Tag: producteurs

  • L’agriculture durable à l’honneur à Marseille

    L’agriculture durable à l’honneur à Marseille

    Promouvoir une agriculture durable et ouverte à tous, telle est la mission que se sont donnés les Paniers marseillais, il y a déjà 19 ans. Née de l’idée de faire des consommateurs des « consomm’acteurs », l’association permet à chacun de s’approvisionner auprès de producteurs locaux et bios et ainsi de faire vivre l’économie du territoire.

    Pour ce nouvel anniversaire, elle investit le parc du 26e centenaire, dimanche, de 9h à 17h, avec « une programmation gourmande et participative », indique l’association. Un marché bio de 20 producteurs proposera des produits frais et locaux, ainsi que des dégustations. Tout au long de la journée, des initiatives de consommation alternative seront présentées au village associatif, comme le supermarché collaboratif Super Cafoutch.

    Sensibiliser les jeunes

    Pendant une journée, les Paniers marseillais laissent entrevoir une nouvelle manière de cohabiter avec la nature et de la respecter. Il sera ainsi possible d’apprendre à fabriquer son levain, de participer à un atelier sur les plantes sauvages ou encore à une découverte du métier de potière.

    Des ateliers sont également prévus pour les enfants, afin de sensibiliser la jeune génération aux enjeux agricoles. Après quelques saynètes théâtrales participatives, la journée s’achèvera avec l’assemblée générale annuelle de l’association, pour faire le point sur ses activités.

    Accès libre, de 9h à 17h.

  • La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    Au cœur du Salon des agricultures de Provence, c’est un petit stand. Mais à l’échelle du Département, il s’agit d’une grande avancée. Depuis 2025, la collectivité présidée par Martine Vassal (DVD) a décidé de se lancer dans la commande de fruits et légumes dans le cadre de la centrale d’achat qu’elle a créée, en 2023, permettant de « franchir une étape décisive pour concilier qualité et proximité ».

    L’objectif premier :
    « Garantir à nos collégiens une alimentation saine, équilibrée et accessible », affirme l’élue. Chaque jour, près de 58 500 élèves déjeunent à la cantine dans les Bouches-du-Rhône, pour la somme de 3 euros, ou d’1,20 euro pour les boursiers. Parmi eux, 20 000 mangent des fruits et légumes locaux et de saison issus du marché de la centrale d’achat. En un an, environ 23 tonnes de ces produits végétaux ont été servies dans les 61 établissements adhérents. « 25% des fruits et légumes consommés dans les collèges du département sont locaux », précise Laurence Angeletti, conseillère départementale déléguée au bien-être et à la santé alimentaire des collégiens.

    La centrale d’achat gère aussi un marché épicerie (69 collèges partenaires) et un marché beurre, œufs et fromage (68 collèges partenaires). Au total, 131 des 132 établissements du département sont adhérents à la centrale d’achat.

    La part de bio consommée par les élèves atteint 10%. Pour rappel, la loi Egalim fixe notamment un objectif d’au moins 20% de produits bio en valeur d’achat, au 1er janvier 2022, pour les cantines de France métropolitaine. « La difficulté, c’est le prix des denrées, poursuit l’élue. On privilégie toujours le raisonné au conventionnel en augmentant la part de bio, tout en respectant le budget des collèges et des ménages. »

    Sécuriser les débouchés des exploitants

    Au-delà de cette « montée en gamme dans les repas des élèves » que salue Mickael Mangos, chef cuistot à la cantine du collège Pierre-Matraja de Sausset-les-Pins, la centrale d’achat répond à l’ambition du Département de soutenir l’économie agricole des Bouches-du-Rhône, de structurer les filières locales et de renforcer les circuits courts. « Il faut assurer des débouchés aux exploitants et prendre en charge la logistique qu’il y a autour », affirme Laurence Angeletti. Cette logistique est organisée par le plus grand hub alimentaire du Sud de la France, le Grand marché de Provence et sa plateforme de 7 hectares implantée à Châteaurenard.

    À l’heure actuelle, 27 exploitants locaux ont rejoint le marché fruits et légumes de la centrale d’achat, dont Sébastien, producteur de poires et de pommes à Saint-Andiol. Lui estime que cette démarche est importante à « trois égards » : « Elle permet de rapprocher les jeunes du territoire de notre agriculture, ce qui nous permet de faire de la pédagogie, d’expliquer la saisonnalité des produits etc. La 2e raison, c’est de valoriser notre agriculture régionale, qui est de grande qualité, mais qui est consommée à 90% en dehors de notre territoire. Aujourd’hui, 100% des pommes consommées par les collégiens viennent de la région depuis le démarrage de ce partenariat. Enfin, les producteurs ont une vraie place autour de la table pour discuter de la rémunération, des coûts de production, ce ne sont pas les distributeurs qui se chargent de ça. Et puis, ça nous sécurise des débouchés, c’est beaucoup moins volatil parce qu’on s’engage sur la durée. »

  • Les producteurs locaux à l’honneur à Terroirs en fête

    Les producteurs locaux à l’honneur à Terroirs en fête

    Un « événement festif et familial pour lancer l’été », c’est ainsi que le Département de Vaucluse qualifie Terroirs en fête, événement qui va rassembler producteurs et éleveurs locaux dans une ambiance chaleureuse les samedi 13 et dimanche 14 juin au parc de l’Arbousière à Châteauneuf-de-Gadagne.

    Pas moins de 15 000 personnes sont attendues dans la douceur de l’ombre des grands arbres du lieu pour profiter du marché de saveurs avec plus de 100 exposants venus de tout le Vaucluse. Mais aussi d’un espace élevage où l’on peut découvrir des brebis, des moutons ou encore des cochons de Vaucluse.

    Mercotte en guest

    Sans oublier l’espace pour enfants avec notamment une grande roue en bois, un accrobranche ou encore des parcours de draisienne et de poney. « On veut que la manifestation soit très familiale. Et donc on a aussi beaucoup développé la partie jeux, entre autres tout l’aspect jeux en bois », explique Pierre Chaline, responsable événementiel pour le Département de Vaucluse.

    Plusieurs animations inédites vont également être proposées aux visiteurs. Avec la marraine de cette 9e édition, la blogueuse et présentatrice de l’émission Le Meilleur Pâtissier sur M6, un concours de tarte aux fraises va se tenir tout au long du week-end. Mais aussi, le dimanche, la finale française du World Food Championships France Burger, comprenez en quelque sorte un championnat de France de hamburgers. Sans oublier le salon des vins et des spiritueux avant une soirée festive jusqu’à minuit.

    Programme complet sur terroirsenfeteenvaucluse.fr. Entrée gratuite

  • [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    De petites boules vertes à l’extrémité d’une branche. « Vous les voyez ? Dans quelques mois, ce seront des pistaches. » Camille Micheli œuvre à la ferme expérimentale d’Étoile-sur-Rhône, au cœur de la Drôme, dans un laboratoire à ciel ouvert. Chargée d’expérimentation pour la Chambre d’agriculture, elle s’occupe d’un petit bout de champ où deux rangées de pistachiers, d’ordinaire férus de garrigue, de Turquie ou d’Iran, tentent de s’acclimater. À quelques encablures, son collègue Christophe Chamet s’occupe d’arbustes épineux, eux aussi nouveaux sur le territoire : des grenadiers. Si tout se goupille bien, la récolte se fera en septembre et octobre.

    L’opération commune lancée en 2023 s’appelle Pépigramette (acronyme de PÉcan, PIstache, GRenade, AMande et noisETTE). Elle est financée par la région Auvergne Rhône-Alpes et portée par plusieurs structures. Son but : diversifier les vergers en tenant compte du réchauffement climatique.

    Trouver la variété la mieux adaptée

    Cap sur 2050. « Deux degrés de plus en moyenne, la même quantité de pluie mais moins bien répartie », résume Christophe Chamet, et moins d’eau disponible pour les cultures. Alors même que la production traditionnelle d’abricots, de pêches et de cerises souffre déjà dans la Drôme. S’adapter semble inévitable. Exemple avec les grenadiers du chargé d’expérimentation : « Ils demandent 1 000 à 1 500 m3 d’eau par an, contre 2 500 à 3 000 m3 pour les abricotiers. En plus d’offrir une meilleure tolérance à la sécheresse. »

    L’objectif est aussi de déceler les problématiques auxquelles pourraient faire face les arboriculteurs de demain. « Le grenadier n’aime pas le sol calcaire », d’après les petites mains de Pépigramette. Un problème quand on cultive au pied du Vercors, essentiellement constitué de cette roche blanche. « Il n’aime pas la pluie non plus, qui peut perturber sa floraison ou causer un craquement de la peau des fruits pouvant être à l’origine d’un problème de qualité. »

    Charge à Christophe Chamet de trouver la variété la mieux adaptée pour supporter ces conditions. Quinze sont actuellement testées. « Certaines sont trop acides, avec une couleur plus ou moins belle, ou avec des pépins trop durs qui rendent difficile sa consommation. Auquel cas on peut faire du jus… Mais il faut avoir pensé la transformation et anticipé la commercialisation. » Et ce, bien avant de planter les grenadiers, capables de donner des fruits après trois ans en terre.

