grande rhétorique de Hassan Nasrallah [ancien chef du Hezbollah tué par l’armée israélienne en septembre 2024, Ndlr.] qui faisait mouche à l’époque. Parce qu’effectivement, l’armée libanaise, après 2000, n’avait jamais vraiment réussi à finaliser la fin de l’occupation. Mais les dernières grandes guerres ont clairement démontré que le Hezbollah ne faisait pas le poids face à Israël. Le changement de vent au sein du Liban où l’antichiisme, l’anti-politique iranienne et bien sûr un lobbying américain plus agressif, fait que maintenant le nouvel ennemi intérieur, c’est le Hezbollah, avec tous les arguments les plus fallacieux qui participent à cette propagande. Le fond n’est pas faux : le rôle du Hezbollah est bien terminé.

    L’État s’était engagé à désarmer le Hezbollah selon l’accord de cessez-le-feu avec Israël de 2024. Le mouvement armé chiite refuse. Faut-il craindre une guerre civile ?

    K.e.M. : La guerre civile, c’est une autre logique. Le Liban est menacé d’implosion. Le Hezbollah a déclaré vouloir renouer avec les attentats suicides. Ce qui prouve son désespoir. Le fait de revenir à ce petit noyau terroriste avec la doctrine de l’attentat suicide, c’est un appel désespéré pour exister. L’implosion, c’est un État qui ne fait plus sens et autour duquel les citoyens ne sont plus ralliés. Le pays de Canaan qu’on appelait Amurru à l’époque des Égyptiens, c’était des cités-états phéniciennes maintenant on a des cités-communautées. Où les chiites sont allés se réfugier, ils sont traités en étranger alors qu’ils sont citoyens libanais. Le Liban, en tant qu’État, n’existe plus. Quand un Alsacien se réfugie à Paris, on ne va pas le traiter d’étranger. Il peut louer, il peut acheter, le droit français se maintient sur tout le territoire. Au Liban, non. Si un chiite un peu fortuné veut acheter pour sa famille qui a tout perdu dans le Sud une maison dans une région druze ou chrétienne, il ne pourra pas. Alors qu’il est Libanais. Et l’État ne peut rien faire pour protéger ce droit. C’est là le début de l’implosion. Au final, quand vous passez d’une région à l’autre, c’est comme si vous passiez d’un pays à l’autre. Ils vont aller où, les 800 000 chiites dépossédés de leurs terres ? C’est ça, la grande question. Le Sud-Liban, c’est fini, ils n’y retourneront plus jamais. Ils vont aller où ? Ils vont rester dans des régions où ils ne seront pas les bienvenus ? Ils vont conquérir par les armes des nouveaux territoires au sein du Liban, alors qu’ils seront citoyens ? Qu’est-ce qu’on propose ? Est-ce qu’on va leur donner de nouveaux quartiers ? Personne ne parle de tout ça.

    Lundi, le chef d’état-major de l’armée israélienne a déclaré que 2026 «pourrait encore être une année de combats» sur tous les fronts. Ce qui implique le Liban ?

    K.e.M. : Je l’appelle la guerre des sept fronts. On est sur une guerre totale contre tous les ennemis d’Israël. Le 7 octobre a ouvert un nouveau chapitre pour le Moyen-Orient et pour Israël, on est dans l’offensive totale au nom de la légitimité de défense. Gaza en a payé le prix, le Liban en paye le prix et l’Iran aussi. Cette attaque, décidée par le Hamas seul, a finalement creusé la tombe de l’Axe de la résistance en un temps record. Et ça a été le plus grand malheur des populations israéliennes, libanaises, palestiniennes, iraniennes aujourd’hui et de l’ensemble du Golfe. On voit comment cet effet papillon terrible du 7 octobre a complètement enflammé toute la région. Après ce drame national israélien est venu le moment génocidaire. Israël profite du fait que le droit international est en perte de vitesse pour remettre en selle une idéologie du XIXe siècle, celle du nationalisme.

    Les autorités israéliennes détiennent actuellement 6%
    du territoire libanais. Le but
    est d’occuper la totalité
     ?

    K.e.M. : Il y a un grand débat en Israël, qui n’est pas encore complètement fixé, avec une ligne dure messianique cananéenne, parce que le Liban, à la base c’est le pays de Canaan. Selon cette ligne, cette terre cananéenne appartient aux Hébreux antiques et les Juifs ont droit eux aussi à un nationalisme. Dès lors va s’opérer un grand détournement du droit à l’autodétermination des peuples tel qu’inscrit dans la Charte des Nations Unies. Au nom de ce principe, on va aller exterminer une autre population qui était là, en utilisant les armes des empires antiques et on va conquérir au gré de notre force, au nom d’un grand dessein qui est le foyer juif. Le problème c’est que ça arrive en 1948, à un moment où l’ONU est passée par là, où la déclaration des droits de l’Homme a été adoptée, et où on n’est plus censé se comporter comme ça. Les Israéliens aujourd’hui continuent la colonisation, prennent Gaza, le Sud-Liban, le Golan et sont en marche vers un Grand Israël, porté par Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich [respectivement ministres de la Sécurité nationale et des Finances, tous deux suprémacistes et d’extrême droite, Ndlr.]. C’est le malheur de cette région : vous avez des nationalismes qui s’entrechoquent. Et qui dit nationalisme, dit dévastation, dit conquête, dit asservissement. Tout nationalisme va conduire à de la dépossession, à de la hiérarchisation des citoyens à ce qu’on appelle aujourd’hui, de manière anachronique, de l’apartheid. Pour qu’Israël se maintienne, il faut que le nationalisme perdure. Il y a une autoroute devant lui pour consolider son pouvoir, sa suprématie et faire la paix par la force.

    Face à cette situation comment le Liban peut-il négocier ?

    K.e.M. : Le Liban paye le prix d’une guerre dont la cause est plus grande que lui. C’est ce que disent beaucoup de Libanais qui sont prêts à complètement faire l’impasse sur la cause palestinienne et sur la sécurité du Liban. C’est ça qui est dramatique. L’État n’a aucune prise sur l’agenda des négociations directes avec Israël. Même ses alliés, comme la France, ne sont pas bienvenus pour lui venir en aide. Israël n’en veut pas. Il dit vouloir faire la paix en imposant ses termes. Ce n’est pas ça la paix, c’est un diktat.