[EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

Sondes détectant les besoins en eau des arbres, stations météo, arrosage sous-terrain… Depuis plusieurs années, le producteur d’amandes installé sur le plateau de Valensole Jean-Pierre Jaubert redouble d’efforts pour s’adapter au changement climatique et développer des techniques agricoles innovantes et respectueuses de l’environnement sur son terrain. « On a une totale traçabilité, on y tient », revendique l’agriculteur, fier de montrer son tout nouveau cassoir d’amandes en inox français. Un trieur optique équipé de caméras lui permet de détecter rapidement les imperfections et de trier les amandes. « Je les fais ensuite sécher naturellement dans mon hangar pendant un mois et demi, contrairement aux concurrents qui utilisent du fioul électrique et qui envoient casser leurs amandes en Espagne, ce qui leur revient moins cher », explique-t-il.

Sur son exploitation, Jean-Pierre Jaubert a fait le choix de ne pas utiliser de glyphosate, contrairement à d’autres agriculteurs de la région. « J’ai cinq petits-fils, donc je ne veux pas leur transmettre quelque chose de moche, des produits chimiques », défend-il. Chez lui, la culture de l’amande a toujours été une histoire de famille, d’héritage, de transmission et de traditions. « Ma famille est là depuis 300 ans. On est l’une des plus vieilles familles du plateau de Valensole. On a toujours été ici », explique-t-il.

C’est notamment l’entreprise manosquine l’Occitane en Provence qui l’a poussé à améliorer ses techniques agricoles, à développer de nouveaux outils et à les rendre plus vertueuses pour l’environnement. « Ils sont très pointilleux. Des ingénieurs agronomes me suivent pour voir l’engrais que j’utilise, les analyses de sol... », explique-t-il. Il a par exemple installé « des tuyaux d’irrigation souterrains pour éviter le gaspillage et l’évaporation d’eau ». Des sondes permettent de détecter les besoins des arbres et de fournir « la quantité d’eau qu’il faut au moment où il faut ».

« Je cultivais ancestralement, comme mon grand-père. Puis, on s’est améliorés pour ne pas utiliser de produits nocifs », se rappelle le producteur. « À l’origine, Olivier Baussan, le fondateur de l’Occitane, m’avait demandé de faire un essai. J’ai alors planté 5 000 amandiers d’un coup. Il m’a dit que j’étais fou, mais ça a marché ! » Jean-Pierre Jaubert vend ses amandes en boutique à des touristes, principalement étrangers et asiatiques, qui achètent plus que les Français. Mais, « cette année, on a peur qu’il n’y ait pas de touristes avec le prix du kérosène », craint-il

Par Lisa Défossez La Marseillaise

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *