Tag: Europe

  • Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ils refusent d’être « un maillon dans la chaîne de leurs guerres ». Les représentants des syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé, le 19 mai, une déclaration commune à Istanbul. Après une première journée d’action le 6 février, qui avait touché une vingtaine de ports dans sept pays, selon les organisateurs, ce sont aujourd’hui plus de 120 syndicats dans 113 ports de 23 pays, sur les cinq continents, qui ont répondu à l’appel, annonce la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous le mot d’ordre : « Ports pour la paix, emplois dignes ».

    Les syndicats réclament la fin des conflits au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires vers Gaza et l’interdiction d’utiliser les ports pour acheminer du matériel militaire. Ils expriment aussi leur solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan.

    En France, la CGT prévoit 24 heures d’arrêt dans tous les ports avec 14 000 travailleurs portuaires, dont quelque 7 500 dockers concernés. En Italie, le syndicat USB appelle à une grève générale. En Grèce, le syndicat Enedep et le Pame annoncent une grève dans le port du Pirée, le plus grand du pays.

    Des ports à « 95% à l’arrêt »

    Espagne, Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal, Irlande et Allemagne ont été rejoints par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, puis par des ports d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Australie pour dire « non à la guerre et à la militarisation des ports en cours ».

    Les signataires de l’appel affirment que « les ports appartiennent aux peuples et aux travailleurs et ne sont pas des bases appartenant à l’Otan, ni aux États-Unis, ni à l’Union européenne ». Le 4 juin, les dockers de Fos-sur-Mer avaient déjà refusé de charger un cargo acheminant des pièces de fusils-mitrailleurs à destination de Haïfa. Le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du golfe de Fos avait précisé que « les dockers et portuaires du golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».

    Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), environ 80% du volume du commerce mondial transite par voie maritime. Or, sur les quais, lorsque les dockers cessent le travail, c’est toute la chaîne qui casse. En France, Tony Hautbois, le secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente 90% des salariés du secteur, annonce que les ports français seront « à l’arrêt à 95% », ce vendredi.

    De quoi perturber les flux de marchandises et les chaînes d’approvisionnement nationales. Cette journée morte entraînera mécaniquement des retards importants dans le traitement des conteneurs avec des navires bloqués au large, faute de déchargement. Les armateurs et les transitaires estiment qu’un jour d’arrêt portuaire nécessite en moyenne trois à quatre jours pour résorber l’accumulation de marchandises.

    Ni guerre, ni austérité

    Dans son communiqué, la Fédération des ports et docks CGT dénonce ces « économies de guerre qui se mettent en place au détriment des politiques de santé, des services publics, de l’éducation » dans le deuxième pays producteur et exportateur d’armes. La mobilisation de ce 30 octobre est également présentée comme un combat pour la défense des conquis sociaux remis en cause par le nouveau budget « d’euro-austérité » porté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. La CGT s’oppose à ses orientations, jugées « destructrices pour les systèmes de solidarité ». Les syndicats redoutent des coupes dans les protections sociales et s’élèvent contre la déréglementation des emplois par l’automatisation des opérations de manutention.

    Le syndicat fustige « les attaques contre les emplois, les métiers, les droits et les libertés des travailleurs et les citoyens qui se multiplient ». Il condamne également « la répression par la force et la violence contre la jeunesse qui exprime à juste cause son besoin d’un avenir meilleur ». L’appel à la grève interprofessionnelle du 5 novembre, qui inclut le privé, prolongera de ce mouvement de contestation budgétaire et sociale. « La force de notre syndicalisme nous permet de faire la démonstration de notre capacité de mobilisation pour des journées internationales comme celle du 30 octobre. Il y a aussi, au national, l’appel pour le 5 novembre. On y mettra un haut niveau de mobilisation », annonce Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération.

    REPÈRES

    24

    infrastructures majeures françaises seront paralysées pendant 24 heures : Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris, Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, La Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer.

