Tag: personnel

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    Le lycée Jean-Moulin de Béziers miné par la vétusté des équipements

    « Les dysfonctionnements du réseau paralysent l’ensemble des missions quotidiennes des personnels », alertent, dans un communiqué commun, les représentants des sections locales CGT, SUD et Unsa du lycée Jean-Moulin, à Béziers. « Certains collègues des filières professionnelles ne peuvent littéralement plus assurer leurs cours. »

    Si les syndicats de l’établissement sont aujourd’hui désemparés, c’est notamment car l’un de leurs principaux outils de travail, les ordinateurs sont d’une vétusté si avancée que le travail des enseignants en devient impossible. Des « machines vieillissantes, toujours sous Windows 7 — système abandonné par Microsoft depuis janvier 2020 », utilisées quotidiennement pour des tâches allant de la notation des présences et absences des élèves à la communication aux familles, ou encore à la projection de cours dans les salles de classe. Des machines frappées par un virus informatique qui rend ces simples tâches impossibles à réaliser.

    Une rénovation

    qui se fait désirer

    « Entre la vétusté, la problématique des mises à jour, l’accès aux drivers sur les applications, l’accès aux drivers sur les imprimantes par exemple, les professeurs ne peuvent même plus imprimer, ils ne peuvent plus utiliser les ordinateurs pour projeter en classe », développe Maxime Barbazange, représentant de l’UL CGT de Béziers et salarié de l’Éducation nationale. Il prend la parole pour dénoncer une situation qui rend le travail de ses collègues très compliqué et s’étonne de la réaction de la direction de l’établissement qui, après avoir reçu les plaintes du corps enseignant, aurait proposé aux professeurs en guise de solution d’apporter leurs ordinateurs personnels. « On est des fonctionnaires d’État, on doit avoir du matériel pour bosser », assène-t-il.

    Dans un article publié dans Midi Libre, la direction de l’établissement a appelé à la patience. Une réponse qui peine à convaincre le personnel éducatif dont la moitié du parc informatique est inutilisable depuis la rentrée des vacances de printemps. Que ce soit au niveau des bâtiments ou du matériel informatique, Maxime Barbazange rappelle que « la Région est en retard sur la rénovation », bien que la direction se targue de l’avancement de cette dernière.

    Les sections locales CGT, SUD et Unsa de l’établissement rappellent également que « le lycée Jean-Moulin accueille des élèves dont le niveau de vie figure parmi les plus faibles de France. Ce sont précisément ces jeunes, ceux qui n’ont pas les moyens de pallier par eux-mêmes les défaillances de l’institution, qui pâtissent le plus de l’absence d’outils numériques fonctionnels, de locaux dégradés et d’une infrastructure vétuste. » Les quelque 3 000 élèves de l’établissement, actuellement en période d’examens du baccalauréat, ont passé les épreuves dans des salles de classe à 34 degrés, « dans des conditions déplorables », s’inquiète le dirigeant syndical.

    C’est pourquoi les syndicats accompagnent leur communiqué de plusieurs revendications pour permettre à tous de réussir à travailler et à étudier dans de bonnes conditions, à savoir le remplacement des machines sous Windows 7 par des équipements sous système d’exploitation maintenu et sécurisé, un plan de rénovation complet et chiffré pour l’ensemble des locaux dégradés, avec « calendrier contraignant », ou encore de pouvoir échanger avec les élus régionaux au sujet de la situation de ce lycée qui scolarise une grande partie des élèves du Biterrois.

    Sans réponse concrète, les enseignants mobilisés se réservent le droit d’amplifier leur mobilisation.

  • Recherche publique réclame crédits désespérément

    Recherche publique réclame crédits désespérément

    Une austérité qui pèse lourd sur la recherche publique. Dans le cadre d’un mouvement national en intersyndicale CGT-FSU-CFDT-Unsa-Sud, le SNTRS-CGT Provence Corse manifeste le jeudi 11 juin place Général de Gaulle. Les personnels des établissements publics de recherche, de type CNRS, Inserm, IRD, Inria… dénoncent une réduction comme peau de chagrin des moyens alloués.

    « Depuis 2024, dans la réalisation de la loi de finances, il y a le budget initial et les budgets rectificatifs. Et de manière récurrente, il y a des suppressions, des annulations de crédit qui ont conduit, par exemple, cette année, comme l’année dernière à un certain nombre de problèmes », explique Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS-CGT Provence Corse. Chimiste au CNRS à Marseille, il raconte le manque de visibilité. Selon lui, les laboratoires pourraient être obligés de piocher sur leurs fonds propres, consacrés en priorité aux achats ou réparations d’équipements. « Des appareils pour mon labo à 300 000 euros par exemple. La moindre panne, c’est plusieurs dizaines de milliers d’euros », détaille-t-il.

