Tag: Hausse des salaires

  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • Face à la stagnation des salaires, les inégalités repartent à la hausse

    Face à la stagnation des salaires, les inégalités repartent à la hausse

    La France est un pays de bas salaires », dénonçait déjà la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet au mois de novembre 2025. Dans sa dernière publication, consacrée à l’évolution des salaires dans le secteur privé, publiée le 22 octobre dernier, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) alertait de son côté : « En 2025, les salariés les mieux rémunérés en équivalent temps plein ont bénéficié de hausses de salaires plus élevées que ceux aux rémunérations les plus faibles ».

    Ainsi lorsque le pouvoir d’achat des Français gagnant moins de 1 519 euros net mensuels en équivalent temps plein avait augmenté de 1% par rapport à 2024, ceux qui gagnaient plus de 4 441 euros voyaient une hausse de leur niveau de vie de 1,6% en un an, et même de +2,2% pour ceux qui gagnaient 10 552 euros. Ce sont les professions intermédiaires qui connaissent la plus faible évolution de leur rémunération brute (+1,1%) suivies des employés (+1,2%) et des cadres (+1,2%). « Ces évolutions tranchent avec celles observées en 2024, où les hausses de pouvoir d’achat des salaires étaient plus homogènes », pointe l’étude. Surtout, elles inversent la tendance des deux années précédentes marquées par des baisses de pouvoir d’achat qui ont touché notamment les cadres, tandis que les augmentations successives du Smic compensaient en partie une hausse des prix qui frappe en premier lieu les classes populaires. Après « plusieurs années de resserrement », les inégalités augmentent de nouveau, même si elles restent encore moins marquées que lors de la période précédent le Covid selon l’Insee. Mais alors que le pouvoir d’achat repart à la hausse, « la progression demeure toutefois limitée au regard des évolutions sur longue période », explique l’institut statistique. Tandis qu’entre 1996 et 2019 le pouvoir d’achat du salaire net augmentait en moyenne de 0,6% par an, il n’a augmenté que de 0,2% par an depuis 2019.

    Marseille de plus en plus fracturée

    Dans la région en 2023, selon une étude de l’Insee publiée au mois de septembre 2025, la moitié des salariés gagnaient moins de 2 118 euros nets en équivalent temps plein. Au total, une personne sur dix perçoit un salaire net inférieur à 1 500 euros nets par mois, et même 4% gagnaient même moins que le Smic, en raison des minima de branche trop faibles (lire par ailleurs). Si les deux tiers des salaires sont compris entre 1 et 2 Smic, seuls 2% des salaires atteignent au mois cinq fois le Smic, soit 6 915 euros. Mais comme dans le reste du pays, la même stagnation des revenus est observée. Par rapport à l’année précédente, le salaire net moyen pour les personnes restées dans la même structure n’avait augmenté que de 0,3%, contre 0,7% au niveau national.

    Une autre étude, publiée le 6 octobre dernier, s’intéresse de son côté à l’évolution du niveau de vie à Marseille, entre 2013 et 2021. Elle révèle que si le niveau de vie a globalement augmenté dans la ville, qui reste la plus pauvre des cinq premières métropoles françaises, c’est dans les quartiers les plus modestes que cette hausse reste la plus faible (+6,2%, soit +760 euros par an en moyenne) et dans les quartiers les plus aisés qu’elle est la plus forte (+8,5%, soit +2 340 euros).

  • Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Ils ont choisi la grève pour faire part de leurs revendications. Depuis dimanche à 17h30, les salariés de la coulée continue (aciérie) de l’usine ArcelorMittal, à Fos-sur-Mer, ont cessé le travail dans le cadre d’un mouvement national de lutte pour une révision à la hausse des indemnités kilométriques liées aux trajets domicile-travail.

    Car, depuis la fin des bus affrétés par l’entreprise pour ses salariés en 2011, la voiture est devenue le principal moyen de se rendre au travail. L’entreprise verse une indemnité à ses salariés en fonction de la distance parcourue, à raison de 7,29 euros pour un aller-retour de 40 km par exemple, selon le barème actuellement en vigueur, depuis 2015, et dans la limite de 60 km aller.

    La CGT réclame une augmentation du barème, la direction propose 5 centimes de plus au kilomètre, « en actant que ce montant ne serait pas revu à la hausse », indique Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT de l’usine de Fos. D’autre part, le syndicaliste indique que « les cadres touchent 2,5 fois le barème des non-cadres alors qu’on va dans les mêmes stations aux mêmes prix ». Il demande donc un nivellement par le haut, mais aussi que la distance maximale indemnisée soit portée à 80 km, l’objet d’un « refus de la direction », selon le syndicaliste. Même réponse concernant l’instauration d’une prime carburant exonérée de 1 000 euros.

