Tag: personnel

  • Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Le collectif de défense de l’hôpital Edmond-Garcin, qui rassemble du personnel hospitalier, des retraités du secteur de la santé et des citoyens aubagnais mobilisés pour la préservation des services publics, a organisé, lundi soir, une réunion d’information. Deux sujets ont été évoqués : le plan d’efficience qui touche Edmond-Garcin et le projet du nouvel hôpital. L’objectif était d’échanger sur les actions à mener afin de donner de la visibilité à leur combat, appeler à la mobilisation et ainsi provoquer des changements concrets pour l’hôpital public d’Aubagne.

    Le contrat d’efficience signé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction de l’hôpital contraint l’établissement de santé à proposer les meilleurs soins possibles tout en minimisant les ressources économiques engagées. Cristel Migliaccio, infirmière anesthésiste et secrétaire générale de la CFDT à l’hôpital, déplore « qu’on privilégie la “productivité médicale” au détriment du bien-être des patients. Le contrat prévoit par exemple le non-remplacement automatique en cas d’absence, c’est-à-dire qu’on préfère attendre le plus possible avant de remplacer un collègue absent. Par exemple, l’ORL, parti à la retraite, ne sera pas remplacé et le poste de l’infirmière addictologue a été supprimé. Le “mode dégradé” est devenu la norme ». Ce mode dégradé force l’établissement à fonctionner en sous-effectif, ce qui inquiète les usagers de l’hôpital, qui dessert un bassin d’environ 300 000 habitants, rappellent les membres du collectif.

    Au travers des critiques du contrat d’efficience et de ses suppressions de postes, le collectif dénonce la démolition de la santé publique. « Quand on met plus d’infirmières dans les différents services, les gens meurent moins, cela a été démontré. On a besoin de personnel pour du soin de qualité. On est en train de priver l’hôpital des ressources dont il a besoin. Il faut agir pour défendre le service public hospitalier et son personnel », se lamente David Almosnino, médecin anesthésiste-réanimateur à Aubagne.

    Le nouvel établissement toujours d’actualité

    Pour lutter contre le manque de capacité d’accueil et de soin d’Edmond-Garcin et renforcer sa présence sur le terrain, le collectif de défense de l’hôpital envisage de partager une pétition et d’écrire une lettre ouverte aux élus locaux. Le projet du nouvel hôpital apparaît aussi comme une solution au vu de l’état présent du centre hospitalier d’Aubagne. « La nécessité l’impose, on ne peut plus rester dans l’hôpital actuel. Il a plu dans les locaux la semaine dernière », s’alarme Cristel Migliaccio.

    Le collectif exprime par ailleurs sa volonté de s’inscrire dans un mouvement plus large. « Il existe une cohorte nationale qui regroupe différentes associations et collectifs comme le nôtre et qui se réunit prochainement à Remiremont, dans les Vosges. Il s’agit d’être mieux organisé. Cette coordination au plan national permettrait d’avoir un impact plus profond », explique Yves Perrin-Toinin, médecin retraité et ancien conseiller municipal (PCF) à Aubagne.

  • Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Aix-Marseille : la fac fait bloc face à la flambée des frais d’inscription

    Sur les bancs de la fac, la jauge est de plus en plus limitée pour les étudiants étrangers. Depuis le décret macroniste du 19 mai 2026, les étudiants non européens doivent s’acquitter de droits d’inscription s’élevant à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 170 et 243 euros pour les étudiants communautaires. Le texte restreint également les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés, qui devrait être plafonnée à 20% d’ici 2028.

    « Depuis hier, des étudiants se trouvent en difficulté et ne peuvent plus s’inscrire », alerte un délégué de Sud. Devant les grilles cadenassées du Pharo, jeudi, les jeunes, partis en manifestation depuis les Réformés, sont soutenus par les personnels d’AMU, « qui ont appelé à la grève dans une large intersyndicale », précise le délégué.

    Un décret passé en vitesse, une application voulue au plus vite. « Et Aix-Marseille Université file dans les rangs », déplore un gréviste du Snesup-FSU. « D’autres universités ont refusé d’appliquer ce décret et veulent continuer à accueillir tous les étudiants étrangers, sans discrimination », accuse encore une enseignante de la CGT Ferc sup. Le militant de Sud Solidaires transmet une annonce : « La date des inscriptions est repoussée au 30 octobre. » AMU accorde un souffle, pas plus.

    Dans le rassemblement, les profs sont solidaires. « Le principe est dégueulasse et la manière pas moins », dénonce Lionel Nguyen Van The. Révolté, l’enseignant en maths décrit une situation qu’il juge inacceptable : « Des étudiants ont candidaté. Ils ont été admis. Ils arrivent et on leur dit “vos droits passent de 300 à 3 000 euros !” Certains renoncent. Ce sont nos étudiants, on refuse de leur fermer les portes de l’université ! »

    Les étudiants, souvent anonymes, témoignent tour à tour de leurs « difficultés financières pour se loger », « des incalculables démarches administratives », « des efforts de nos familles pour qu’on accède aux études », mais aussi « de la joie d’être admis »… Puis vient « la chape qui se referme quand on arrive et qu’on se retrouve brutalement devant le fait accompli ». Militante du Réseau universités sans frontières (RUSF 13), Séverine Queyroy déplore : « En fac de sciences, la doyenne nous a indiqué qu’il y avait beaucoup moins d’inscrits cette année. Les étudiants subissent une forte pression pour payer les frais en une seule fois. »

    Devant les portes du palais verrouillées, la colère monte. Le président d’AMU, Eric Berton, est interpellé. « Berton descends ! », hurle un étudiant en apprenant qu’« aucune délégation ne sera reçue » et que « même Benoît Payan refuse de nous ouvrir la porte ». Le rassemblement déborde sur la chaussée, provoquant un embouteillage. Une vingtaine de policiers surveille le mouvement de l’autre côté de la route, sans intervenir. « Depuis septembre on se mobilise et Eric Berton nous envoie un mail pour dire qu’il entend nos revendications, mais qu’il faut manifester pacifiquement. Et ils nous envoient les CRS sur les campus, il minimise nos difficultés », estime une étudiante en colère. « Soit tu apportes une solution, soit tu donnes ta démission ! », scandent les jeunes alors que les klaxons s’emballent.

    Face à la hausse des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires, Aix-Marseille Université avait annoncé, lors de sa rentrée du 7 septembre, l’exonération partielle ou totale de 1 500 étudiants sur les 5 500 concernés à la rentrée 2026. « Les bénéficiaires seront sélectionnés au cas par cas, avec une priorité accordée notamment aux étudiants issus de zones de conflit et aux boursiers d’excellence », avait précisé son président. « Nous devons dégager cette mesure, construire des AG ensemble, étudiants et personnels », s’accordent les manifestants, qui ont décidé de faire bloc contre ce qu’ils considèrent comme un sale coup porté à l’accès aux études.

  • Un ancien cadre de l’AP-HM jugé pour le recrutement de sa compagne

    Un ancien cadre de l’AP-HM jugé pour le recrutement de sa compagne

    « Je suis meurtri par ce que j’ai entendu. Je suis un enfant de l’hôpital public que j’ai toujours servi avec un degré de probité exceptionnel. À aucun moment je n’ai dérapé », a nié jusqu’au bout du procès Pierre Pinzelli, 63 ans, ancien secrétaire général des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), jugé lundi pour prise illégale d’intérêts avec sa compagne, la psychologue clinicienne Corinne Cuvello, accusée de recel. Elle a été recrutée en 2019 comme chargée de mission sur l’absentéisme puis sur la responsabilité sociétale, une fonction où elle ne brilla guère par sa présence.

