Dans le département, la gauche l’emporte largement aux législatives et des mouvements de grève touchent autant l’industrie que les travailleurs agricoles.
Le Vaucluse va lui aussi connaître la victoire du Front populaire et le mouvement de grève qui va suivre. « Pour la circonscription d’Avignon, le PCF a présenté Fernand Arnal, ouvrier électricien qui obtient 3 842 voix sur les 23 634 inscrits. Le Radical-socialiste Gonnet et lui appellent à voter, au deuxième tour, pour Vaillandet, SFIO, arrivé en tête au premier tour. Pour celle d’Orange, Étienne Charpier a été désigné pour affronter Daladier. Il recueille 4 885 suffrages mais Daladier est élu au premier tour avec 7 983 voix sur 18 580 inscrits. Dans la circonscription d’Apt, Ayme est devancé par Lussy de la SFIO par 9 506 voix contre 1 715 sur 11 702 inscrits. Dans celle de Carpentras, le maire de Velleron, Clerc, ne se présente finalement pas et Girard qui le remplace obtient 19 059 voix au premier tour. Il se désiste, tout comme Allègre de la SFIO, pour le Radical-socialiste Guichard au deuxième tour », racontent Roselyne Bouriche, Nadia Boyer, André Castelli, Frédéric Meyer, Thierry Maillet et Vivian Point dans leur livre Communistes en Vaucluse, regards sur un siècle d’histoire. « Au total, le PCF obtient environ 9 000 voix de plus qu’aux législatives de 1932 mais aucun élu. »
Du côté syndical, le mouvement de grève a été soudain et a pris au dépourvu les cadres syndicaux car « la plupart de ces mouvements se sont déclenchés dans des industries et des usines où la CGT n’avait aucune espèce d’organisation et qu’il a donc fallu que les camarades à la tête des syndicats existants canalisent le mouvement impétueux », racontait alors Gaston Dijon, secrétaire adjoint de l’UD CGT et membre du PCF qui avait lui-même dirigé la grève chez Vouland et Sud électrique.
Alors que les grévistes « ne commettent aucun dégât, aucune dégradation », des acquis sont obtenus par la grève, mais aussi comme à l’usine à soie ou à l’usine à gaz d’Avignon, par des négociations avec des patrons « moins intransigeants ». Une grève dans le bâtiment aboutit à un accord sur les congés payés et une convention collective après des échauffourées sur la rue de la République d’Avignon avec des non-grévistes, mais aussi avec une partie du monde agricole car les grévistes ont voulu s’opposer à l’expédition des denrées agricoles, provoquant l’indignation des commerçants et des maraîchers.
Alors que depuis un décret d’appellation du 15 mai Châteauneuf-du-Pape est devenue la 1re AOC viticole de France, « en revanche, la grève des ouvriers viticoles de Châteauneuf-du-Pape, est un échec », notent les auteurs de Communistes en Vaucluse, regards sur un siècle d’histoire. « Dans le Vaucluse où les productions maraîchères sont étroitement dépendantes des conditions d’acheminement, les mouvements grévistes atteignent directement les intérêts des cultivateurs », soulignait l’historien Édouard Lynch dans son livre Les socialistes français et la société paysanne durant l’entre-deux-guerres.
À la fin de l’année 1936, la CGT du Vaucluse va compter 20 000 adhérents et cinq unions locales à Avignon, Cavaillon, Orange, Pertuis et Carpentras.
Remerciements
Ce magazine a reçu l’aide et le soutien sans faille et bienveillant de l’association Promémo et de son président Gérard Leidet. Ouverte à toutes les sensibilités associatives, syndicales et politiques liées au monde du travail, comptant dans ses rangs aussi bien des universitaires que des militants des mouvements sociaux et associatifs, l’association Provence, Mémoire et Monde ouvrier (Promémo), créée en 1999 a pour objet de contribuer à l’élaboration, la rédaction et la diffusion du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, l’œuvre immense commencée en 1955 par Jean Maitron ; d’encourager et de développer les recherches scientifiques autour de l’histoire du monde et du mouvement ouvriers en Provence et de favoriser la conservation des documents et archives les concernant. Remerciements également à Yann Bertolone des archives de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, à Frédéric Rosmini de la fédération Léo Lagrange et de Parcours, à l’Institut d’Histoire Sociale (IHS) au niveau national et dans tous les départements et à la Fondation Gabriel Peri.

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