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  • À Marseille, l’exposition « Manger les images » se dévore du regard

    À Marseille, l’exposition « Manger les images » se dévore du regard

    L’exposition « Manger les images » s’installe au Mucem, du mercredi 28 octobre au 12 avril 2027, à Marseille. Jérémie Koering et Raphaël Bories offrent un parcours multidisciplinaire croisant anthropologie et histoire de l’art. Œuvres anciennes et créations contemporaines se rencontrent autour d’un même thème : les images.

    Plus de 435 œuvres sont exposées, dont 250 proviennent des collections du musée. De l’Antiquité jusqu’à nos jours, les images sont constitutives de notre vie en société. « C’est particulièrement vrai aujourd’hui, nous en consommons véritablement sans cesse », explique la conservatrice du musée, Marie-Charlotte Calafat. Ces images « sont utilisées pour transmettre une certaine idée de la société, de son fonctionnement, des relations que les hommes tissent entre eux et leur désir ou non de se soumettre à un pouvoir », ajoute Jérémie Koering, commissaire de l’exposition et professeur à l’Université de Fribourg.

    Scénographiée par l’architecte Sylvie Jodar, l’exposition débute par une première section intitulée Imaginaire de l’ingestion, dédiée « aux imaginaires, aux métaphores, qui sont fréquentes pour parler de l’acquisition du savoir », indique Jérémie Koering. La deuxième section, nommée Images salvatrices, est consacrée aux images comestibles qui créent un lien entre l’homme et le divin. « On commence par évoquer l’une des grandes raisons pour lesquelles un groupe se livre à cette pratique d’ingestion des images, à savoir se sauver, se guérir », précise Raphaël Bories, deuxième commissaire de l’exposition et conservateur responsable du pôle Croyances et religions au Mucem. L’exposition se clôture par une troisième section, Banquets d’images, qui met en avant le partage autour d’une table des images comestibles et « les effets que cela produit sur le corps social, sur son renforcement (…), sur son institution », explique Raphaël Bories.

    « Manger les images » présente une installation de l’artiste israélien Micha Laury, qui joue sur un contraste saisissant : la douceur sucrée du chocolat et la violence des combats militaires. Cette œuvre a la particularité d’être périssable car les soldats sont voués à disparaître après avoir été mangés. Ainsi, par cette action, l’artiste détourne aussi l’image des soldats pour dénoncer le pouvoir politique et son injonction à la violence.

    Tarifs : 11 euros ; réduit 7,50 euros. L’exposition « Manger les images » sera en accès libre ce samedi 31 octobre, de 19h à 23h. Programme et tarifs : mucem.org

  • Jurassique parc au Musée d’histoire naturelle de Marseille

    Jurassique parc au Musée d’histoire naturelle de Marseille

    Au deuxième étage du Muséum d’Histoire naturelle, la reproduction d’un titanosaurus tend son long cou à l’horizontale et semble souhaiter la bienvenue aux visiteurs de l’exposition « Dinosaures de Provence ». Au Palais Longchamp, jusqu’au 20 juin, une plongée jurassique invite le public à désosser les squelettes de ces animaux depuis l’ère du Crétacé supérieur, il y a 70 millions d’années, mais aussi dans ses spécificités provençales.

    « C’est en Angleterre qu’on décrit les premiers dinosaures comme l’iguanodon ou le megalosaurus », expose à une ribambelle de minots un médiateur scientifique du Musée. « Mais saviez-vous qu’ensuite, en Provence, c’est Philippe Matheron qui a trouvé les premières espèces de dinosaures ? », poursuit-il devant le regard ébahi des enfants, pour qui l’entrée est gratuite, ainsi qu’à un adulte accompagnateur en ces vacances scolaires. « Père de la paléontologie provençale », cet ingénieur marseillais du XIXe siècle a découvert les premiers fossiles lors du « creusement du tunnel de la Nerthe dans la colline. Il a notamment décrit le rhabdodon », précise le médiateur de la Ville devant le moulage d’une fouille réalisée à Vitrolles, en 1995, qui représente l’un des squelettes de ce genre de dinosaure.