    Les vannes ouvertes pour le crédit impôt recherche

    Une alerte d’autant plus grave qu’une partie des fonds de roulement ont déjà été amputés. Dans la ligne de mire de Bercy, « des réserves budgétaires pour le paiement des salaires, notamment aussi pour les CET, les comptes d’épargne temps » où l’employeur « a l’obligation d’épargner les crédits correspondants à l’indemnisation que représentent ces jours », ajoute le responsable syndical. Il s’inquiète également de la volonté affichée du gouvernement d’économiser un milliard d’euros sur les services publics, « comme si on était des dépenses à perte », s’indigne Didier Gori.

    Sur le budget 2026, 35,5 millions d’euros de crédits d’économie sont imposés « au programme 150, pour le financement des universités » et 62,2 millions « sur le programme 172 qui concerne les EPST [Établissement public à caractère scientifique et technologique, Ndlr.] donc justement nous, les principaux organismes qu’on a sur la région Provence », poursuit-il. Dans le même temps, il déplore le manque de contrôle des sommes allouées aux entreprises dans le cadre du crédit impôt recherche. « Nous, nos crédits nous sont attribués sur la base d’une évaluation, tous les 5 ans et c’est normal mais sur cet argent public là il n’y a aucun contrôle, c’est un effet d’aubaine. »

    La CGT réclame notamment le respect de l’accord de Lisbonne, qui prévoit au niveau européen que les États, investissent 3% de leur PIB. « En France, on n’y est pas du tout », assure Didier Gori. Si les « chiffres ne sont pas très clairs en ce moment », nuance-t-il, « on serait en dessous de 0,7%, voire 0,6%. » Au point qu’au rang des performances internationales, le pays commencerait à régresser. Inacceptable pour les syndicats.

  • À Martigues, les salariés d’Arcelor face à leur employeur

    À Martigues, les salariés d’Arcelor face à leur employeur

    Les 162 requérants travaillant ou ayant travaillé à ArcelorMittal Fos-sur Mer sauront le 11 février 2027 si le préjudice d’anxiété est reconnu pour exposition à des composés Cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). C’est la conclusion de presque trois heures d’audience auprès du conseil de prud’hommes de Martigues jeudi matin, exceptionnellement réuni en la salle Raoul Dufy.

    Les 162 salariés demandent 35 000 euros chacun d’indemnisation au titre du préjudice d’anxiété lié à « l’exposition quotidienne des travailleurs aux CMR, aux agents chimiques dangereux sans protection ni information » selon Me Julie Andreu, avocate des salariés et de leur syndicat CGT. « L’inspection du travail a relevé en 2023 des surfaces partout recouvertes de poussière, une vingtaine de CMR qui dépassent les valeurs limites de parfois 200, 500, jusqu’à 1 693% », poursuit-elle.

    En défense, l’avocate d’ArcelorMittal Méditerranée argue que « les demandeurs n’identifient pas les substances, mais invoquent une liste de produits sans preuve de leur présence dans l’usine, avec amalgame entre produits dangereux et CMR ». En outre, la représentante d’Arcelor pointe « l’invalidation des mesures au-delà des valeurs limites par l’organisme de contrôle agréé » et que « les mesures prospectives demandées par l’inspection du travail en juillet 2023 n’ont pas détecté de dépassement des seuils limite ».

    Quelle prévention ?

    La prévention est l’autre gros argument soulevé par l’accusation. « Il n’y a pas de système de captation à la source, ni de renouvellement de l’air, ni de sas de décontamination. Les ventilateurs dans les ateliers soulèvent les poussières et contaminent les locaux fermés de restauration collective et bureaux », liste Me Julie Andreu. De plus, « aucun équipement individuel n’était fourni avant 2021. En 2026 certains salariés n’en ont toujours pas et les casiers sont envahis par la poussière, donc les vêtements civils contaminés », insiste-t-elle.