    Patience est de mise pour la pistache. « La première récolte n’arrive que six ans après la plantation, et ce n’est pas la meilleure », prévient Camille Micheli, dont les plans les plus anciens commencent tout juste à donner leurs fruits. Seize variétés sont testées. « Certains ont été greffés en pépinière pour tenter de leur donner de la vigueur. Le pistachier n’aime pas l’humidité. Il faut un sol drainant, comme ici, à Étoile-sur-Rhône. » Malgré une bonne tolérance à la sécheresse, « planter sans irrigation n’est pas conseillé », poursuit la spécialiste. « Un été sans eau ne mettrait pas l’arbre à mal mais signifierait une baisse de rendement. » Rendement assuré par un plant mâle pour huit plants femelles. « Pas de pollinisateur pour les pistachiers, qui ont besoin du vent. » Et ce n’est pas ce qui manque en vallée du Rhône… La première récolte est prévue pour septembre.

    « Il y a de la demande pour les agrumes »

    Se lancer dans les pistaches n’est pas anodin. D’après Claire Goral, conseillère en arboriculture pour la Chambre d’agriculture, « les plants coûtent généralement entre 16 et 20 euros en racines nus. S’ils sont en pots, la facture peut vite monter. » Si plusieurs hectares sont envisagés, cela mérite réflexion… Tout comme pour la grenade : « Il faut d’abord se poser les bonnes questions. A-t-on un marché ? Est-ce viable ? Quelle distribution ? » Autant d’enjeux que l’équipe étoilienne porte à la connaissance des agriculteurs intéressés par la diversification de leur activité.

    Mais alors, ces fruits ont-ils un avenir dans la Drôme ? « La grenade ne remplacera jamais l’abricot et la pêche en termes de surface et restera certainement une culture de niche », estime Christophe Chamet, qui se pose la question de sa consommation en France. « Mais qui sait, en 2050 cela sera peut-être différent ? »

    Pour la pistache, Camille Micheli se veut prudente. « C’est encore tôt pour se prononcer. Cela pourrait dépendre de notre capacité à atteindre un stade mûr, lorsque la coquille s’ouvre. C’est cette pistache qui est consommée en snacking et qui se récolte facilement. Mais si elle reste fermée, le travail se complexifie avec de la machinerie. Cela sert ensuite pour les pâtisseries, les glaces… Ce qui n’est pas du tout le même marché, or mieux vaut être sûr de ses débouchés pour se lancer. »

    Cette phase, la seconde du programme Pépigramette, prendra fin en 2028. Un bilan sera rendu et prendra en compte d’autres expériences effectuées non loin de là, en Isère, sur des amandes, de la noix de pécan et des noisettes. « On aimerait poursuivre ! », assurent d’emblée les membres de la ferme expérimentale. « Il y a de la demande pour les agrumes : pomelos, mandarines, citrons… Des productions ont déjà été lancées dans la Drôme et on espère les accompagner. »

    Par Jérémy Perraud Le Dauphiné Libéré

  • [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    Sondes détectant les besoins en eau des arbres, stations météo, arrosage sous-terrain… Depuis plusieurs années, le producteur d’amandes installé sur le plateau de Valensole Jean-Pierre Jaubert redouble d’efforts pour s’adapter au changement climatique et développer des techniques agricoles innovantes et respectueuses de l’environnement sur son terrain. « On a une totale traçabilité, on y tient », revendique l’agriculteur, fier de montrer son tout nouveau cassoir d’amandes en inox français. Un trieur optique équipé de caméras lui permet de détecter rapidement les imperfections et de trier les amandes. « Je les fais ensuite sécher naturellement dans mon hangar pendant un mois et demi, contrairement aux concurrents qui utilisent du fioul électrique et qui envoient casser leurs amandes en Espagne, ce qui leur revient moins cher », explique-t-il.