    « Terre de dinosaures »

    Déployant l’histoire de la paléontologie tout autant que d’intrigantes reconstitutions de dinosaures, l’exposition suscite la curiosité des plus petits comme des adultes, souvent massés devant des particularités provençales comme des coquilles marbrées. Des œufs de dinosaures retrouvés lors de fouilles préventives du cours Sextius, à Aix. « On en a beaucoup retrouvé en Provence, notamment lors de chantiers à l’emplacement du Monoprix dans les années 2000 », indique le médiateur scientifique. Autant d’embryons jurassiques dont des gisements ont été localisés, lors des dernières décennies, sur le site de la Saint-Victoire. La Provence, définitivement « une terre de dinosaures ».

    Tarif plein : 6 euros ; réduit : 3 euros : gratuit moins de 18 ans

  • À Lunel, la magie dévoile ses secrets, de Circé à Harry Potter

    À Lunel, la magie dévoile ses secrets, de Circé à Harry Potter

    Fioles mystérieuses, vieux grimoires et personnages fantastiques : avec « Sortilèges et magiciens, de Circé à Harry Potter », le musée Médard, à Lunel, invite à explorer l’histoire de la magie et de la sorcellerie à travers une exposition qui fait dialoguer patrimoine écrit et culture populaire.

    « On avait envie de mettre un peu de mystère, et je pense qu’on a tous besoin de magie en ce moment », confie Valérie Dumoulin, directrice du musée. C’est en découvrant les nombreux ouvrages consacrés à la magie dans la collection de Louis Médard, bibliophile lunellois du XIXe siècle qui légua à sa ville une collection exceptionnelle de livres anciens, que l’équipe a imaginé ce parcours, nourri d’ouvrages du fonds Médard et de prêts exceptionnels. « Des ouvrages méconnus du grand public, mais dans lesquels s’est créée toute l’imagerie de la sorcière et des magiciens. »

    Le voyage commence dans l’Antiquité avec Circé et Médée, figures de magiciennes aux pouvoirs ambivalents, capables de guérir comme de nuire. Il est ensuite question de Merlin. « Au départ, il y a un côté plutôt magicien, devin et devineresse. La sorcière n’a pas encore la connotation qu’elle prendra au Moyen Âge », explique Valérie Dumoulin. En effet au fil des siècles, les représentations évoluent.

    La saga Harry Potter à l’honneur

    Avec le développement du christianisme, les savoirs populaires liés aux plantes et aux soins suscitent la méfiance. « Ces savoirs échappaient à l’Église, qui les a condamnés. À partir du Moyen Âge, la figure de la sorcière se rapproche peu à peu de celle du diable et nourrit un imaginaire qui conduira aux procès et aux persécutions. » La chasse aux sorcières, « qui s’intensifie à la fin du Moyen Âge, où des théoriciens expliquent comment reconnaître une sorcière », constitue l’un des temps forts de l’exposition. Les femmes, souvent guérisseuses ou devineresses, sont particulièrement visées. « Il va y avoir une sorte d’association avec le diable. Toute l’image de la femme va se trouver entraînée là-dedans », souligne la directrice. Le parcours fait notamment écho à l’histoire locale, avec un document de 1280 relatant la condamnation au bûcher, dans le Lunellois, d’une femme accusée de « maléfices ». Pour clore cette première étape de l’exposition, proposée au rez-de-chaussée, un cabinet de sorcier reconstitué, « avec fioles, minéraux et boule de voyance », plonge les visiteurs dans cet imaginaire.

    À l’étage, le parcours se poursuit en explorant les liens entre nature et magie : plantes médicinales, pierres, alchimie et astrologie témoignent d’une quête ancienne pour comprendre le monde. Dernière étape, la bibliothèque de Louis Médard fait le lien avec la culture contemporaine. La saga Harry Potter y est mise à l’honneur avec des objets liés aux films, présentés en regard d’ouvrages patrimoniaux qui ont nourri l’univers de l’autrice, J. K. Rowling. « On se rend compte qu’elle a puisé son inspiration dans les livres présentés dans l’exposition », observe la directrice. Une manière de rappeler que les histoires de sorciers d’aujourd’hui plongent leurs racines dans un patrimoine littéraire ancien.

    Visites commentées, ateliers créatifs et conférences feront vivre l’exposition dans les prochains mois. La première conférence se déroulera le 18 novembre à 18h à l’Espace Castel, où l’ethnobotaniste Alain Renaux évoquera « les plantes bénéfiques et maléfiques de nos amies sorcières ».

    A.G.

    * Entrée libre. Réservations pour les visites et ateliers au 04.67.87.83.94.

  • Ni Tanjung, « pauvre reine de Bali » aux mille visages

    Ni Tanjung, « pauvre reine de Bali » aux mille visages

    Dans la petite salle du musée d’art brut de Montpellier, les regards sont partout. Des visages tracés à la craie grasse, des silhouettes découpées, des poupées hérissées de papiers colorés : l’univers de Ni Tanjung déborde du cadre. Jusqu’au 31 décembre, le musée consacre une exposition à cette artiste balinaise autodidacte, morte en 2020, dont l’œuvre s’est construit loin des écoles et des circuits traditionnels de l’art.

    Son histoire commence presque au bord de la route. En 2004, l’anthropologue suisse Georges Breguet la découvre à Bali, chantant et dansant devant un mur de pierres volcaniques décorées de visages. « C’était un temple dédié aux ancêtres », racontait-il lors de la présentation de l’exposition. Deux ans plus tard, l’installation compte plusieurs centaines de pierres avant d’être démantelée par une collectionneuse.

    Une nécessité de créer

    La disparition de ce premier ensemble ne freine pourtant rien. Après la mort de son mari, Ni Tanjung se met à dessiner, découper et assembler avec frénésie. Depuis sa chambre, puis son lit lorsque sa santé décline, elle fait surgir des ancêtres, des femmes, des créatures fantastiques et tout un théâtre intime. Plus de 1 200 assemblages auraient ainsi été réalisés en moins de dix ans.

    Quand le papier vient à manquer, elle cherche ailleurs : mousse de son matelas, matériaux de récupération, jusqu’à ses propres cheveux. « Elle avait un véritable besoin de créer », insiste G. Breguet. Et pourtant, « elle-même ne se prenait pas pour une artiste et s’exprimait simplement ».

    Derrière l’explosion de couleurs et les grands yeux qui fixent le visiteur, l’exposition raconte aussi une femme longtemps marginalisée dans son village, mais reconnue bien au-delà de Bali. Ses œuvres ont rejoint la Collection de l’Art Brut à Lausanne, le LaM de Villeneuve-d’Ascq ou encore la Biennale de Jakarta. À Montpellier, dessins sur carton, assemblages et sculptures ouvrent une fenêtre sur ce monde foisonnant, fragile et profondément libre. Une exposition où l’on vient d’abord pour les couleurs, avant de rester pour l’histoire d’une femme qui, jusque depuis son lit, n’a jamais cessé de peupler le monde.

  • La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    Et si, le temps d’une soirée, les tribunaux devenaient des lieux de spectacle où l’on se rend plein de curiosité, sans l’appréhension qu’ils suscitent d’ordinaire ? C’est ce que propose la Nuit du droit, dont Montpellier s’empare pour une 5e édition organisée le 5 octobre, de 17h à 22h30. Objectif : ouvrir les portes des lieux de justice pour familiariser le grand public avec cette institution souvent intimidante, faire mieux connaître le droit, qui constitue le socle de notre vie en société. « Le but est de rendre accessible les lieux de justice. Tout citoyen a le droit de venir rencontrer des avocats, des magistrats, des greffiers, des notaires… », explique la vice bâtonnière Marie-Pierre Vedel-Salles.

    Lancée en 2017 à l’initiative de Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel, la manifestation célèbre le droit autour de l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958. « Au fil des années, tout le monde s’est pris au jeu », se félicite Éric Mathais, nouveau procureur général près de la cour d’appel de Montpellier. L’ensemble des professions juridiques (magistrats administratifs, judiciaires et financiers, avocats, notaires, étudiants en droit…) s’associe en effet pour faire vivre cette soirée, dont la déclinaison montpelliéraine se distingue par sa diversité : « Ce qui est fait à Montpellier est assez exemplaire. Ce n’est pas dans toutes les villes qu’il y a un programme aussi dense. »

    Comme désormais chaque année, la manifestation débutera dans la matinée par un forum des métiers du droit proposé dans l’enceinte du lycée Jean-Monnet, à destination des élèves de première et terminale. Puis, à partir de 17h, le public pourra investir le tribunal administratif, où des étudiants en droit et des élèves de l’école d’avocats (Edacs) s’affronteront lors de joutes oratoires.

