Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

On connaissait en Vaucluse les opérations annuelles de sensibilisation sur les risques incendies, les obligations légales de débroussaillement ou la campagne de préventions sur les fortes pluies et inondations. « Malheureusement, nous inaugurons un nouveau rendez-vous sur la prévention de risque canicule », présente le préfet. Ce vendredi après-midi, l’État a disposé une dizaine de stands au jardin du Rocher des Doms d’Avignon pour une demi-journée d’information. « L’été ne commence que le 21 juin et pourtant, fin mai, nous avons vécu une période particulièrement chaude », souligne Thierry Suquet.

Il est vrai que si l’opération avait eu lieu une semaine plus tôt, elle aurait été d’une actualité brûlante. Car ce vendredi, entre la pluie de la veille et le Mistral, les nombreux visiteurs du parc ne suffoquent pas. Qu’importe, les températures devraient bien remonter dès lundi. « Malgré l’idée reçue selon laquelle dans le Sud on est habitué à la chaleur, 40% des habitants de la région déclarent avoir souffert d’un épisode de forte chaleur », soutient le préfet. Agence régionale de santé, Météo France, Samu, Sos médecins, pompiers mais aussi santé au travail ont participé aux stands. « Depuis juillet 2025, un nouveau décret renforce les obligations des employeurs, quel que soit le secteur, en matière de prévention des risques liés aux forts épisodes de forte chaleur », appuie le préfet, assurant que « l’inspection du travail a réalisé 1 700 interventions [donnée nationale] en période estivale en lien avec la chaleur ».

La prévention passe par une action coordonnée des acteurs locaux, Ville en tête qui tient un registre des personnes vulnérables. « Un sujet majeur de santé publique », fait valoir le maire, Olivier Galzi (DVD), venu ouvrir l’opération. Pas de rupture politique sur ce sujet-là. « Il existe un plan canicule communal, un bon dispositif que je maintiendrai », assure le premier magistrat. Pas de modification du plan pour l’heure, qui prévoit divers niveaux d’alerte et liste l’ensemble des bons réflexes* en lien avec le centre communal d’action sociale. Points d’eau, ouverture en continu des parcs et jardins sont bien pérennisés. Une carte, « Ma ville plus fraîche », est toujours d’actualité.

Du sable pour contrer

le moustique tigre

Au-delà des conseils pratiques (hydratation, éviter les sorties et le sport aux heures les plus chaudes), un accent est mis aussi sur les risques sanitaires liés à la chaleur, comme les piqûres de moustique tigre, « principal vecteur de maladies comme la dengue ou le chikungunya qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé », prévient Thierry Suquet. « Comme pour le tri des déchets, il faut prendre le réflexe d’éviter les eaux stagnantes », enjoint Émilie Bonnet, ingénieure d’études sanitaires à l’ARS. Le moustique raffole des fonds humides. « On peut mettre du sable au fond des pots et soucoupes », conseille-t-elle. L’été dernier en Vaucluse, deux épisodes de chikungunya à Richerenches et Valréas ont été recensés avec un total de 13 personnes infestées. La préfecture envisage de pérenniser cette opération, qui pourrait se tenir dans une autre ville l’an prochain.

* Infos et carte « Ma ville fraîche » sur avignon.fr

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *