Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

« Engie/GRDF, un monde où l’argent coule à flots…loin des agents. » Avec une action symbolique jeudi devant le site du transporteur de gaz, NaTran, dans le 16e arrondissement de Marseille où une cinquantaine d’agents venus de tout Paca a afflué, la CGT énergie exige une ouverture des négociations pour une indemnité vie chère.

Le message s’adresse à la direction Sud-Est de GRDF. Et il est aussi clair que chiffré. Le syndicat estime à 1 million d’euros, le montant des indemnités « vie chère » si elles étaient versées aux 590 gaziers de Paca. Comparativement, « les bénéfices GRDF réalisés grâce à notre travail, c’est 716 millions. Et les dividendes versés à Engie, toujours grâce à notre travail, c’est 730 millions », résume Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT énergie de Marseille. C’est donc un léger effort consenti que demandent les agents, en somme, que d’aligner les salaires sur l’augmentation du coût de la vie.

Car ce travail, ils ne le font pas à moitié : « Nous sommes très réactifs, rappelle un agent aixois présent dans la mobilisation du matin. Nous avons le sens des responsabilités, c’est nous qui montons au front sur les interventions sensibles, qui prenons des risques. » C’est de Meyreuil, que la colère s’est déjà exprimée il y a près de deux mois pour des négociations au point mort.

Les seuls sans indemnités

« On nous martèle qu’il n’y a pas d’argent, c’est faux. Sans cesse des économies sont faites sur le dos des agents, dont certains n’arrivent plus à se loger correctement, et sur celui des usagers, qui renoncent à se chauffer, effrayés par leurs factures », poursuit une gazière. L’action du jour se situe dans la ligne des Robins des bois, tracée depuis quelques années par le syndicat. « C’est une opération avertissement sur l’outil de travail », précise Clément Martinez, secrétaire CGT énergie Grand Avignon. La colère est d’autant plus légitime que cette mesure qu’ils demandent, GRDF est « la seule entreprise du groupe Engie à la refuser, souligne-t-il, Elengy et même Enedis ont accordé une indemnité de près de 200 euros bruts par mois à leurs salariés ». Par ailleurs, pas d’arrêt prévu sur l’inflation et « l’augmentation des prix s’expliquerait par une hausse des prix de l’énergie, tirés par ceux du gaz », indique l’Insee. En Paca, les agents font monter le rapport de force avec des taux de grévistes « atteignant 100% sur certains sites, à Marseille, Avignon, Nice où Aix », précise le syndicat. Ils demandent d’ici « septembre, l’ouverture de négociations, a minima régionales », précise le responsable CGT du Vaucluse. Ce dernier a déjà contacté par ses pairs dans d’autres régions de France. Ils se disent « prêts » à embrayer sur cette lutte qui commence à faire beaucoup d’étincelles en Paca. Contactée la direction n’a pas donné suite. Un embrasement national reste à craindre.

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