    Économie de guerre

    « Les ports, les routes maritimes, les voies ferrées, les entrepôts, la logistique et l’ensemble de la chaîne des transports sont en train d’être transformés de plus en plus ouvertement en infrastructures de guerre », affirme la déclaration d’Istanbul.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • Ailleurs en Europe, la jeunesse aussi se révolte

    Ailleurs en Europe, la jeunesse aussi se révolte

    Ils veulent étudier dans des conditions dignes, rejettent la casse des services publics et la militarisation de l’économie, exigent de pouvoir vivre de leur travail, habiter dans des logements salubres aux loyers décents quand certains dénoncent la corruption de leurs dirigeants. Ils rejettent la politique néolibérale qui leur a été imposée par leurs aînés et dont ils subissent les conséquences. Loin d’ouvrir le dialogue, les capitales européennes choisissent la répression. En Espagne, au Portugal, en Belgique, en Italie mais aussi en Grèce, en Albanie et en Serbie, cette jeunesse qui rêve d’un monde meilleur et plus juste ne recule pas et déambule dans les rues, solidaire, s’inspirant des luttes de son voisin.

    Témoignages recueillis par Laureen Piddiu à lire ci-dessous

    En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    Au Portugal, « l’extrême droite en puissance » En Serbie, « contre la corruption »

    En Albanie, « on ne trouve pas de travail »

    En Belgique, « la militarisation signifie la casse de nos services publics »

    En Serbie, « contre la corruption »

    En Italie, « transformer la colère, un défi »

    En Grèce, « pour la guerre, il y a de l’argent !

  • [Europétanque 2026] L’équipe de France sur de bons rails

    [Europétanque 2026] L’équipe de France sur de bons rails

    C’était l’événement tant attendu par les passionnés de la petite boule. L’Europétanque 2026 a amorcé son grand retour à Nice, prélude d’une réinstallation définitive sur la promenade des Anglais prévue pour 2027.

    Dès le vendredi le ton était donné. Devant un public de connaisseurs, le concours de tir de précision a offert le premier coup de théâtre du week-end. Contre toute attente, les grands favoris ont été éclipsés par l’Antibois Yanis Emmanuelidis. Il a réalisé un exploit retentissant en battant Henri Lacroix en finale.

    Montoro, Bonetto

    et Sarrio au sommet

    Le tableau masculin a offert des duels d’une intensité rare. La finale a été 100% française dimanche après-midi. La triplette de l’équipe de France, composée de Ludovic Montoro, Mickaël Bonetto et Christophe Sarrio, a décroché le titre suprême en battant la formation menée par le multiple champion du monde Henri Lacroix (associé à Ligan Doerr et Simon Mièvre) sur le score de 13 à 9.

    Pourtant, la partie avait très mal démarré pour les Bleus. Portée par un « Ligan » Doerr en état de grâce au tir, l’équipe Lacroix s’est rapidement détachée pour mener 9 à 3. C’est à ce moment précis que la partie a basculé. Avec l’avantage de Boule on pensait Lacroix et les siens pouvoir creuser un peu plus l’écart. Mais un carreau de Bonetto et un loupé de Doerr permettaient aux bleus d’inscrire deux points. La suite demeure les mystères de la pétanque où jamais rien n’est joué. En deux mènes, (4+4), Montoro, Sarrio, Bonetto concluent une partie qui pourtant a longtemps semblé leur échapper.

    Quelques heures plus tôt, en demi-finale, les futurs vainqueurs avaient envoyé un message fort en surclassant la redoutable « Squadra infernale » du duo italien champion du monde Rizzi-Chiappelo associé à Puccinelli en la circonstance (13-1).

    Cap sur la promenade

    des Anglais en 2027

    Et en quart de finale, ce sont les Malgaches qui ont subi la foudre des tricolores. De bon augure avant les championnats du monde qui se dérouleront en Thaïlande du 20 au 25 novembre. Toutefois un Mondial c’est une autre pression, un autre contexte et le sélectionneur Didier Choupay n’est pas dupe. « Notre préparation n’est pas terminée. Il nous reste Monaco ce week-end et Saint-Tropez. Il faut nous perfectionner pour arriver au championnat du monde avec tous les atouts dans les mains dans un climat complètement différent. »

    Au-delà des performances sportives, cette édition 2026 restera comme celle de la transition réussie. En réinvestissant partiellement Nice, l’Europétanque a prouvé que son histoire d’amour avec la capitale azuréenne restait intacte. Les regards se tournent désormais en octobre 2027 où l’intégralité de la compétition devrait retrouver les galets et le grand soleil de la promenade des Anglais.

  • [Entretien] Peter Mertens, PTB : « Porter une grille d’analyse marxiste qui n’est plus enseignée »

    [Entretien] Peter Mertens, PTB : « Porter une grille d’analyse marxiste qui n’est plus enseignée »

    La Marseillaise : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ?

    Peter Mertens : Il y a tellement de choses qui changent dans le monde, on est dans une ère très violente avec l’extrême droite qui monte ainsi que la répression. Pour beaucoup de gens, il est difficile de voir le fil rouge dans tous les événements. Je voulais avoir un outil à donner, pour comprendre quelles sont les forces économiques et les intérêts derrière. Porter une grille d’analyse critique marxiste qui n’est plus enseignée ni à l’école ni dans les syndicats. La question n’est pas de savoir si Donald Trump est fou ou non mais de voir ce qui se passe réellement avec l’empire américain et pourquoi il se trouve au début du déclin. Comprendre le monde, c’est le premier pas pour le changer.

    Qu’est-ce que vous définissez par « l’ère trumpienne » ?

    P.M. : L’ère trumpienne, c’est surtout un accélérateur du nationalisme économique, de la guerre commerciale, la guerre des tarifs, des guerres impérialistes et dans la destruction du droit international. On a déjà vu que sous Obama, il y avait le « pivot vers l’Asie », en définissant la Chine comme l’ennemi principal. Dans mon précédent livre Mutinerie, j’avais écrit que c’était la fin d’un pan du néolibéralisme et qu’on entrait dans une nouvelle ère qui n’avait pas encore de nom.

    C’est ce qui est théorisé dans le Projet 2025 ?

    P.M. : Derrière Trump, il y a tous genres de cercles de réflexion, de puissances économiques, théoriques, parmi lesquels la Heritage Foundation. Cette organisation d’extrême droite estimait qu’elle n’avait pas pu opérer autant de changements qu’espérés durant le premier mandat de Donald Trump. Ils en ont tiré des leçons et écrit Mandate for Leadership (ou Mandat pour le leadership) un document de 900 pages, aussi connu sous le nom de Projet 2025, pour le second mandat. Leur objectif premier est d’assainir l’État, d’écarter les démocrates, les syndicalistes, les gens critiques de toutes fonctions de l’État et de la justice. Deuxièmement, c’est de donner de plus en plus de pouvoir au président seul. Troisièmement, c’est d’entamer une bataille économique et politique vis-à-vis des contre-pouvoirs dont les syndicats et en particulier ceux de l’enseignement. Enfin, la quatrième partie est de renforcer la militarisation de la police. Tout ce qui se passe en ce moment était déjà préparé scientifiquement : le déploiement de l’ICE, la militarisation des blue cities, les villes qui sont contrôlées par le Parti démocrate [dont la couleur officielle est le bleu, Ndlr.]. C’est un manuel de l’extrême droite dont le but est la concentration de tout le pouvoir aux mains du président et l’écartement de tout contre-pouvoir. Je crois que les macronistes du monde sont un peu jaloux sur ce plan.

    Ce que vous pointez en tant que guerre culturelle comme alternative à la lutte des classes ?

    P.M. : Il y a une volonté qui est écrite dans le Projet 2025 de Heritage Foundation, de nommer tout ce qu’on n’aime pas comme une infiltration marxiste dans l’État, comme antifasciste. En juillet dernier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rassemblé 77 pays sous le drapeau de la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche, en présence de pays européens dont la Belgique et le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ils préparent l’interdiction des forces de gauche, des syndicats et leur criminalisation sous le nom de terrorisme d’extrême gauche ou d’antisémitisme. On l’avait vu déjà contre Corbyn en Angleterre, Die Linke à Berlin et contre nous. Ils utilisent tous ces grands mots pour instaurer un genre d’autoritarisme et des lois d’exception en Europe. Un des mécanismes, c’est de criminaliser la résistance des écoliers, des lycéens, de la CGT, des manifestations, etc. Si on prend un petit peu de recul, ce qui se passe à Bruxelles, à Paris ou à Dublin, cette volonté de criminaliser la contestation sociale parce qu’on n’a plus la volonté de négocier, ça vient immédiatement du manuel de la Heritage Foundation. Ce n’est pas encore le fascisme mais un processus de fascisation qui est en cours.

    Cette criminalisation vise
    les jeunes qui manifestent
    en Belgique et en France
     ?