    Mais la revendication va au-delà de la mobilité. « Nous demandons la revalorisation du salaire et l’embauche des quinze intérimaires pour les sortir de la précarité et mieux les former à ces installations nécessitant des années pour les maîtriser », développe le responsable. En détail, il s’agit de 3% d’augmentation pour près de 80 euros net. Et « il manque encore une centaine de salariés sur la maintenance », d’après le syndicaliste, pour atteindre le niveau d’avant l’arrêt du haut-fourneau n°1 (HF1).

    Redémarrage en attente

    Car l’enjeu des embauches se mesure aussi aux 3,2 millions de tonnes affectées à Fos-sur-Mer par le groupe, comparé au 1,6 million actuellement réalisable. Le HF1, victime d’un incendie en octobre 2025 et qui devait redémarrer en juin, est toujours à l’arrêt : en cause, un démarrage raté et des complications liées à la fonte figée dans la ligne de production. « Cette situation n’est pas la faute des travailleurs, mais du manque d’investissement chronique et de mauvais choix de la direction », tance Zidane Mérabet, représentant du personnel CGT du site. Ce dernier met directement en cause le recours à l’intérim et le manque de formation comme responsables d’accidents industriels et empêchant la production. In fine, le syndicaliste craint « que le plan du groupe soit de justifier comptablement la fin d’ArcelorMittal Fos-sur-Mer », faute de pouvoir répondre à la commande et donc d’être rentable. « S’il n’y a pas d’investissement fin 2026-début 2027, on court à la catastrophe », prédit Zidane Mérabet.

    Contactée, la direction d’ArcelorMittal n’a pas souhaité réagir.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Une foule de blouses blanches au brassard rouge « en grève » a envahi, mardi matin, l’entrée de la clinique l’Angelus (7e). Les salariés de l’établissement de soins privé, logé à deux pas de la Bonne Mère, sont venus porter deux revendications claires : l’augmentation de leur salaire, pour la plupart inférieurs à ceux proposés dans le public, et le renforcement des équipes. « On demande juste les moyens de faire notre métier, s’indigne Christopher Adou, infirmier représentant du personnel. On est sous-payés. Lorsqu’on réclame plus à nos supérieurs, ils nous disent que ce n’est pas possible. Pourtant, l’établissement a réalisé un bénéfice de 1,2 million d’euros l’an passé, sachant que nous sommes censés être une association à but non lucratif. » Pascal Luong, aide-soignant, lui aussi représentant du personnel, dresse le même constat : « On ne se sent ni écoutés ni reconnus. On a des patients de plus en plus lourds, de plus en plus dépendants et nous manquons de moyens par rapport à d’autres structures ».

    Les médecins en soutien

    Sur les quelque 80 salariés de la clinique, tous, ou presque, étaient en grève ce mardi d’après Pascal Luong, y compris ceux réquisitionnés pour assurer un service minimal de soins. L’ambition : former un bloc solidaire pour obtenir des avancées collectives. « Tous les médecins sont en grève en soutien à leurs soignants, c’est assez exceptionnel, note Aude Simon, docteure à la clinique depuis de nombreuses années. Nous voulons que les soignants soient bien traités, nous tenons à nos équipes ». De son côté, la direction assure comprendre les difficultés rencontrées par ses salariés, notamment en cette période « compliquée pour le pouvoir d’achat ». Elle assure cependant ne pas pouvoir engager de « mesures salariales collectives », faute de moyens et au regard des « capacités d’investissement à préserver » dans le cadre du projet d’acquisition de nouveaux locaux. Interrogé sur l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire, qui avoisinerait les 14 000 euros selon Pascal Luong, Sylvain Renouf, directeur des opérations, dit ne « pas souhaiter commenter ». Reçus en fin de matinée, les salariés ont refusé une première proposition de leur direction, envisageant de revaloriser uniquement 13 salariés. « Notre réponse est ferme : c’est non, car nous voulons une revalorisation générale ». Les soignants donnent à leurs patrons jusqu’au 10 octobre pour obtenir une réponse, faute de quoi ils entameront une nouvelle grève.

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • La CGT alésienne célèbre le Front populaire

    La CGT alésienne célèbre le Front populaire

    Une rentrée sociale à l’offensive où l’on célèbre les victoires. Voilà comment la CGT d’Alès souhaite marquer ce mois de septembre avant une année tournée vers l’élection présidentielle. Pour cela, l’UL a décidé d’organiser une journée de célébration des avancées sociales conquises en 1936 après l’arrivée du Front populaire au pouvoir et les manifestations sociales qui ont suivi.

    « L’objectif c’est de rappeler tous les conquis sociaux, les congés payés mais aussi les comités d’entreprise, la réduction du temps de travail hebdomadaire, la hausse des salaires et la reconnaissance de la liberté syndicale. Nous voulons aussi montrer que ces acquis ne sont pas arrivés comme ça mais qu’ils ont été arrachés après de longues luttes qui ont commencé bien avant 1936 », explique Martine Sagit, la secrétaire générale de l’UL CGT d’Alès.