    « Un emploi que j’estimais fictif »

    Pierre Pinzelli dirige désormais l’hôpital d’Avignon, où Le Canard enchaîné a révélé, en mars 2025, qu’il était encore visé par une procédure identique dépaysée au parquet de Montpellier pour la nouvelle embauche de sa compagne. À Marseille, les rumeurs avaient enflé et c’est une syndicaliste de la CGT de l’AP-HM qui adressait un signalement au parquet de Marseille, lasse de ne jamais voir cette psychologue recrutée en décembre 2019 en CDI pour 3 500 euros par mois pour une mission sur l’absentéisme – un sujet majeur à l’APHM où plus de 10% des agents étaient en arrêt maladie. Même avant la crise du Covid, personne ne la voyait dans son bureau. « J’étais très agacée de ne jamais pouvoir la rencontrer entre 2019 et 2021. Ça m’énervait de payer des impôts pour un emploi que j’estimais fictif. J’ai décidé de faire un tract et de menacer la DRH », a témoigné Colette Biscaldi, constituée partie civile, estimant avoir été victime de représailles. En février 2021, le tract intitulé « Baise, baise, baise à l’AP-HM ! » avait piqué bien des yeux.

    « Je n’ai pas décidé seul dans un coin, ça a été validé par le directeur général. Cette mission avait du sens. C’est un jury de 4 personnes qui a décidé » se défend M. Pinzelli pas dérangé d’avoir siégé dans ce jury. « On était assez proche, mais on ne couchait pas ensemble. Nous avons commencé à faire vie commune bien après que j’ai quitté l’AP-HM » assure-t-il.

    Des photos de 2020 le démentent, extraites du rapport d’enquête d’un détective privé payé par l’ancien mari de Corinne Cuvello qui la soupçonne alors d’adultère. Elle est vue au domicile de fonction de M. Pinzelli sur la Corniche Kennedy. « Cela m’est arrivé de passer la nuit chez lui. Il m’a tendu la main quand j’étais en difficulté » admet Mme Cuvello. La relation extraconjugale avait en réalité débuté en 2007, puis s’était interrompue. Devant les dénégations persistantes, la présidente lit un mail de 2016 de Mme Cuvello à M. Pinzelli : « Si tu savais la chaleur qui entoure l’image que j’ai de toi ».

    L’enquête a dénombré plus de 3 200 contacts téléphoniques avec Pierre Pinzelli entre décembre 2021 et juin 2022. « Vous l’appelez tout le temps » dit la présidente qui pointe ensuite son « activité professionnelle faible ». « Vos ordinateurs sont si peu utilisés qu’on n’a pas l’impression que vous travaillez alors que vous êtes à temps plein. Sans être désobligeante, il est quand même très vide votre rapport d’activité. » Mme Cuvello rame à la barre : « J’étais à fond dans ma mission. L’absentéisme est un dossier crucial. Pour changer de paradigme, j’ai amené une vision différente. » Et si elle boude ses ordinateurs, c’est qu’« il y avait beaucoup de lecture et de réflexion ».

    « Qu’on en finisse

    avec cette mascarade »

    La procureure Patricia Ferreira Morais lit un échange énervé de la DRH de l’époque qui dénonce la perte de lucidité du secrétaire général : « Je voudrais que le DG tape une fois pour toutes sur la table et qu’on en finisse avec cette mascarade qui nuit à tout le monde ». Le parquet a requis la condamnation du couple. Lui en tant que chargé de mission d’un service public qui « a compromis son indépendance, son impartialité en intervenant sans cesse et en outrepassant ses fonctions. Sans ce lien personnel et intime, elle n’aurait jamais pu être recrutée car madame ne correspondait pas au profil ». De réclamer 12 mois avec sursis, 30 000 euros d’amende, deux ans d’inéligibilité et un an d’interdiction d’exercer dans la fonction publique. Contre Corinne Cuvello, 10 mois avec sursis sont requis, 15 000 euros d’amende, 2 ans d’inéligibilité et un an d’interdiction de la fonction publique mais aussi d’expertise, car la psychologue est aussi experte judiciaire près la cour d’appel de Nîmes.