    P.M. : Dans les années à venir, il y aura des mobilisations partout. On le voit déjà maintenant, une grève générale se prépare en Italie, il y a un grand mouvement de contestation, en Irlande et même aux Pays-Bas et en Allemagne où les syndicats étaient un peu endormis. Et ce, parce qu’il y aura de la casse sociale partout. Au début de mon livre, je parle du ministre belge de la Défense Theo Francken qui dit clairement vouloir aller vers un modèle américain où il y a beaucoup plus d’argent qui est injecté dans le militaire et moins dans la sécurité sociale. C’est la même chose en France avec un budget qui prévoit l’austérité pour tous les ministères sauf pour celui des Armées. Le livre commence avec l’école allemande de Domschule où l’eau s’infiltre dans les salles de classe, c’est ce qui se passe ici en Belgique ainsi qu’en France. On ne part pas d’une situation neutre : après trois décennies de néolibéralisme, de sous-investissement dans l’enseignement et les soins de santé, les services publics se sont détériorés. Ce choc-là a déjà lieu en Europe. Je suis super content que la jeunesse en France soit dans la rue. Les exigences, les revendications, que ces lycéens portent, ce sont celles de toute la jeunesse de l’Europe. Les jeunes allemands les écoutent et s’en inspirent. Il y aura de la révolte contre la casse sociale, des questions autour de l’enseignement, des retraites, des soins de santé, que l’on doit lier à l’antimilitarisme. On n’est plus dans la même logique néolibérale. On est en train d’aller vers une logique de militarisation de l’État, de pensée par bloc, de guerre commerciale. Lier la lutte contre la militarisation et contre l’austérité, c’est un enjeu majeur dans les années à venir. C’est à cela que sert ce livre.

    Vous citez une étude menée aux Pays-Bas qui révèle que les trois quarts des jeunes interrogés sont hermétiques à la propagande belliciste. Ils rejettent cette vision de la société qu’on veut leur imposer ?

    P.M. : Les États Européens vont dépenser 8 000 milliards d’euros dans le militaire. On a déjà investi trois fois plus en Europe que la Russie. On dispose déjà de quatre fois plus de navires de combat que les Russes, de trois fois plus d’artillerie, deux fois plus de chars, d’avions de combat, etc. Mais on nous dit que non, ça ne suffit pas, il faut huit fois plus ! Il faut la casse sociale pour payer tout ça. On est en train de construire pas seulement une armée de défense européenne mais aussi une armée impérialiste. Il y a beaucoup de gens qui sentent ça et disent « notre futur ce n’est pas de crever dans un pays que je ne connais pas pour les intérêts de dirigeants, qu’ils aillent combattre eux-mêmes ». Trois fois déjà il y a eu des grèves écolières en Allemagne et en Belgique, ce qui impressionnant parce que la culture de lutte des classes n’est pas grande comme en France. Ces jeunes sont de plus en plus conscients que dans une guerre, ce n’est pas les enfants des riches qui crèvent, mais ceux de la classe ouvrière. Au niveau de la gauche, des communistes, notre tâche c’est porter de l’espoir, pas de manière naïve mais en montrant le fait que les gens ne se laissent pas faire, qu’ils se mobilisent et s’organisent.

    Aux Éditions Agone, 22 euros

  • [Championnat d’Europe Jeunes et espoirs] Ce fut presque parfait pour Dawson Herlemann

    [Championnat d’Europe Jeunes et espoirs] Ce fut presque parfait pour Dawson Herlemann

    Il a pratiquement fait un sans-faute en décrochant la médaille d’or en triplette avec ses coéquipiers Pierre Metreau, Sacha Jacquet et Léo Parraud en battant l’Italie en finale (13 à 5). Quelques heures auparavant le champion du monde de tir de précision a échoué en finale de cet exercice face à l’italien Nicolo Dagati qui a réalisé un score stratosphérique de 58 points contre 47 au Français.

    Médaille d’or également pour les espoirs féminins (Kimberlay Miclo, Dorinne Mesmin, Camille Picard, Kylie Victoor-Demeter (13 à 9) contre la Suède.

    Enfin les Espoirs masculins Jason Giraud, Matheo Cortes, Tirouan Olivier, Mathis Merlin reviennent avec
    la médaille de bronze
    (battus par l’Espagne en demi-finale).

  • Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    « C’est un moment longtemps espéré qui a fini par aboutir » résume Gérard Agresti au sortir de près de deux heures de réunion avec le Procureur national. Son père, Roger Agresti, était revenu du camp de Sachsenhausen. « On va s’appuyer sur cette reconnaissance pour que cette rafle oubliée ou éludée soit enseignée dans les livres scolaires. C’est un fait qui entre dans l’Histoire de France. » Il souhaite que le Président de la République vienne reconnaître publiquement qu’un crime contre l’Humanité a été commis par les Allemands et malheureusement des Français.