    Pour rappeler l’histoire de cette période incontournable des avancées sociales en France, la commission culturelle de l’UL d’Alès organise donc une journée le 5 septembre. Celle-ci s’ouvrira dès 9h à la Bourse du travail avec une exposition sur cette année 1936 mais aussi sur la lutte permettant à ces idées d’arriver au pouvoir. À 11h30 suivront le vernissage de l’exposition et le repas à 12h30. De 15h30 à 16h30 est organisé une projection-débat sur les congés payés où chacun pourra venir témoigner ou débattre des conquis sociaux de 1936. La journée se clôturera en musique avec le concert des Gambettes, un duo féminin habitué à reprendre des chants historiques et révolutionnaires.

    « Cette journée, c’est aussi pour marquer la rentrée et pour annoncer qu’il y aura une journée d’action dans la santé le 15 septembre pour la défense de l’hôpital et des conditions de travail des salariés. Il y aura aussi une journée de mobilisation le 29 septembre pour les pompiers et le service public en général », présente Martine Sagit.

    Passer à l’offensif

    À la CGT d’Alès qui a subi des décennies de désindustrialisation sur son territoire, organisé et accompagné des manifestations importantes dans une ville de 40 000 habitants contre les réformes des retraites notamment, la volonté est désormais de passer à l’offensive pour aller conquérir de nouveaux droits et non de systématiquement défendre ceux déjà acquis. « Je rappelle souvent qu’à l’époque de 1936, il n’y avait qu’un syndicat, la CGT, ce qui permettait aux salariés d’être unis. Si nous étions tous unis, nous arriverions à remporter de nouveaux conquis sociaux au lieu de toujours empêcher des reculs. Unis, nous sommes plus forts. Quand les salariés se divisent, nous reculons. Avant 2027, ce serait bien aussi d’arrêter la division politique à gauche mais ça, ça ne dépend pas de nous », rappelle Martine Sagit. Cette journée ne sera pas isolée à Alès. Avec la CGT, la Région prévoit d’organiser quinze jours pour célébrer « les avancées sociales et le Front populaire », du 5 au 16 octobre, avec au programme exposition à la Bourse du travail, débat et temps festif.

  • Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    « On est venu leur redire qu’on se tenait à leur disposition selon leurs besoins et que nous sommes attachés à la préservation de ce site historique de notre secteur », relate Marion Honde, secrétaire de la section. Les militants ont ainsi remis un chèque de 300 euros à la CGT de l’usine. Pour rappel, les salariés d’Haribo ont réalisé plus de 7 semaines de grève cet été pour une augmentation de salaire. « Nous sommes passés à de nombreuses reprises sur le piquet de grève, nous avons écrit une lettre à la direction d’Haribo, et nous les soutenons toujours », martèle Marion Honde.

  • Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Un mouvement de grève dans le secteur qui va faire date. Deux semaines après l’annonce de la fin de la grève des salariés de l’hôtel de luxe avignonnais, le syndicat CGT fait le point sur ce qu’a apporté la mobilisation et la victoire des travailleurs.

    Pour rappel, après presque un mois de grève, les salariés ont obtenu une prime de 1 100 euros pour 2026, le remboursement de 100 euros en tenue professionnelle par année et par salarié, la montée d’un échelon pour les plongeurs et commis de salle, une semaine de congés en août et l’anticipation de la hausse des salaires prévue initialement en septembre, conforme à la grille salariale du secteur. Soit une hausse globale de 5 %. Les employés se plaignaient également de conditions difficiles, notamment liées à la chaleur dans des locaux inadaptés.

    Reste la question des travaux envisagés dans les prochaines années par la direction. Ceux-ci, assez conséquents, devraient durer plus d’un an. Ils demandent à connaître la date exacte prévue pour le début du chantier et également que leur salaire soit maintenu à 100 % pendant leur durée.