    Délibéré le 10 novembre.

  • Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Troisième conseil de surveillance de l’année, troisième irruption de personnels en colère. En cause : les mesures d’économies étudiées par la direction suite aux observations de la Chambre régionale des comptes. Alors que les négociations sur la prise en compte de la pause méridienne dans le temps effectif de travail, la rémunération des astreintes et le dispositif de garde des infirmiers anesthésistes sont encore en cours, la suppression des heures supplémentaires pour les agents à temps partiel, effective depuis le 1er septembre, a mis le feu aux poudres. Ce vendredi, le bloc opératoire était en grève.

    Manon Breteau, infirmière au sein du service (Ibode), témoigne : « Jusqu’ici, nos astreintes étaient payées en heures supplémentaires et on avait une majoration quand on travaillait la nuit, les dimanches et les jours fériés. La direction les a supprimées. » La soignante sort son téléphone pour montrer les chiffres. « Sur un échelon 5, à l’heure, je suis à 21,66 euros. La nuit, je suis à 45,02 euros et les dimanches et jours fériés à 37,51 euros. Ce mois-ci, j’ai fait 30 heures d’astreinte qui vont donc être payées en heures complémentaires. Ça représente une grosse perte de salaire. »

    La direction explique avoir corrigé « une situation qui conduisait certains professionnels à temps partiel à compléter leur activité au moyen d’heures supplémentaires, bénéficiant ainsi, à quotité de travail identique, d’un régime de rémunération différent de celui applicable à un professionnel employé à temps plein ». Elle assure entendre « les conséquences que cette régularisation peut avoir pour certains professionnels qui s’étaient organisés sur la base du dispositif antérieur ». La direction dit avoir proposé des rendez-vous individuels aux agents concernés « afin d’étudier leur situation et les solutions pouvant être envisagées ». Le personnel demande la mise en place de compensations financières.

    Politique

    contre-productive

    Manon et sa collègue Élise, infirmière anesthésiste (Iade), préviennent : « Le risque est de nous voir partir vers le privé. Il n’y a plus d’intérêt à rester à l’hôpital pour ces salaires-là. » Nathan Cabiac, représentant syndical CGT, appuie : « Nous refusons que les difficultés financières de notre établissement servent systématiquement de prétexte à de nouveaux reculs sociaux. […] Cette politique est injuste, dangereuse et contre-productive. Dégrader les conditions de travail, c’est accélérer le départ de professionnels formés et expérimentés, accentuer les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques, les arrêts de travail et les situations d’épuisement professionnel ».

    Sur ce point, le directeur Loïc Mondoloni affirme : « L’attractivité et la fidélisation de nos professionnels constituent évidemment un enjeu majeur. Mais cette attractivité doit reposer sur un système à la fois juste, équitable et juridiquement sécurisé. » Le bloc opératoire sera en grève reconductible illimitée, vendredi prochain.

  • À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    Comme tous les midis depuis le 28 septembre, les Agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles (Atsem) étaient en grève reconductible ce lundi 12 octobre. Après une réunion avec les élus et les représentants syndicaux dans la soirée, elles se sont engagées à reprendre le travail à la cantine ce mardi. Les représentants syndicaux souhaitent négocier sur le prélèvement des jours de grève. Un entretien est prévu entre le permanent et l’adjointe au personnel pour en rediscuter, apprend la Ville.

