Les grands électeurs vont rebattre les cartes du Sénat

Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche nourrit de l’ambition dans un scrutin incertain

Dans les Bouches-du-Rhône, la liste de gauche unie espère décrocher quatre sièges sur huit au Sénat, alors que la droite s’avance très divisée.
Huit sièges à pourvoir et une élection qui s’annonce incertaine dans les Bouches-du-Rhône où les sénateurs sont élus à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Avec 3 695 grands électeurs, le quotient théorique s’établit à environ 462 voix par siège.

Neuf listes en lice

Mais dans un scrutin très éclaté (neuf listes sont inscrites), le dernier siège pourrait être décroché avec bien moins. Une liste réunissant moins de 10% du collège électoral pourrait en effet envoyer un élu au Palais du Luxembourg. À l’inverse, il faudrait alors s’approcher des 1 700 voix pour décrocher quatre sièges.
À gauche, la principale liste, celle de l’union de la gauche, est menée par le communiste Jérémy Bacchi, avec Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Écologistes). Trois sièges obtenus en 2020 avec 987 suffrages. Forts des résultats aux dernières municipales, ils devraient logiquement être réélus. La question est de savoir si la quatrième de liste, Clara Jaboulay, adjointe (PM) au maire de Marseille, les rejoindra ?

À gauche toujours, Michelle Blanchard-Svoboda (LFI) à la tête d’une liste 100% insoumise se revendiquant du Nouveau front populaire, devrait manquer de réserve. L’ancien député Jean-David Ciot (DVG) se présente lui avec Sophie Jardinot, maire (SE) de Saint-Estève-de-Janson et Arthur Salone, conseiller municipal aubagnais. Il pourrait gratter de précieuses voix à la droite centriste plus qu’à la gauche. Au même titre que la sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve (DVG). <br /> D’autant qu’à droite, la désunion interpelle à quelques mois de la Présidentielle. Élue sur la liste d’union de la droite et du centre en 2020, Valérie Boyer (LR) est partie seule, soutenue par Bruno Retailleau mais sans l’appui officiel de son parti. Autre sortant, Stéphane Le Rudulier (LR) tente aussi une aventure autonome.

La liste officiellement défendue par la majorité sénatoriale de droite et du centre est, elle, conduite par Brigitte Devésa (UDI), qui a hérité du siège laissé vacant après le décès de Patrick Boré. On y retrouve le président de la région Renaud Muselier (REN), en 2e position, suivi de Véronique Miquelly (LR) et Michel Pécout (LR). Ajoutant au désordre, la liste d’Hervé Granier, le maire (LR) de Gardanne se revendique des élus de terrain. Y figure notamment l’ancienne adjointe à la culture de Marseille de Jean-Claude Gaudin, Anne-Marie d’Estienne d’Orves.

À l’extrême droite, après deux mandats, le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN puis Reconquête !) trouve face à lui, la liste du RN conduite par Marie-Pierre Callet.

Valérie Boyer se manifeste

La sénatrice (LR) des Bouches-du-Rhône sortante n’a pas tardé à répondre au maire (LR) d’Allauch, Lionel de Cala qui a interpellé les candidats aux sénatoriales cette semaine pour leur demander de se positionner sur un manifeste en vue d’une réforme de la loi SRU.« J’ai toujours été opposée » à ce « texte de loi dirigiste » qui « punit les villes », rappelle Valérie Boyer dans une vidéo face caméra postée sur les réseaux sociaux. Elle se dit favorable à un calcul des objectifs à l’échelle métropolitaine, aux logiques de flux, à une adaptation des objectifs à chaque commune, à la réversion de l’argent des pénalités aux communes et territoires, et à rendre au maire la maîtrise de l’attribution des logements sociaux.

Dans le Var, les communistes en ordre de bataille derrière Sylvie Vinceneux

La chef de file du PCF dans le Var Sylvie Vinceneux dévoile la liste qu’elle va conduire pour défendre les valeurs de gauche et des territoires au Sénat.

Dans le Var, les grands électeurs devront désigner quatre sénateurs. Et avec 153 communes ayant renouvelé leurs équipes municipales on pourrait croire les cartes rebattues. Mais pour mémoire la gauche n’avait obtenu qu’un seul siège en 2020. Et au final, même pas ! puisque le sénateur André Guiol (ex PS) a presque aussitôt rejoint le camp macroniste.

Et cette année les socialistes et Les Écologistes ont choisi de soutenir le maire sans étiquette de la Roquebrussanne Michel Gros qui souhaite s’inscrire dans la continuité d’André Guiol. Une position rédhibitoire pour le reste de la gauche. C’est dans ce contexte que s’inscrit la bataille qu’entendent mener les communistes sur un positionnement politique, lui, on ne peut plus clair, avec à sa tête la secrétaire de la fédération varoise du PCF Sylvie Vinceneux. « Notre liste Le Var, Notre bien commun est la seule à porter une alternative de progrès et de défense des territoires au Sénat », affirme-t-elle sans détour.