    Secteur difficile

    « Ce n’est certes pas ce que l’on demandait de base, mais c’est une avancée rare dans le secteur. C’est dur de faire se lever les employés, avec beaucoup de saisonniers et de turnover », se réjouit Laurent, qui travaille dans le service du petit-déjeuner et dont le contrat à durée déterminée s’achève dans les prochains mois. C’est en effet là que se situe, pour l’union locale de la CGT, qui soutenait le mouvement, l’essentiel. L’organisation tente de transformer le collectif syndical du secteur en véritable syndicat afin de coordonner les employés de l’hôtellerie et de la restauration. « Il faut mettre en lumière les difficultés dans ce travail. S’ils ne connaissent pas leurs droits, il faut les aider afin d’arrêter d’être exploités », pointe Carlos Acha-Moreton, secrétaire général de l’union locale CGT du pays d’Avignon. Il met en avant la participation des saisonniers dans le mouvement. Ce qui implique de revoir le fonctionnement du syndicat. « On a l’habitude de militer avec des personnes installées dans les entreprises. Là, c’est différent car sans les travailleurs saisonniers, il n’y aurait pas eu de mouvement. Tout comme les hôtels qui ont besoin d’eux pour faire fonctionner les établissements. C’est eux la clé », développe le responsable syndical. « Après la Covid, beaucoup de personnes du secteur ont arrêté. Les bons patrons ont compris qu’il fallait améliorer les conditions et les salaires pour attirer. L’ancienne école n’a elle pas évolué et risque de se manger des mouvements comme celui-ci à nouveau », appuie Laurent. « On va tracter. On espère monter le syndicat pour 2027 », conclut Laetitia Pancuvilier, représentante CGT du cloître Saint-Louis, également au service petit-déjeuner.

  • Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Avec 32 ans d’ancienneté au sein de l’usine d’Haribo à Marseille, Ludovic Mayer a vu des tonnes de bonbons défiler sur les lignes de productions.

    Il fait partie de ces salariés pour qui le travail au siège social français du roi de la confiserie représente sûrement plus qu’un simple job. « Je suis fier de parler d’Haribo à mon entourage, j’aime la marque, ce n’est pas pour rien que je suis là depuis 32 ans, malgré les hauts et les bas », explique-t-il, avec visiblement un certain attachement. Pourtant, depuis plus de sept semaines, ce syndiqué de Force ouvrière et élu suppléant au comité social et économique (CSE) de l’entreprise, connaît plus de bas que de hauts.

    Car il fait aussi partie des irréductibles grévistes qui réclament inlassablement une hausse de salaire. Comme d’autres, il multiplie les heures de grève face un dialogue social plus que difficile et une direction qui renvoie de potentielles négociations à l’an pèbre… « On a vraiment atteint un haut niveau d’incompréhension avec la direction sur la répartition de la valeur, notamment par rapport aux efforts faits par les salariés à la production », dénonce-t-il. Avant d’aborder le fond du conflit : « Ce qui était proposé, c’était une augmentation au niveau de l’inflation de l’année précédente, c’est-à-dire 0,9% de la masse salariale donc environ 360 000 euros au total, alors qu’on a fait une année record en 2025 où l’on approche les 35 millions d’euros de bénéfice net. » Pas besoin d’être mathématicien pour comprendre le ressentiment des travailleurs du bonbon : « On est en droit de demander mieux que ça ! »

    Un poste à la croisée

    des chemins

    Mesuré, Ludovic Mayer est tout de même lucide sur la situation : « En 32 ans, ce n’est que ma deuxième grève, je suis syndiqué depuis 14 ans et malgré le fait que je fasse grève, je tiens à l’entreprise. Mais depuis quelques années, il y a une autre façon de travailler, avec des changements brutaux. » Un constat d’autant plus éclairant qu’il a connu des périodes moins fastes au sein du confiseur. « En 2016, il y a eu un cap passé avec 110 équivalents temps plein (ETP) qui ont été enlevés avec beaucoup de départs à la retraite naturels et des conditions de départs favorables. C’est à partir de là qu’on est vraiment rentré dans une ère de semi-automatisation », raconte-t-il.

    Et il en connaît un rayon sur le sujet puisqu’il est l’un des chefs de projet technique. Un poste à la croisée des chemins chez Haribo, à la fois « pluridisciplinaire » et « entre les besoins des clients et les besoins de la production ». « On met en œuvre techniquement les évolutions des besoins des consommateurs : nouvelles façons d’avaler le bonbon, nouvelles façons de les couler, nouvelles façons d’optimiser les temps d’étuvage… », développe-t-il. En clair, son service est « au contact de la production » mais aussi en lien avec d’autres services : « Gestion, recherche et développement, marketing. »

    Concrètement, il peut être en charge d’optimiser le matériel existant ou trouver de nouvelles machines plus adaptées aux évolutions des besoins. D’où le lien avec les départs de 2016 où les salariés d’Haribo ont connu « de nouvelles façons de travailler mais aussi de nouvelles contraintes ». D’où le lien avec la grève actuelle : « Je peux entendre les arguments de la direction, sur le fait que le marché de la confiserie est en baisse au niveau national, mais cela fait trop d’années que l’on entend cela. Cette grève, c’est aussi un cumul des années précédentes, il y a un problème avec la répartition qui est faite au regard de la somme des bénéfices nets dégagés par l’entreprise. » Les années précédentes justement, Haribo a réalisé 24,9 millions d’euros de résultats nets en 2023, 20,4 millions en 2022 et 21,8 millions en 2021… De quoi alimenter les raisons de la colère.