Alors qu’une délégation syndicale était reçue par la direction académique de Vaucluse ce mardi 9 juin pour évoquer la situation des AESH sur le département, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment pour que ces travailleurs puissent « vivre de leur métier ».
« On nous parle d’école inclusive avec de belles intentions. Mais c’est tellement perfectible », regrette Stéphanie Ayme, AESH autour d’Avignon. Comme beaucoup d’autres de ses collègues, en grande partie des femmes, elle ne gagne même pas 1 000 euros par mois de ces activités. « Je me sens précaire. J’ai un second boulot et j’ai aussi des aides sociales alors que j’aimerais vivre de mon métier », confie-t-elle. « On arrive à 8h dans un collège puis on nous appelle à 8h15 pour qu’on aille dans une école maternelle et ce n’est pas normal. Nous ne sommes pas des moutons. Et si on a un problème de voiture, eh bien on doit se débrouiller. Mais qui peut se permettre de réparer sa voiture, ou tout simplement vivre, avec un salaire aussi bas ? », s’insurge Claude, également AESH, une pancarte « un salaire pour vivre pas survivre » dans les mains.
Une intersyndicale large, avec FO en plus de ceux de l’appel national, à savoir la CGT, Solidaires, l’Unsa et la FSU, était ainsi réunie pour porter diverses revendications pour les 1 300 AESH qui travaillent sur le territoire vauclusien. Dont notamment un besoin de reconnaissance de leur fonction. « Il leur est souvent demandé des missions qui ne sont pas les leurs, telles que de la surveillance d’examen. Alors que de nombreux élèves restent sans l’accompagnement qui est pourtant nécessaire », pointe Mélanie Saïsse, cosecrétaire générale de la CGT Educ’Action Vaucluse.
Alors qu’un groupe de travail sera ouvert avec le ministère la semaine prochaine afin d’évoquer la question du statut de fonctionnaire du métier. Mais seulement entre 10 et 20% des AESH seraient concernées. « C’est absurde, il faut que tous intègrent la fonction publique. C’est un plan insupportable qui n’a aucun sens », ajoute Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU. Ce dernier estime que « les AESH doivent avoir un statut à la hauteur de leur importance dans une école inclusive, car cette notion n’existe pas sans eux ». « La hausse de la quantité de travail pour certains ne compense même pas les frais de déplacement avec la hausse du prix du carburant. Les dernières réformes ou propositions ne résolvent pas les problématiques en Vaucluse », pointe de son côté le syndicat FO.

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