Tag: emplois

  • À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    Réductions d’effectifs » à Sanofi Sisteron, « maltraitances » à Coallia, suppressions de lits à l’hôpital… Le syndicat FO a tiré la sonnette d’alarme lundi, lors d’une conférence de presse balayant de nombreux sujets. « On ne renouvelle pas les départs à la retraite, on prend des CDD à la place », a déploré Patrice Richaud, secrétaire de FO au centre hospitalier de Manosque. Selon lui, certains salariés sont en CDD depuis trois ou quatre ans. « Depuis le 1er septembre, il y a eu une forte augmentation d’activité au bloc, et dans le même temps ils veulent passer de 30 à 24 lits en chirurgie », a-t-il par ailleurs regretté, alors que la direction de l’hôpital est en train de préparer un plan d’efficience prévoyant des réductions d’effectifs. « Pourquoi supprimer que des soignants et pas des directeurs, alors qu’on en a 17 ou 18 ? », a questionné Patrice Richaud. « On ne peut pas diriger l’hôpital public comme une entreprise », a ajouté Kevin Martin, secrétaire de FO santé 04 à l’hôpital de Digne.

    Contactée, la direction du centre hospitalier reconnaît des réductions d’effectifs, mais refuse toujours de parler de suppressions de postes. Elle renvoie à son dernier communiqué de septembre, depuis lequel « rien n’a changé ». « Les mesures peuvent évoluer en fonction des retours des médecins », précise-t-elle.

    Suppressions de postes

    Du côté de Sanofi, Samuel Bertorello et Philippe Ghizzardi, délégué syndical central d’activité chimie, ont déploré un « désengagement industriel » et une « baisse d’activité de 30% de la production annoncée ». Selon FO, 30 postes de techniciens auraient été supprimés sur une période d’un an à Sisteron. « Les 30 collaborateurs ont déjà été repositionnés entre 2024 et 2026, dont certains en interne », affirme de son côté la direction.

    « Les baisses d’effectifs concernent exclusivement des suppressions de postes sans licenciement direct », précise Philippe Ghizzardi. Selon lui, « plus d’une quarantaine de postes ont été classés sensibles pour permettre au site de se séparer de ces fonctions », ce que conteste Sanofi. « Nous n’avons pas de projet en cours sur le site de Sisteron. Concernant les équipes de production, ces évolutions relèvent d’un projet déjà annoncé en 2023, lors de la fermeture d’un bâtiment du site dédié au développement de médicaments matures, qui n’était plus adapté à la stratégie d’innovation. »

    FO est le troisième syndicat de Sanofi Sisteron, derrière la CFE-CGC et la CGT qui a la majorité absolue.

    Jessica Pichotin, secrétaire du syndicat départemental de l’action sociale, a ensuite évoqué la situation de Coallia, association qui accueille notamment des enfants placés, et dont elle est la déléguée syndicale FO. « Nous faisons face à des fermetures de services dans le domaine de la protection de l’enfance sur toute la région », a-t-elle regretté. Selon elle, « une vingtaine de postes ont déjà fermé depuis le début de l’année sur Digne suite à des pertes d’agréments ». Contacté, Coallia n’a pas pu être joint dans l’immédiat. « Les collègues qui ont perdu leur poste, ça fait plus de huit mois qu’ils sont chez eux, on attend soit qu’ils démissionnent tout seuls, soit qu’ils demandent une rupture conventionnelle, alors que nous réclamons un PSE », a avancé la déléguée syndicale.

  • Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Balaruc-les-Bains ne s’appelle pas ainsi pour rien. Cette commune de 7 000 habitants située au bord de l’étang de Thau est la première station thermale du pays. Elle a accueilli en 2025 plus de 50 000 curistes, dont une bonne part venait sur ordonnance médicale. Une cure thermale est prescrite dans le cadre du traitement d’une maladie chronique. Un séjour est remboursé à 65% par la Sécurité sociale. Or le 8 octobre, la ministre de la Santé a annoncé vouloir un transfert de cette prise en charge vers les mutuelles. L’objectif serait d’économiser 200 millions d’euros dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

    Si la mesure s’appliquait, une catastrophe économique en cascades serait à craindre selon Didier Calas, conseiller municipal et président-directeur général de la société Balaruc-les-Bains Eaux Thermales. Les équipements thermaux de la Ville ont ceci de particulier qu’ils sont gérés par la Spleth*, une « société publique locale ». L’entreprise est une société anonyme de droit privé dont les actionnaires sont tous des collectivités publiques, à commencer par la commune qui en détient 85%. Selon Didier Calas, un désengagement de la Sécurité sociale compromettrait la venue de plus de la moitié des curistes. Les emplois de 390 salariés sont en jeu.