    « C’est une délivrance »

    « C’est un moment exceptionnel aujourd’hui, une délivrance je le dis. Pour moi, aujourd’hui, c’est la fin d’une quête, la reconnaissance de ce que 20 000 Marseillais chassés ont subi. » Rose-Marie Roger, 72 ans, bouleversée, serre fort dans ses mains la photographie encadrée de son grand-père, Vincenzo Ottaviano qu’elle n’a pas connu, mort le 12 avril 1943 au camp d’internement de Royallieu. « Il habitait rue des Honneurs. La Gestapo est venue le chercher. Ma grand-mère ne l’a jamais revu. Depuis toujours, je cherchais sa trace et grâce au collectif, j’ai pu voir son nom sur la stèle de Compiègne. »

    « C’est beaucoup d’émotion. C’est extraordinaire ! Je n’en ai pas dormi tellement je savais l’importance de ce que j’allais vivre » confie Antoine Mignemi, le président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, un des derniers survivants de la rafle. « Il a fallu attendre 83 ans pour que la souffrance des victimes puisse être reconnue. Je pense à mes parents et aux 20 000 personnes qui sont parties, la souffrance dans le ventre. »

    Antoine Mignemi espère maintenant qu’une nouvelle étape soit franchie. « Il faut que le président de la République française Emmanuel Macron, comme l’a fait Jacques Chirac pour la rafle du Vél d’Hiv, vienne reconnaître qu’à Marseille il y a eu cette tragédie et que cette mémoire soit transmise dans les écoles pour que cela ne se reproduise pas. Cette reconnaissance a absolument une portée politique. Car la vigilance est nécessaire face aux forces réactionnaires fascistes qui reviennent en France et entrent dans les gouvernements en Europe. »

    « Cette reconnaissance est un premier pas. J’avais 6 ans, ma mère enceinte pleurait. Un gendarme l’a vue et a eu un geste d’humanité en nous mettant dans le ferry-boat pour passer sur l’autre rive. Si je suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu un gendarme pour nous sauver » tient à dire Guy Nassi, 89 ans. « On va se battre pour que l’État crée un fonds d’indemnisation » réclame Me Michel Pautot, avocat d’Antoinette et Gilbert Castagno qui avait respectivement 9 ans et 11 ans le jour de la rafle. « Ça fait plaisir mais un classement sans suite vraiment ça me choque » grimace Antoinette.

  • La 12e université de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe à Toulon pour mieux faire connaître l’Europe aux collectivités

    La 12e université de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe à Toulon pour mieux faire connaître l’Europe aux collectivités

    Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental du Var, le revendique en toute occasion : les normes l’irritent, qu’elles soient nationales ou européennes. « On applique aux pêcheurs varois les mêmes normes que celles qu’on applique aux pêcheurs de haute mer en Bretagne ou en Normandie. On ne peut pas tout prévoir à Bruxelles, pas plus à Paris d’ailleurs, car c’est souvent l’État qui surtranspose les normes européennes », précise-t-il. Pour autant, l’Europe « est un financeur sur des sujets majeurs, comme les fonds sociaux européens, qui nous ont apporté autour de 10 millions d’euros en 2026 », admet-il. « Et il faut aller chercher ces fonds, ce serait dommage de s’en priver. »

    Pour cela, il faut être au fait des réglementations et des opportunités. C’est la mission de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE), qui vise à faire davantage connaître l’Europe aux collectivités, à travers, notamment, ses universités annuelles, dont la 12e édition a lieu à Toulon ces jeudi et vendredi.

    « Maintenir la décentralisation »

    Rôle des collectivités dans le budget européen, jumelages, réseaux de coopération… Autant d’enjeux discutés durant deux jours par près de 200 participants élus, agents territoriaux et partenaires institutionnels venus de toute l’Europe. Car dans une UE sur laquelle la commission pèse fortement, et dans le contexte de la baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités locales – suite à un amendement porté par le RN dans le projet de loi de finance 2026 -, l’apport des fonds européens demeure primordial. À cet égard, « il est important de maintenir la décentralisation, pour avoir une réponse au plus près des besoins des territoires, au niveau des départements mais aussi des communes, qui peuvent bénéficier de fonds sur de nombreux projets. », affirme Mélanie Lepoultier, présidente déléguée de l’AFCCRE, présidente de la délégation française au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, et maire de Sommervieu (Calvados).