    Deux procès reconstitués

    À la cour d’appel, deux procès reconstitués permettront de questionner la justice à travers deux affaires emblématiques. Le procès des sœurs Papin replongera dans l’affaire qui bouleversa la France en 1933. Christine et Léa Papin, employées comme domestiques, avaient assassiné leur patronne et sa fille. Au-delà de la violence des faits, le procès avait posé la question de la responsabilité pénale et de la maladie mentale, les experts psychiatres s’opposant sur leur état de conscience. Il avait aussi nourri les réflexions sur les rapports de classe. Des thèmes qui, selon l’avocate chargée de la reconstitution, « se posent encore actuellement ». Une vingtaine de professionnels du droit feront revivre l’audience à partir d’une documentation d’époque.

    Le second procès, tourné vers les libertés publiques, sera consacré à l’affaire Gonzalez-Gomez, dite de la PMA post-mortem. En 2016, le Conseil d’État avait autorisé l’exportation vers l’Espagne des gamètes d’un homme décédé, son épouse souhaitant y poursuivre une procédure interdite en France. Le juge administratif devait alors mettre en balance la protection des règles françaises de bioéthique et les libertés individuelles, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale.

    Enfin, la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie proposera, à la bibliothèque des avocats, un escape game pour découvrir le travail des magistrats financiers. « Il permettra au public de plonger dans les arcanes du fonctionnement de la CRC, de travailler à une instruction, de prêter serment comme un véritable magistrat et de délibérer », résume la présidente de la CRC, Valérie Renet.

    Toutes les animations sont gratuites, sur inscription obligatoire*. Un succès qui ne se dément pas : selon Marie-Pierre Vedel-Salles, les places sont chaque année « prises d’assaut » !

    * – Procès historique et procès administratif : my.weezevent.com/nuit-du-droit-courdappel- 2026

    – Joutes oratoires : my.weezevent.com/joutes-oratoires-nuit-du-droit-2026

    – Escape game : my.weezevent.com/escape-game-nuit-du-droit-2026

  • Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    À Nîmes, il suffit parfois de creuser quelques mètres pour changer de siècle. Sous une avenue, un parking ou un futur immeuble peuvent réapparaître une mosaïque, une tombe ou les murs d’une maison antique. Depuis près d’un demi-siècle, les transformations de la ville racontent ainsi, chantier après chantier, une autre histoire de Nîmes. Une histoire désormais réunie dans un Atlas archéologique numérique, présenté au musée de la Romanité.

    Dévoilé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, trois ans jour pour jour après l’inscription de la Maison Carrée au patrimoine mondial de l’Unesco, l’outil est le fruit d’un partenariat entre la Ville et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Depuis les années 1980, plus de 400 diagnostics et quelque 140 fouilles préventives ont été menés sur la commune au gré des opérations immobilières et des grands aménagements. Une cinquantaine de chantiers emblématiques ont été retenus pour cette première version. Sur la carte, des points rouges jalonnent Nîmes. Un clic suffit pour retrouver photographies, plans, textes, vidéos et objets découverts sur place. L’avenue Jean-Jaurès y côtoie les Halles, Villa Roma ou le quartier Clérisseau. On y croise aussi la mosaïque de Penthée, la statue de Neptune ou encore le portrait d’un notable gaulois découvert en 2023 près du cadereau.

    Un outil qui manquait

    L’intérêt de l’atlas ne tient pourtant pas seulement à ses découvertes spectaculaires. Des dossiers thématiques permettent aussi de suivre l’évolution de Nîmes, de l’agglomération gauloise à la cité romaine puis médiévale, en passant par la vigne, les pratiques funéraires, l’aqueduc, les peintures murales ou les remparts. « Pour le public qui ne connaît pas Nîmes, cela permet d’avoir une belle idée de son passé. Et les Nîmois peuvent savoir exactement où ont été trouvés les vestiges », souligne Jean-Yves Breuil, chargé des relations avec les aménageurs à l’Inrap.

    Pour le musée, l’outil vient aussi combler un manque : « L’enjeu du contexte est compliqué à amener dans un musée. Ici, l’atlas sera complémentaire de la visite et des objets présentés en vitrine », explique son conservateur Nicolas de Larquier. Installé dans le hall, il est accessible librement, sans billet d’entrée, et peut également être consulté en ligne. L’atlas permet ainsi de replacer les objets exposés dans leur environnement d’origine et de montrer ce que l’archéologie préventive apporte à la connaissance de la ville.

    L’outil n’a d’ailleurs pas vocation à rester figé. « Ce travail est évolutif et sera enrichi au fur et à mesure des découvertes », insiste Nadia Goudard, conseillère municipale déléguée aux patrimoines culturels et à l’Unesco. Une nécessité dans une ville où, comme le résume Jean-Yves Breuil, « il y a encore toute la ville romaine en dessous ».

