Tag: chaleur

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »

  • Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Après les élections municipales, il est temps pour les communes de renouveler leurs représentants au sein de l’association des Communes forestières du département. Interlocuteur privilégié des collectivités sur les questions forestières, cette structure accompagne les élus dans plusieurs projets : gestion des massifs, prévention des risques d’incendie, valorisation du patrimoine forestier…

    Dans un département particulièrement exposé aux feux de forêt, elle joue également un rôle de relais entre les communes, l’État et les différents acteurs de la filière forêt-bois. « Nous sommes le second réseau d’élus après l’Association des maires de France », rappelle Jérôme Bonnet, directeur général.

    Ce lundi 15 juin, le réseau tient justement son assemblée générale. à cette occasion, l’ensemble des maires et des élus communaux se retrouvent à Pélissanne. Premier enjeu de cette rencontre et « caractère particulier » de celle-ci : renouveler les instances qui siègent au sein de l’association. Le président actuel, le maire de Saint-Antonin-sur-Bayon, Christian Delavet, devrait être candidat à sa réélection. « Les Communes forestières sont une force pour les politiques : elles représentent les maires sur l’ensemble des prérogatives forestières », rappelle Jérôme Bonnet.

    Autre enjeu, à l’approche d’une période à haut risque d’incendies : les obligations légales de débroussaillement (OLD), un levier organisationnel essentiel dans la prévention. « L’association est un outil d’accompagnement dans le quotidien des maires », rappelle Jérôme Bonnet. Le réseau d’élus, rappelle le directeur général, permet ainsi de mieux répondre aux défis des maires : renouvellement des forêts et adaptation au changement climatique, prévention des incendies notamment en matière d’aménagement du territoire et mise en œuvre des obligations légales de débroussaillement, jugées « complexes » par de nombreux élus, selon Jérôme Bonnet.

    L’an dernier, le réseau comptait 68 collectivités adhérentes, soit 55% des communes du département, représentant 78% de la forêt communale. Autre motif de satisfaction : son action sur les obligations légales de débroussaillement, avec 261 élus et agents sensibilisés au cours de l’année.

  • À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    « La chaleur n’est pas une question de confort, c’est une question de santé. Un coup de chaud peut aller, dans les cas les plus graves, jusqu’à engager le pronostic vital d’un enfant », assure Murielle Kosman. « On ne nie pas un investissement de la part de la Mairie, qui se traduit par certains aménagements dans les écoles. Mais ça reste pour le moment en grand décalage avec le terrain. Quand, dès 8h30 du matin, il fait 31-32 degrés dans une classe alors qu’on n’est qu’en vigilance jaune, ce n’est pas parce que vous avez posé un plafonnier ou mis quelques stores que ça rend les classes supportables », illustre la représentante de l’association de parents d’élèves du primaire Une école un avenir, qui alerte depuis 2022 sur cette problématique.

    Ne pas opposer écologie

    et protection

    La Mairie de Montpellier a également engagé un plan de végétalisation des cours pour rafraîchir les écoles, « mais ça s’inscrit sur du long terme, à raison de 5 cours par an et encore quand elles sont réalisées, car cette année on a appris qu’il y en avait 3 qui ne seraient pas faites pour cause de budget », indique Murielle Kosman.

    Les écoles sont également dotées d’« une pièce climatisée, généralement une salle polyvalente. Mais ça reste une pièce pour l’ensemble d’une école, donc parfois pour 12 classes… », déplore la représentante de l’association. Une école un avenir a déjà saisi à deux reprises la justice en référé-liberté (2022 et 2025) face aux conditions d’exposition à la chaleur dans les écoles. « On verra si on a besoin de le faire également cette année. On envisage aussi d’engager une procédure sur le fond, car la problématique dépasse largement les écoles de Montpellier. Il faudrait peut-être que l’État s’implique, sous forme d’un plan national par exemple. »

    Pour l’heure, l’association demande l’établissement de normes claires : « Les escalopes, les œufs, on sait à quelle température ça se garde. Nos enfants, non ! Ce flou juridique fait qu’il n’y a pas d’obligation opposable » ; elle demande également que soient rendus obligatoires, dès le passage en alerte jaune canicule, le relevé et l’affichage, à l’entrée de l’école, des températures dans chaque classe, à 8h30 et 13h30, « afin que les parents soient informés ». Enfin, Une école un avenir réclame « l’installation de la climatisation de manière immédiate dans toutes les classes ou a minima les plus exposées, tant qu’on n’aura pas rénové le bâti. On ne peut pas opposer l’argument de l’écologie à la santé. On est sur de l’accueil du public, en l’occurrence de jeunes enfants, et dans les lieux d’accueil du public, partout ailleurs il y a la climatisation. Cet argument n’est pas recevable », considère Murielle Kosman.

    A.G.

  • Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    On connaissait en Vaucluse les opérations annuelles de sensibilisation sur les risques incendies, les obligations légales de débroussaillement ou la campagne de préventions sur les fortes pluies et inondations. « Malheureusement, nous inaugurons un nouveau rendez-vous sur la prévention de risque canicule », présente le préfet. Ce vendredi après-midi, l’État a disposé une dizaine de stands au jardin du Rocher des Doms d’Avignon pour une demi-journée d’information. « L’été ne commence que le 21 juin et pourtant, fin mai, nous avons vécu une période particulièrement chaude », souligne Thierry Suquet.

    Il est vrai que si l’opération avait eu lieu une semaine plus tôt, elle aurait été d’une actualité brûlante. Car ce vendredi, entre la pluie de la veille et le Mistral, les nombreux visiteurs du parc ne suffoquent pas. Qu’importe, les températures devraient bien remonter dès lundi. « Malgré l’idée reçue selon laquelle dans le Sud on est habitué à la chaleur, 40% des habitants de la région déclarent avoir souffert d’un épisode de forte chaleur », soutient le préfet. Agence régionale de santé, Météo France, Samu, Sos médecins, pompiers mais aussi santé au travail ont participé aux stands. « Depuis juillet 2025, un nouveau décret renforce les obligations des employeurs, quel que soit le secteur, en matière de prévention des risques liés aux forts épisodes de forte chaleur », appuie le préfet, assurant que « l’inspection du travail a réalisé 1 700 interventions [donnée nationale] en période estivale en lien avec la chaleur ».

    La prévention passe par une action coordonnée des acteurs locaux, Ville en tête qui tient un registre des personnes vulnérables. « Un sujet majeur de santé publique », fait valoir le maire, Olivier Galzi (DVD), venu ouvrir l’opération. Pas de rupture politique sur ce sujet-là. « Il existe un plan canicule communal, un bon dispositif que je maintiendrai », assure le premier magistrat. Pas de modification du plan pour l’heure, qui prévoit divers niveaux d’alerte et liste l’ensemble des bons réflexes* en lien avec le centre communal d’action sociale. Points d’eau, ouverture en continu des parcs et jardins sont bien pérennisés. Une carte, « Ma ville plus fraîche », est toujours d’actualité.

    Du sable pour contrer

    le moustique tigre

    Au-delà des conseils pratiques (hydratation, éviter les sorties et le sport aux heures les plus chaudes), un accent est mis aussi sur les risques sanitaires liés à la chaleur, comme les piqûres de moustique tigre, « principal vecteur de maladies comme la dengue ou le chikungunya qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé », prévient Thierry Suquet. « Comme pour le tri des déchets, il faut prendre le réflexe d’éviter les eaux stagnantes », enjoint Émilie Bonnet, ingénieure d’études sanitaires à l’ARS. Le moustique raffole des fonds humides. « On peut mettre du sable au fond des pots et soucoupes », conseille-t-elle. L’été dernier en Vaucluse, deux épisodes de chikungunya à Richerenches et Valréas ont été recensés avec un total de 13 personnes infestées. La préfecture envisage de pérenniser cette opération, qui pourrait se tenir dans une autre ville l’an prochain.