    Une chute de l’activité de la Spleth pèserait aussi directement sur les finances de la commune. En 2025, Balaruc a perçu 7,5 millions d’euros de redevance et 1,7 million d’euros de dividendes. La moitié de ces sommes est versée dans un budget annexe qui sert au remboursement des emprunts de la Spleth. Le reste contribue aux recettes de la Ville. Par ailleurs, une diminution de la population saisonnière pourrait entraîner une baisse des dotations de l’État. Compte tenu de la croissance de sa population dix mois dans l’année, la Ville de Balaruc reçoit actuellement une somme correspondant à une collectivité de 20 000 habitants.

    Un territoire fragilisé

    « La ville a bien vécu de cette manne du thermalisme. On a des actions sociales très fortes avec des tarifs très avantageux pour les services publics payants, comme le périscolaire ou les crèches. Le thermalisme a rejailli sur la ville depuis 10 ans », explique Didier Calas. L’action municipale en faveur du cadre de vie des résidents permanents et saisonniers pourrait être remise en cause. La ville emploie 200 agents, ce qui est important pour une collectivité de cette taille. Les habitants n’ont pas connu de hausse de la taxe foncière depuis 2003. La réflexion sur des projets portés à l’échelle intercommunale pourrait être suspendue. Loïc Linares (PS), le président de Sète agglopôle Méditerranée, évoque la transformation de l’entrée de ville de Balaruc, un futur parking répondant aux besoins des curistes ou bien la rénovation de logements.

    Des inquiétudes se font jour plus largement à l’échelle de l’étang de Thau. Selon la Spleth, les curistes dépensent en moyenne 1 800 euros pendant leur séjour. Le plus souvent les usagers des thermes séjournent trois semaines et viennent accompagnés. Une activité économique s’est développée autour de leur accueil : des professionnels de santé, des hôtels et des restaurants, une offre touristique, etc. « La Spleth est le premier employeur privé du bassin de Thau après les hôpitaux de Sète. Elle a un impact énorme avec des retombées économiques estimées de l’ordre de 250 millions d’euros », évalue Didier Calas. La fin des débats au parlement portant sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est fixée au 26 novembre.

    * Société publique locale d’exploitation des thermes
    de Balaruc-les-Bains

  • 800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    « Je connais les difficultés que vous traversez et je mesure votre inquiétude face au manque de visibilité sur votre avenir. Entre le prix du carburant, les contraintes réglementaires, la raréfaction de certaines ressources et les conséquences du changement climatique, c’est tout un secteur qui est aujourd’hui fragilisé », a déclaré la présidente de Région Carole Delga le 13 octobre, à l’occasion d’une rencontre organisée « avec une large représentation régionale de pêcheurs pour échanger sur leurs difficultés et construire avec eux des réponses concrètes ».

    En septembre, les pêcheurs de Méditerranée ont mené un mouvement de grève d’ampleur et bloqué plusieurs ports et dépôts pétroliers pour protester, notamment, contre la flambée du prix du gazole et les contraintes réglementaires. Face à ces difficultés immédiates, la Région a décidé de mobiliser « une nouvelle enveloppe d’urgence de 800 000 euros pour soutenir la flottille chalutière », indique la présidente socialiste. Répartie entre les navires « proportionnellement au nombre d’équivalents temps plein (ETP) à bord », cette aide sera soumise au vote des élus régionaux en novembre, « pour une mise en œuvre dès cette année ». Désireuse de « porter l’enveloppe totale de cette aide à 1,2M d’euros », la Région « sollicitera à ce titre les autres collectivités du littoral afin qu’elles contribuent à cet effort collectif pour maintenir l’emploi à bord des navires ».

    Un plan de résilience

    pour préparer l’avenir

    Cette annonce s’ajoute à une aide « exceptionnelle » de 500 000 euros débloquée par la Région et les collectivités partenaires à destination des pêcheurs en étangs, « particulièrement touchés par les effets de la canicule marine ». La Région a par ailleurs également prévu de renforcer les indemnités d’arrêt temporaire des chalutiers en 2027, en allouant 1M€d’euros de fonds européens FEAMPA, gérés par la collectivité. « Les aides pourront ainsi être bonifiées de 30% », assure-t-elle.

