[Football] Le long chemin de l’équipe des Comores vers la lumière

Comores – Sénégal au stade Vélodrome, une confrontation immanquable, promettant un rassemblement de deux communautés phares de la cité phocéenne. Pour les Comoriens, « c’est une très grosse affiche ». Désormais deuxième gardien d’Aubagne (Ligue 3), Ali Ahamada a évolué à Toulouse et possède 37 sélections avec les Cœlacanthes, l’animal emblème de l’équipe nationale.

Le portier né à Martigues raconte qu’un tel match aurait déjà pu se dérouler il y a quelques années. « Il y a énormément de personnes qui cherchaient à créer cet engouement, cette ferveur à travers un match. À l’époque, c’était en 2020, je connaissais quelqu’un, un agent de match, qui cherchait à organiser un Comores-Algérie au Vélodrome. Justement parce que, vu les deux grosses communautés présentes à Marseille, ça aurait été le rêve de pouvoir organiser ça dans un contexte où tu es au Vélodrome », explique-t-il.

Abassi Boinaheri, ancien joueur comorien, né à Marseille, parle, lui, de « fierté » de voir une rencontre pareille se disputer sur le boulevard Michelet. Ahamada s’attend à voir une vague comorienne débarquer au Vélodrome, ce dimanche 4 octobre. Comparant même cette ferveur avec les concerts de certains grands artistes. « À mon avis, ce sera à guichets fermés. C’est une certitude que les Comoriens vont se déplacer en masse. C’est comme les chanteurs qui font deux ou trois dates au Stade de France. Tu peux organiser un match Comores contre qui tu veux au Vélodrome et faire trois dates consécutives. »

Le foot se développe

à petits pas dans le pays

Une rencontre de ce calibre est donc un événement monumental pour un tout petit pays comme les Comores. Avec ses 850 000 habitants pour 3 000 km², cette nation est l’une des plus petites et des plus pauvres d’Afrique. Le développement du foot y est limité, mais en plein essor, malgré très peu de moyens. « Pour moi, l’évolution est extraordinaire. Maintenant, les plus jeunes peuvent participer pleinement aux compétitions africaines. C’est l’une des choses qui a permis aux Comoriens qui vivent sur l’île d’avoir plus de fierté, grâce au football », souligne Abassi Boinaheri, appuyant aussi le fait que de « nouveaux stades émergent ».

Depuis 2019, la sélection possède un stade national, le Stade omnisports d’Iconi-Maouzini, où elle peut disputer tous ses matches, devant 10 000 personnes au maximum. Par ailleurs, l’équipe est affiliée à la Fifa depuis 2005, c’est-à-dire hier. D’où un développement plus tardif que beaucoup de nations africaines.

Pourtant, cela n’a pas empêché le petit pays posé dans l’océan Indien de participer à deux Coupes d’Afrique des Nations, en 2021 et 2025. Déjà un exploit, avec même un huitième de finale il y a cinq ans. C’était contre le Cameroun, à Yaoundé, avec une courte défaite 2-1. « C’est l’histoire du Comorien. Rien ne lui a été donné, mais il a de l’abnégation et une grande croyance », souligne l’actuel gardien du Scaab.

Justement, les Cœlacanthes ont démarré leur campagne de qualification à la CAN 2027. Après une défaite face au Cameroun, ils ont vaincu la Namibie pour prendre la 2e place provisoire du groupe G. En restant dans le top 2, les Comores auront leur siège pour la phase finale de la compétition. Une prouesse de plus.

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