    La défense d’Arcelor conteste. « Il y a des mesures de protection collectives, très techniques » assure l’avocate, « le système de captation à la source permet d’éviter 99% des poussières, le reliquat fait l’objet de campagnes de dépoussiérage » poursuit-elle, provoquant un tollé dans l’assemblée. Du reste, la représentante indique que « le port du masque FFP3 a été imposé à tout le personnel en février 2023. L’inspection du travail fait le constat du port en mai 2023, ne dit pas qu’il ne protège pas, mais que les salariés disent que c’est inadapté à cause de la température ». Le masque ventilé à filtre aurait été rendu obligatoire depuis.

    Sur 123 dossiers figure également la demande de reconnaître le préjudice de perte de chance de suivi post-professionnel adapté. L’avocate Julie Andreu pointe des « fiches de suivi qui ne reflètent pas la réalité », « si les salariés développent une pathologie sans savoir à quoi ils ont été exposés on leur répondra que c’est sans lien avec le travail ». Avec des chiffres : « Depuis l’inspection du travail en 2023, il y a eu des examens et des symptômes, les problèmes de santé sont réels. » « Ils ont la sensation de vivre en sursis, l’angoisse est légitime », insiste l’avocate.

    « Tous les salariés de l’usine sont en surveillance renforcée et auront une visite médicale à la sortie de l’entreprise », rétorque la défense. « La société a établi une liste des travailleurs susceptibles d’être exposés en 2024 à compter de l’entrée en vigueur », du décret dédié. ArcelorMittal « n’entend pas commenter » la procédure, selon son communiqué de jeudi soir, et affirme « faire valoir ses arguments juridiques » et attend le rendu du conseil le 11 février 2027.

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    Vivant au Mexique, le propriétaire domicilié à Paris d’un appartement exploité illicitement depuis 2022 en locations saisonnières était assigné hier en référé par la Ville de Marseille. Les deux premières condamnations en février obtenues par la commune pour réguler le marché, portaient sur des fraudes en résidences secondaires. La présente affaire instruite par la brigade de contrôle du logement est « un premier cas de fausse déclaration en résidence principale pour échapper à l’autorisation de changement d’usage ».

    Placé sur les sites Airbnb et Booking à 400 euros la nuit, l’appartement de 145 m² au 4e étage du 118 rue Dragon (6e) proposait six chambres, plus une chambre de bonne de 16 m2 soit 14 couchages. Les deux plateformes rapportent 127 nuitées en 2022, 192 en 2023, 200 en 2024, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. « Ces chiffres sont incompatibles avec la définition légale de la résidence principale. Le propriétaire a quatre appartements à Marseille, des sociétés à Paris et il travaille au Mexique », déroule Jorge Mendes l’avocat de la Ville. À considérer même que ce fut sa résidence principale, elle ne pouvait être louée en Airbnb plus de 120 jours par an, seuil abaissé en début d’année à 90 jours.

    « Il faut que ce commerce illégal cesse »

    « Les photos de cet appartement impersonnel parlent d’elles-mêmes. Pas d’effet personnel, pas de nom à l’interphone, c’est juste une résidence touristique », poursuit Me Mendes. « Ce business illégal aggrave la crise du logement pour les familles marseillaises. Sans compter les nuisances des groupes de visiteurs rapportées par les voisins, le syndic. Il faut que ce commerce illégal cesse. Il n’y a pas de “c’est Marseille bébé”, mais l’application de la loi nationale. 12 000 appartements sont enlevés aux Marseillais par des gens de passage », conclut l’avocat qui réclame 200 000 euros d’amende et une astreinte de 3 000 euros par jour pour le retour en bail classique.

    En défense, Me Victor Steinberg dénonce la « tonalité très politique et sans nuances d’un maire qui veut “faire la guerre aux Airbnb”, mais qui pour faire un exemple s’est trompé de cible ». Il décrit son client, Paul C., 37 ans, comme un « jeune travailleur ultra-connecté qui voyage beaucoup, fait de l’accompagnement au management de transition à l’international. Imaginer qu’il ait vécu chez ses parents à Paris est une thèse loufoque de la Ville qui vient traquer quelques incohérences administratives pour y voir une fraude organisée ». De produire une déclaration fiscale, des factures d’électricité et cent pages de factures de trottinettes comme preuve de son « ancrage marseillais ». Selon Me Steinberg, Paul C. aurait perçu « juste 6 900 euros de recettes » une fois retranchés les charges et travaux. L’appartement est depuis loué en bail mobilité à 4 étudiants colocataires à 680 euros mensuels chacun. Paul C. est désormais titulaire d’une carte de résident au Mexique. Il n’est pas rapporté que le Pastis lui manque.

    Décision le 30 juin.

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».