  • [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    Au Musée d’archéologie de la Corse, à Sartène, les collections témoignent de la diversité des sociétés qui ont vécu sur l’île et de leurs échanges avec le monde méditerranéen. Objets du quotidien, vestiges d’archéologie sous-marine et statues-menhirs permettent d’en approcher les savoir-faire, les croyances et les modes de vie. La visite s’achève avec une vue remarquable sur la ville et les paysages alentour.

    Le Musée de l’Alta Rocca, à Lévie, resserre le regard sur les communautés qui se sont succédé dans cette région de montagne. On y découvre notamment la « Dame de Bonifacio », un squelette daté d’environ 6 500 ans avant notre ère, découvert en 1972 sur le site d’Araguina-Sennola. Les collections prennent tout leur sens lorsqu’on poursuit la visite sur le terrain : l’abri préhistorique de Curacchiaghju, le site fortifié de Cucuruzzu et la forteresse médiévale de Capula se trouvent à proximité. Une randonnée accessible permet de relier les deux derniers sites en deux heures environ.

    Du côté de Sartène, le site de Cauria prolonge lui aussi la découverte. Ses alignements de menhirs, I Stantari et Rinaghju, ainsi que le dolmen de Fontanaccia, donnent à voir une autre part du patrimoine préhistorique corse.

    Ces deux musées offrent ainsi deux façons de remonter le temps : à l’échelle de toute la Corse à Sartène, au plus près d’un territoire et de ses paysages à Lévie. Une belle occasion de faire suivre la visite des salles par celle des lieux où cette histoire s’est écrite.

    Gilbert Stromboni

    U CALENDARIU

    Du 25 septembre au 5 octobre

    Notre association sera présente à la Foire de Marseille sur le stand de la Maison de la Corse au village corse

  • Un week-end du patrimoine réussi du côté des visiteurs

    Un week-end du patrimoine réussi du côté des visiteurs

    Seuls, accompagnés, en famille ou entre amis, de nombreux Marseillais et touristes sont venus profiter des Journées européennes du patrimoine à Marseille, ce week-end.

    Permettre de profiter de bâtiments habituellement fermés au public : la philosophie de base de ces journées. Ainsi, l’ouverture du Palais du Pharo pour la première fois dimanche a fait le bonheur du public : « Je suis contente que le Pharo soit ouvert aujourd’hui ça fait longtemps que je voulais venir », confirme une visiteuse. Durant ces journées, tous les musées de la ville se visitaient également gratuitement. « Je suis venu spécialement pour voir l’exposition de photos sur la famille Detaille, j’attendais les journées du patrimoine pour en profiter. Après ça je sais qu’il y a d’autres lieux à visiter mais je n’ai pas encore prévu ce que je vais faire », confie Hugo, un jeune Vauclusien venu visiter le Musée d’Histoire de Marseille. Il trouve que cette initiative est « une très bonne chose », permettant à « tout le monde de venir visiter les musées gratuitement ». « En tant qu’étudiant, même si parfois il y a des tarifs spéciaux pendant le reste de l’année dans les musées, pouvoir visiter gratuitement c’est encore mieux », conclut-il avec le sourire.

    Placé sur la deuxième partie du mois de septembre, ce week-end dédié à la culture permet également de prolonger l’été, alors que le soleil et la chaleur étaient encore de la partie. De nombreux touristes, français comme étrangers étaient présents pour visiter les monuments marseillais. « À vrai dire on ne savait pas qu’il y avait un tel événement ce week-end à Marseille, on n’avait pas prévu de faire de musées mais comme c’est gratuit on en a profité », explique un groupe d’amis suédois.

    Sorties culturelles

    sans réservation

    Au Fort Saint-Nicolas, plusieurs visites guidées étaient prévues tout au long du week-end. Des activités manuelles étaient aussi proposées, auxquelles de nombreuses familles avec enfants ont pu participer, dans la bonne humeur et la convivialité. « C’est super, on peut venir avec les enfants, ça fait une activité à la fois culturelle et ludique pour eux » souligne un couple de Marseillais venus visiter la citadelle et le fort avec leurs deux enfants. « On n’avait pas spécialement de programme, on voulait venir se promener simplement sans prise de tête, le fait que l’on n’ait pas besoin de réserver la plupart des visites, c’est vraiment pratique », poursuivent-ils.

