Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix

Les premiers jours en école de commerce ne se sont pas déroulés dans les amphithéâtres, mais dans le bruit des scies. Depuis lundi, les premières années de l’ESSCA (école supérieure des sciences commerciales) se relaient sur un chantier solidaire mené sur les pelouses de l’Institut des Parons, établissement médico-social spécialisé dans l’accueil de personnes en situation de handicap.

Dossards floqués aux couleurs de l’école sur le dos, ils sont une trentaine à manier scies et ponceuses, à s’essayer à la découpe et à l’assemblage de planches de bois. D’ici la fin de la semaine, tout un mobilier extérieur doit être installé dans l’un des espaces verts de l’institut afin de compléter le nouveau pôle autisme, qui accueille une quarantaine de personnes.

Provoquer le « déclic »

Sur le vaste site de l’institut, plusieurs aménagements ont déjà été construits par des étudiants. Voilà six ans que l’ESSCA fait appel à l’entreprise britannique Splash Projects pour impliquer ses premières années dans un chantier solidaire en guise de séminaire d’intégration. « Les communautés, les associations avec lesquels nous travaillons décident ce dont elles ont besoin (…). Nos designers dessinent, puis le projet est mené par nos clients, explique Meg, de Splash. On crée des passerelles ! »

Côté direction, l’initiative permet d’implanter, dès les premiers jours de cursus, les « valeurs de l’ESSCA », juge Claire Bourgeois, directrice du campus aixois. Cette année, ils sont une centaine d’étudiants à participer au projet et à se relayer. Le chantier, débuté lundi, a été bouclé et inauguré ce vendredi 4 septembre. « Surtout, c’est une manière de se rencontrer totalement différente. D’être présents pour aider, pour construire puis de voir une inauguration ou les parents des résidents sont là. Ils ont l’occasion de voir que ce qu’ils font est utile », poursuit Claire Bourgeois.

Emmanuelle Bodu, responsable de l’expérience étudiante, estime « que ce qu’ils font aujourd’hui, c’est découvrir ce qu’est manager en équipe, travailler en s’ouvrant aux autres ». Sur les autres sites de l’école, dont les campus de Malaga et de Budapest, des chantiers similaires se déroulent simultanément. Parmi les étudiants, l’initiative a pu être une surprise. « On ne pensait pas faire des travaux la première semaine. On se sent utiles », estime Jade, entre deux coupes de bois. À ses côtés, Lou trouve que le projet s’inscrit dans l’idée qu’elle se faisait du commerce. « J’ai aussi choisi (ce cursus) pour le côté associatif, on va se retrouver devoir évoluer avec différentes valeurs, qu’elles soient sociales, environnementales. » Pour cette avant-dernière matinée de chantier, plusieurs résidents de l’Institut, les éducateurs, se sont rendus sur le site pour constater l’évolution des travaux. « Ces jeunes sont en devenir et, demain, ce seront peut-être des managers. Cette petite journée, ça peut faire des déclics », estime Thierry Pouplier, directeur de l’Institut des Parons. Globalement, participer à l’inclusion dans le monde du travail.

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