« Il y a 25 ans naissait à Marseille notre festival avec l’ambition forte de faire découvrir au public la richesse et la diversité du cinéma espagnol qu’on ne connaissait alors pratiquement pas hormis de grands noms comme Buñuel, Saura ou Almodóvar », rappelle d’emblée Jocelyne Faessel, présidente d’honneur du festival Cinehorizontes qui s’ouvrira officiellement le 8 octobre. Et ce, avec la projection à l’Artplexe de la comédie judiciaire au scénario rocambolesque de Jorge A. Lara et Fer Pérez, Les jurés.
Pour couronner un quart de siècle à défricher et diffuser la production cinématographique ibérique et hispanophone dans la ville, l’équipe de cette manifestation au rayonnement régional a impulsé un « focus » d’une douzaine de films qui témoignent de « l’évolution sociale et politique de l’Espagne des années 1960 jusqu’à nos jours », résume son directeur de production, Borja de Miguel : des Voyous de Carlos Saura, cet immense réalisateur qui n’a cessé de bousculer les mécanismes de la société franquistes, jusqu’à des films actuels comme Ivan & Hadoum. Réalisé par Ian De la Rosa et projeté au cinéma Le Prado en sa présence, une romance bouleversée entre un homme trans et une ouvrière d’origine marocaine dans une serre agricole andalouse.
Remarqué lors de la dernière Berlinale, ce film concourt également dans la grande compétition officielle de Cinehorzontes. « Cerise sur le gâteau » de cette section, La bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi, diffusé en avant-première française le 9 octobre au cinéma Les Variétés. Prix de la mise en scène à Cannes et sélectionné pour la prochaine cérémonie des Oscars, un film « inspiré d’une œuvre posthume de Federico García Lorca qui parle de l’Espagne, de l’homophobie et d’une censure qui se révèle être une constante dans l’histoire espagnole », souligne Jocelyne Faessel. Au menu également de cette compétition qui compte sept films, La luz de Fernando Franco, dans les pas tortueux d’un prêtre qui « s’apprête à quitter l’Église pour recommencer sa vie » jusqu’au moment où les « crimes de son passé menacent d’être révélés ».
Irrigué par une cinquantaine de films, mais aussi des débats, rencontres et expositions, Cinehorizontes, 25e du nom, aura pour marraine Anna Saura. La fille du célèbre Carlos viendra ainsi présenter Ese niño de la fotografía. Carlos Saura, son « premier long-métrage documentaire » tout en « archives inédites » sur la carrière prolifique et les dernières années de la vie de son père, décédé en 2023 à l’âge de 91 ans.
Programme complet sur www.cinehorizontes.com

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