Pour mener la bataille l’ex- candidate du Nouveau Front populaire aux dernières législatives sur la 6e circonscription et tête de liste de rassemblement aux municipales à Saint-Cyr peut compter sur une équipe soudée et investie pour battre le terrain et mener campagne.

Avec entre autres Filippo Signorino Gelo (PCF), conseiller municipal d’opposition à La Garde ; Marie-Pierre Burlando (PCF), élue d’opposition également, à Montfort-sur-Argens. Mais aussi, celui qui a mené la bagarre en première ligne à Six-Fours, l’apparenté communiste Pascal Cabras. Et en suppléants : Christine Romano, conseillère municipale à Fréjus et Philippe Mignoni.

Pas d’unité à droite et un RN en embuscade

Avec un département presque tout entier tombé sous la coupe de l’extrême droite aux législatives, envoyant 4 députés RN sur 5 à l’Assemblée nationale, la droite varoise pourrait bien perdre cette année sa situation quasi hégémonique au Sénat également. De ce côté-là aussi on part à la bataille en ordre dispersé. Le sénateur LR Michel Bonnus ne se représentant pas pour raison de santé, après sa défaite aux municipales à Toulon, se paie le luxe de ne pas soutenir la candidate investie par son parti mais le dissident Marc Lauriol, qui va indubitablement piquer des voix à celle conduite par l’officielle Françoise Dumont. Une division qui peut coûter cher. Et cela pendant que l’extrême droite fait bloc avec une liste RN-UDR conduite par le RN Frank Giletti.

Stanzione se pose en « praticien du quotidien » dans le Vaucluse

Le sénateur PS sortant a présenté, vendredi, une liste divers gauche composée de trois maires et d’une conseillère départementale. Il se prévaut de sa connaissance du terrain pour répondre aux attentes.

Sept listes, contre 5 en 2020, se disputeront les trois sièges de sénateurs vauclusiens. Sans surprise, Lucien Stanzione, sénateur PS sortant, sera de la partie. L’ex-maire d’Althen-des-Paluds a présenté, ce vendredi à Sorgues, sa liste. Complètement remaniée par rapport à celle d’il y a six ans. « Une liste divers gauche bâtie sur l’intérêt des communes au-delà de la question partisane car les élus locaux n’attendent pas des réponses politiques mais des praticiens du quotidien », défend Lucien Stanzione.

Si le premier fédéral du PS est secondé par Sophie Rigaut, conseillère départementale socialiste de Vaison, les trois autres candidats sont des maires issus de la diversité géographique : Philippe Armengol (Velleron), Sandrine Raymond-Lucarini (Saint-Pierre-de-Vassols) et Christian Vachier-Moulin (Vitrolles-en-Luberon). Par ailleurs, Jean-François Lovisolo, maire de la Tour d’Aigues et coprésident de l’association des maires de Vaucluse, Max Raspail conseiller départemental et maire DVG de Blauvac mais Claude Haut, ex-sénateur et ancien président du Département, ont pris position pour Lucien Stanzione.

Viala, une autre liste à droite

Sylvie Viala, présidente du Modem 84, a aussi déposé une liste. La conseillère régionale qui propose une 3e autre voie à droite et à son centre. Cette liste, baptisée « Union des centres républicains de Vaucluse », « est une démarche collective portée par la volonté de défendre nos territoires », indique l’élue de Sarrians. Elle dresse trois priorités : patrimoine, jeunesse et formation. Derrière Sylvie Viala, on retrouve deux élues en 3e et 5e positions : Leïla Estellon, adjointe au maire de la Roque sur Pernes, et Françoise Lemaignan, élue d’opposition à Carpentras. Olivier Calay-Roche, (Valréas), et Ludwig Ferren (Avignon) sont 2e et 4e.

Dans les Alpes

Jean-Yves Roux brigue un troisième mandat

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les sénatoriales prennent les allures d’un duel entre le sénateur sortant Jean-Yves Roux (PRG-RDSE, centre-gauche), élu depuis 2014, et Stéphanie Colombero (DVD), candidate de la majorité départementale. 565 grands électeurs sont appelés aux urnes et trois autres candidats sont annoncés Marianne Mougey (LFI), Fabrice Durnerin (UDR-RN), et Stéphane Durbec, un fidèle de Jean-Marie Le Pen.

Michel Arnaud se pose en favori

Dans les Hautes-Alpes, 449 grands électeurs et un siège à pourvoir, Jean-Michel Arnaud, le sénateur centriste sortant, part favori malgré la poussée de l’extrême droite aux législatives 2024. Face à lui, Michel Pons (LFI)et Jean-François Baudin pour la gauche unie. Jérôme Sainte-Marie sera le candidat du RN.

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