Tag: études

  • Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Soixante-douze. C’est le nombre d’étudiants diplômés (Bac ou licence) sans affectation en licence ou master qui s’étaient tournés vers le Scum l’an passé, après avoir épuisé tous les records. Avec le coup de main du Syndicat de combat universitaire de Montpellier, 29 avaient fini par obtenir gain de cause dont 14 dans la filière de leur choix.

    Cette année, Kaïs Ait Addi craint une rentrée encore plus difficile. « Depuis juin, on reçoit des mails toutes les semaines. On a déjà plusieurs dizaines de cas d’étudiants sans affectation », rapporte le porte-parole du Scum.

    Il n’est pas étonné car cette impasse découle d’une politique nationale qui « réduit les places en master et ferme des licences ». Si l’Université de Montpellier (UM) et surtout Paul Valéry sont moins touchés, des étudiants d’autres villes dont les filières n’existent plus se rabattent dans l’Hérault, ce qui crée des tensions.

    Diplôme dévalorisé

    Les cas portés à connaissance du Scum ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Car la plateforme MonMaster incite les étudiants sans affectation à s’inscrire en phase complémentaire. Une sorte de liste d’attente avec faible chance de succès (si désistement) qui les fait poiroter jusqu’en octobre voire novembre. « C’est une manière de couper nos actions de contestation, de nous empêcher de lancer des procédures. Ça pousse aussi les étudiants à rester dans la ville où ils espèrent étudier donc à garder leur logement », précise Kaïs Ait Addi. Ce qui n’est pas sans conséquence, une année perdue pouvant être synonyme de perte de bourses par exemple.

    Le porte-parole du Scum dénonce un système de sélection qui va à l’encontre du « droit d’étudier » et qualifié par ailleurs « d’anti-sociale et raciste ». « Une étude [de l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur, Ndlr] démontre qu’avec un patronyme à consonance maghrébine ou subsaharienne, un étudiant a 8% de chance de moins de se voir proposer un master. Parfois, il n’a même pas de réponse ».

    Kaïs Ait Addi déplore que ce système jugé discriminant, instauré en 2018 avec Parcoursup, soit devenu la norme. « Les étudiants se font de plus en plus à cette sélection illégale qui dévalorise le diplôme. » Pour leur rappeler leurs droits, le Scum organise deux réunions d’information à l’UM (jeudi 10 septembre à 18h salle 2.3.04 bâtiment 2) et à Paul Valéry (vendredi 11).

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Une Polo et une Peugeot 2008 pour commencer… Une convention a été signée, ce jeudi 9 juillet, entre le tribunal judiciaire de Marseille et le rectorat pour attribuer à deux lycées professionnels de la ville des véhicules sous main de justice. De quoi permettre aux élèves de s’entraîner en mécanique ou en carrosserie. Pour le moment, celui de La Floride (14e) et des métiers de l’automobile et des services aux entreprises, Frédéric-Mistral (8e) se sont manifestés.

    « Cette convention répond à un triple objectif », se félicite Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire de Marseille. D’abord, « pédagogique puisque ces véhicules seront destinés à former les lycéens de ces deux établissements » estime-t-il, mais aussi « éducatif, puisque les élèves sauront d’où proviennent ces véhicules, et sauront que quand on transgresse la loi, on peut se faire confisquer sa voiture » ; et enfin, un « objectif de réduction des frais de justice ».

    Du gagnant-gagnant

    Car cet accord gagnant-gagnant permet de faire des économies non négligeables de gardiennage. Sur la juridiction marseillaise, pas moins de 919 véhicules saisis et en attente de confiscation sont stockés dans des garages agréés, moyennant 3,20 euros la journée soit environ 3 000 euros par jour, calcule rapidement de procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. De 80 à 100 voitures par mois viennent grossir les rangs.

    « L’intérêt, c’est que ces véhicules rapportent à l’État plus qu’ils ne coûtent », précise-t-il. Si les grosses cylindrées « des criminels, des voyous » sont souvent remises aux services enquêteurs ou vendues avant jugement, la justice entend donner un certain nombre de véhicules moyenne et bas de gamme voués à la destruction, explique-t-il.