    * Infos et carte « Ma ville fraîche » sur avignon.fr

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    « Les projections climatiques de Météo-France montrent des vagues de chaleur, plus intenses, plus fréquentes, plus longues et étalées sur une période plus étendue du printemps à l’automne », explique Florence Vaysse, prévisionniste pour Météo-France. « C’est la conséquence la plus visible du changement climatique que nous sommes en train de vivre », affirme cette dernière.

    Selon les projections de Météo-France fondées sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), la température moyenne annuelle augmenterait en Occitanie de +2,2 °C à l’horizon 2050, et de +3,5 °C à l’horizon 2100. Un réchauffement légèrement supérieur à la moyenne nationale, accompagné d’hivers plus humides.

    À l’horizon 2050 en Occitanie, les températures estivales moyennes (juin, juillet, août) augmenteraient de l’ordre de +2,3 à +2,7 °C, les températures hivernales moyennes (décembre, janvier, février) augmenteraient quant à elles de +1,9 °C à +2,2 °C par rapport à la période 1976-2005. La chaleur est donc une composante avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

    De plus en plus d’épisodes caniculaires

    Les plans de vigilances orange canicules ont été mis en place en 2004, suite à la canicule de 2003. Depuis 2006, les épisodes caniculaires ne cessent d’augmenter dans la région. « De 2004 à 2014 nous avons eu un été avec deux épisodes vigilances orange canicule, de 2015 à 2025 nous avons enregistré six étés impactés avec huit épisodes, dont 2023 et 2025 avec deux longs épisodes », détaille Florence Vaysse.

    « Les neuf températures les plus chaudes enregistrées à Montpellier-Fréjorgues datent toutes d’après 2017 », précise la prévisionniste. Des températures qui ont déjà dépassé les 40 °C à deux reprises : 40,3 °C le 16 août 2025 et 43,5 °C le 16 juin 2019.

    Selon Florence Vaysse, ces hausses de températures sont bel et bien une conséquence du dérèglement climatique. Des études comparent les évolutions de jours très chauds enregistrés depuis 1946 et les résultats ne laissent aucun doute quant à la direction. « Avant 1980 on enregistrait un à trois jours de temps en temps. Sur la période de 2016-2025, dernière décade, on relève 50 jours très chauds soit cinq par été en moyenne dont 16 jours en 2025 », alerte Florence Vaysse. Des résultats de mauvais augure pour la suite.

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.

  • Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Chaque année, la Ville active son plan canicule. Mais cette année, les vagues de chaleur surviennent plus tôt. « On doit être beaucoup plus vigilant avec les vagues de chaleur précoces », souligne Peggy Pas, responsable sociale du CCAS d’Aubagne. Une à trois fois par semaine, selon le niveau de vigilance, le CCAS appelle les personnes vulnérables recensées, envoie des équipes de lutte contre l’isolement des personnes âgées et renforce ses actions de sensibilisation aux épisodes de canicule. Au-delà de ces actions essentielles de solidarité, ce sont les stratégies d’urbanisme qui permettent de s’adapter sur le long terme à la hausse des températures. « La nouvelle équipe municipale a cette volonté de créer des îlots de fraîcheur et de penser la ville différemment », précise Richard Guesnier, responsable du pôle numérique de la Ville.

    Objectif « ville basse température »

    Clémentine Fardoux, 1ère adjointe chargée de l’urbanisme, défend un plan global décliné sur trois temps – court, moyen et long – avec l’objectif d’une « ville basse température » dans laquelle la végétalisation de l’espace et l’eau seront la pierre angulaire. L’élue est convaincue qu’il est « essentiel de transformer la ville et ses usages ». Elle souhaite donner la priorité à la rénovation des logements sociaux et des logements du centre ancien, véritables passoires thermiques.

