Keyliane Abdallah, le nouveau frisson de l’OM

C’est la belle éclaircie du moment à l’OM. À seulement 20 ans, Keyliane Abdallah s’illustre depuis le début de la saison avec le groupe professionnel de l’Olympique de Marseille. À chacune de ses entrées, le jeune ailier apporte percussion, insouciance et énergie à l’animation offensive. Un potentiel repéré par son agent Cyril Astier lorsqu’il évoluait encore avec les U17 de l’OM.

« Ce qui m’a directement plu chez lui, c’est qu’il est capable de jouer aux trois postes offensifs. C’est un joueur “frisson“. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose », raconte-t-il. Le Marseillais a rapidement rencontré la famille du jeune joueur, notamment son oncle Toifilou Maoulida, ancien attaquant de l’OM, qui lui apporte son expérience du monde professionnel.

Le sacre en Gambardella, en 2024, a confirmé la polyvalence d’Abdallah. Principalement utilisé sur un côté, il dispute notamment la finale au poste d’avant-centre. « C’est un garçon qui s’adapte facilement et qui ne rechigne pas. Si demain Genesio lui demande de jouer latéral, il le fera », assure Astier.

Reste alors à franchir le cap entre les promesses chez les jeunes et les exigences du haut niveau. Le club a fini par accélérer : trois mois après le sacre en Gambardella, Abdallah a signé son premier contrat marseillais. Titou Hasni, directeur du centre de formation, a joué un rôle important dans cette évolution. « Il a toujours fait partie des gens qui l’ont poussé auprès du club pour que les choses avancent pour lui », souligne Cyril Astier.

L’OM, le rêve de sa vie

Mais après une saison et demie passée avec la Pro 2 en National 3, Abdallah avait besoin d’un nouvel environnement pour poursuivre sa progression. « Par expérience, j’ai vu beaucoup de jeunes, aussi talentueux les uns que les autres, qui n’ont pas eu le déclic dans cette période de transition. Il n’y a pas un problème de formation à l’OM, il y a un axe de progression sur la post-formation. Le club est d’ailleurs en train d’y remédier », souligne-t-il.

Malgré des offres de clubs de Ligue 3 française et de Ligue 2 scandinave, son agent lui a conseillé alors le Gimnàstic de Tarragone, en troisième division espagnole. Un choix guidé par l’adéquation entre son profil et le jeu espagnol, mais aussi par la garantie d’un temps de jeu. « C’est toujours mieux que d’être sparring-partner aux entraînements et qu’il ne se passe rien jusqu’à la fin de ton contrat », estime Astier. L’expérience lui a permis aussi de franchir un cap humain. Loin de Marseille, confronté à une nouvelle langue et à un nouvel environnement, Abdallah a appris à se débrouiller seul. « Il est devenu plus mature et responsable. Ce prêt est la meilleure chose qui lui soit arrivée », assure son agent. De retour à Marseille, le jeune homme originaire de Mayotte a rapidement su qu’il allait débuter la saison avec les professionnels.

Le contexte économique et sportif de l’OM, ainsi que l’arrivée de Bruno Genesio, réputé pour faire confiance aux jeunes, ont favorisé l’émergence des pensionnaires du centre, notamment lors des matches amicaux. Ses prestations ont alors attiré des clubs de Ligue 2 française, néerlandaise et espagnole, « pratiquement tous les clubs de Ligue 3 espagnole », dont Tarragone, mais aussi des formations de première division slovaque, croate et ukrainienne, dans les dernières semaines du mercato. Certaines disposent même de projets « avec lesquels certains clubs de Ligue 1 ne peuvent pas rivaliser ». Mais « jouer à l’OM, c’est le rêve de sa vie ».

Keyliane Abdallah a déjà disputé 70 minutes depuis le début du championnat, ce qui en fait le 5e joueur offensif le plus utilisé par Bruno Genesio. Il est même devenu l’option n°1 sur l’aile droite en remplacement d’Amine Harit. « Il y a eu une opportunité qui n’a jamais existé à l’OM, c’est de faire jouer les jeunes. Je ne sais pas si une saison comme celle-ci, avec un tel contexte, arrivera de nouveau », réalise Cyril Astier.

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