    « Pour nous, chefs d’établissement, il est important de proposer des supports pédagogiques à nos élèves, qui leur permettent d’acquérir des connaissances, des compétences et, à la fin, un diplôme qui leur permettra, soit de poursuivre des études, soit de s’insérer dans la vie professionnelle », commente Gilles Pierrisnard, proviseur du lycée La Floride, dont l’établissement est spécialisé sur les poids lourds et motocycles. Ces modèles vont donner aux lycéens un aperçu d’innovations technologiques sur lesquelles ils ont besoin de travailler, pour « être les plus compétitifs possibles dès leur entrée en entreprise » poursuit-il. Mieux, l’apport régulier de véhicules « va être une plus-value, en plus de l’aspect civique sur lequel on va pouvoir réfléchir avec les élèves, sur le fait que l’erreur se paye », complète Rémi Formaggio, proviseur du lycée Frédéric Mistral.

    Pour Pascale Darras, directrice de greffe, il s’agit également d’ouvrir un peu les horizons en travaillant avec de nouveaux partenaires, cette dernière espérant que cette convention donne des idées à d’autres lycées…

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    Table ronde, échanges, sorties nature… La cité phocéenne accueille le congrès national de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ce samedi 20 juin. Une première se félicite Danielle Castagnoni, présidente de la LPO Paca D’abord, « c’est vraiment une ville où on a développé des partenariats importants, que ce soit au niveau de la sensibilisation, de la protection des espèces et des espaces, de l’éducation à l’environnement, on mène beaucoup d’actions avec la Ville », explique-t-elle. Dans une région « très riche en biodiversité » mais aussi « fragile » sous la pression du tourisme et du développement urbain, ce congrès a aussi toute son importance estime Danielle Castagnoni.

    Avec plus de 400 bénévoles et près de 5 000 adhérents sur l’ensemble du territoire, la LPO Paca est engagée depuis près de 30 ans sur « un grand nombre de fronts », rappelle sa présidente. Une priorité cependant : informer et sensibiliser. Citoyens, entreprises, collectivités, établissements scolaires, la LPO implique une large palette d’acteurs. Où l’on peut apprendre à identifier les libellules à Hyères, se former sur les reptiles méditerranéens dans les Bouches-du-Rhône ou suivre un webinaire sur le campagnol amphibie.

    Une trame verte

    Parmi les projets phare, ajoute Danielle Castagnoni, le réseau de refuges LPO. « Ce sont des personnes, des entreprises ou des institutions, qui vont décider de transformer leur terrain, leur jardin, en refuge de manière à accueillir la biodiversité », explique-t-elle, « notre volonté, ça serait de faire une trame verte pour permettre à cette biodiversité de se déployer sur tout le territoire ».

    L’école ornithologique, avec six formations théoriques et terrains destinés aux particuliers comme aux professionnels, a également « un gros succès » se félicite-t-elle, 90 personnes ayant participé cette année. L’association réalise aussi des études aux côtés des scientifiques. Comme celle publiée ce 16 juin sur la Pie-grièche méridionale dont la région abrite la plus grande population malgré le déclin de l’espèce en Europe, avec l’Institut méditerranéen biodiversité et écologie. Il faut dire que grâce à son réseau d’observateurs, la LPO Paca dispose d’une base de 13 millions de données sur la faune sauvage, des observations récoltées depuis 2009 au moyen d’une application sur smartphone. « On vient aussi de reprendre en 2026, en cogestion, les marais du Vigueirat en Camargue. Un hot spot particulièrement riche en oiseaux », annonce Danielle Castagnoni.

    Toujours dans cette optique de préservation, le congrès abordera notamment les 50 ans loi de protection de l’environnement. Parce qu’on « assiste à la volonté de dégrader », déplore Danielle Castagnoni. Et la LPO ne compte pas laisser faire.

  • [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine débarque à Marseille. Le navire vient de l’Est de la Méditerranée. Dans sa cargaison, une bactérie : celle de la peste qui frappera toute la Provence. « C’est la dernière grande épidémie de peste en France », rappelle Isabelle Séguy, chercheuse associée au laboratoire Cultures – Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) à Nice. Elle fera plus de 120 000 victimes. « Mais il est difficile d’évaluer l’impact de l’épidémie sur la population et la démographie seulement à partir du décompte des morts », poursuit la chercheuse. C’est la raison pour laquelle, avec son collègue Pierre Darlu du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), elle s’est plongée dans les noms de famille de la population de Martigues. « La ville tenait des registres exceptionnels », précise-t-elle. Et l’analyse parue dans Plos One révèle une histoire jusqu’alors inconnue : « Près de 50% de la population a été remplacée après la peste de 1720, résume Isabelle Séguy, coautrice de l’étude. C’est la première fois que nous mettons en évidence l’impact profond de cette épidémie avec les mouvements de population engendrés. »