    Sentiment partagé par un autre couple venu à la Vieille Charité pour profiter des différentes expositions : « On est venu pour les journées du patrimoine mais on n’a pas spécialement l’habitude de se rendre au musée en temps normal. On s’y est pris au dernier moment, heureusement qu’il n’y avait pas de réservation à faire ».

    Si la majorité des sites étaient facilement accessibles, certaines visites devaient faire l’objet d’une réservation préalable. Pour Lisa, 32 ans, « c’est super comme week-end, mais on n’a pas réussi à faire tout ce qu’on voulait. Certaines activités ou visites étaient déjà complètes au moment où on s’est décidés, mais on a quand même réussi à trouver notre bonheur parmi les musées ouverts ».

  • Tour d’horizon des visites guidées des journées du patrimoine

    Tour d’horizon des visites guidées des journées du patrimoine

    Pour cette nouvelle édition des Journées Européennes du Patrimoine, les thèmes mis en avant sont « Le patrimoine de la photographie », en lien avec l’anniversaire du bicentenaire de la photographie fêté cette année, et « Le patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Plusieurs visites, activités ou événements doivent nécessairement faire l’objet d’une réservation pour pouvoir y participer ce week-end. En voici une sélection non exhaustive.

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Marseille

    Visite du Cepac Silo

    Le Cepac Silo ouvre ses portes au public, l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le passé céréalier du silo d’Arenc, mais aussi les nombreuses figures qui en ont fait un incontournable du paysage culturel marseillais. Ouvert samedi et dimanche de 9h30 à 17h, des créneaux sont prévus pour des visites guidées gratuites à la réservation sur cepacsilo-marseille.fr.

    « Le bus d’hier à demain »

    La société de transport marseillaise RTM ouvre au grand public son atelier de maintenance de La Rose. Il sera possible d’admirer les bus emblématiques de la ville, et découvrir les grandes transformations à venir pour les transports en commun marseillais à travers l’exposition « Le bus d’hier à demain ». Ouvert samedi et dimanche de 9h à 12h30 et de 14h à 18h. Inscription obligatoire sur rem.jep.fr.

    Martigues

    Exposition « Les gestes de la mer »

    Le Petit musée de Carro accueille ce week-end l’exposition « Les gestes de la mer », autour des photographies de la mer et des gestes de la pêche. L’exposition se déroule en continu autour du marché aux poissons sur le Port de Carro et au Petit musée le samedi et le dimanche de 11h à 18h. Inscription obligatoire au 04.42.49.03.30.

    Aix-en-Provence

    Découverte du musée du calisson

    Le musée du calisson fait redécouvrir ce week-end la plus grande célébration du calisson : « La bénédiction du calisson ». Lors de cette fête qui a lieu le premier dimanche du mois de septembre, les fabricants de calissons se réunissent pour célébrer cette confiserie. Une exposition de photographies retrace l’histoire de cette fête unique. Plusieurs créneaux sont encore disponibles le vendredi à 15h, le samedi à 10h, 11h et 15h et le dimanche à 11h et 15. Réservation obligatoire sur calisson.com.

    Les Baux-de-Provence

    Visite guidée du château

    Le château des Baux-de-Provence propose de découvrir son histoire et son patrimoine à travers une visite guidée. Les départs sont prévus le samedi et le dimanche à 10h15 et à 14h, la réservation se fait auprès de l’Office du tourisme au 04.90.54.34.39 ou par mail tourisme@lesbauxdeprovence.com. Un atelier de calligraphie est lui ouvert sans réservation de 10h à 16h30.

    VAUCLUSE

    Avignon

    Visite guidée immersive du centre-ville

    Epok’Tour propose une visite guidée dans le centre-ville d’Avignon sous forme d’une reconstruction historique vivante. Le personnage de Mme Pernod vous accompagnera pendant 1h30 pour revivre l’histoire d’Avignon en 1860, accompagnée de plusieurs autres personnages. Les visites sont prévues dimanches de 10h30 à 14h30, réservation obligatoire sur epoktour.fr.

    Vaison-la-Romaine

    Château comtal

    Accompagnés par un architecte et plusieurs tailleurs de pierre, découvrez le château comtal en chantier, le rôle de l’archéologue sur ce chantier, ainsi que le savoir-faire de ses artisans. Visites le samedi à 10h, 11h, 14h, 15h et 16h, réservation obligatoire au 04.90.36.50.48.

    Saint-Didier

    Visite autour du nougat

    La famille de nougatiers Silvain ouvre les portes de leur fabrique pour faire découvrir au grand public le processus de fabrication du nougat et l’histoire familiale. Réservation obligatoire sur nougats-silvain.fr.

    VAR

    Toulon

    Le « Jacques Stosskopf » ouvert au public

    La base navale de Toulon est ouverte au public ce week-end de manière exceptionnelle. Une visite guidée et des explications techniques permettront de découvrir le navire militaire Jacques Stosskopf, long de 160 m. L’inscription est obligatoire sur le site des Journées Européennes du Patrimoine.

    Le Muséum en chantier

    Malgré sa fermeture pour travaux, le Muséum départemental du Var est animé ce week-end par plusieurs scientifiques, conservateurs et restaurateurs, qui seront là pour faire découvrir les coulisses des travaux. Une visite découverte intitulée « Dans les coulisses du Muséum en chantier ». Ouvert samedi de 10h à 16h, réservation obligatoire au 04.83.95.44.30.

    La préfecture accueille les visiteurs

    La préfecture du Var propose une visite guidée alors que le bâtiment vient d’obtenir le label d’« Architecture Contemporaine Remarquable ». Visites prévues le samedi à 10h et 15h30, réservation sur le site internet des Journées Européennes du Patrimoine.

    La Londe-les-Maures

    Historique de la bunkérisation

    Une visite guidée explore la création du Sudwall sur le littoral méditerranéen par l’armée allemande entre 1943 et 1944. La visite démarre samedi à 9h à la salle Yann-Piat. Réservation obligatoire auprès de l’office du tourisme de la Londe-les-Maures au 04.94.01.53.10.

    ALPES

    Volx

    L’histoire de l’olivier

    L’écomusée de l’olivier, installé dans une ancienne usine de chaux, propose une immersion dans la longue histoire de l’olivier. Un lieu dédié à l’histoire, à la culture et aux traditions autour de l’olivier, arbre mythique de la région. Ouvert samedi de 11h à 15h, réservation obligatoire gratuite au 04.86.68.53.15.

    Banon

    Visite des ateliers de chocolat

    Une visite de leurs ateliers est proposée par la chocolaterie de Banon. Deux créneaux de visites sont prévus le samedi à 11h et à 14h, la réservation se fait au 04.65.69.00.50.

    Gap

    Découverte des archives départementales

    Les archives départementales des Hautes-Alpes proposent une visite guidée autour de la photographie qui permet d’explorer des espaces habituellement fermés au public. Le site permet de découvrir toutes sortes de clichés et comment ils sont conservés. Plusieurs départs sont prévus le samedi et le dimanche à 14h, 15h, 16h, et 17h. Un autre départ est également prévu à 13h30 le dimanche. Réservation obligatoire au 04.86.15.31.80.

  • L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    La conférence intitulée « Le Front populaire, de l’Espagne à la Provence et Marseille, de 1936 à 1938 » est co-organisée par le Musée et l’association Promemo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier), présidée par Gérard Leidet. Les intervenants reviendront sur l’histoire et l’impact des Fronts populaires français et espagnol sur les structures politiques et patronales.

    Plusieurs universitaires participeront à la discussion : Xavier Daumalin, professeur émérite d’histoire contemporaine, Jean Domenichino, historien et maître de conférences HCR (agence des Nations Unies pour les réfugiés), et Isabelle Renaudet, professeure d’histoire contemporaine. Tous sont membres de l’unité de recherche Telemme liée à l’Université d’Aix-Marseille et au CNRS. Lors de cette conférence, il sera question dans un premier temps des structures qui ont permis l’émergence du Front populaire en France, « un événement qui a combiné, de manière originale, un mouvement social d’une ampleur jusqu’alors inégalée, un projet politique qui a rassemblé l’ensemble des forces de gauche du pays, et enfin une expérience gouvernementale inédite », présente Gérard Leidet. Après avoir également évoqué le choc entre ce Front populaire et le patronat marseillais, cette conférence permettra « de faire dialoguer les Fronts populaires français et espagnols ». En interrogeant notamment « le rôle des partis de la gauche espagnole, réformiste comme révolutionnaire, dans la conduite de la politique, avant l’entrée dans la guerre civile en juillet 1936 », ajoute le président de l’association.

    Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.