    Sur son exploitation, Jean-Pierre Jaubert a fait le choix de ne pas utiliser de glyphosate, contrairement à d’autres agriculteurs de la région. « J’ai cinq petits-fils, donc je ne veux pas leur transmettre quelque chose de moche, des produits chimiques », défend-il. Chez lui, la culture de l’amande a toujours été une histoire de famille, d’héritage, de transmission et de traditions. « Ma famille est là depuis 300 ans. On est l’une des plus vieilles familles du plateau de Valensole. On a toujours été ici », explique-t-il.

    C’est notamment l’entreprise manosquine l’Occitane en Provence qui l’a poussé à améliorer ses techniques agricoles, à développer de nouveaux outils et à les rendre plus vertueuses pour l’environnement. « Ils sont très pointilleux. Des ingénieurs agronomes me suivent pour voir l’engrais que j’utilise, les analyses de sol... », explique-t-il. Il a par exemple installé « des tuyaux d’irrigation souterrains pour éviter le gaspillage et l’évaporation d’eau ». Des sondes permettent de détecter les besoins des arbres et de fournir « la quantité d’eau qu’il faut au moment où il faut ».

    « Je cultivais ancestralement, comme mon grand-père. Puis, on s’est améliorés pour ne pas utiliser de produits nocifs », se rappelle le producteur. « À l’origine, Olivier Baussan, le fondateur de l’Occitane, m’avait demandé de faire un essai. J’ai alors planté 5 000 amandiers d’un coup. Il m’a dit que j’étais fou, mais ça a marché ! » Jean-Pierre Jaubert vend ses amandes en boutique à des touristes, principalement étrangers et asiatiques, qui achètent plus que les Français. Mais, « cette année, on a peur qu’il n’y ait pas de touristes avec le prix du kérosène », craint-il

    Par Lisa Défossez La Marseillaise

  • Olivier Galzi visite le marché du soir à Avignon

    Olivier Galzi visite le marché du soir à Avignon

    Après avoir fait le tour des stands d’abricots d’Aubignan, de cerises de Mallemort ou encore d’asperges de Mazan, il y voit un « genre de marché qu’on a envie de pousser car c’est du circuit court avec des produits de qualité ». S’il n’y a pas de producteurs d’Avignon même, il pointe « un écosystème » et ne voit pas de « concurrence au niveau local », mais plus « une idée de complémentarité ». Une nouvelle visite est programmée ce vendredi (17h) sur la place de l’église de Montfavet.

  • La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    C’est au Domaine Kennel, à Pierrefeu, que s’est tenue la semaine passée la conférence de presse de la 9e édition Entre vignes et Coudon, qui va se dérouler le 29 mai sur la place de la Liberté, à La Farlède. Une manifestation conviviale qui permet à la Ville de réaffirmer « son engagement en faveur d’une alimentation de qualité, du soutien aux producteurs locaux et d’un cadre de vie harmonieux, où se conjuguent respect de la nature, vitalité du territoire et convivialité ».

    «Quand on a lancé cette manifestation, on ne s’attendait pas à rencontrer ce succès », reconnaît le maire de La Farlède, Yves Palmiéri. Même si, dès le départ, tous les ingrédients étaient là pour que la mayonnaise prenne. En particulier cette envie de se retrouver et de passer un bon moment autour d’un verre, d’une belle assiette en savourant les produits du terroir.

    Pour des produits frais

    et locaux

    Un rendez-vous gourmand qui offre aussi à la commune la possibilité de mettre en avant la politique volontariste menée pour favoriser les circuits courts. Notamment en permettant à de jeunes agriculteurs de s’installer. La reconquête des terres en friche par la Ville permet de leur faire en effet profiter de conditions avantageuses. Et l’opération porte déjà ses fruits.

    Dans un département soumis à une énorme pression foncière qui fait disparaître les terres agraires ou les rend inaccessibles, l’initiative mérite d’être saluée. Et prouve que des outils existent pour favoriser des projets vertueux économiquement et environnementalement responsables.

    C’est à ce prix qu’on peut entre vignes et Coudon, par exemple, déguster des produits frais et locaux.

  • Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Et ce pour un double objectif, « dresser un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les producteurs et recueillir des propositions concrètes d’amendements afin de mieux adapter le futur cadre législatif aux réalités du terrain », explique le sénateur dans un communiqué. Il exprime également des réserves face au projet de loi actuellement discuté à l’assemblée, dont il juge le contenu « faible au regard des besoins. » En ciblant par exemple « l’absence de garanties solides pour assurer un revenu digne aux agriculteurs » ou encore « les limites des mesures contre la concurrence déloyale. »

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Clope à la main, béret vissé sur la tête, Bernard Thoron gratte Glue entre les cornes. « Je l’ai appelée comme ça parce que c’est un pot de colle », plaisante-t-il. Sa chèvre du Rove ne lui laisse aucun répit. Une seconde d’inattention et elle frotte sa tête à sa cuisse, soucieuse de ne pas se faire oublier. Dans son troupeau d’une centaine de bêtes, toutes portent un nom. « Il y a une dizaine de familles, explique-t-il. Il y a la lignée des politiques : la fille de Ségolène s’appellera Royal. Il y a les fleurs, les expressions provençales… » Des sobriquets légers, pour un métier qu’il prend très au sérieux.

    Et pour cause : le monde paysan lui colle à la peau depuis tout gamin. « Mes grands-parents avaient une ferme dans la Drôme, raconte-t-il. C’était trop beau, c’était la vie. Et puis j’ai fait pédiatre, parce que ça aussi c’est la vie. » C’est en 2018, alors que la retraite approche, que Bernard Thoron revient à ses premières amours. « Je suis passé éleveur caprin en pro, et je continuais les consultations à mi-temps à côté, détaille-t-il. Je m’y suis totalement consacré en 2021. »

    Produire, transformer

    et vendre localement

    Sur son terrain à Saint-Julien, le Martégal fait quelques travaux. Il construit une étable, pour nourrir et traire ses chèvres, et une « brousserie », pour transformer le lait en fromage. Sa maison devient la fermette de la Croix d’Estrine. « On a un hectare sur lequel on essaye de tirer quelques choses en maraîchage biologique intensif », résume-t-il. Sa devise : « Produire, transformer et vendre localement. »

    De ses poules, ses chèvres et son potager, il obtient yaourts, crèmes aux œufs, viande de chevreau, terrines et rillettes de cabri, confitures, gelées ou encore marmelades. « On valorise tout. Tout le monde devrait faire ça, ce serait une belle évolution de l’agriculture », affirme-t-il.

    « On », c’est lui, son berger Alexis et son deuxième employé Almonzer. « Les petites exploitations nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, confie Bernard Thoron. Malheureusement, la PAC (politique agricole commune) distribue principalement les aides à l’hectare et pas au nombre de travailleurs, ce qui est un problème. » Par chance, le Martégal peut compter sur sa retraite, ce qui lui laisse la liberté de se payer seulement lorsqu’il est à l’équilibre.

    Des gardiens

    de l’environnement

    L’éleveur honnit « l’évolution voulue par ceux qui pensent la souveraineté alimentaire », qu’il considère « déconnectée des réalités du terrain ». « Il va falloir changer cette co-gestion avec la FNSEA, qui sont des financiers. On arrive à une impasse », prévient-il.

    Lui plaide pour une agriculture raisonnée, à taille humaine, locale. Son rêve ? Installer une « ceinture périurbaine de micro-fermes avec du maraîchage » à Martigues, mettre en place un circuit court municipal pour alimenter les crèches, les écoles et les foyers seniors en produits du coin, mais aussi « créer un magasin des producteurs » pour valoriser ces pratiques, vertueuses à bien des égards.

    En ce qui concerne l’élevage des chèvres du Rove, qui partent quotidiennement brouter dans la colline, le « pastoralisme entretient et ouvre les espaces naturels », certifie Bernard Thoron. En d’autres termes, il permet de répondre aux obligations légales de débroussaillement.

    « Le problème, c’est que l’Office national des forêts pense que les caprins sont néfastes à la régénération de la forêt méditerranéenne », poursuit-il. Les chèvres sont par principe interdites dans les forêts soumises au régime forestier. Pourtant, selon l’éleveur, « c’est l’inverse : ça évite d’avoir des repousses de pins tellement serrés qu’ils en deviennent des allumettes ». « La Rove fait un parcours, elle ne reste pas au même endroit, donc elle éclaircit et paysage naturellement. Le pastoralisme est un respect de la ressource, car on en a besoin pour
    nos bêtes
     ! »

    À l’avenir, Bernard Thoron continuera de militer pour faire entendre « le bon sens paysan ». Mais il ne s’inquiète pas : « On a une clientèle de plus en plus intéressée, et beaucoup de producteurs veulent s’y mettre. »