    Anglesy, Diegue, Langlois… Avant 1720, ces noms de famille – ou leurs dérivés – sont communs à Martigues dans les listes des enfants baptisés. Après 1721, ils disparaissent. Certains sont morts de la peste : ils figurent dans les registres des victimes. D’autres ont fui. On les retrouve ailleurs dans les Bouches-du-Rhône ou plus loin en France au registre des noms de famille établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Exemple avec les Gratian, un nom typique de Martigues – dont beaucoup d’enfants sont nés avant 1720 et sont absents des registres des victimes – qui disparaît du département et apparaît dans le Sud-Ouest de la France plus tard. « Il serait intéressant de savoir qui étaient ces personnes pour voir si des facteurs
    – profession, milieu social – ont pu influencer la mobilité
     », indique Isabelle Séguy.

    Natalité en baisse

    À l’inverse, des noms comme Pignatel, Mauras ou Cambon apparaissent à Martigues à partir de 1721 alors qu’ils étaient absents avant. L’étude note que ces nouveaux arrivants viennent plutôt de la région et non pas de l’autre bout de la France.

    D’autres noms comme Tourrel ou Fouque traversent la crise. Mais la natalité baisse parmi les survivants. Est-ce dû à la peste ou à un changement générationnel ? Les données font pencher la balance vers la première hypothèse car la baisse touche principalement les noms de famille touchés par la peste. Mais l’autre piste n’est pas exclue. « Cela serait plus tôt que ce qu’estiment les historiens », relève Isabelle Séguy. Ces derniers considèrent que le passage d’une forte natalité – compensant une forte mortalité – à une natalité plus faible, a débuté en France à la fin du XVIIIe siècle.

    Y. pestis

    Yersinia pestis est la bactérie responsable de la peste. Elle a été découverte en 1894. Ce n’est qu’en 1998 que l’épidémie qui a frappé la Provence en 1720 sera imputée à Y. pestis, suite aux avancées des analyses ADN qui permettent d’identifier la bactérie sur des squelettes dans un charnier.

    120 800

    C’est le nombre de morts de la peste entre 1720 et 1722 en Provence et dans le Bas-Languedoc sur une population totale de 400 000 habitants. À Martigues, l’épidémie tuera 2 150 personnes en quelques mois sur une population d’environ 6 000 habitants.

    4 022

    C’est le nombre de noms de famille d’habitants de Martigues retenus pour cette étude sur la période 1689-1789. Les données viennent principalement des registres paroissiaux conservés aux archives de Martigues et de l’association de généalogie des Bouches-du-Rhône (via le site Geneanet).

  • À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    C’est l’Arlésienne du patrimoine en péril. Depuis plus de vingt ans, on annonce, on promet, on applaudit sa restauration prochaine. Les délibérations, les appels d’offres, les communiqués se succèdent annonçant études préliminaires, diagnostics et plans de sauvetage de la grande serre en péril du jardin botanique du parc Borély, avenue Clot Bey (8e). Cette fois, c’est bon mais, encore un petit peu de patience.

    Cette pyramide de métal et de verre de 200m² est un témoignage précieux des techniques de ferronnerie puddlée de la fin du XIXe siècle. L’ouvrage gracieux de style Baltard, surmonté d’un chapiteau central avec des lanterneaux était à l’origine le jardin d’hiver du château de Montcalm près de Vauvert en Camargue, l’espace de réception de la richissime famille Noilly-Prat. C’est Edmonde Charles-Roux qui souffla l’idée à Gaston Defferre de la sauver du château en ruine. Ce fut fait en février 1982 avec un chèque de 500 000 francs. Démontée, transportée à Marseille, remontée et surtout adaptée en serre tropicale, la « dame de fer » a été inaugurée en mars 1984 avec une exposition d’orchidées.

