L’avènement de l’intelligence artificielle crée un nouvel univers paradoxal. Il est en capacité de noyer chaque individu sous un raz-de-marée de posts, images, messages, dont la véracité n’est pas avérée,
met à mal et fragilise l’ensemble des rédactions puisqu’il représente une menace concrète pour de multiples fonctions et métiers et exige, dans le même temps, un surcroît de journalisme, pour vérifier et valider -ou non- les dites « informations ». À cela s’ajoute le jeu des algorithmes, maintes fois dénoncé lors des récentes campagnes électorales, comme vecteur d’un entre-soi qui fait fi de la moindre vérification. L’abandon successif du fact-checking par Twitter puis Facebook en dit long sur cette volonté d’ouvrir les vannes de la « liberté d’expression » qui, aux États-Unis, permet à chacun de dire tout et son contraire, sans les limites légales qui existent -encore- en Europe.
Une boîte de Pandore
Une boîte de Pandore, une faille abyssale dans laquelle se sont engouffrés les manipulateurs, les tenants d’une « vérité » parallèle et alternative, qui préfèrent tout bonnement remettre en question un raisonnement cartésien pour faire la part belle aux « croyances ». Donald Trump a lui-même enfermé ses fans et followers via son propre média dans un monde de post-vérités, à l’instar d’un vaste mouvement d’extrême droite passé à l’offensive médiatique en multipliant les saillies complotistes ou climatosceptiques.
À côté de ça, des dizaines de journalistes sont morts cette année, tués par balles ou par des bombes, pour démêler le vrai du faux, rapporter simplement le témoignage du réel. Celui qui dérange.

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