    Au-delà de ces mesures d’urgence, la Région prépare « un plan de résilience de la pêche en Occitanie », qui sera soumis au vote le 19 novembre. Il doit notamment soutenir la transition énergétique des navires, réduire leur consommation de carburant, accompagner la restructuration des criées et renforcer les connaissances scientifiques sur les écosystèmes et le changement climatique. La valorisation des produits de la pêche régionale et le renouvellement des générations sont également annoncés comme des priorités.

  • [Entretien] Marc Pietrosino, CGT 13 : « La grève du 5 novembre doit être inégalée »

    [Entretien] Marc Pietrosino, CGT 13 : « La grève du 5 novembre doit être inégalée »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur les mobilisations de samedi dernier ?

    Marc Pietrosino : Il faut souligner qu’il y a eu beaucoup de monde dans les rues. Beaucoup de personnes présentes dans une continuité des mouvements lycéens, dans une optique de manifestation pacifique et avec des revendications que l’on partage : contre la vie chère, contre la paupérisation de la société. Ou que l’on porte : augmentation des salaires, retour à l’égalité des chances… Malheureusement, il y a eu des casseurs qui se sont introduits dans le mouvement. Et une stratégie policière qui interroge, a minima. On a eu la drôle d’impression qu’il y avait plus de policiers lors des manifestations syndicales que l’on organise que lors de la mobilisation de ce samedi. Et surtout, des techniques policières qui résident dans un affrontement systématique et un gazage des cortèges pacifiques. On est d’ailleurs largement pointés du doigt à l’international pour cette doctrine du maintien de l’ordre française. Je ne vais pas justifier, ni excuser les débordements qu’il y a eu, je pense aux salariés des différents commerces et services qui ont été exposés, mais il y a un enchaînement d’événements qui questionne… Le maire de Marseille a d’ailleurs posé les bonnes questions : quelles étaient les consignes ? Est-ce que c’était de gazer les manifestants et de laisser faire les autres ? Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que les forces de l’ordre étaient plus violentes envers les lycéens qu’avec les casseurs, ce samedi.

    La colère sociale a-t-elle été sous-estimée ?

    M.P. : À l’image de l’allocution vide d’Emmanuel Macron, il y a un déni total de la colère sociale. Je note aussi que, lors des scènes de pillage, on s’est beaucoup attardé sur les vols de téléphones portables et d’articles de luxe, mais il y a eu aussi ceux qui en ont profité pour remplir le frigo, prendre des couches et du lait. Cela dit quelque chose de l’état du pays. Il y a un profond malaise, en France, après deux quinquennats qui ont essoré les couches populaires, qui ont paupérisé l’ensemble de la population. Voilà dix ans que la politique du gouvernement est calquée sur les volontés du patronat, avec la fameuse théorie du ruissellement. Emmanuel Macron fait mine de ne pas assumer les choix ultralibéraux qu’il a faits. Il ne veut pas faire de lien entre ses actions et les conséquences. Pourtant, le 17 est une de ces conséquences. Les organisations syndicales doivent offrir des perspectives d’avenir. Un avenir pour notre jeunesse notamment. Pour cette dernière, l’avenir, c’est la mise en concurrence avec Parcoursup, le chômage, les attaques contre les retraites, le dérèglement climatique, l’intelligence artificielle qui va prendre les emplois… Il faut donc qu’on propose des alternatives, à partir de nos revendications. Pour cela, on doit réveiller le monde du travail et donc que le 5 novembre soit d’une ampleur inégalée afin d’imposer notre cahier revendicatif de progrès social.

    L’ampleur de la mobilisation du 17 octobre peut-elle être un appui pour ce 5 novembre ?

    M.P. : Les revendications qui ont été portées samedi sont justes, mais la casse les a rendues inaudibles. Je rappelle quand même que le principal responsable de la casse sociale, c’est bien le gouvernement actuel. Le message qu’on passe dans ce contexte, c’est qu’il faut qu’on s’unisse pour porter d’autres choix de société, pour une autre répartition des richesses. Ce n’est plus possible de ne pas arriver à vivre de son travail dans un pays comme la France. Dans ce cadre, il n’y a qu’une force organisée qui peut être efficace dans le combat social, il n’y a qu’une force organisée qui pourra garantir la sécurité des manifestants. Parfois, on reproche à la CGT qu’une manifestation d’un point A à un point B ne sert à rien. Cette manifestation, elle peut sembler dérisoire pour certains, mais elle n’est pas dérisoire si tout le monde est en grève. La vraie arme pour faire vaciller le gouvernement, c’est la grève massive. Ce n’est qu’avec elle et ses conséquences sur l’économie qu’on peut amener gouvernement et patronat à répondre aux revendications. Samedi, il y a eu beaucoup de casse, la veille, Emmanuel Macron était au concert de Céline Dion… Même les actions violentes ne sont pas prises en compte par le gouvernement, donc la seule alternative, c’est la grève. L’économie doit être à l’arrêt le 5 novembre. Cette date, il faut la réussir, c’est un enjeu pour l’ensemble du monde du travail. Les lycéens ont montré la voie, à nous de poursuivre avec un blocage de l’économie.

