Une foule de blouses blanches au brassard rouge « en grève » a envahi, mardi matin, l’entrée de la clinique l’Angelus (7e). Les salariés de l’établissement de soins privé, logé à deux pas de la Bonne Mère, sont venus porter deux revendications claires : l’augmentation de leur salaire, pour la plupart inférieurs à ceux proposés dans le public, et le renforcement des équipes. « On demande juste les moyens de faire notre métier, s’indigne Christopher Adou, infirmier représentant du personnel. On est sous-payés. Lorsqu’on réclame plus à nos supérieurs, ils nous disent que ce n’est pas possible. Pourtant, l’établissement a réalisé un bénéfice de 1,2 million d’euros l’an passé, sachant que nous sommes censés être une association à but non lucratif. » Pascal Luong, aide-soignant, lui aussi représentant du personnel, dresse le même constat : « On ne se sent ni écoutés ni reconnus. On a des patients de plus en plus lourds, de plus en plus dépendants et nous manquons de moyens par rapport à d’autres structures ».
Sur les quelque 80 salariés de la clinique, tous, ou presque, étaient en grève ce mardi d’après Pascal Luong, y compris ceux réquisitionnés pour assurer un service minimal de soins. L’ambition : former un bloc solidaire pour obtenir des avancées collectives. « Tous les médecins sont en grève en soutien à leurs soignants, c’est assez exceptionnel, note Aude Simon, docteure à la clinique depuis de nombreuses années. Nous voulons que les soignants soient bien traités, nous tenons à nos équipes ». De son côté, la direction assure comprendre les difficultés rencontrées par ses salariés, notamment en cette période « compliquée pour le pouvoir d’achat ». Elle assure cependant ne pas pouvoir engager de « mesures salariales collectives », faute de moyens et au regard des « capacités d’investissement à préserver » dans le cadre du projet d’acquisition de nouveaux locaux. Interrogé sur l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire, qui avoisinerait les 14 000 euros selon Pascal Luong, Sylvain Renouf, directeur des opérations, dit ne « pas souhaiter commenter ». Reçus en fin de matinée, les salariés ont refusé une première proposition de leur direction, envisageant de revaloriser uniquement 13 salariés. « Notre réponse est ferme : c’est non, car nous voulons une revalorisation générale ». Les soignants donnent à leurs patrons jusqu’au 10 octobre pour obtenir une réponse, faute de quoi ils entameront une nouvelle grève.

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