Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés

De quoi se nourrit l’intelligence artificielle (IA) dont les chabots (ChatGPT, Claude, etc.) font partie de notre quotidien ? De l’activité humaine. Deux chercheurs en sociologie de Télécoms Paris, Clément Le Ludec et Maxime Cornet, ont étudié la chaîne de travail de la donnée francophone. Leur démonstration est implacable : pour fonctionner, l’IA a besoin de données fiables et vérifiées en très grand nombre. Cela, seul l’être humain sait le faire. L’étiquetage des données devant être massif, il a été délocalisé dans le Sud global, notamment à Madagascar et sur le continent africain. Un travail à la tâche, peu payé et pas du tout valorisé ; Ces travailleurs invisibles sont la face cachée et très sombre de l’IA. Ce n’est pas la seule.

Data centers partout, emploi nulle part

Car la collecte de données et leur stockage dans de vastes data centers sont le nerf de la guerre des multinationales de l’IA qui n’ont qu’un but : amasser des profits. Ces sites, dont le président Emmanuel Macron a vanté l’implantation en France lors du sommet « Choose France » à Versailles, ont le terrible défaut de créer très peu d’emplois (gardiennage essentiellement).

En plus de monopoliser cette nouvelle technologie, les multinationales de l’IA imposent un discours aux citoyens, celui d’une nouvelle révolution postindustrielle qui vise en fait à servir leurs intérêts financiers. Peut-on sérieusement leur laisser la main ? La réponse est évidemment non. La résistance s’impose pour construire une IA sous contrôle démocratique et au service de l’humain et non l’inverse.

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