    Redonner sa destination de serre botanique

    Par manque d’entretien, l’édifice s’est lentement dégradé. Depuis 22 ans, il est interdit au public pour des raisons de sécurité. En mars 2006, le conseil municipal avait voté un budget, porté en 2010 à 350 000 euros. Puis rien ne s’est passé comme prévu. L’appel d’offres n’a pas eu de suite. La Ville a alors déposé en douce en octobre 2015 un permis de démolir, stoppé net par les Affaires culturelles. La Ville a ensuite vite promis aux crédules que sa restauration serait vite achevée en novembre 2019. Six mois plus tôt, l’agence Fabrica Traceorum avait rendu un sérieux rapport de diagnostic sur son piteux état. Une ligne budgétaire de 2 millions d’euros lui a été consacrée pour la recycler en halle pour des expositions temporaires. Vu le montant de l’ardoise pour la sauver, l’adjointe aux parcs et jardins, Nassera Benmarnia, a revu le projet pour lui redonner sa destination originelle de serre botanique et l’ouvrir pleinement au public toute l’année. Une maîtrise d’œuvre a alors été lancée en mars 2023 confiée à un groupement d’entreprises piloté par l’atelier d’architecture Ugo Nocera, primé pour son projet de restauration et aménagement du phare de l’Espiguette. Un permis de construire a été délivré en février 2026 pour la « restauration complète » de la serre, validé par la Conservation régionale des monuments historiques, l’ouvrage bénéficiant de la protection attachée depuis septembre 2024 à la totalité du domaine Borély. C’est ce qui la sauve.

    Parcours de valorisation des plantations

    Quarante-trois ans après son remontage à Borély, « le cœur du projet, c’est le démontage intégral de la structure métallique. Elle sera nomenclaturée, traitée, renforcée et remontée sur de nouvelles fondations », explique l’architecte du patrimoine Ugo Nocera conscient des aléas et de la complexité de l’opération. « C’est un ouvrage très intéressant, bien dessiné, très proportionné. Il ne fait aucun doute que d’un point de vue historique, on est vraiment dans les premières structures en fer puddlé très pur, obtenu à partir de fonte brute, une période qui n’a pas duré longtemps avant de passer à l’acier. » 90% de cette charpente à valeur patrimoniale avec ses douze colonnettes en fonte seront conservés, décapés, renforcés et traités contre la corrosion. Les éléments irrémédiablement détériorés seront recréés. Toute l’opération vise à lui restituer « son intégrité architecturale, structurelle et fonctionnelle » tout en assurant sa mise aux normes, son accessibilité PMR avec désormais deux entrées et sa pérennité.

    Un nouveau système de chauffage par pompe à chaleur assurera une température stable toute l’année. Le sol en terre cuite sera constamment mouillé par un système d’arrosage qui maintiendra une ambiance humide. Les façades vitrées seront reconstruites à l’identique. L’espace intérieur sera réaménagé par l’architecte scénographe Flavio Bonuccelli afin d’offrir aux visiteurs un parcours de valorisation des plantations disposées autour d’un espace central de pleine terre. Ainsi après neuf à douze mois de chirurgie, la belle endormie renaîtra. Faudrait-il encore que le marché public de travaux sorte un jour. Encore une année ou deux de patience.

  • Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Étudier est un droit, pas un privilège », c’est le slogan choisi par les différents syndicats étudiants et du corps enseignant, réunis ce mardi 26 mai devant le rectorat de Montpellier. Ils prennent la parole pour affirmer leur opposition aux mesures définies par le gouvernement au sujet de l’accès aux études supérieures pour les étudiants étrangers.

    Le 20 avril 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur a détaillé plusieurs points de ce décret qui vise l’accès aux études universitaires pour les étudiants non européens. À compter de l’année scolaire 2026-2027, la majorité des étudiants étrangers non ressortissants de l’Union européenne devront payer des droits d’inscription différenciés à l’université, plus élevés que pour les autres élèves. Des frais qui passeront de 178 euros à 2 895 euros par an pour les licences et de 254 euros à 3 941 euros pour les inscriptions en master. À cela s’ajoutera une limite de 10% d’exonération, appliquée dans beaucoup d’universités pour permettre aux étudiants étrangers d’étudier en France.

    « Cette mesure favorise les étudiants nationaux au détriment des étudiants étrangers, c’est une mesure raciste », s’inquiète Elona Kraemer, étudiante en licence d’histoire de l’art et vice-présidente étudiante à l’Université Paul-Valéry, membre du Scum. Une mesure qui mettra des bâtons dans les roues des jeunes non européens qui souhaitent entamer des études supérieures en France. « On a organisé des tractages, des stands sur l’Université et tous les étudiants sont très réceptifs, la grande majorité trouve ça totalement anormal », ponctue la jeune étudiante.

