À Marseille, l’exposition « Manger les images » se dévore du regard

L’exposition « Manger les images » s’installe au Mucem, du mercredi 28 octobre au 12 avril 2027, à Marseille. Jérémie Koering et Raphaël Bories offrent un parcours multidisciplinaire croisant anthropologie et histoire de l’art. Œuvres anciennes et créations contemporaines se rencontrent autour d’un même thème : les images.

Plus de 435 œuvres sont exposées, dont 250 proviennent des collections du musée. De l’Antiquité jusqu’à nos jours, les images sont constitutives de notre vie en société. « C’est particulièrement vrai aujourd’hui, nous en consommons véritablement sans cesse », explique la conservatrice du musée, Marie-Charlotte Calafat. Ces images « sont utilisées pour transmettre une certaine idée de la société, de son fonctionnement, des relations que les hommes tissent entre eux et leur désir ou non de se soumettre à un pouvoir », ajoute Jérémie Koering, commissaire de l’exposition et professeur à l’Université de Fribourg.

Scénographiée par l’architecte Sylvie Jodar, l’exposition débute par une première section intitulée Imaginaire de l’ingestion, dédiée « aux imaginaires, aux métaphores, qui sont fréquentes pour parler de l’acquisition du savoir », indique Jérémie Koering. La deuxième section, nommée Images salvatrices, est consacrée aux images comestibles qui créent un lien entre l’homme et le divin. « On commence par évoquer l’une des grandes raisons pour lesquelles un groupe se livre à cette pratique d’ingestion des images, à savoir se sauver, se guérir », précise Raphaël Bories, deuxième commissaire de l’exposition et conservateur responsable du pôle Croyances et religions au Mucem. L’exposition se clôture par une troisième section, Banquets d’images, qui met en avant le partage autour d’une table des images comestibles et « les effets que cela produit sur le corps social, sur son renforcement (…), sur son institution », explique Raphaël Bories.

« Manger les images » présente une installation de l’artiste israélien Micha Laury, qui joue sur un contraste saisissant : la douceur sucrée du chocolat et la violence des combats militaires. Cette œuvre a la particularité d’être périssable car les soldats sont voués à disparaître après avoir été mangés. Ainsi, par cette action, l’artiste détourne aussi l’image des soldats pour dénoncer le pouvoir politique et son injonction à la violence.

Tarifs : 11 euros ; réduit 7,50 euros. L’exposition « Manger les images » sera en accès libre ce samedi 31 octobre, de 19h à 23h. Programme et tarifs : mucem.org

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