  • À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    Le Département poursuit son ambition de valorisation de la biodiversité et de sensibilisation du public aux enjeux environnementaux. Mercredi matin c’est sur le site de l’écoferme de la Barre que la presse était invitée à la présentation du rucher pédagogique mis en place en partenariat avec l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf). L’objectif étant à travers la sensibilisation du public, et notamment des plus jeunes , d’initier des acteurs de demain à la préservation de la flore et de la faune. Et ici, tout particulièrement, des abeilles : ces insectes indispensables mis à mal par l’agro-pétrochimie.

    L’Espace naturel dans lequel ont été introduites ces ruches bénéficie d’un cadre très favorable à l’épanouissement des abeilles, avec une diversité florale propice à leur développement. Le projet s’intègre pleinement à la démarche éducative prônée par le Département du Var, « au croisement des enjeux écologiques, agricoles et alimentaires ».

    « Elles sont en train de démarrer tranquillement, puisqu’on les a installées là, au mois de novembre », explique Thierry Abello, l’apiculteur en charge du rucher. Le berger des abeilles les accompagne et essaie de les protéger de la prédation des frelons asiatiques, par du piégeage notamment. « L’année dernière, j’ai détruit un nid sur la piste cyclable qui faisait 90cm de diamètre », explique-t-il. Mieux vaut en effet être vigilant, parce que « 20-30 frelons, peuvent suffire à liquider une ruche et ses 40 000 abeilles en seulement un ou deux jours ».

    En revanche, elles combattent assez bien la chaleur de l’été et les dégringolades de température de l’hiver, apprend-on. « Toute l’année, le milieu de la ruche est à 37 degrés pour protéger les larves qui sont pondues en permanence », ajoute l’apiculteur. Les abeilles, tantôt s’agglutinant ou battant des ailes selon l’effet recherché.

    Former des citoyens éclairés

    L’un des messages passés aux enfants, c’est que « les abeilles pollinisent à peu près 30% à elles toutes seules de ce qu’on mange, entre fruits et légumes ». Ce qui donne l’ambleur du désastre que serait leur disparition.

    « Le premier souci d’un apiculteur c’est de savoir ce que ses abeilles vont manger », commence Félix Gil, administrateur de l’Unaf, en ajoutant qu’ici il y a de quoi être plus que rassuré.

    L’occasion de rappeler qu’il y a 2 000 ruches installées sur les toits parisiens qui trouvent alentour suffisamment de quoi butiner (lire page 19).

    Le militant engagé insiste ensuite sur l’ambition de ce partenariat, qui est, dit-il, « de communiquer, faire passer un message ».

    Et de poursuivre : « Parce que, vous savez, on est face aux pesticides. Et seul le public peut nous aider. » L’implication du plus grand nombre pouvant permettre de faire pression et de résister au poids des profits colossaux en jeu, dans cette industrie comme dans les autres.

    Le président (LR) du Conseil départemental Jean-Louis Masson a lui aussi insisté dans sa prise de parole sur l’importance pédagogique des ruches.

    « Dans le contexte actuel de déclin des populations d’abeilles, je souhaite que ce rucher puisse devenir un véritable outil pédagogique », lance-t-il.

    Le patron du Département a ensuite plus largement mis en avant les efforts fournis par la collectivité pour préserver les espaces naturels et la biodiversité aux travers des espaces naturels sensibles, notamment. « Nous œuvrons sans relâche pour maintenir ces précieux corridors écologiques sur tout le territoire », insiste Jean-Louis Masson.

    Et l’écrin de verdure protégé niché en plein Toulon que représente l’écoferme de la Barre témoigne de cette volonté, explique-t-il.

    Et de conclure : « Notre ambition est claire : développer une conscience collective autour de la nécessité de préserver ces insectes indispensables et former des citoyens éclairés, conscients des enjeux écologiques et acteurs de leur préservation. »

    Si sa parole pouvait aussi atteindre et convaincre les camarades de son propre parti LR, ça ne serait pas piqué des hannetons. Et ça ferait avancer la cause des abeilles.