    Dans le Var, Collobrières, et sa maire Christine Amrane, également présidente de la commission Europe du département, sont de bons élèves en la matière : « À chaque fois que je peux, je vais chercher des fonds », abonde cette dernière, pour qui « on méconnaît ce que l’Europe peut apporter aux territoires. » Ces deux jours sont ainsi l’occasion de « faire remonter les problématiques locales aux institutions », pour influer sur les politiques européennes, notamment en matière « de changement climatique. Il faut construire des projets communs sur la protection de demain », milite-t-elle.

  • Peyrot et Colombet se retirent du collectif France féminin

    Peyrot et Colombet se retirent du collectif France féminin

    Rien ne va plus au sein du collectif France féminin. Cindy Peyrot et Angélique Colombet ont décidé de se retirer de l’équipe de France à la suite de plusieurs décisions prises au sein du groupe.

    Selon des sources concordantes, la Fédération française de pétanque et de jeu provençal serait revenue sur sa décision d’autoriser la présence des conjoints auprès des joueuses lors des différentes compétitions. La Direction technique nationale de la Fédération avait, dans un premier temps, donné son accord à leur présence, avant que la décision ne soit remise en cause faute de validation du président Le Bot.

    À la suite de ce revirement, Cindy Peyrot a été la première à quitter le collectif tricolore. Le sélectionneur Quintais a alors dû se mettre à la recherche d’une quatrième joueuse afin de compléter l’équipe qui doit participer aux championnats d’Europe à Loutraki, en Grèce, du 8 au 11 octobre. Mais la situation s’est rapidement tendue.

    Quintais devrait démissionner

    Suite à d’autres conflits antérieurs entre certaines joueuses, six membres du collectif auraient refusé de rejoindre l’équipe établie par Philippe Quintais, qui a toujours défendu Cindy Peyrot. Elles auraient également adressé un courriel à la Fédération afin de demander que le directeur sportif soit écarté de son poste.

    Informé de cette démarche, Philippe Quintais devrait présenter sa démission. Contactée, la Fédération « certifie » qu’elle n’a pas encore été « officiellement déposée ». « Je trouve que les filles ont été trop loin avec Philippe Quintais. C’est un grand monsieur de la pétanque qu’elles n’ont pas respecté. Qu’elles ne soient pas contentes, c’est une chose, mais là, c’est trop », estime Cindy Peyrot.

    Pour rappel, le « Roi » Quintais avait accepté le challenge pour relancer un groupe en manque de résultats sur la scène internationale. Amie du sélectionneur, Angélique Colombet a elle aussi préféré se retirer du collectif. La quadruple championne du monde était revenue « pour lui » et rêvait de créer « un groupe soudé ».

  • À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    « Démocratiser l’action de l’Europe », informer, orienter, fournir une aide administrative et encourager les porteurs de projets à se tourner vers les fonds européens : tels sont les objectifs du centre Europe Direct inauguré, mardi, à Forcalquier. « L’objectif est de faire le lien entre les territoires et les institutions, de comprendre les attentes des citoyens, de dialoguer sur les projets qu’ils souhaitent mener, sur leur ressenti vis-à-vis de l’Europe », explique Tanguy Specq, représentant de la Commission européenne à Marseille. L’idée est également de redorer le blason de l’Europe et de montrer qu’elle ne se résume pas qu’à des contraintes, alors que « l’on voyait de plus en plus d’eurosceptiques sur notre territoire », constate Alexandra Fol-Gutierrez, responsable du centre.

    « On a besoin aujourd’hui pour peser d’une Europe qui soit forte. Mais pour pouvoir avoir une Europe forte, il faut qu’elle soit incarnée dans les territoires, avance David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier et président de la communauté de communes. Il faut saisir l’opportunité de ces fonds européens qui sont à disposition. »

    Le nouveau centre Europe Direct mettra en place des ateliers pour faire connaître les fonds européens aux élus, et a également pour projet d’intervenir dans les établissements scolaires, les collèges et les lycées agricoles. « L’agriculture est une partie prenante de ce lieu », pour lequel la communauté de communes a travaillé avec la Chambre de l’agriculture, a expliqué David Gehant. Avec cet espace, il espère « faire de cette commune un laboratoire de la ruralité active ». « Les territoires ruraux incarnent l’avenir de notre pays. La ruralité a un potentiel immense », a-t-il lancé.