    Les Atsem dénoncent un manque de personnels, notamment lors des pauses méridiennes, ce qui nuit à la sécurité des enfants et à leurs conditions de travail. Une gréviste, qui souhaite garder l’anonymat, témoigne : « Ça fait un an qu’on alerte sur cette situation. À la cantine, les petits sont encadrés par nous et des agents d’entretien, qui sont souvent absents en raison d’arrêts maladies récurrents, ce qui cause une surcharge de travail. Sachant qu’on a des enfants de deux ans dont il faut changer les couches, qu’il faut couper la viande des petits à midi, qu’ils peuvent se disputer ou se faire mal avec les fourchettes… C’est par rapport à leur sécurité que ça nous angoisse. »

    Reçues par la majorité à trois reprises la semaine dernière, elles ont obtenu trois des cinq renforts qu’elles demandaient. Deux vacataires ont été positionnés à Lucia-Tichadou, et un aux Arcades Louis-Azémard. Laurent Belsola (PCF) leur a garanti la pérennisation de ces postes. Mais pour le maire, le taux d’encadrement et les conditions de travail s’amélioreront avant tout en luttant contre l’absentéisme. Un travail partenarial avec les personnels et les représentants syndicaux doit être mené sur les risques psychosociaux.

    Le remplacement systématique impossible

    L’élu explique que « la commune ne peut pas se permettre de remplacer de façon systématique des agents titulaires par des agents vacataires ». « À l’heure où les moyens des collectivités sont rognés de toutes parts et où les Villes perdent toujours plus de dotations permettant d’assurer l’offre de service public, il est impossible, pour Port-de-Bouc, de remplacer des agents dans des écoles au sein desquelles les préconisations liées au taux d’encadrement sont à la fois respectées et plus favorables que dans d’autres communes », poursuit-il.

    Alors que la moyenne nationale se situe à un adulte pour 14 enfants, les sept écoles maternelles de la commune sont dotées d’un adulte pour 12 enfants au maximum (dans les établissements où les renforts ont été fléchés) et six enfants au minimum. L’objectif visé par la municipalité comme les Atsem est d’arriver à une moyenne de neuf enfants par encadrant.

  • À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    Pas de grasse matinée pour les lycéens toulonnais. Dès 7h, nombre d’entre eux, en provenance de plusieurs établissements de la ville, se sont réunis devant le lycée Bonaparte, bloqué pendant une partie de la matinée. Entourés de militants syndicaux (CGT, FSU, FO, Solidaires), ainsi que de nombreux parents et enseignants venus les soutenir et les protéger, ils se sont ensuite mis en marche aux alentours de 9h.

    « Sarcastiques et dédaigneux »

    En tête de cortège, Denis Sincu, élève en terminale au lycée Bonaparte, leader de la mobilisation, haranguait une foule d’environ 2 000 personnes, déterminée, mais respectueuse du cadre de la manifestation, autour d’une revendication : être entendue. Une délégation composée de représentants syndicaux, de professeurs, de lycéens et d’étudiants, dont il faisait partie, a été reçue en fin de matinée par le préfet et le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). « On veut demander au préfet qu’il nous ouvre une porte de dialogue avec les institutions », clamait-il avant ce rendez-vous. Derrière cette demande, des revendications précises : la fin de Parcoursup, des bâtiments rénovés, des outils numériques fonctionnels, du personnel enseignant en nombre suffisant et des emplois du temps cohérents.

    Mais à l’issue d’une réunion qui a duré un peu plus d’une heure, c’est la colère qui dominait parmi les principaux concernés. « Ils ont été sarcastiques et dédaigneux. C’est un manque de respect envers la jeunesse, qui a le droit de s’exprimer », s’indigne Camille, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Bonaparte. « Ils parlent de dialogue social, parce qu’ils ont reçu une délégation d’étudiants et de syndicats, mais il n’y a pas de réponse, c’est de l’enfumage. Ils se renvoient la balle sur les responsabilités », dénoncent les syndicats, qui se disent prêts à soutenir la prochaine mobilisation, annoncée pour le 15 octobre.

  • Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    « Notre but vraiment, c’est d’être leur service d’ordre et de faire en sorte que tout se passe bien. » Pour Anaïs Pascual, membre de l’UD CGT 83, pas question de laisser les lycéens seuls face à une police « sur les dents ». Encadrer et protéger seront les maîtres mots des militants CGT, mais aussi de la FSU, mobilisés, ce mardi 6 octobre, que ce soit au lycée Bonaparte à Toulon dès 7h30, au lycée Jean-Moulin à Draguignan à 8h et au rond-point Kennedy à 10h30.

    « On a vu, vendredi, une police très énervée, prête à en découdre avec des jeunes de 15 ans. C’est inquiétant pour nos enfants », estime Anaïs Pascual, alors que 30 « minots ont été interpellés à Toulon et qu’il n’y a pas eu de dégradations ». Une attitude qu’elle considère aussi comme très politique. À l’heure où « il y a l’examen du budget, cette mobilisation tombe mal dans le calendrier du gouvernement », analyse-t-elle.

    Revendications communes

    Les revendications portées par les lycéens, dont les chaînes infos ne disent souvent pas un mot, déplore la syndicaliste, rejoignent celles des enseignants mobilisés le 29 septembre pour la défense des services publics. « Ils dénoncent un manque de personnel, de surveillants, d’AESH, d’infirmières… » rappelle Anaïs Pascual. Une certaine convergence des luttes « sur le fond », reconnaît-elle, mais tient-elle à préciser, pas question de déposséder les jeunes de leur mouvement. « Cela reste le leur, nous sommes là en soutien, il va falloir rester zen… », martèle-t-elle.

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».

  • Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Une foule de blouses blanches au brassard rouge « en grève » a envahi, mardi matin, l’entrée de la clinique l’Angelus (7e). Les salariés de l’établissement de soins privé, logé à deux pas de la Bonne Mère, sont venus porter deux revendications claires : l’augmentation de leur salaire, pour la plupart inférieurs à ceux proposés dans le public, et le renforcement des équipes. « On demande juste les moyens de faire notre métier, s’indigne Christopher Adou, infirmier représentant du personnel. On est sous-payés. Lorsqu’on réclame plus à nos supérieurs, ils nous disent que ce n’est pas possible. Pourtant, l’établissement a réalisé un bénéfice de 1,2 million d’euros l’an passé, sachant que nous sommes censés être une association à but non lucratif. » Pascal Luong, aide-soignant, lui aussi représentant du personnel, dresse le même constat : « On ne se sent ni écoutés ni reconnus. On a des patients de plus en plus lourds, de plus en plus dépendants et nous manquons de moyens par rapport à d’autres structures ».

    Les médecins en soutien

    Sur les quelque 80 salariés de la clinique, tous, ou presque, étaient en grève ce mardi d’après Pascal Luong, y compris ceux réquisitionnés pour assurer un service minimal de soins. L’ambition : former un bloc solidaire pour obtenir des avancées collectives. « Tous les médecins sont en grève en soutien à leurs soignants, c’est assez exceptionnel, note Aude Simon, docteure à la clinique depuis de nombreuses années. Nous voulons que les soignants soient bien traités, nous tenons à nos équipes ». De son côté, la direction assure comprendre les difficultés rencontrées par ses salariés, notamment en cette période « compliquée pour le pouvoir d’achat ». Elle assure cependant ne pas pouvoir engager de « mesures salariales collectives », faute de moyens et au regard des « capacités d’investissement à préserver » dans le cadre du projet d’acquisition de nouveaux locaux. Interrogé sur l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire, qui avoisinerait les 14 000 euros selon Pascal Luong, Sylvain Renouf, directeur des opérations, dit ne « pas souhaiter commenter ». Reçus en fin de matinée, les salariés ont refusé une première proposition de leur direction, envisageant de revaloriser uniquement 13 salariés. « Notre réponse est ferme : c’est non, car nous voulons une revalorisation générale ». Les soignants donnent à leurs patrons jusqu’au 10 octobre pour obtenir une réponse, faute de quoi ils entameront une nouvelle grève.

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.