Trois délibérations étaient à l’ordre du jour de ce conseil municipal express de Fos-sur-Mer, jeudi soir. Seule la troisième a suscité le débat, puisqu’elle portait, une nouvelle fois, sur la question des déchets.
« Je souhaite réaffirmer notre opposition à tout projet d’augmentation de la capacité d’incinération de Fos », expose le maire (Exd) Philippe Maurizot à l’assemblée au moment de voter un vœu du conseil municipal en ce sens. En sus, l’édile demande par ce vœu « la communication par la Métropole des études et tout élément concernant l’évolution du site » de l’incinérateur dont elle est gestionnaire, d’étudier prioritairement une solution de traitement des déchets hors du territoire et exige que la Ville soit associée à la prise de décision.
Sans surprise, le « non » est unanime… avec nuances. « Les Fosséens ont voté à 98% contre l’incinérateur en 2006 et notre conseil municipal avait voté à l’unanimité contre en 2011 », rappelle Anne-Caroline Walter-Cipreo (PP). L’opposante de gauche estime que l’extension envisagée de l’incinérateur « rapporterait des milliers d’euros par an, mais si l’on demande aux Fosséens, la réponse sera toujours non ». Elle propose quatre ajouts au vœu initial.
« Demander à la Métropole le cahier des charges de sa mission, consulter les Fosséens avant décision, affirmer qu’aucune recette fiscale ne justifiera jamais cette augmentation, et demander une étude sanitaire indépendante financée par la Métropole et l’État avec l’institut écocitoyen », en difficulté financière.
Le vœu est partagé par Jean-Michel Leroy (ex-PS). Mais l’élu pointe le fait que « Fos-sur-Mer enfouit ses déchets ailleurs » et estime que « la Métropole a la responsabilité d’anticiper les besoins du territoire après 2030, qu’on ne peut nier ». L’élu a une autre solution : « Produire moins de déchets, développer le tri sélectif et faire évoluer nos modes de consommation. » « Je regrette que ça n’ait pas été fait par votre majorité quand vous y étiez », répond Philippe Maurizot à l’ancien adjoint. Tout en admettant que « le dossier est plus complexe que simplement dire non, car si on perd le combat, d’autres villes viendront incinérer à Fos et nous continuerons à traiter nos déchets ailleurs pour un coût supérieur à l’incinération ici. C’est une réflexion à avoir ». La Ville brûlera-t-elle bientôt ses déchets sur place ?

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