    Le soutien des professeurs

    Dans les rangs des manifestants, de nombreux drapeaux flottent face au rectorat de Montpellier, au milieu des drapeaux du Scum, du Réseau université sans frontières (RUSF), de Solidaires ou encore du Poing levé, plusieurs enseignants du Snesup (Syndicat national de l’enseignement supérieur) sont également présents. Parmi eux, Thierry Guillet, professeur de physique à la faculté des sciences de l’Université de Montpellier, prend la parole pour appeler à se mobiliser contre cette réforme. « L’université des sciences c’est 8 000 étudiants dont 1 700 sont concernés par cette mesure, 20% de nos effectifs », affirme-t-il. « On a 124 nationalités dans une seule composante d’enseignement, la moitié de la planète », souligne ce dernier pour qui la diversité culturelle est une « fierté d’enseignant ».

    Comme il le rappelle, le Conseil de la faculté des sciences a voté à l’unanimité une motion de désaccord avec cette mesure, le Conseil académique de l’Université de Montpellier a également exprimé son désaccord, tout comme le doyen de l’Université qui est même à l’origine d’une tribune parue dans le quotidien Midi Libre. « Le président de l’université de Montpellier, dans le bâtiment juste derrière nous, s’est exprimé contre lui aussi, même s’il ne le dit pas très fort », précise Thierry Guillet, qui affirme clairement que cette mesure n’est pas la bienvenue au sein des universités de Montpellier.

    Ces mesures délétères, au-delà d’envoyer un message jugé « raciste » aux personnes non européennes qui souhaiteraient étudier en France, sont vues les prémices d’une « pêche aux voix électorales » comme le souligne le professeur de physique : « On voit bien un électorat cible de ce message pour les élections 2027. On pensait que ce genre de mesures arriveraient après les élections, mais malheureusement pas ». Fort heureusement, la solidarité semble régner sur les bancs des universités.

  • Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Les pas sont parfois hésitants, parfois assurés pour monter sur les sept voiliers amarrés devant le Mucem, ce mercredi. Pour la plupart des cinquante jeunes venus de tout le bassin méditerranéen, c’est une grande première. Organisée dans le cadre de la saison Méditerranée 2026, cette régate permet notamment à des jeunes éloignés de l’emploi de découvrir la navigation et cette mer qui les sépare.

    Parmi les participants, Yussef Achour est élève à l’école de la seconde chance, qui aide les jeunes sans emploi ou sans diplôme. Le Marseillais a rejoint, il y a deux mois, la filière des métiers de la mer proposée par l’association. « C’est notre première sortie en mer aujourd’hui. J’espère devenir sapeur-pompier », confie le jeune majeur. Ils sont une dizaine de jeunes de l’école de la seconde chance, de Marseille et du Var, a avoir fait le déplacement pour participer à cette régate.

    Un événement qui permet aussi à ces jeunes de porter leur voix. Élève à l’école de la seconde chance à Marseille et ambassadrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, Shaden Boughattas le rappelle : « Notre but est de briser les mythes. On nous appelle les NEETS, ni en emploi, ni en études, ni en formation, mais on ne se résume pas à ça. »

    Mais si la régate a attiré beaucoup de jeunes, c’est avant tout pour participer au quartier général des jeunesses méditerranéennes que la plupart des participants ont fait le déplacement jusqu’à Marseille. Du 19 au 22 mai, ces jeunes éloignés de l’emploi pourront suivre des workshops et participer à des assemblées. « Le but est que les jeunes échangent entre eux sur les bonnes pratiques. Qu’ils apprennent aussi les clés du plaidoyer pour qu’ils choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent dire et comment le dire », explique Sabine Bécard, coordinatrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, qui rassemble des structures de réinsertions pour les jeunes méditerranéens éloignés de l’emploi.

    « Construire des ponts »

    Pour Ayoub Maskaoui, ambassadeur marocain de ce réseau et membre de l’association el Jisr, venir était une évidence : « On est ici pour trouver des solutions pour nous, les jeunes, et pour porter la voix de ceux ne peuvent pas le faire. » Pour Hicham Naime, venu également du Maroc, c’est aussi un moyen « de découvrir d’autres points de vue sur nos problématiques propres à chaque pays ».

    Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire déléguée aux relations internationales en est sûre, ces rencontres permettront « de construire des ponts là où certains construisent des frontières ».

  • Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    Une « année riche en travaux » pour la SNCF

    C’est une « année extrêmement riche en travaux sur l’ensemble de la Région », qu’annonce Karim Touati, directeur régional de la SNCF Réseau en Région Sud, lors du point presse annuel balayant toutes les actions et chantiers à venir pour 2026. Avec pas moins de 442,7 millions d’euros d’enveloppe totale sur la table, l’opérateur historique des chemins de fer entend mener de front les questions de maintenance, de mise en accessibilité de plusieurs de gares ou de nouvelles voies. Le tout, en vue de « garantir une circulation fiable ».

    Forcément, plusieurs opérations « emblématiques » auront lieu à Marseille. Par exemple, lors de la venue « exceptionnelle d’une grue ferroviaire unique » qui interviendra pour « le renouvellement de 9 aiguillages à Saint Charles », lors du pont de l’Ascension. La SNCF vise aussi un « chantier d’ouvrage d’art au pont-rail des Chartreux [dans le 4e arrondissement de la ville, Ndlr.] ». Et ce n’est pas une mince affaire puisque ce dernier « porte l’ensemble des voies qui quittent Marseille vers l’est », précise Karim Touati, ajoutant que l’opération se fera « en plusieurs étapes ». Avec notamment des travaux préparatoires dès mi-juillet puis « deux périodes d’interruption des circulations », du 18 septembre au 20, puis du 8 novembre au 15. Dans la même lignée de ces chantiers sensibles, le train usine unique en Europe, Eric (Engin de régénération industrielle caténaire), interviendra pour le renouvellement de 15km entre Marseille et Vintimille. Côté Vaucluse, on part sur une « opération coup de poing » de 16 millions d’euros avec le renouvellement de 9km de voies à Avignon entre juillet et décembre.

    Des études pour la « ligne ferroviaire olympique »

    « 2026, c’est aussi la suite de grands travaux autour de grands projets », note Karim Touati. Il a dans le viseur la fameuse LNPCA (Ligne nouvelle Provence Côté d’Azur), projet à plus d’un milliard d’euros sur le long terme pour améliorer tout l’écosystème du rail dans la région. « Les premiers travaux ont démarré, notamment sur Marseille Saint-Charles avec la démolition d’infrastructures obsolètes », explique le directeur régional. Mais ce projet est éclipsé par l’urgence d’un autre vaste chantier pour la SNCF, celui de la « performance ferroviaire des Alpes du Sud » et plus globalement de la « ligne ferroviaire olympique » en vue des jeux d’Hiver en 2030. « C’est un projet tout aussi ambitieux que la LNPCA. Il consiste en la modernisation des infrastructures de l’étoile de Veynes et de la ligne de Marseille à Briançon. »

    Concrètement, 2026 est l’heure du lancement des études en 2026 avant « les travaux en 2027 ». Et surtout du lancement d’une concertation publique du 13 avril au 29 mai. Au total, la SNCF prévoit « 137km de voie renouvelées, remplacement de 60 aiguillages, régénération de 108 ouvrages, modernisation de signalisation… », pour un total de 360 millions d’euros d’ici 2030. Jean-Pierre Serrus (Ren.), vice-président de la Région aux Transports annonce d’ores et déjà « du bazar » pour la circulation des trains actuels lors des travaux. Notamment en vue de tenir l’objectif de Marseille-Briançon « en 3h40 » dans ce timing serré et contraint. « On n’a pas le choix », laisse-t-il en suspens.

    Et des rénovations

    de gares

    Autre pan des chantiers de la SNCF, et pas des moindres avec une enveloppe de 40 millions d’euros prévue, celui des gares. Dans les opérations notables : on retient le démarrage des travaux pour la halte ferroviaire de Plan-de-Campagne « d’ici fin 2026 ». Pour un montant de plus de 12 millions d’euros, la livraison est prévue en 2028. La mise en accessibilité de celle de Miramas devrait être terminée à l’été. Dans le Var, l’opérateur « commence à avancer sur la création des pôles d’échanges multimodaux pour La Pauline-Hyères et celle de Saint-Cyr » dans le cadre de la LNPCA. Même principe pour les gares d’Arenc et Saint André à Marseille. « Les projets sont financés et dans la phase 1 de la LNPCA », précise Jérôme Bini, directeur régional de SNCF Gares et Connexions.

    Plus concret, il table aussi sur la rénovation des bâtiments des gares de l’Estaque, de Tarascon et de Sénas. « On attaque des travaux sur celle de l’Isle-sur-la-Sorgues [en Vaucluse, Ndlr.] qui accueillera l’Office du Tourisme. » Tout un programme.