    Appelez-vous à manifester ce samedi 24 ou celui du 31 octobre ?

    M.P. : Nous n’empêchons aucune structure de la CGT d’être dans la rue pour ces dates. La problématique est que si nous appelons officiellement, en tant qu’Union départementale, cela nous place à un certain niveau de responsabilité. Quand on est là, on attend de nous que nous assurions le service d’ordre de la manifestation et ce n’est pas possible dans certaines conditions. Et ce n’est pas notre job d’empêcher des débordements.

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »

  • À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    Pas de grasse matinée pour les lycéens toulonnais. Dès 7h, nombre d’entre eux, en provenance de plusieurs établissements de la ville, se sont réunis devant le lycée Bonaparte, bloqué pendant une partie de la matinée. Entourés de militants syndicaux (CGT, FSU, FO, Solidaires), ainsi que de nombreux parents et enseignants venus les soutenir et les protéger, ils se sont ensuite mis en marche aux alentours de 9h.

    « Sarcastiques et dédaigneux »

    En tête de cortège, Denis Sincu, élève en terminale au lycée Bonaparte, leader de la mobilisation, haranguait une foule d’environ 2 000 personnes, déterminée, mais respectueuse du cadre de la manifestation, autour d’une revendication : être entendue. Une délégation composée de représentants syndicaux, de professeurs, de lycéens et d’étudiants, dont il faisait partie, a été reçue en fin de matinée par le préfet et le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). « On veut demander au préfet qu’il nous ouvre une porte de dialogue avec les institutions », clamait-il avant ce rendez-vous. Derrière cette demande, des revendications précises : la fin de Parcoursup, des bâtiments rénovés, des outils numériques fonctionnels, du personnel enseignant en nombre suffisant et des emplois du temps cohérents.

    Mais à l’issue d’une réunion qui a duré un peu plus d’une heure, c’est la colère qui dominait parmi les principaux concernés. « Ils ont été sarcastiques et dédaigneux. C’est un manque de respect envers la jeunesse, qui a le droit de s’exprimer », s’indigne Camille, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Bonaparte. « Ils parlent de dialogue social, parce qu’ils ont reçu une délégation d’étudiants et de syndicats, mais il n’y a pas de réponse, c’est de l’enfumage. Ils se renvoient la balle sur les responsabilités », dénoncent les syndicats, qui se disent prêts à soutenir la prochaine mobilisation, annoncée pour le 15 octobre.

  • Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Le vendredi 2 octobre pour le STC à Bastia, le samedi 3 octobre pour le syndicat CGT à Marseille, « satisfaits » des réponses apportées par la direction de leur compagnie maritime dans la matinée de samedi, ainsi que de l’État, les marins ont cessé leur mouvement de grève. « Pour autant, nous restons prudents et vigilants », modère Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    « Nous avons obtenu le maintien de l’emploi dans les deux compagnies », se félicite Frédéric Alpozzo. Le syndicaliste craignait de voir 90 emplois temps plein supprimés à Corsica Linea, conséquence directe d’une stratégie jugée « ubuesque » de la compagnie : l’affrètement, prévu le 2 octobre, du navire Massalia, détenu par La Méridionale (groupe CMA-CGM), sur des lignes de la Corsica Linea, reliant Marseille aux ports corses de Propriano et de l’Ile-Rousse, à la place d’un autre navire de cette dernière.

    Recadrage

    La grève a permis de suspendre l’affrètement. L’opération a été décalée au 1er janvier 2027. Le navire de La Méridionale, exploité avec son propre équipage, devrait être positionné transitoirement sur la Corse pour couvrir des arrêts techniques. À partir de mars 2027, le bateau est voué à rejoindre les lignes entre Marseille et l’Afrique du Nord.

    Le consortium d’entrepreneurs corses CM Holding, propriétaire de Corsica Linea, avait fait part de son exaspération devant « un blocage de trop ». Il annonçait « suspendre l’ensemble de l’activité de l’entreprise », jusqu’à lundi.

  • Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    « On vivait un ascenseur émotionnel depuis des mois, souffle un salarié de BFM Dici, qui souhaite garder l’anonymat. La décision a été une vraie surprise. » Mercredi 30 septembre, le groupe CMA Media a annoncé aux salariés de BFMTV qu’il renonçait à la vente des neuf chaînes locales, faute de repreneur. Mais deux d’entre elles, dont BFM Dici qui est en charge des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, vont devoir fermer d’ici la fin de l’année. Pourtant, « les signaux étaient encourageants », assure le salarié de la chaîne, sidéré.

    Dans les Hautes-Alpes, les réactions de soutien sont nombreuses. Jean-Marie Bernard (LR), président du Département, s’est dit « attristé » pour les treize salariés, mais aussi pour les Haut-Alpins, qui « méritent largement cette fenêtre lumineuse sur leur quotidien, qui méritent de la pluralité et de la diversité pour leur information ». « Dans un territoire rural et montagnard comme le nôtre, l’information locale n’est pas accessoire, a réagi la députée Marie-José Allemand (PS). Elle participe directement à la vitalité démocratique, à la connaissance de ce qui se passe dans nos vallées et à la mise en lumière de celles et ceux qui font vivre les Alpes du Sud. »

    Le préfet Philippe Bailbé s’est dit prêt à « appuyer les initiatives permettant de concourir, dans le respect des responsabilités et des prérogatives de chacun, à la recherche d’une issue et de préserver un média local important pour les Hautes-Alpes et les emplois qui y sont associés ».

    Le Parti communiste français du département s’inquiète également de cette fermeture : « La démocratie ne peut s’exprimer qu’avec une pluralité de voix libres », a relevé la secrétaire départementale Sophie Delfino. Pour Jean-Marc Passeron, le créateur de DICI TV, chaîne locale devenue propriété de BFM, « une fermeture serait à ce stade un gâchis ». Il espère qu’une initiative émergera rapidement pour contredire la direction prise.

    Agathe Di Lenardo

  • Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Coup de colère en mer également du côté de la CGT des Marins de Marseille et de la CGT Corsica Linea. Le syndicat a appelé à la mobilisation dans le cadre d’un appel national et c’est sur le pont des navires de la compagnie maritime corse que la tempête fait particulièrement rage.

    Le Jean Nicoli est resté à quai, rejoint par le Vizzavona, qui ne bougera pas non plus durant 48 heures. Une grève reconductible, dont le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, Frédéric Alpozzo, est déjà convaincu, « sauf surprise » qu’elle sera reconduite après l’assemblée générale. Il appelle d’ores et déjà « tous les personnels navigants à la grève ». En cause : « Nous refusons que le Vizzavona sorte de la flotte de la compagnie. Cela représenterait la perte de 90 emplois marins français en CDI », précise le syndicaliste.

    Cette décision attise d’autant plus la colère des équipages que « les actionnaires des deux compagnies, les dirigeants, ont signé un accord d’affrètement sans avoir l’aval, ni même avoir consulté les élus des personnels dans le CSE (comité social économique) ».

    Par ailleurs cette décision arrive en contradiction d’un accord d’entreprise « où la règle prévue est un départ pour une embauche ». Deux motifs qui ont conduit le CSE à déclencher une procédure devant le tribunal.

    Quelle stratégie ?

    Ce mardi, après la mobilisation, un CSE extraordinaire a été convoqué à la demande des représentants des personnels. Quel est le projet des deux compagnies, La Méridionale (groupe CMA-CGM) et Corsica Linea, qui jusqu’alors étaient partenaires dans la délégation de service public sur la desserte de la Corse ? « Depuis des mois, on se bat pour que la Méridionale et Corsica se repositionnent sur l’Algérie dans une stratégie commune depuis Sète pour faire barrage à la compagnie low-cost GNV, qui use de dumping social », indique Frédéric Alpozzo. Cette décision va à l’inverse de ce qui avait été annoncé par les compagnies.

    De même, interpellé sur cette question, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait rassuré, dans un courrier du 28 juillet dernier à la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, sur l’organisation d’une réunion de suivi « allant dans le sens du renforcement de la compétitivité du pavillon, du suivi des contrôles opérés, de la coopération des ports de la façade, de la transition énergétique, de la formation et de l’emploi des marins français, de la continuité territoriale et de nos relations avec l’Algérie sur le maritime ».

    La réunion est très attendue sur le port de Marseille. Car le risque d’un sabordage est toujours bien identifié du côté des marins, craint Pierre Maury, élu CGT au CSE. La grève se poursuit ce mercredi chez Corsica Linea.